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Miklos Lendvai

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Le ballon de l'ingénieur

Top 10 : les imitations ratées

À quelques lettres près, le championnat de France aurait pu se vanter de posséder une belle brochette de stars internationales.
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1. Reinaldo, la monnaie d'échange

1_reinaldo.jpgQuand Paris signe Reinaldo en 2001, le club sait que l'attaquant brésilien n'a rien à voir avec El Fenomeno. Reinaldo n'a jamais été international brésilien, n'a jamais fini meilleur buteur de son championnat ni gagné un Ballon d'Or. Non, Paris l'a recruté sans le vouloir vraiment, c'était juste le prix à payer pour avoir fait affaire avec l'Inter Milan. En janvier 2000, Paris veut se débarrasser de Dalmat et trouve en l'Inter un club intéressé. Problème : le club italien n'a pas envie de donner de l'argent au PSG et lui propose en échange Vampeta (ou plutôt la moitié des droits du milieu brésilien). Six mois plus tard, Vampeta se révèle plutôt moyen et veut rentrer au Brésil. Flamengo est intéressé mais n'a pas d'argent. Le club carioca propose donc un échange: à l'Inter et au PSG de choisir un joueur dans leur effectif. Le club italien a la priorité et choisit Adriano, la seule perle de l'effectif. Paris se rabat sur Reinaldo, attaquant de vingt-deux ans qui sort d'une bonne saison.

Signé en 2001, Reinaldo est prêté pendant deux saisons à Sao Paulo et arrive au PSG en 2003. Non désiré par Vahid Halilhodzic (l'ordre sera ainsi donné de ne pas récupérer le joueur à l'aéroport à son arrivée du Brésil), l'attaquant brésilien ne se démonte pas: il veut devenir le meilleur buteur brésilien du PSG (soit marquer plus que Raï et ses 51 buts). Il marquera finalement 15 buts, ce qui est plutôt bien vu la confiance initiale Coach Vahid.
À la fin de son contrat en 2005, Reinaldo part au Japon, au Kashiwa Reysol où il ne joue que six mois. Agé de vingt-huit ans, il évolue actuellement à Figuereinse, club de seconde division brésilienne, après avoir joué au Qatar (recruté par Vahid), au Japon une seconde fois et en Corée du Sud.



2. Hamed Namouchi, la hype écossaise

top10_fakes_2_namouchi.jpgMilieu de terrain français d'origine tunisienne, Hamed Namouchi a plus ou moins suivi les traces de son quasi-homonyme. Formés dans le Sud de la France (Alès pour Sabri, né en 1971, et Cannes pour Hamed, né en 1984), les deux joueurs signent très jeunes pour un club plus huppé. À Auxerre, Sabri devient international (d'abord avec la Tunisie mais il reste sur le banc, puis avec l'équipe de France), champion de France, vainqueur de la Coupe de France et joue les différentes coupes européennes. Hamed, lui, opte à vingt ans pour l'étranger en signant aux Rangers. Comme Didier Agathe avant lui avec les Celtics, Namouchi se fait un nom en France en devenant titulaire dans un des plus grands clubs écossais. En réalité, sur ses quatre saisons en Premier League écossaise, il n'en disputera qu'une dans la peau d'un titulaire. Mais c'est bien suffisant pour intégrer la sélection tunisienne. En 2006, quand Le Guen arrive au club, Namouchi sait que le Breton ne compte pas sur lui et quitte le club pour rejoindre Lorient.

Les deux joueurs vont au cours de leur carrière devoir gérer un moment difficile. Pour Sabri, la non sélection pour la Coupe du monde 98, pour Hamed, une rupture des ligaments en 2007. Lamouchi signe dans la foulée un contrat avec l'AS Monaco, gagne un nouveau titre de champion de France et gagne son billet pour le calcio. Namouchi, lui, ne parvient pas à retrouver son niveau, est prêté par Lorient à Fribourg où il ne joue pas et se retrouve au chômage, à vingt-sept ans.
Sabri a pris sa retraite et est devenu consultant pour Canal+ (plutôt bon d'ailleurs, malgré un mimétisme étonnant avec le phrasé de Laurent Blanc), Hamed est toujours à la recherche d'un club.



3. Serhiy Skatchenko, le globe-trotter

top10_fakes_3_skatchenkoi.jpgEn 1999, quand l'arrivée à Metz d'un attaquant international ukrainien est évoquée, toutes les pensées se tournent vers le phénomène du moment: Andriy Chevtchenko. Demi-finaliste de la Ligue des champions avec le Dinamo Kiev, auteur d'un triplé au Camp Nou lors d'un mémorable 4-0 en faveur du club ukrainien, Andriy est courtisé par tous les grands d'Europe. Metz semble avoir fait le coup du siècle mais en fait, Andriy signe au Milan AC, club avec lequel il remporte par la suite un Ballon d'Or, une ligue des champions et devient le second meilleur buteur de l'histoire.
Les Grenats, quant à eux, ont signé Serihy Skatchenko, attaquant en milieu de carrière, passé par une flopée de clubs de l'Europe de l'Est (Traktor Pavlodar, Metalist Kharkiv, Torpedo Moscou, Temp Shepetivka, Dynamo Kiev) et même des clubs coréens (Anyang LG Cheetas, Chunnan Dragons). À Metz, Serihy commence chaque saison dans la peau d'un titulaire avant de dégringoler dans la hiérarchie des attaquants. Il voit Jestrovic, Goussé, Saha et Baticle lui passer devant lors de sa première saison, puis Jager, Hassli et D'Amico la suivante.
En février 2001, l'attaquant ukrainien est prêté à Neuchâtel et poursuit sa tournée des clubs jusqu'à sa fin de carrière (Torpedo Moscou, Sanfrece Hiroshima, Aarau, Karpaty et DC United).



