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K14

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Le bûcher des inanités

En écho à notre article sur le procès intenté à Aimé Jacquet par L'Équipe (1998, une plaie encore ouverte), un lecteur monte à la tribune pour plaider la cause du quotidien sportif, injustement victime de nos foudres…

la rédaction

12/05/2003 à 01h31

Le très remarquable texte de K14 appelle quelques précisions de notre part, non pas pour le contredire, mais pour rebondir sur ses arguments. Notre critique de l'attitude de L'Équipe a été simultanée à cette attitude, dont nous avions tenu la chronique (voir les liens listés dans l'article), et non postérieure (après la victoire des Bleus). Bien avant le verdict de la compétition, nous étions ulcérés par le traitement réservé au sélectionneur, et nous avons dit dans le dernier article à quel point ce procès était partial. Notre sentiment à l'égard du journal n'aurait pas été différent si les Bleus n'avaient pas connu un destin aussi heureux: les articles des Cahiers d'avant juin 98 contiennent déjà 80% de nos reproches (moins la parodie d'excuses et le ressentiment larvé qui ont suivi). Et pour avoir vécu cette campagne, nous refusons d'en laisser amoindrir rétrospectivement la violence. Cela dit, il nous semble très difficile de ne pas dire que L'Équipe s'est complètement trompée, puisque la virulence et les certitudes de ses propos ne laissait aucun doute sur son diagnostic: l'équipe de France allait se planter lamentablement et inéluctablement. Ce qui était un pari — sur la propre compétence des rédacteurs en question autant que sur celle d'Aimé Jacquet — a été complètement perdu. Nous laisserons donc K14 conclure, sans partager son opinion, que "Mémé avait tort et a eu beaucoup de chance" et que "L’Équipe avait raison et n’en a pas eu"… Au contraire: L'Équipe avait mis toutes les probabilités de son côté, celle d'un sacre mondial relevant de toute façon du miracle (comme toute victoire en Coupe du monde). Après, libre à chacun de penser que Jacquet a eu une chance insolente, qu'il n'est responsable que d'une part marginale de la victoire, qu'il n'est pas un grand entraîneur, que son organisation tactique était ennuyeuse et sans génie, que Deschamps et Blanc étaient les vrais stratèges (1). Peu importe, car nous n'avons jamais prétendu que Jacquet fut l'égal des grands "inventeurs" justement cités dans le texte de notre lecteur. D'ailleurs, ce sont avant tout ses qualités humaines que nous aimons chez le Stéphanois, et son travail d'ensemble au sein de la DTN qui lui vaut notre reconnaissance. La question n'est donc pas là, mais porte sur la nature et les moyens employés par L'Équipe en 98, qui était allée très largement au-delà d'une innocente expression critique. Le quotidien sportif n'a pas simplement tiré un penalty à côté comme le suggère K14, il s'est tiré une balle dans le pied en voulant fusiller un sélectionneur qui allait gagner la coupe du monde... Ensuite, on ne peut pas mettre à équivalence l'opinion que tout un chacun pouvait avoir sur le sélectionneur, et l'opinion qu'un quotidien de référence étale — de manière totalement univoque, sans le moindre contrepoint — sur la place publique, avec des conséquences qu'il ne pouvait ignorer. D'autres médias ont certes été à peine moins agressifs et beaucoup plus hypocrites, mais L'Équipe fut bien leur inspiration ou leur caution. Qu'un journal manifeste ses critiques et ses doutes sur un sujet donné est parfaitement normal, mais qu'il le fasse en prenant ses opinions pour des vérités révélées, au sein d'une campagne systématique, sans laisser la place à des interprétations contraires, en discréditant une personne avec des méthodes visant à la faire passer pour un imbécile, ce n'est plus tout de l'ordre du journalisme, à notre sens. Surtout que ce déchaînement contraste dramatiquement avec la passivité habituelle des journalistes sportifs à l'égard de sujets autrement plus importants. Notre propos dans cette histoire exemplaire ne porte pas tant sur les qualités du sélectionneur Aimé Jacquet, que sur une incroyable dérive au sein d'une rédaction sportive. L'ampleur de la réaction à l'encontre de L'Équipe a été proportionnelle à l'attaque préalable, et il ne faut pas s'étonner que souvent, elle n'ait pas été plus intelligente. (1) Encore faut-il se rappeler que Jacquet a imposé Deschamps contre une opinion et une presse hostiles, et avait fait revenir en sélection un Blanc dont l'aura était plus pâle à l'époque. Notons aussi, par rapport à la démonstration de K14, qu'on ne peut pas ignorer qu'entre 1998 et 2000, la donne avait profondément changé avec l'arrivée à maturité d'une génération d'attaquants dont Jacquet n'avait pu disposer totalement. Enfin, minorer l'exploit au vu des difficultés rencontrées lors de France-Paraguay ou France-Italie (à notre avis, le plus beau match des Bleus lors de la phase finale) nous semble un exercice un peu vain, à moins de reconsidérer les parcours de tous les vainqueurs précédents. La France a été championne du monde sans les "anomalies" de l'Argentine 78 ni la main de Dieu de 86, avec une baraka tout de même moindre que celle de l'Italie de 82 et contre une opposition moins indigente que celle rencontrée par Brésil 2002…

