auteur
Christophe Zemmour

Du même auteur

> article suivant

Sports, le mini-ministère

> article précédent

Lever les foules

Mali 2014, un rêve de Brésil

Deux fois de suite sur le podium de la CAN, forts d'un groupe jeune placé sous la tutelle de Seydou Keita, les Aigles ne sont pas si loin d'une participation à la Coupe du monde...

Partager


Le Mali reste sur deux troisièmes places consécutives à la CAN. En 2012, les Aigles battaient le Ghana (2-0) lors de la petite finale grâce à un doublé de Cheikh Diabaté, et en 2013 ils ont récidivé face au même adversaire (3-1). Ces médailles de bronze constituent les meilleurs résultats de l’histoire de la sélection malienne après la finale continentale de 1972 perdue 3-2 face au Congo. Cette équipe, prise en main par Alain Giresse entre 2010 et 2012, et dirigée depuis juillet 2012 par Patrice Carteron, vise une première qualification pour une phase finale de Coupe du monde.
 


En embuscade

L’indice FIFA des Aigles en juillet 2011 était assez élevé pour leur éviter le premier tour à élimination directe de la zone CAF pour Brésil 2014 – auquel a notamment participé le Togo. Le Mali est dans le groupe H de la seconde phase en compagnie du Bénin, de l’Algérie et du Rwanda. Pour l’instant, seulement deux rencontres ont été jouées par chaque équipe, début juin 2012. La situation de la poule est serrée, avec les Ecureuils leaders avec quatre points, suivis de près par les Fennecs et les Aigles qui affichent trois unités. La lutte risque d’être longue, comme en témoignent les deux premiers matches du Mali, qui a d’abord perdu à Cotonou (1-0) puis battu l’Algérie à Ouagadougou (2-1), grâce à des buts de Mahamadou N’Diaye et de Modibo Maïga.
 

 



 

Lors de cette dernière rencontre, les hommes alors entrainés par l’intérimaire Amadou Diallo ont refait le retard initial du but d’Islam Slimani à la 6e minute de jeu, et la réalisation de Maïga en fin de match a permis au Mali de ne pas se laisser distancer et de préserver ses chances. L’exigence des éliminatoires de la zone Afrique a toujours eu raison des espoirs des Aigles. Pour l’édition de 2010, ils avaient terminé troisièmes du groupe D lors du troisième tour, avec neuf points derrière le Ghana et... le Bénin, déjà. Cette année encore, il faudra terminer premier de la poule – mais seulement pour survivre et disputer la phase de barrages aller-retour, qui décidera des cinq représentants du continent au Brésil en 2014.
 


Contre mauvaise fortune, bon cœur

Le 20 janvier dernier, le capitaine Seydou Keita offre la victoire au Mali face au Niger grâce à son but de la 85e minute (1-0). Succès qui sera la clé principale de la qualification pour les quarts de finale, car la sélection de Patrice Carteron ne prendra qu’un point lors de ses deux matches suivants (0-1 face au Ghana et 1-1 contre la République Démocratique du Congo). Le 2 février, c’est encore Keita qui répond au Sud-Africain Rantie et permet aux Aigles d’égaliser et de poursuivre le match en prolongations. Une séance de tirs au but presque parfaite, et le Mali atteint le dernier carré de cette CAN 2013.
 

Il n’est pas besoin de rappeler le contexte politique du pays pour finir de décrire le cadre compliqué dans lequel évoluent les Aigles. Sans oublier certains problèmes en interne, comme la désertion de Sambou Yayatabaré après deux matches lors de la CAN, protestant contre son manque de temps de jeu, juste avant la rencontre décisive face à la RDC. La polémique liée à l’arbitrage de Bakary Gassama, lors de la demi-finale face au Nigéria, ne démobilisa pas plus la sélection, qui grimpera sur le podium trois jours plus tard. Du caractère, le Mali en a, du bon comme du mauvais, et il lui en faudra pour s’envoler en direction du Brésil en 2014.
 


