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Propos recueillis par Mollows

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« Le crédit du football est en passe d'être dilapidé »

Interview : Denis Robert. En publiant Le Milieu du terrain, l’écrivain-journaliste nous fait partager son trouble face aux dérives d'un sport qu'il aime mais ne reconnaît plus.

suppdebastille

02/06/2006 à 10h48

"Le_footix - vendredi 2 juin 2006 - 10h22 Faudra qu'il nous explique le point commun entre les Bastiais qui insultent Chimbonda parce qu'il est Noir, et les jeunes qui brûlaient les voitures pour se défouler. Ah ben si, je vois un point commun, mais dans les deux cas je vois absolument pas en quoi c'est défendable ou excusable. " Je ne pense pas que Robert faisait allusion aux Bastiais qui ont insulté Chimbonda mais plutot à des actions plus constructives des ultras. A part ça, je suis assez d'accord que ses réponses ne vont pas bien loin mais ce n'est qu'une interview et il n'a pas beaucoup le temps de développer. Comme beaucoup je ne suis pas du tout d'accord avec lui sur le spectacle du jeu, on peut parler des agents, du business, d'Abramovitch etc... mais le jeu en lui même est souvent plus agréable "qu'avant". Aujourd'hui Gentile serait expulsé au bout de 10 minutes et Maradona pourrait s'exprimer.

axgtd

02/06/2006 à 10h54

Ben moi je tyrouve l'interview intéressante (même si j'ai remarqué comme tous quelques aspects un peu surerficiels, mais c'est la loi du genre). Ca m'a plutôt donné envie de lire le bouquin. La mise en perspective sur la financiarisation du foot lié à la financiarisation de l'ensemble de l'économie est très pertinente. Pas étonnant que ce soit le même journaliste que celui qui a le premier parlé de Clearstream. La question de l'économie "grise" est cruciale dans l'économie mondialisée que nous connaissons. Le foot n'en est qu'une illustration plus colorée qu'une autre... PS : de la à supporter le FC Metz, tout de même...

Alexis

02/06/2006 à 11h22

Reprendre l'itw point par point permet effectivement de contre-argumenter certaines idées. Cependant, moi, et je l'assume entièrement, je suis comme lui : le foot que je vois depuis quelque années me pousse au désamour. Et, contrairement au reproche "c'était mieux avant" qui lui a été fait, il n'est pas question de pleurer le passé, mais de pleurer la tristesse d'aujourd'hui. Les joueurs formatés : il a raison. Vous voulez vous en convaincre ? Mettez les pieds dans un cente de formation et observez, écoutez. Faites un tour à un stage de formation des entraîneurs, et voyez. Le fric tue le foot ? Là, je n'en sais rien. Si ce n'est que l'on ne peut objectivement pas omettre l'idée que les enjeux financiers influent le sportif. Bref, fric ou autre, le problème pour moi reste entier : le foot actuel n'est pas beau à voir. Ou alors très rarement. Et ne pas vouloir l'admettre par peur d'être taxé de passéiste relève de la politique de l'autruche. Moi, je veux bien être passéiste aux yeux de ceux qui se contentent de ce que nous propose le foot aujourd'hui, encore une fois, j'assume sans complexe : c'était pas forcément mieux avant (là on est d'accord), mais aujourd'hui c'est pas follichon non plus.

barbaque

02/06/2006 à 11h32

Tout à fait d'ac avec Alexis. La question que pose Robert, avec plus ou moins d'habileté dans l'interview, c'est "quelle influence a la marchandisation du foot sur le jeu et la passion du jeu?" Si le jeu (via l'arbitrage) a progressé sur de nombreux plans depuis 1990, il me semble difficile de nier que l'instrumentalisation croissante du foot (via les investisseurs, les sponsors, le mercantilisme de la FIFA, l'explosion des droits télé et des salaires, la dérégulation du marché des joueurs, etc.) a des conséquences graves sur la passion. Il n'y a qu'à voir, justement, le dégoût légitime des supporters face aux joueurs qui ne restent pas et aux dirigeants qui font n'importe quoi, avec pour conséquence une vraie crise d'identité des clubs. Mettre cette interrogation dans le sac de la nostalgie, c'est s'épargner de se poser des questions forcément embarrassantes sur notre penchant pour le foot et sur ce qu'il devient.