Musashiken

12/05/2003 à 03h24

Opinion courageuse que celle de K14 qui nous pond un très bon texte, qu'il faut saluer comme il le mérite, meme si je partage plutot les arguments de la rédaction dans l'Affaire franco-francaise de cette fin de siecle ;)

TapisVert

12/05/2003 à 03h46

"percussion", ça prend pas un "g" à la fin ? ;-) blague à part je trouve ça super de laisser la parole aux cédéfistes courageux et capables de pondre de tel texte... même si en tant que stéphanois, je ne peux (veux) pas porter un regard lucide sur mémé...

cardetti

12/05/2003 à 09h34

K14, dans mes bras !!

Axl

12/05/2003 à 09h48

Une statue pour K 14, une!

gigantic

12/05/2003 à 10h25

Super article de K14, meme si je suis pas forcément d'accord avec tout ce qui est dit : 2-3 remarques ou questions : 1) Beaucoup de gens minimisent la victoire francaise contre l'Italie, parce qu'elle a eu lieu aux tirs au but. Sur ce point, je suis plutot d'accord avec la redac : grand match, plutot maitrise par l'equipe de France (avec une ou deux frayeurs, c'est vrai) qui meritait de le gagner 2) Sur les critiques de l'Equipe, 2 choses sont contestables : - qu'ils aient transformé une critique du jeu en attaques personnelles contre l'entraineur ("Mourir d'Aimé", "brave type qui émet des soupirs", "c'est a désespérer de lui et de tout", "il accumule bourde sur bourde") - que leur mea culpa apres la Coupe du Monde ait été tres timide (ils ont ressorti plusieurs fois - je me souviens d'articles des CdF a ce sujet - la theorie des "champions du monde par hasard") 3) C'est qui Lattek (désolé pour mon inculture !) ? En tout cas, ce que K14 montre bien dans son article, c'est que rien dans cette affaire n'est ni tout blanc ni tout noir, les torts sont partagés.

gb13

12/05/2003 à 10h58

Littérature, belle littérature. mais on avance pas !! K14, c'est bien d'avoir ton point de vue, mais la vérité est ailleurs. Peut importe le sujet, ou savoir qui a tors qui a raison, l'Equipe n'a pas de contre pouvoir, n'accorde que très rarement de droit de réponse aussi visible et évident aux personnes qui s'estiment lésées. Pas de débats, la contradiction n'a pas lieu d'être tant elle porte atteinte à l'intégrité de ses journalistes. C'est un peu tyrannique comme attitude et certains dans ce journal ne se privent pas de l'être. ( ou ne s'en sont pas privé... )

