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Old couture

France-États-Unis : les gars

On a pris le temps de passer les Bleus au laser du comité de revisionnage, et à la râpe à fromage, pour certains.

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Lloris
s'est considérablement ennuyé, avec des prises de balles simplissimes à effectuer, les tirs américains ayant été trop mous (tête sur corner, 29e) ou trop imprécis (frappes d'Altidore 34e et Shea 64e à côté, coup franc de Dempsey itou 78e). Alors il s'est offert une fantaisie avec un crochet Barthézien (c'est-à-dire un peu limite) devant Altidore.

 


Rami a, comme à son habitude, mis un peu de spectacle dans un match qui en a beaucoup manqué, avec un coup franc de trente mètres catapulté dans les tribunes et une interception-passe de la semelle avec torsion de la cheville qui a suffi à écarter le danger sur un centre de Buddle (86e). Altidore l'a effacé un peu trop facilement en se retournant pour tirer sur la seule véritable occasion américaine (34e). À son crédit, une ouverture en profondeur parfaitement ajustée entre deux défenseurs pour Benzema (45e), que sa déviation de la tête sur corner trouva aussi (barre transversale, 55e).
Sa devise : "Quelques ennuis, jamais d'ennui."

 


L'interception-passe de la semelle avec torsion de la cheville.


Koscielny ferait peut-être un bon joueur de rugby, mais il serait durement sanctionné par les arbitres: un placage cathédrale dans la surface sur Altidore (20e), un raffut en pleine face de Dempsey (78e). Deux écarts qui ternissent une prestation sérieuse par ailleurs.
Le verdict : une dangerosité pas des plus indispensables pour une équipe qui a déjà une tendance naturelle à s'attirer des emmerdements en phase finale.

 


Debuchy joue sur du velours: celui du tapis que déroule devant lui le manque de considération dont pâtit Bacary Sagna en France. Il a réussi sa deuxième titularisation après celle contre l'Albanie, mais il n'a pas eu droit à des adversaires de très haut niveau, ce qui limite la portée des conclusions. On l'a surtout vu en première période avec trois centres et de bonnes combinaisons avec ses coéquipiers, avant qu'il ne disparaisse des débats offensifs. Dans un autre registre, il a proprement découpé Dempsey qui amorçait un contre (80e).
Notre conseil : prévenir le staff technique qu'il risque de centrer en première intention, ses coéquipiers ne savent plus ce que c'est.

 


Debuchy s'inspirant des coupeurs de route d'Afrique centrale.


Mathieu, comme son homologue lillois, avait tout à gagner et il n'a pas perdu son temps, ni de temps puisqu'il s'illustra à trois reprises au cours des vingt premières minutes, avec notamment un bon centre pour la tête de Gameiro, devancé de peu, et quelques percussions intéressantes. Plus anonyme par la suite, mais vaillant à son poste. Sifflé pour un centre raté à la 42e par un public toujours aussi impressionnant de discernement.
La question : est-ce que c'est le premier roux à jouer en équipe de France depuis Robert Herbin?

 


Diarra a tenté de justifier une présence qui paraît de plus en plus incongrue avec quelques bonnes interventions, notamment dans les duels aériens ou en tendant la jambe (le geste technique qu'il maîtrise le mieux). Il renvoie une remise de la tête de Dempsey en pleine surface (83e), mais son utilité avait rejoint l'infinitésimal après un premier quart d'heure conclu par une interception de la tête réceptionnée par Ribéry et une course pour aller se mettre immédiatement hors-jeu côté droit (16e). "Jouer entre les lignes", pour lui, cela a souvent signifié y rester caché. À en juger par sa vivacité, c'est comme s'il évoluait dans un monde parallèle où la pesanteur serait de trois fois celle de la Terre.
Le message : "Ne regarde pas tes stats."

 


Alou Diara tentant de cacher sa grande carcasse entre quatre adversaires, laissant M'vila jaillir au pressing.


M'vila, même en demi-teinte, est indispensable en tant que seul joueur capable de donner du rythme ou un coup de fouet au jeu tricolore, avec un jeu de passes en première intention – du moins de passes qui ne soient pas juste latérales et à cinq mètres, sans porter indéfiniment la balle. Dans une équipe qui serait en mesure de prendre plus de risques et d'offrir plus de solutions, il ferait merveille. Là, il a juste fait ce qu'il a pu.
L'erratum : la même note que Diarra dans L'Équipe (4), c'était évidemment une blague du maquettiste.

