Les mots croisés de grand-mère Suzanne, n°2

Déjà la seconde grille de notre Mamie, qui ne lui sert pas qu'à cuire les côtelettes. Incluses, les réponses à la première édition.

El lolo

11/06/2003 à 09h39

Le V horizontal est excellent !! MDR

CoinCoin

11/06/2003 à 10h17

pour les impatients : http://www.kamouloxdufoot.com/kdf/viewtopic.php?t=182 Vous auriez pu trouver une définition plus footballistique au second 12 vertical... Peter, c'est toi ?

gb13

11/06/2003 à 10h43

Dur ... le V horizontal !!! Moi j'aurai mis saucisse de partouze ... ;-)))

Dom

13/06/2003 à 14h39

A titre d'un info, dans l'équipe du jour, les cahiers du foot sont cités dans le cadre d'un long portrait de C. Bouchet...

ZZ

13/06/2003 à 21h05

Ya une âme charitable qui peut retranscrire ce portrait ?

 

Dom

14/06/2003 à 22h16

À la table du hussard DOMINIQUE ROUSSEAU Après une première saison batailleuse à la tête de l'OM, Christophe Bouchet accueille l'AG de la Ligue à Marseille. EN UN AN D'EXERCICE, le président de l'OM a beaucoup apprivoisé, à commencer par le hasard. C'est en effet à Marseille qu'aura lieu demain matin l'assemblée générale de la LFP, une désignation dans laquelle il n'a rien à voir mais qui a une valeur symbolique indéniable. Après trois ans de galères, l'OM est revenu au premier plan (troisième de la L 1) et son président, Christophe Bouchet, reçoit une assemblée qui lui est toute acquise, si l'on en croit du moins Frédéric Thiriez, le président de la LFP : « C'est un juste hommage qui est rendu par la Ligue à l'OM qui a pris un nouveau départ avec le tandem Bouchet-Perrin. Marseille est une des grandes patries du football, elle est incontournable avec un public extraordinaire auquel il faut également rendre hommage. » Et Bouchet de recevoir l'hommage personnel du président : « J'apprécie beaucoup le travail effectué par Christophe Bouchet. Je n'ai aucun problème personnel avec lui, au contraire ! Il apporte toujours une vision utile au débat. » Un volumineux coffre de compliments que les supporters marseillais ont reçu avec hilarité... Sous pavillon marseillais, Christophe Bouchet a beaucoup brigandé depuis sa nomination à la tête de la SASP OM le 27 juin 2002. Trois mois plus tard, le président de l'OM abordait la LFP sabre au clair à propos de la répartition des droits télé : « C'est simple, vous achetez une maison et on vous dit : "Bon, d'accord, l'OM en paye 90 %". Et ensuite on rajoute : "Ah oui, mais au fait, on a oublié de vous dire que la jouissance de la maison, on la partage à quinze". C'est une mascarade, cette histoire de répartition, c'est de la rigolade. » Un mois passe et le 24 octobre, c'est Jean-Louis Campora et l'AS Monaco qui se font canonner : « Monaco achète une ribambelle de joueurs entre douze et quinze ans. La Ligue devrait s'intéresser aux comptes de Monaco pour voir ce qui s'y passe, c'est pour moi un mystère. Quelqu'un y met de l'argent, mais on ne sait pas qui. » En décembre, le directeur général de Guingamp, Vincent Tong Cuong, proteste après avoir vu approcher le pavillon noir de Bouchet : « Ses propos selon lesquels on fait les poches de l'OM pour donner de l'argent à Guingamp et Sedan sont injurieux et malhonnêtes. » Toujours en décembre, la salve suivante est pour Aimé Jacquet qui, selon Bouchet « agit dangereusement pour le football français » quand il minimise l'importance de l'argent pour obtenir des résultats. « Le football français, contrairement à ce que dit Aimé Jacquet parce que ça lui fait plaisir, ce n'est pas l'équipe de France. Le véhicule d'émotion dans le football, ce sont les clubs. » Et puisqu'il lui reste un peu de poudre en cette fin d'année 2002, la LFP ramasse : « Un système typiquement franchouillard. » À l'abordage d'Aulas Bouchet attaque fort en janvier 2003 puisque le 28 du mois, il bloque pendant deux heures les caméras de Canal + à l'entrée du Stade Vélodrome avant OM-Nice (2-0) dans sa bagarre pour les droits télé, s'attirant les foudres du ministre des Sports, Jean-François Lamour : « Je lui dirai simplement de faire attention. Regardons ce qui s'est passé en Italie où la gestion individuelle des droits télévisés par les clubs a entraîné une situation de blocage. » C'est le 13 mars que le pirate Bouchet porte son attaque décisive sur les droits télé sous la forme d'une assignation de la LFP et de la FFF auprès du tribunal de grande instance de Paris et d'une plainte auprès du Conseil de la concurrence. Décisive car le Marseillais voit aboutir son long travail de lobbying afin de faire passer ses idées. Frédéric Thiriez et la plupart des présidents de clubs encaissent l'attaque, qui ne vise en fait que Jean-Michel Aulas, le patron de l'Olympique Lyonnais. Ce dernier avait en effet fait passer en septembre 2002 un système de répartition avec un indice de notoriété basé sur les résultats sur les cinq dernières saisons, notoirement favorable à l'OL. Le 24 mai dernier, le CA de la LFP adoptait un nouveau système de répartition