K14

12/05/2003 à 11h22

Je ne dis pas que l'Equipe n'ait pas exagéré : je voulais surtout m'attacher au fond, plus qu'à la forme. A l'époque, je pensais que Jacquet sacrifiait trop à l'organisation du jeu, et pas assez à son animation, si vous voyez ce que je veux dire. La suite et particulièrement l'Euro 2000, me semblent me donner raison. Pour ce qui est de la forme, je suis OK pour dire que c'était largement excessif, même si, en se replaçant dans le contexte, Jacquet a souvent donné le baton pour se faire battre. Avoir imposé Deschamps est effectivement un de ses mérites, que je reconnais aussi dans mon texte. Pour Gig : l'Italie reste dans ma mémoire un match de la peur, crispant, qui aurait dû être plié beaucoup plus tôt si les joueurs avaient été un peu plus libérés. Mais là, chacun sa lecture, il est tellement facile de refaire le match a posteriori... Que l'Equipe ne fasse pas un acte de contrition spectaculaire me paraît logique : sauf à ce que la direction démissionne Bureau après la finale, je ne vois pas ce qu'il y avait à faire. Et à mon sens, si les responsables du journal sont cohérents avec le fond de leur argumentation, ils peuvent continuer à dire qu'ils avaient raison. Sur la forme, encore une fois, c'est un autre débat, qui n'aurait pas lieu d'ailleurs en Italie, en Espagne, en Allemagne ou en Grande Bretagne, où joueurs et entraîneurs se font étriller pour bien moins que cela. Je redis que je trouve bon que le débat ait lieu en France : cela prouve que nous ne sommes pas totalement cons devant ce qui se passe. Des excuses publiques plus appuyées genre sur cinq colonnes à la Une ? Why not, mais le journal craignait probablement d'y perdre toute sa crédibilité... Udo Lattek fut l'artisan du Grand Bayern : sous sa houlette à partir de 1970, il y a gagné je crois 17 titres (au moins trois coupes des champions, une bonne dizaine de championnats et quelques coupes d'Allemagne, chiffres à vérifier). Il a ensuite entraîné Barcelonne au début des années 80 et gagné il me semble une autre coupe d'Europe...

NoNo93

12/05/2003 à 11h43

Déjà mes félicitations à K14 pour intervenir avec son pseudo régulier, je trouve que c'est déjà une certaine preuve de courage et de respect... Maintenant je suis globalement bien d'accord sur son analyse du Jacquisme. De même je suis d'accord pour dire avec lui que l'équipe (ou plutôt ses journalistes) peuvent exprimer leur opinion et encore plus des critiques (surtout qu'en plus toutes n'étaient pas injustifiées) Il n'empéche l'équipe est allée bien trop loin et a outrepassé ses droits : - C'est une ligne éditoriale compléte qui a critiqué/attaqué, on sait déjà que c'est la plus importante (presque la seule) référence sportive nationale sans trop de concurrence, on sait maintenant qu'à l'intérieur même du journal les avis divergents sont répprimés, ce n'est donc pas un éditorialiste qui donne son avis, c'est tout un quotidien qui emploie toutes ses ressources vers un homme (ce qui m'a fait défendre Luis cette année par exemple par rapport à la presse) pas de contrepoids extérieur (mais çà à la limite c'est pas leur faute) mais pas de débat interne non plus (en tout cas aux yeux des lecteurs, j'imagine que cette ligne éditoriale avait quand même ses détracteurs en interne) - Dans le même registre que ce manque de nuance dans les avis, le manque de précautions oratoires, ils ne présentaient plus une critique ou une opinion mais des faits inéluctables (ou en tout cas le martélement donne cette impression), il ne faut pas s'étonner dés lors que quand ils quittent le registre du conditionnel, les cibles des critiques réagissent plus violemment (personnellement même) ou que leurs erreurs leur soient plus reprochées - Des attaques personnelles plus que de raisons (suivant le bon adage, mettons les rieurs de notre côté...) - Enfin peut être le plus important, quelles sont les raisons qui ont été à l'origine de ces actes? Je ne crois pas que ce soit juste l'expression légitime d'une critique ou d'une opinion, je pense surtout que l'équipe a sciemment joué la probabilité la plus forte, la plus catastrophique aussi, celle lui permettant de faire le plus de papiers, de brosser les lecteurs dans le sens du poil, de vouloir vendre plus à tout prix et en dehors de toutes considérations objectives (ou de contre débats), face à celà ils allaient quand même pas prendre de pincettes pour juste un sélectionneur (même type de démarche avec Deschamps puis Fernandez). Ils n'ont donc pas été courageux, ni des pourfendeurs d'idées reçues, ni des débusqueurs de vérité cachées, il n'y a pas de noblesse dans leur action, ils ont juste choisi la facilité et dans des buts à mon avis pas trés nobles non plus... (pour être honnête je ne pense pas que ce soit représentatif du seul journal l'équipe, mais d'une bonne partie de la presse, ce qui à contrario est un argument pour ne pas taper plus sur l'équipe que sur d'autres...) Ce n'est pas tant une question de forme que de fond...

