auteur
Jérôme Reijasse

Du même auteur

Un barbare qui sait pleurer

C'était l'an passé dans notre numéro "Paris, Paris, on t'adule!", et le texte est plus que jamais d'actualité: confessions d'un supporter du PSG qui ne demande pas l'absolution.

José-Mickaël

23/04/2008 à 20h07

Ah, alors tout est bien qui finit bien ! :-) Oui, c'était un débat intéressant de toute façon. Je pense qu'on peut retenir une chose : il est toujours possible de *critiquer* un article, mais il faut faire attention de ne pas *juger* l'auteur.

José-Mickaël

23/04/2008 à 20h08

(Je répondais à Piocelle.)

Qui me crame ce troll?

23/04/2008 à 21h54

Bernard M. Deux choses : d'abord tu dis : "en effet j'ai eu l'occasion lors de mes etudes (Licence philo/socio) de me rendre compte que le controle des masses/peuple passait par une "ablation" de la passion" et ensuite "je m'etendrais pas sur le sujet mais le jour ou Lenine a dit que le Football etait le nouvel Opium du peuple je pense que BEAUCOUP n'ont pas saisi cette phrase et son sens profond !" Ca me paraît être deux explications contraires. Ensuite la pique, forte originale de surcroît, sur le supporter lyonnais, je ne vois pas trop ce qu'elle vient faire là. Si pour toi, seul le palmarès engendre la passion; si pour toi, seul le fait d'avoir une histoire gagnante fait pleurer le supporter (le VRAI hein, celui qui encourage son équipe même dans les plus mauvais moments, il doit pas y en avoir beaucoup des vrais supporters. Doit même y en avoir aucun); alors franchement faut se faire du souci.

olerouge

24/04/2008 à 00h03

Il y a quelques années, en soirée : - Si tu devais choisir entre moi et le PSG vainqueur de la Ligue des champions, mon amour ? >>En même temps, rien que pour avoir posé une question aussi tarte, elle a bien mérité de se faire larguer, non ? A part ça, je rappelle qu'il y a pas mal de personnes qui laissent leur petite famille pourrir gentiment pour mener une brillante carrière professionnelle. C'est peut-être plus rationnel, mais je vois pas bien ce que ça a de plus glorieux.

Redalert

24/04/2008 à 03h27

Merci les gars pour ce débat particulièrement intéressant et plutot bien mené à son terme par JM et Piocelle (si les autres gueulent tant pis...). Et merci à OLerouge pour la vanne de fin de partie. ----- Fin du mode Christian Jean-Pierre