Gravir la marche suivante

Il ne serait pas si étonnant de voir l’équipe de Seydou Keita évoluer sous le ciel brésilien, dans la continuité de ses bonnes performances récentes et d'autres plus anciennes qui font encore référence. Le Mali a usé beaucoup de sélectionneurs depuis le début des années 2000: des intérimaires, mais surtout des Français que l’on a apparemment envie d’installer au moins à moyen terme. Ainsi, outre Giresse et Carteron, Jean-François Jodar a dirigé les Aigles entre 2006 et 2009. Après cette période de désillusion qui avait suivi les bons résultats enregistrés entre 2002 et 2004, le Mali a rebondi sur ses deux podiums consécutifs à la CAN.
 

La sélection renforce cette tonalité hexagonale par la présence de nombre de joueurs évoluant en Ligue 1 ou en Ligue 2. Son capitaine et leader Seydou Keita, déjà meilleur buteur de l'histoire des Aigles à égalité avec le retraité Frédéric Kanouté, n'est pas le moindre de ses atouts. À trente-trois ans, portant le maillot national depuis 1998, l’ancien Blaugrana fait figure d’ancêtre et d’homme à tout faire dans cette équipe très jeune [1]. Milieu, meneur, buteur, l’actuel joueur de Dalian Aerbin porte la sélection dans les moments difficiles. Ces récentes performances avec le Mali dissipent un peu les doutes liés à sa situation actuelle dans un championnat et un club de niveaux moindres.
 

Pour se qualifier à l'édition Brésil 2014 de la Coupe du monde, le Mali devra certainement compter sur cette régularité et espérer par exemple que Mahamadou Diarra et Mohamed Sissoko rencontrent moins de problèmes de forme et de performances. Et miser sur le retour de Bakaye Traoré, qui dispute très peu de matches sous le maillot du Milan AC, de même que Mamadou Samassa qui vit une situation similaire avec son club du Chievo Vérone. Le plus grand danger vient certainement de l’intérieur, et les Aigles devront régler leurs problèmes relationnels. Prochain rendez-vous fin mars, au Rwanda.
 

[1] La moyenne d’âge du groupe des 23 pour la CAN 2013 était de vingt-cinq ans, avec seulement trois trentenaires.
 

Partager

> sur le même thème

Le Brésil, bel horizon

Le football d'ailleurs


Julien Momont
2014-08-18

Malmö FF : à la recherche de l’Europe

(Grand) reportage – Champion de Suède en titre, le Malmö FF, club formateur de Zlatan Ibrahimovic, est en course pour devenir le premier club suédois qualifié pour la phase de poules de la Ligue des champions depuis quatorze ans.


Nicolas Cougot
2014-07-01

Pourquoi l'avenir du football est aux États-Unis

Annoncé depuis des lustres, le développement du football états-unien n'est plus une vaine promesse: il n’attend plus de prendre son essor, mais prépare son futur. Préparez-vous aussi, ça devient sérieux.  


Vapi
2014-05-16

La Centrafrique vue du ballon

Plongées depuis cinq mois dans un conflit complexe et meurtrier, certaines régions de Centrafrique reprennent vie, d’autres s’enlisent dans un cycle d’affrontements durables. Aperçus d'un pays en guerre à travers ses terrains de foot.


>> tous les épisodes du thème "Le football d'ailleurs"

Sur le fil

RT @La_Grinta: Visiblement, les gars du Legia Varsovie n'ont pas aimé se faire sortir de la Ligue des champions sur tapis vert. http://t.co…

RT @JulienMomont: Malmö avec l'Atlético, la Juve et l'Olympiakos. Dernier petit rappel du (long) reportage pour les @cahiersdufoot http://t…

RT @OptaQuin: 2ème article sur le FPF en cours d'écriture pour les @cahiersdufoot : les conséquences concrètes à moyen-terme du FPF sur le …

Les Cahiers sur Twitter

Les brèves

Fernando Cousteau

"L'ASM relance un gros bonnet pour son attaque !" (spacefoot.com)

challenge Makelele

"Gomis troisième à la longueur." (lequipe.fr)

contre son camp

"Kapo signe en Pologne." (lequipe.fr)

David Moïse

"MU bannit les tablettes d'Old Trafford." (lequipe.fr)

maïs que un club

"MLS : Dempsey donne maillot contre pop-corn." (lequipe.fr)