redondo13

02/06/2006 à 11h38

sur le point de la beauté du foot actuellement, je reprendrais l'argument de Coldo que je trouve trés juste, la surexposition au football, médiatiquement parlant lui fait perdre son gout et sa grandeur en lui faisant perdre sa rareté... d'une part, il est possible de voir un match tous les jours sans compter les émissions de téles quotidiennes avec analyses, ralentis et tout le tintouin, donc forcément la performance nous parait moins exceptionnelle vu qu'on la voit tous les jours... d'autre part, en étant exposé à tous les matches, on tombe pas forcément sur les meilleurs matches ou les meilleures prestations de nos joueurs preferés... Enfin je vois d'autre tendances se rajouter à ca, les techniques de formation ayant bien progressé, le niveau des jeunes sortant des centres de formation se nivelle et s'accentue surtout sur la performance physique et moins sur de la technique pure probablement (quoique j'ai vu le match des espoirs français hier sois et ils étaient tous cramés physiquement sans pour autant manquer de technique les toulalan et lassana diarra ont pas les pieds carrés). Et pus un dernier point, sans passer pour un passéiste tu déplore alexis que la qualité de jeu n'est actuellement pas toujours au rendez-vous mais je pense que ca a toujours été le cas, les joueurs se bougent souvent quand l'enjeu le demande et font dans l'économie le reste du temps, c'est la logique d'une compétition en championnat ou on peut (on doit) gerer ses efforts...

Alexis

02/06/2006 à 11h50

Attention redondo (franchement, avec un tel pseudo...), je ne déplore pas la qualité de jeu dans mon propos précédent. Je déplore l'ensemble du foot : le jeu et son environnement. Je pointe par exemple la formation (mais c'est normal, c'est mon combat pour la vie) qui ne laisse aucune place aux joueurs différents du moule imposé d'une part et favorise l'émergence de joueurs athlétiques d'autre part. Ceci dit, la qualité de jeu est faible. Pas la qualité tactique, qui est de très haut de gamme en France par exemple, mais uniquement sur le plan défensif. Car offensivement, tactiquement, il n'y a rien, c'est le vide intersidéral. Donc pas sur le plan tactique, mais sur le plan technique, de l'utilisation du ballon, du maniemant de la chic, c'est très pauvre. Mais je te rejoins sur un point : l'abus de retransmission fausse l'impression, certainement. Ce qui n'empêche encore une fois, que si c'était pas mieux techniquement avant, je n'ai aucune raison de me contenter de la pauvreté actuelle.

Raspou

02/06/2006 à 11h57

Bon, ben c'est que je dois être bon public (ou pas supporter de Metz). Moi le foot actuel ne me dégoûte pas, en tout cas ni le spectacle proposé, ni les joueurs sortant des centres de formation, ni le fait qu'il y ait beaucoup de transferts. Et je suis comme d'hab un grand gamin dans l'attente de la Coup du Monde qui va bientôt commencer. Les soupçons de dopage, la violence ou le racisme dans les tribunes, les malversations financières et les pressions sur arbitre Moggi-style, ça oui, ça m'écoeure franchement (j'ai pas peur de prendre des risques, moi, je dénonce, moi, et j'assume, non non, ne me retenez pas). Mais tout amalgamer en un rejet d'un "foot-business" qu'on se garde bien de définir, feindre de croire que c'est un phénomène récent et surtout dire que ça rend le jeu chiant, bof, je suis pas convaincu. Beurk

redondo13

02/06/2006 à 11h59

encore une fois d'accord avec Raspou, surtout sur le côté petit clébard frétillant à l'approche de la coupe du monde... alexis j'ai pas saisi ton allusion sur mon pseudo

Coldo3895

02/06/2006 à 12h00

Barbaque a dit: "Il n'y a qu'à voir, justement, le dégoût légitime des supporters face aux joueurs qui ne restent pas et aux dirigeants qui font n'importe quoi, avec pour conséquence une vraie crise d'identité des clubs." Et pourtant... il n'y a jamais eu autant de monde dans les stades (de France en tout cas), ni autant de téléspectateurs. Ca me semble plutôt contredire ton argument.

Raspou

02/06/2006 à 12h00

Alexis, c'est peut-être aussi que tu vois trop de L1. Il ne faut pas généraliser au foot mondial la pauvreté actuelle du foot de club français (OL mis à part, quand même).

 

barbaque

02/06/2006 à 12h10

> coldo L'affluence dans les stades n'est pas un indicateur de passion. Regarde le Stade de France :-) Peut-être le désenchantement ne touche-t-il que la fraction (ou le noyau dur) des amoureux tels qu'on les retrouve sur ce site, ainsi que la frange des supporters "activistes" (les Ultras) et que les générations de consommateurs qui se sont développées autour du modèle actuel du football n'y sont absolument pas sensibles... Mais je crois qu'aucune culture (et le marché qui va avec) ne peut durer si elle néglige son coeur de public, même s'il est en infériorité numérique.

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