José-Mickaël

24/04/2008 à 09h13

Sur le thème "une passion peut-elle prendre le pas sur l'amour pour une femme ?" je vais vous raconter l'histoire de Vito Dumas, un cultivateur Argentin passionné par les océans, qui s'est trouvé confronté à ce choix... (Source : "La grande aventure des océans", G. Blond.) Dumas a toujours été intéressé par la mer, mais n'ayant pas les moyens (c'est un simple cultivateur), il doit attendre des années et des années avant de pouvoir s'acheter un petit bateau. C'est au cours d'un voyage en France qu'il le trouve. Juste un petit voilier fait pour la navigation côtière, ancien, à retaper. Il l'achète, il le retape rapidement, et il décide d'économiser le billet de retour : il rentrera en Argentine avec. Tout le monde le prend pour un fou, mais il part au large. Sa traversée de l'Atlantique est un calvaire : il doit écoper en permanence (il a mal rafistolé le navire), il ne peut pas dormir (sinon par microsommeil), il se blesse en chutant à l'intérieur. Mais il survit. Cet homme bizarre, que l'être humain lambda a sans doute du mal à comprendre, décide alors que, puisqu'il a survécu à cette épreuve, il va s'en infliger une autre. Pire. Faire le tour du Monde en solitaire à la latitude des quarantièmes rugissants. Ce que personne, à l'époque (nous sommes maintenant en 1940 et quelques, c'est la guerre), n'a fait. Il prévoit trois haltes au Cap, à Wellington et à Santiago, séparant les trois océans. La plus longue étape sera Le Cap-Wellington. Le tout sur son vieux rafiot (qu'il prend le temps de retaper sérieusement, quand même). Le tour du monde en solitaire, à l'époque, n'a rien à voir avec ce qui se fait maintenant. Il n'y a pas de GPS, pas de prévisions météo pour ces régions, pas de secours par hélicoptère possible. En fait, à cause de la guerre, il n'a aucun secours à attendre : les navires qui croisent en mer coupent leur radio, ou communiquent par code. D'ailleurs, à un moment donné, il croisera des navires anglais qui refuseront de lui donner sa position exacte, car alors ils donneraient la leur (Dumas n'a pas de quoi faire un point précis). C'est tout le trajet qu'il va faire avec les quarantières rugissants, et ça va durer près d'un an, pas deux ou trois mois comme maintenant. Et puis le tour du monde en solitaire, de nos jours, se fait sur des catamarans à la technologie de pointe, pas sur des vieux rafiots rafistolés et non conçus pour la traversée de l'océan. Bref, Dumas est le genre d'homme qui décide, maintenant qu'il a une bonne partie de sa vie derrière lui, de s'imposer une grande épreuve, de mettre sa vie en danger, pour réaliser quelque chose d'exceptionnel et suivre l'appel de l'océan, qui le ronge depuis son enfance. Dumas commence par traverser l'Atlantique sud à 40°, là où le vent souffle en permanence et les tempêtes sont plus que fréquentes. Bien sûr, il doit écoper sans cesse et ne dort jamais. En essayant de réparer les voies d'eau, il s'est coupé et infecté la main (à cause du produit à calfater - sorte de goudron). De jour en jour, son bras gonfle et produit une odeur infecte. Il sait qu'il doit l'amputer, mais ne sait pas comment faire. Finalement il est sauvé par ses prières : un matin, il découvre que du pus s'écoule en abondace. Bref, tant bien que mal, Dumas arrive au Cap. Lorsque les marins apprennent son exploit, il se fait inviter un peu partout. En particulier, il reçoit l'invitation d'une jeune femme célibataire, fille unique issue d'une famille de navigateurs hollandais, qui lui propose de visiter sa villa en bord de mer. Ils se rencontrent et parlent de la mer, de navigation, etc. Elle est belle, intelligente, riche et, surtout, comme lui passionnée par la mer. Bref, ils tombent amoureux. Elle lui propose de rester (n'a-t-il pas déjà accompli un exploit unique ?), elle veut vivre avec lui. Dumas a quitté la villa en catimini en pleine nuit et est reparti. Sa traversée de l'océan Indien a été la plus périlleuse : tempêtes en permanence, tornades (il a approché l'Australie en pleine saison des tornades), manque d'eau douce, manque de sommeil (qui a failli le tuer)... Ensuite : Wellington, Santiago puis Buenos Aires. Dumas a accompli son rêve : il est le premier homme à avoir fait le tour du monde en solitaire à la latitude des quarantièmes rugissants, et pour les navigateurs c'est un héros. Il a survécu à une épreuve qui aurait dû lui coûter la vie. Et il a préféré braver la mort plutôt que de vivre au Cap avec une femme qui était faite pour lui. Alors, une passion peut-elle prendre le pas sur l'amour pour une femme ? A-t-il eu tort de quitter la belle sud-africaine ? A-t-il eu raison ? Je pense que personne ne peut répondre à sa place. Ces personnes qui vivent leur passion à fond, égoïstement, au risque de détruire leur vie, le font parce qu'ils ont en eux quelque chose que nous n'avons probablement pas (nous les gens paisibles). A côté de ça, la passion d'un supporter qui voue sa vie à son club (je ne parle pas forcément de l'auteur) est bien anodine. En tout cas, je pense qu'on ne doit pas juger ce genre de personne. Et puis, il y a des excès dans les deux sens : à l'opposé d'un Vito Dumas, il y a tous ceux qui vivent en métro-boulot-dodo et seront morts sans avoir vraiment vécu.