 


Ménez
... D'accord, il porte une loutre putréfiée sur la tête, il est aussi expressif qu'une souche d'arbre et il recycle le plastique des ballons en tricotant des pulls polaires à même le terrain, mais dans un registre analogue à celui de Ribéry, il a fait beaucoup mieux. D'abord parce que pour un joueur dont on dit qu'il ne lève pas la tête, il est celui qui a le mieux trouvé ses coéquipiers, en particulier Benzema (et même Gameiro. Une fois). Ensuite parce qu'il a fait la différence à plusieurs reprises: débordements et centres (29e, 59e, 90e+2), passes potentiellement décisives (centre pour Benzema 29e, talonnade pour Ribéry 43e, passe pour Giroud 90e+1) et bon tir en pivot (au-dessus, 37e). Enfin parce qu'au moins, il tente et réussit de vrais gestes de football, comme cet impeccable renversement de l'extérieur du droit vers Rémy (83e) ou cette talonnade audacieuse pour Ribéry (43e).
Le souhait : on aimerait voir Ménez avec le reste de sa panoplie de Davy Crockett.

 


Jérémy Ménez, une tête qui dépasse (l'entendement).

 


Ribéry n'a pas fait un si vilain match. Sa talonnade au premier poteau sur le centre de Debuchy était bien inspirée (27e), il déborde joliment pour servir Ménez en retrait (37e) et obtient le coup franc dangereux en faveur de Benzema (56e). Il a aussi réussi de bons lancements, en position plus reculée. Mais on doit sous-estimer le point auquel il souffre d'inhibition en équipe de France, parce que c'est la seule explication qui reste pour le si faible pourcentage de gestes qu'il réussit en bleu – avec un lot de dribbles et de passes manquées qui limite considérablement sa contribution au collectif, pour parler poliment.
La solution : trouver ce satané bouton de déverrouillage de la porte du bus.

 


Gameiro a été utilisé dans le rôle qu'il occupe à Paris, celui de l'attaquant qui effectue des appels en se préparant à ce que ses coéquipiers l'ignorent – sauf que là ce fut encore pire. Deux fois devancé de la tête sur des centres (Mathieu 21e et Ribéry 47e), il est gêné pour reprendre à bout portant un ballon prolongé de la tête par Koscielny (57e).
La cote : il devrait quand même réussir à conserver son avantage sur Hoarau en vue de la liste des 23, mais il risque de finir 24e ou 25e.

 


Serrer les dents et sourire : le destin de Kevin Gameiro.


Benzema ayant joué en décrochages, il a beaucoup plus participé au jeu en profitant d'une très bonne entente avec Ménez, sans parvenir à être décisif. Un tir lointain un peu aventureux (17e), un autre du gauche contré (29e), une tête opportuniste sur la transversale (55e)... mais aussi des débordements et une bonne dose d'intelligence dans ses remises et son placement.
Le regret : il est dommage que Higuain n'ait pas choisi la nationalité française pour lui mettre la même pression qu'au Real.

 

 

Giroud gardera en mémoire son occasion de la première minute du temps additionnel, compromise par un manque de spontanéité: pour un pas de trop, le ballon est parti dans le petit filet extérieur. Deux fois trop court (taclé par Howard, 69e, contré au second poteau 90e+2), il n'est tout de même pas loin du compte.
Rémy n'a pas eu ces états d'âme : après un premier départ et un tir renvoyé par le gardien (69e), il envoyé son vis-à-vis aux fraises et croise parfaitement son tir, pour son troisième but en cinq sélections cette saison.
Martin a remplacé Ribéry pour rétablir un dispositif en 4-2-3-1 dont il a fait office de meneur, délivrant quelques bonnes passes, dont celle qui fut décisive. De quoi l'imaginer dans ce rôle, à l'avenir?
Gonalons est rentré avec quelque assurance, mais n'a trouvé le temps que de placer un tir dévié en corner à l'ultime minute.

 

Le compte-rendu du match : US qu'on va ?

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