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Christophe Zemmour

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Live at Wembley

Le stade de Londres accueile sa septième finale de C1. Retour sur ces matches qui ont sacré l'AC Milan, Manchester United, l'Ajax, Liverpool et Barcelone.

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Londres est la ville ayant le plus de fois accueilli la finale de la C1, à défaut de l'avoir souvent gagnée au travers de ses clubs (Chelsea en 2012). Ce soir, le vainqueur de Borussia Dortmund-Bayern Munich sera ainsi le septième champion d'Europe couronné à Wembley. À titre de comparaison, les autres hôtes les plus assidus sont Paris (3 au Parc des Princes, 2 au Stade de France), Bruxelles, Rome et Madrid (4), Munich (3 au stade olympique et 1 à l'Allianz Arena), Athènes et Milan (3). L'enceinte londonienne a connu du beau, souvent, de l'ennuyeux, parfois. Elle a ses habitués, ses joueurs et équipes de légende.

 


 


Premières fois

Le 22 mai 1963, le Milan AC est le premier club italien de l'histoire à remporter la C1, face au Benfica Lisbonne double tenant du titre. L'attaquant José Altafini inscrit un doublé, répondant à Eusébio par ses qualités en face-à-face et son sens du placement. Comme Pippo Inzaghi en 2007, année de la dernière C1 du Milan. Et Cesare Maldini, comme son fils Paolo, soulève le prestigieux trophée. L’impressionnant palmarès du club lombard, ainsi que son attachement proche de la superstition à son maillot blanc en finale, sont nés.
 

Un concept d’alpha et d’oméga que Wembley illustre pleinement avec le FC Barcelone et Johan Cruyff. Les Blaugranas et le Batave y ont glané leurs premiers titres de champions d’Europe. En 1971, l’Ajax Amsterdam bat le Panathinaïkos (2-0) et le Cruyff joueur précède le Cruyff entraineur vainqueur en 1992 face à la Sampdoria Gênes (1-0 a.p.). C’est donc à Wembley que le mythique hollandais a ouvert et fermé son palmarès européen, comme le Barça, dont la quatrième C1 date de 2011, avec une victoire 3-1 face à Manchester United.
 

Dix ans après la catastrophe aérienne de Munich (1958), les hommes de Sir Matt Busby deviennent les premiers Anglais couronnés sur le Vieux continent, à défaut d’être les premiers Britanniques à y parvenir [1]. La victime est encore le Benfica Lisbonne et ne cède qu’en prolongations (4-1, score final). Eusébio est toujours là, mais en face, Bobby Charlton et George Best sont décisifs et offrent une victoire à Manchester United.

 


 


Invités d’honneur

Des honneurs partagés entre la pelouse de Wembley et nombre de grands joueurs, il y en a eu beaucoup lors de ces finales. On a déjà évoqué Atalfini, Maldini, Eusébio, Cruyff, Charlton et Best. Mais il y a eu aussi Banks, Neeskens, Dalglish, Stoitchkov, Laudrup, Giggs, van der Sar, Xavi, Iniesta, Messi. Et parmi leurs faits d'armes figurent certaines prestations collectives haut de gamme et des gestes inoubliables. On s'amuse ainsi de noter que Barcelone a remporté ses deux titres à Wembley sur des frappes en dehors de la surface, de Koeman en 1992 à Messi et Villa en 2011 répondant à la lucarne de Rooney.
 

On a également vu de la subtilité à Londres, avec le démarrage fulgurant et la balle piquée de Dalglish qui, en 1978, rappellent le second but de Charlton dix ans plus tôt et éclairent un match bien terne face à Bruges. En 2011, l'exquis extérieur de Xavi pour Pedro et le contrôle de la cuisse et la remise du gauche de Giggs en font également partie. Les parades de Pagliuca et Zubizarreta ont, elles, rendu très indécise la dernière finale de la Coupe des clubs champions européens sous cette appellation et la première à phase de poules.
 

Wembley rattrape le temps perdu avec cette seconde finale en trois saisons et ses premiers invités allemands à ce niveau de la compétition. Et puis, quand on connaît un tant soit peu l'histoire du groupe Queen, dans quel autre stade son We are the champions peut-il mieux résonner?

 

[1] Il s’agit du Celtic Glasgow en 1967, vainqueur de l’Inter Milan en finale (2-1).

 

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