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Grégory Protche

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Le CSC, divine comédie

De quelques mémorables matches de C2

La défunte Coupe des coupes a illuminé son histoire de rencontres inoubliables. Inoubliez-les.

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Dans leur numéro 29 (octobre 2006), les Cahiers avaient consacré leur rubrique "C'était mieux avant" à quelques matches de la défunte C2, "tous plus beaux, orageux, tendus, tristes ou merveilleux les uns que les autres".
 

* * *
 

Première finale: Fiorentina-Glasgow Rangers. Qui ne serait pas ridicule, même aujourd’hui, non? 1966-67-68, trois finalistes: Liverpool, le Bayern et le Milan. 1976-77-78, le RCS Anderlecht de Rensenbrink et du Parc Astrid est finaliste trois années de rang (et gagne deux fois). Finales qui correspondent aussi, à travers Robby, à la fin de l’ère hollandaise. Bien sûr, le 13 mai 1981, la finale qui opposa le Carl Zeiss Iena (d’Allemagne encore de l’Est) au Dynamo de Tbilissi, vue d’ici, ne paraît pas très sexy...
 


Génie soviétique

Plus près de nous, encore. Le 2 mai 1986, quelques jours avant une phase finale de Coupe du monde qui lui fait sûrement un peu d’ombre, s’est joué un des plus beaux matches qu’on ait vus, une des plus brillantes prestations techniques qui se puisse concevoir, une des plus implacables démonstrations de génie collectif: Dynamo de Kiev-Atletico de Madrid: 3-0.
 

À la limite, le résultat, au regard du match et de sa qualité, fut anecdotique. La dernière trace du génie soviétique. Génération superbe: Zavarov, Belanov et consorts. Qui tous, ensuite, iront péniblement gagner leur vie dans de grands clubs, sans forcément laisser de souvenirs impérissables... Comme dans le cliché gaulois en vogue alors, qui voulait que ces gens s’embourgeoisassent en arrivant à l’Ouest – dans le film réjouissant et nauséeux de Joël Séria, Comme la lune, peu après Les galettes de Pont-Aven, Jean-Pierre Marielle, l’oreille collée au transistor, explique à sa femme: "Ces mecs-là, chez eux, ils bouffent des racines et arrivés ici, ils ne foutent plus rien, c’est champagne et compagnie!" Parmi les meilleurs buteurs de la compétition, cette année-là, Belanov, Blokhine (si, si, il était encore là, moins fringant que contre l’ASSE dix ans plus tôt, mais toujours vaillant) et Zavarov! Trois attaquants aux trois premières places. Et ce troisième but! Un décalage, deux, trois, quatre et une frappe sublime de Belanov... Encore plus somptueux et définitif que celui que les Brésiliens nous mirent, quelques semaines plus tard, au Mexique, qui aurait dû logiquement nous condamner à rester au stade des quarts de finale du Mundial.

 


 


La coupe des grandes équipes qui ne gagnent pas

En prolongement des coupes nationales, la Coupe des coupes fut celle des grandes équipes qui ne gagnent pas. Au premier rang desquelles, bien sûr, le Barça d’avant Rijkaard. Le vibrionnant et très comédien Carrasco l’a remportée trois fois, en 1979, 1982 et 1989. Une compétition qui honore un tel joueur, exaspérant et adoré des socios, ne pouvait pas être mauvaise. En 1983, l’Aberdeen de Gordon Strachan tape le Real, après prolongations (de l’intérêt de la finale sur un match, que l’UEFA semble avoir redécouvert). Certes, il y eut aussi, comme en 1988, la victoire du FC Malines, 1-0, face à l'Ajax. Qui, fut-ce rétrospectivement, n’a rien de bien appétissant. Mais Malines alors n’était pas ridicule, dans un championnat belge qui ne l’était pas davantage.
 

Dans l’atmosphère de quasi-révisionnisme qui gouverne la relecture et amène à minorer l’importance de cette compétition cruciale, on oublie parfois aussi que le 6 mai 1992, l’AS Monaco subit la loi du (déjà là) Werder de Brême. Comme si, alors, accéder à la finale n’avait pas été un exploit!
 

Enfin, et une fois (rien qu’une fois…) n’est pas coutume, le PSG fit tout à l’envers: les Parisiens commencèrent par la gagner, en 1996, avant de perdre, en 1997, cette Coupe des vainqueurs de coupe. Une fois contre le mal nommé Rapid de Vienne, la seconde contre le... Barça! Celui, quand même, de Stoitchkov. Mais comme contre le Rapid le buteur parisien s’appelait Ngotty et que son but fut un des plus quelconques, on préfère à Paris ne se souvenir que de la victoire. En attendant…


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