avec un critère (à hauteur de 20 %) au prorata du nombre de diffusions télévisées, notoirement favorable à l'OM. Une éclatante victoire pour celui qui, à peine un an plus tôt, était encore journaliste au Nouvel Observateur. En poste à Marseille pour l'AFP pendant la présidence Tapie, puis à Lille au moment du procès de l'affaire VA-OM, Christophe Bouchet arrive à l'Obs en 1996. De quand date sa stratégie afin d'arriver à la présidence de l'OM ? Le 9 janvier 1997, l'hebdomadaire publie un long portrait de Robert Louis-Dreyfus « La folle réussite d'un joueur de poker ». Une relation s'établit entre le milliardaire président et le journaliste qui aboutira, cinq ans plus tard, à l'intronisation de Bouchet comme président de l'OM. Ce dernier traite également de Bernard Tapie dans ses écrits, auquel il a notamment consacré trois ouvrages (*). Si les relations entre l'ex-homme d'affaires et ministre et le journaliste sont plus conflictuelles, c'est dans le Nouvel Observateur, le 4 mai 2000, dans une interview à Christophe Bouchet et Laurent Joffrin, que Bernard Tapie annonce un scoop : « Je reviens dans le foot », à l'occasion de la publication de son roman Des yeux trop grands. La faute sur le titre de 1993 En avril 2001, Bernard Tapie revient effectivement. Il est à l'OM et Christophe Bouchet au Nouvel Obs. Un an plus tard, le premier disparaît du paysage et le second se prépare à devenir président de l'OM. À force de recevoir des notes du journaliste sur la situation du club marseillais, Louis-Dreyfus a fini par lui demander d'appliquer lui-même sa politique. Aujourd'hui, Bernard Tapie considère sa succession comme un complot et vitupère : « Quand j'apprends qu'il était copain de RLD et qu'il est devenu président après, avec le recul, cela m'amène forcément à m'interroger, et sachez que je suis en train de m'interroger. Qu'est-ce qui a déclenché la plus grande crise à l'OM la saison dernière ? Un grand article dans le Nouvel Obs qui titrait quelque chose comme : la mafia est entrée dans l'OM, le jour de la reprise du Championnat sur deux ou trois pages, et ça a été une catastrophe. Il y a eu des perquisitions policières, des gardes à vue, des enquêtes préliminaires. Une déstabilisation terrible qui s'est conclue finalement par un classement sans suite. Mais celui qui était à l'origine de toute cette campagne, c'est Bouchet. Je pense que toute l'année dernière, il s'est arrangé, a comploté avec certains de mes anciens collaborateurs, et probablement auprès de certains joueurs, il s'est retrouvé dans les hôtels pratiquement à chaque match et je suis en train de travailler à restituer la réalité de ce qui s'est passé, probablement dans un livre qui paraîtra avant la fin de l'année. » En clair, Bernard Tapie a le sentiment de s'être fait « doubler », surtout depuis la petite phrase de Robert Louis-Dreyfus, le 13 décembre 2002 dans France Football : « En réalité, je crois que ç'a été mon coup de génie de mettre ensemble Bernard Tapie et Pierre Dubiton ! J'ai ainsi pu me débarrasser des deux en même temps. » Bouchet a-t-il « roulé » Tapie ? Il n'existe pas de manuel de savoir-vivre du prétendant à la présidence de l'OM et Tapie le sait pertinemment. Vainqueur de son combat sur les droits télés, Christophe Bouchet a ramené l'OM en haut du classement de la L 1, obtenu la paix sociale avec les groupes de supporters, amené Adidas à un énorme effort financier pour une prolongation de contrat de dix ans. Un parcours sans faute, à part sa demande de fin de suspension de l'attribution à l'OM du titre de champion de France 1993 pour cause d'affaire VA-OM, une demande largement considérée comme, au mieux, démagogique (voir notre commentaire). Le site les Cahiers du Football a déterré une interview de Christophe Bouchet à L'Humanité le 13 mars 1995, en tant qu'envoyé spécial de l'AFP au procès VA-OM où il disait, entre autres, ceci : « Pour ma part, j'ai tendance à rapprocher ce procès de ceux d'URBA et de Botton. VA-OM est un bon complément qui nous donne une photographie de la décennie 80, celle de l'argent-roi. Pour corrompre, pour financer des partis, pour arroser le football et le soumettre à des vocations plus larges et plus politiques. Grâce à l'argent on peut conquérir le pouvoir. De ce fait, la fin justifie les moyens. » Huit ans plus tard, le président de l'OM ne considère pas ce rappel comme une pierre dans son jardin : « J'estime, de manière peut-être immodeste, être un des seuls à pouvoir demander la restitution à l'OM du titre de 1993, pour avoir été, à l'époque, celui qui a porté le plus de coups de boutoir afin que la vérité aboutisse. » Pourtant sa demande, qui sera étudiée lors du Conseil fédéral du 4 juillet, ne semble pas avoir suscité beaucoup d'enthousiasme ni auprès de Frédéric Thiriez ni auprès de Claude Simonet, le président de la Fédération. (*) Les Vrais Patrons du football chez Solar en 1989, L'Aventure Tapie au Seuil en 1992, Tapie, l'homme d'affaires au Seuil en 1994.