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France-Islande : les gars

Passons en revue les onze titulaires et les six remplaçants... Focus : les erreurs défensives sur les buts et les contres islandais.

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Auteur d'une faute de main sans conséquence sur un centre anodin dès la 9e minute, Mandanda encaisse la frappe violente de Sigthorsson et ne peut pas grand chose de plus sur le second but. Il remporte brillamment son duel face à Hedinsson (62e).


En dépit d'interventions défensives tranchantes, Mexès n'a pas réussi à combler tous les espaces laissés béants par ses partenaires et s'est mis à la faute sur l'ouverture du score. La charnière a un parfum de quitte ou double avec ses qualités et ses lacunes, dont on ne sait jamais lesquelles l'emporteront en match, mais au moins a-t-elle pesé offensivement puisque que c'est le Milanais qui délivre la superbe passe pour Giroud à l'origine du troisième but, ou qui place une bonne volée sur un corner de Martin (84e). L'enthousiasme de Rami – en voilà au moins un qui est heureux de jouer – compense certaines absences, et sa puissance devrait être précieuse dans les combats de l'Euro. Il a obtenu presque autant d'occasions que Benzema avec un plat du pied dès la 6e minute, un tir lointain (30e) et un coup franc dans le mur (71e), avant son but victorieux.

 

 

Debuchy, qu'on avait vu un peu moins bien avec Lille depuis... la blessure de Sagna, a confirmé son potentiel offensif en animant bien l'aile droite, au bout de laquelle il a décoché quelques centres et surtout s'est trouvé au bon endroit pour la réduction du score. Pris par la passe assassine qui lance Bjarnason (62e), son entente avec Ben Arfa et Benzema a tout de même donné satisfaction. Évra a bien réalisé quelques bons gestes défensifs et son volontarisme désordonné ne s'est pas démenti mais, impliqué sur les deux buts (et un peu plus, voir ci-dessous) en raison d'un placement erratique, son match frôle le désastreux.

 

La "sentinelle devant la défense" is the new "le libéro devant la défense", et c'est Cabaye qui a monté la garde. Très affairé, il a peu brillé individuellement en dehors d'une percée qu'il a conclue d'un pointu – mais en position de hors-jeu (27e) – et d'une bonne combinaison avec Benzema (47e).

 

Un cran plus haut et plus à droite, Gourcuff a alterné le bon et le moins bon dans un rôle plus hybride que celui de meneur du 4-2-3-1 de Blanc (plutôt assigné à Nasri). Au point physiquement et précieux par sa volonté de jouer en première intention, il a manqué de justesse technique sur certains gestes trop visibles pour ne pas plomber son bilan. Comme d'habitude, on a eu l'impression que ses coéquipiers ignoraient parfois sa disponibilité. En meneur d'attaque, Nasri a tâché de s'extraire d'une zone très encombrée, mais a d'abord peiné pour trouver la bonne distance avec ses coéquipiers, avant de faire des différences en fin de mi-temps: il a notamment réussi deux une-deux consécutifs avec Benzema débouchant sur des occasions (44e et 45e).

 

Le bilan est analogue pour Ben Arfa : comme Nasri, il promet du jeu et offre de belles assurances techniques, mais sa contribution collective est restée incertaine en dépit d'une très bonne période, de la 40e à sa sortie à l'heure de jeu, durant laquelle il a bien trouvé Benzema. Ménez a été le plus heureux dans ses initiatives pour déséquilibrer la défense islandaise, obtenant sur un de ses crochets un coup franc qui avait des allures de penalty (10e) et ajustant des passes aussi justes que celle qui prépare la réduction du score.

 

Benzema a réussi son geste le plus accompli sur son but refusé pour un hors-jeu (14e) et s'est trouvé au cœur des meilleures actions dans la bonne période bleue (tir trop croisé, 44e, tir détourné par le gardien, 45e, reprise détournée qui profite à Debuchy, 52e). Pas sûr qu'il ait le profil le plus adapté à cette équipe qui porte beaucoup le ballon et utilise peu les espaces.

 


Auteur d'une rentrée correcte, Alou Diarra a oublié de courir sur les contres islandais. Martin a contribué au maintien de l'assise française mais a peu participé aux phases offensives, tandis que Valbuena entretenait le mouvement qui a fini par renverser l'adversité, décochant un tir trop croisé après un bon crochet plein axe (80e). Malouda a pesé sur le flanc gauche en ajustant une série de bons centres tendus pour Giroud. D'abord mal récompensé de sa bonne volonté, Ribéry a semblé rester sur la lancée de ses inhibitions en bleu, avant de bousculer le sort en marquant un but superbe de maîtrise. Presque à lui seul, Giroud a redonné une cohérence au jeu d'attaque en offrant un point d'ancrage et en faisant planer le danger dans les airs. Décisif, il offre deux magnifiques passes aux deux derniers buteurs français.

 

 

 

Les erreurs défensives bleues en quatre actions

Le premier but islandais résulte d'une situation anodine: un ballon aérien près de la ligne médiane, alors que la défense est en place puisque six Bleus font face au ballon. Mais deux têtes vers l'avant éliminent Gourcuff et Cabaye, une troisième lançant parfaitement le buteur. Sur cette dernière, Mexès vient en retard au contact, libérant l'espace derrière lui – que ne couvre pas Évra, laissé sur place par l'anticipation de Bjarnason.

 

 

 

À l'amorce du second but, sur une remontée de balle des Blancs, Évra défend dans le rond central, et ne peut empêcher un décalage sur la latéral, que Jérémy Ménez n'a pas marqué et qui n'a aucune peine à lancer son ailier. Évra ne le rattrape pas, le timing parfait entre le centre et l'appel de l'avant-centre prend la ligne Mexès-Rami-Debuchy à revers.

 

 

 

À la 62e minute, après un renversement vers la gauche, Debuchy défend haut. La passe islandaise trouve dans l'espace un joueur parti de derrière avec l'autorisation d'Alou Diarra. Mexès est contraint de défendre sur le côté mais n'empêche pas le centre en retrait vers Hedinsson que ni Martin ni Diarra n'ont suivi. Mandanda repousse le tir.

 

 

 

Seize minutes plus tard, alors que les Bleus poussent dans les trente derniers mètres à la suite d'un corner, un tir de Malouda est repoussé et récupéré par Gudmundsson qui lance le contre. Resté en couverture dans l'axe, Évra sort et se jette mais rate son interception, offrant un trois contre deux à l'Islande que Gudmundsson conclut par un tir sur Mandanda.

 

 


De cet examen il ressort déjà que lorsque Patrice Évra affirmait la semaine passée qu'il allait donner "le meilleur d'Évra", il parlait peut-être d'une compilation d'erreurs. Cette présence compromettante dans trois actions sur quatre mise à part, il apparaît que la charnière est moins en cause que des erreurs grossières de placement et de couverture, y compris de la part des milieux de terrain. Cela laisse espérer que le problème n'est pas structurel et qu'il peut être corrigé – peut-être en épaulant mieux Cabaye (ou M'vila dans cette position) et surtout par une meilleure concentration générale.

 

"Les Bleus lèvent le volcan", le compte rendu du match.

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