NoNo93

12/05/2003 à 11h45

K14 - lundi 12 mai 2003 à 11h22 "Je ne dis pas que l'Equipe n'ait pas exagéré : je voulais surtout m'attacher au fond, plus qu'à la forme" NoNo93 - lundi 12 mai 2003 à 11h43 "Ce n'est pas tant une question de forme que de fond..." K14, je te hais, on n'a pas le droit de poster pendant que les autres rédigent!!!!!! ;-))

 

CHR$

12/05/2003 à 14h30

La comparaison entre l'équipe (de France) de 1998 et celle de 2000 me semble un peu vaine : au mondial, les seuls joueurs de haut niveau international étaient des joueurs défensifs (et Zidane, voire Djorkaeff et Dugarry qui jouaient ou avaient joué à l'étranger). Henry et Trézéguet n'étaient encore que de jeunes espoirs pas très aguerris, Guivarc'h un très bon attaquant, mais pas du calibre suffisant pour être élu meilleur joueur du championnat d'Italie ou d'Angleterre. Pirès n'avait pas encore fait un seul bon match en équipe de France (il a d'ailleurs attendu son entrée en finale de l'Euro pour commencer). Bref, les atouts de cette équipe imposaient de s'appuyer sur les points forts qui avaient déjà changé en 2000 où Lemerre a pu rééquilibrer l'équipe. Sinon, sur les qualités de Jaquet comme sélectionneur, outre Deschamps et Blanc dont la rédaction (la rédaction qui réagit à un article, on aura tout vu !) a déjà parlé, on peut aussi se souvenir que Jaquet a fait dès 1995 le pari de confier le jeu à Zidane au détriment de Cantona, qu'il a vu dès l'Euro 1996 l'usage qu'il pourrait faire de Thuram en latéral droit, qu'il a eu le courage d'aller chercher Henry et Trézéguet plutôt que Zitelli que toute la France (et l'Equipe) lui demandait de prendre (car il était à la lutte avec Guivarc'h pour le titre de meilleur buteur). En bref, il a aussi fait quelques bon choix qui semblent évident maintenant, mais qui l'étaient moins à l'époque. Et pour finir, je ne sais pas si de la part de l'Equipe c'était vraiment le calcul de probabilité évoqué par la rédaction (avec laquelle je suis d'accord sur tout le reste, bien sûr), ou si ce n'était pas seulement le fruit d'une vision utopique et irréaliste du football. Je m'explique : si avec un effectif comme celui du Real actuel, il est normal de tenter de faire du jeu, d'attaquer à tout va, et que c'est même la méthode la plus efficace pour gagner des matchs et des titres, cela semble suicidaire quand on n'a pas les moyens. Pour les utopistes du football, il faudrait toujours faire le jeu et attaquer et dominer, la victoire venant d'elle même, alors que pour les réalistes, il vaut mieux construire une équipe en fonction des moyens dont on dispose, et si on peut faire du jeu, c'est mieux, mais c'est après. "On n'a jamais parlé d'être flamboyant " (P. Le Guen) "Quand on perd en ayant bien joué, on est frustré, quand on gagne sans avoir bien joué, on est quand même content" (Z. Zidane)

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