El mallorquin

24/04/2008 à 20h25

Bon, une dernière petite réaction en vitesse. De toute façon, ma position reste la même. Anti, j'ai trouvé ta réponse mignonne, du coup, je culpabilise depuis l'autre jour de t'avoir dit que tu manichéisais ;-). Loul, ben c'est difficile de prouver que c'est débile de préférer voir son club au sommet plutôt que de rester avec telle personne. D'une part, si on ne définit pas la relation avec ladite personne, c'est forcément plus dur et personnellement, à la lecture de l'article, j'ai eu un sentiment qu'il exprimait d'une certaine façon "les choses passent, le PSG reste". Et c'est vrai même pour moi, beaucoup de choses, passent, le foot et le PSG sont restés, même s'ils restent d'une manière un peu intemporelle, je ne les relie pas vraiment au reste de ma vie. J'ai des souvenirs, par exemple d'une réception de l'aj auxerre au mois d'aout juste après le recrutement de florian maurice et d'une surprise de mes amis qui venaient me souhaiter mon anniversaire, j'ai le souvenir d'où j'étais le 12 juillet 1998, d'auxerre-dortmund en demies de l'uefa, de la finale de l'euro 2000, de celle de la coupe du monde 2006, et bien d'autres, mais le foot n'a jamais défini ma vie, il est là, comme un goût qui demeure, mais pour moi, c'est à côté de ma vie. Quelles que soient les périodes, que j'aille bien ou mal, une défaite du PSG a toujours influé sur mon moral et le foot m'a procuré de très grandes joies (monaco 2004 par exemple) mais ça ne peut pas être plus que dans certaines proportions, j'ai en moi quelque chose qui remet les choses en place, qui relativise l'importance du foot, ce qu'il est réellement. Donc certes, je préfère effectivement le foot à certaines personnes, et je comprends que l'on puisse rejeter quelqu'un qui veuille nous couper de ce plaisir, mais dans ma petite philosophie personnelle, je considère que l'humain est une chose empiriquement sacrée, le foot pas du tout. Voilà pourquoi je trouve ça débile. Ca fait peut-etre pompeux, mais tu m'as demandé pourquoi je disais ça, donc je te réponds. Mais effectivement, encore plus empiriquement, on peut très bien considérer les choses différemment puisque dans l'absolu, le sacré, la morale, le bien, le mal sont des choses que l'on peut toujours relativiser. Et il y a une différence entre le monde des principes et celui de la réalité (dans lequel reijasse est surement quelqu'un qui me serait sympathique). Et puis voilà, je sèche un peu sur ce que je pourrais rajouter. Donc j'arrête là. Ah oui, un jugement n'est pas toujours condescendant et puis comme je l'ai déjà dit, je crois qu'il vaut parfois mieux être traité de condescendant plutôt que toute autre alternative.

El mallorquin

24/04/2008 à 20h28

Voilà, reijasse me serait surement sympathique MALGRE LE COTE UN PEU FANATIQUE (pouvant conduire à certaines choses comme l'a dit piocelle) QUE JE LUI TROUVE.

El mallorquin

24/04/2008 à 20h33

Et en plus, dernier point, il ne m'est pas antipathique du tout dans le monde des principes.

 

sup'alagrimace

28/04/2008 à 18h05

Etonnant que cet article suscite autant de réactions aussi tranchées. Je crois pas que son auteur ait voulu dresser une analyse "intelligente" de sa passion pour le PSG. Il a juste mis en exergue le côté irrationnel de son attachement au PSG, et la finesse de sa plume laisse penser que les ficelles un peu grosses sont volontairement mises en avant, et ne traduisent pas du tout un manque de finesse de sa part. Bref, chapeau l'auteur. Très joli témoignage.

Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)