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Jérôme Collin

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Diaby Anatomie

Nice et Saint-Étienne veulent gagner leur place

Dirigés par deux entraîneurs assez peu estimés, l'OGCN et l'ASSE aimeraient que leur saison reste belle jusqu'au bout.

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Saint-Etienne en quatre et Nice en cinq à la fin de la 27e journée et tout près du podium, on ne s'y attendait pas vraiment. Si les Verts sont parfois amenés à être considérés comme des outsiders de la Ligue 1, ils sont depuis si longtemps absents au rendez-vous qu'on n'y croit plus trop. Et que dire de Nice, qui sort de saisons instables (entraîneurs successifs depuis le départ d'Antonetti: Ollé-Nicole, Eric Roy, Marsiglia en trois saisons), et de Claude Puel dont on se moquait quand il disait ses joueurs capables de lutter pour la Ligue des champions? Aujourd'hui, Puel ne fait plus rire personne et les Niçois surprennent.

 


 

Si l'OGCN et l'ASSE en sont là aujourd'hui, c'est déjà parce qu'ils profitent de la mise à feu terriblement lente de Montpellier et de la pénible instabilité de Bordeaux, Rennes, Toulouse et de Lille. Car lors de la trêve hivernale, Lillois et Niçois étaient sur la même ligne, et les Stéphanois deux points derrière. L'incapacité des concurrents à être régulier a donc compté, mais pas seulement.
 


Un fer de lance bien entouré

Chacun compte dans ses rangs un serial buteur qui a déjà claqué plus de dix buts en 27 journées. À ma gauche, Dario Cvitanich avec douze buts et une grinta qui fait du bien, déjà bardé du statut de meilleure affaire qualité/prix de la saison. À ma droite, Pierre-Emerick Aubameyang, qui a scoré quinze fois. Et le Gabonais se permet d'y ajouter six passes décisives... Des joueurs décisifs, donc, mais qui ne le sont pas seuls. À Nice, Bauthéac et Eysseric pèsent 10 buts et 7 passes décisives. À Saint-Étienne, Brandao fait taire les sarcasmes avec 9 buts en 19 matches et une activité exténuante pour les défenseurs.
 

Sans trop forcer le trait, on peut dire que le danger n'est pas unique dans ces deux clubs. Si un leader offensif se dégage, il ne porte pas en permanence son équipe à bout de bras. Cvitanich n'a plus marqué depuis la 20e journée: Nice a gagné quatre matches sur sept. Il n'a carrément plus joué depuis la 23e journée: deux victoires en quatre rencontres. Mais quand Dario marque, c'est rarement pour du beurre: victoires à Sochaux, Toulouse et Rennes grâce à une réalisation de l'Argentin. Il fait recoller son équipe à Evian en claquant un doublé avant que Nice ne l'emporte en fin de rencontre, égalise dans les arrêts de jeu contre Troyes. Bref, Cvitanich est clutch.
 

De son côté, "Aubame" marque moins de buts capitaux, scellant davantage les victoires de son équipe. Même si c'est lui qui emporte la décision au Parc des Princes, et même si c'est son mutisme entre la 13e et la 21e journée qui correspond à la mauvaise passe stéphanoise. Brandao sait prendre le relais quand il faut – sans non plus oublier Mollo qui semble s'être vite intégré.
 


Efficace devant, solide derrière

Si ces deux formations ne marquent pas forcément à tour de bras (Nice a tout de même infligé une raclée à VA et part pour accomplir une de ses saisons les plus prolifiques depuis longtemps), c'est derrière qu'elles forgent leur beau parcours. Deuxième meilleure défense du championnat, les Verts n'ont encaissé que 19 pions contre 45 l'an dernier. Nice en a certes pris 32 sa différence de but reste excédentaire (+7).
 

Cette solidité défensive, à nuancer pour Nice, fait que les deux clubs perdent peu. Ils comptent beaucoup de nuls à leur actif, certes, mais ce sont des matches à point. Si cette donne a les défauts de ses qualités (Lyon a perdu seulement une fois de moins que Nice, cinq fois, mais a davantage gagné, tandis que Marseille a déjà enregistré huit défaites mais n'a partagé les points qu'à quatre reprises), elle permet aux Niçois de conserver une (plus courte depuis la dernière journée) avance sur le champion en titre montpelliérain – que les Stéphanois devancent de trois points.
 

Les deux clubs peuvent enfin compter sur des gardiens qui réussissent une excellente saison. Ruffier d'un côté, Ospina de l'autre qui a réussi à reprendre à Delle sa place de titulaire – et bien en a pris à Puel de le remettre dans le bain: le premier tournait à 0,73 buts/match (avant la claque contre Sainté), quand Delle pointe au double.
 


Quelle part pour les entraîneurs ?

Difficile de déterminer l'incidence des coaches dans les résultats. Il est incontestable que Claude Puel fait du bon travail à Nice. Certes, il profite d'un effectif en pleine euphorie, à commencer par ce Cvitanich qui est sans doute en train de réaliser la saison de sa vie (tout du moins en L1), mais on ne peut pas dénier au Castrais ses qualités de meneur d'hommes. Acharné au boulot, il aime voir ses joueurs bosser. Et ça paye. La recette n'avait pas fonctionné avec l'OL, même si on enterre trop vite les moments forts de Puel à Lyon, mais elle semble fonctionner à Nice...avec quelques anciens Lyonnais (Kolodziejczak, Pied). À Saint-Etienne, Galtier a longtemps payé son manque d'ambition, préférant barricader dès le début de match pour gratter le point du nul. Aujourd'hui, lui aussi surfe sur la vague Aubameyang et sait tirer parti de l'état d'esprit général de ses joueurs.
 

Samedi, Saint-Étienne a sèchement battu Nice, ne projetant plus tout à fait la même lumière sur leurs parcours respectifs, mais les rebondissements seront encore nombreux. De là à affirmer que les deux clubs tiendront la distance jusqu'en fin de saison... Sainté nous a habitué aux déceptions. L'OGCN est pour sa part dans une situation nouvelle, un peu comme Auxerre en 2009/10. La justesse du banc pourrait porter préjudice dans le money-time, quand la tête et surtout le physique sont déterminants. Mais Nice ou Saint-Étienne en Ligue des champions, pour le moment, c'est imaginable.
 

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