top10_fakes_4_barkeroi.jpg4. José Javier Barkero, l'éphémère pitchoune

Milieu de terrain basque formé à la Real Sociedad, le parallèle entre Bakero et Barkero s'arrête là. Quand Toulouse signe ce jeune espoir espagnol en 2000, le meneur de jeu blaugrana a pris sa retraite depuis une saison – après une dernière pige dans le championnat mexicain. À Toulouse, Barkero n'a pas beaucoup joué mais apparemment, il était moins bon que Cascini, Courtois et Pedros, ses concurrents directs, qui lui ont tous été préférés.
En janvier 2000, après seulement trois apparitions sous le maillot du Téfécé, Barkero retourne à la Real et obtient un nouveau prêt à Eibar, club de Segunda. Au cours de sa carrière, il joue pour Poli Ejido, Albacete et Numancia, alterne les saisons en première et en seconde division: une sorte de Benjamin Nivet espagnol.
 


5. Claudio Biaggio, signé Camporro

top10_fakes_5_biaggio.jpgQuand Sud Ouest titre "Biaggio à Bordeaux" en 1997, rares sont les Bordelais qui croient à la faute de frappe du quotidien. C'est bien Claudio Biaggio qui signe à Bordeaux et non la star italienne. Claudio est international argentin (une seule sélection, obtenue sans doute par la force de persuasion de son agent), n'a jamais disputé de Coupe du monde et n'a pas l'aura de Roberto Baggio. Non, Claudio est plutôt un joueur à l'ancienne, avec un physique atypique (trahissant un goût immodéré pour l'asado), mais un sens du but aiguisé.
À Bordeaux, Courbis n'a pas besoin de l'aligner: Papin, Tholot et Kaba Diawara font bien le boulot. En marquant un but dans le match de l'année face au PSG (5-3 à Lescure), il laisse une trace dans la mémoire girondine, insuffisante pour être conservé en fin de saison.
Il retourne à San Lorenzo et joue par la suite au Japon, en Équateur et en Bolivie où il met fin à sa carrière en 2001, à l'âge de trente-deux ans.



6. Pepe De La Sagra, le Little Bouddah du pauvre
 
top10_fakes_6_pepedelasagra.jpgEn 1999, alors que Nice recrute un meneur de jeu espagnol, passé par le centre de formation de Barcelone, De La Pena signe pour 95 millions de francs à la Lazio. Pepe De La Sagra ne supporte pas vraiment la comparaison, mais les dirigeants niçois le savent. Formé à l'atletico, Pepe fait un bref passage à la cantera puis enchaîne par le Portugal et le Mexique. Guy David sait pertinemment que ce milieu de vingt-trois ans n'est pas la star de demain.
Le milieu espagnol a des qualités techniques qui peuvent être précieuses pour aider le Gym à retrouver la Ligue 1, et il va les démontrer par moments, mais son irrégularité va finir par le condamner au banc de touche. Guy David joue la sécurité et confie les clés du jeu à Aulanier.
En fin de saison, De La Sagra retourne en Espagne, en troisième division, avant de quitter le monde pro à l'âge de vingt-six ans.



7. Sidi Keita, le cousin

top10_fakes_7_keita.jpgAlors que Seydou Keita fait parler de lui à dix-neuf ans en devenant meilleur joueur de championnat du monde des U20 devant Ronaldinho et Lampard, Sidi Keita fait parler de lui à vingt ans en brisant la jambe de Claudio Cacapa dès son troisième match de Ligue 1. Cousin de Salif Keita, Seydou suit une progression linéaire qui le mène du banc marseillais au milieu de terrain du Barça de Guardiola, en passant par Lorient, Lens et le FC Séville. Sa technique, son jeu de passes et son endurance en font un des meilleurs milieux de terrain au monde. Neveu de Salif Keita, Sidi s'est révélé au Racing Club Strasbourg dans un rôle de milieu purement défensif.
Le Racing ne serait sûrement pas descendu en 2005 si Sidi ne s'était pas blessé en cours de saison. De retour de blessure, il signe à Lens pour remplacer Alou Diarra et retrouve ainsi son cousin, Seydou. Le contraste est violent pour l'ancien Strasbourgeois. Après une première saison difficile, Sidi est mis de côté et ne commence plus aucune saison dans la peau d'un titulaire.
Par chance, il avait signé un contrat longue durée chez les Sang et Or. Malheureusement pour lui, son contrat se termine cette année et il y a fort à parier que Sidi jouera l'été prochain avec l'équipe de l'UNFP.



8. Bratislav Mijalkovic, le temps d'un essai

top10_fakes_8_Mijalkovic.jpgEn 1996, Rennes cherche à renforcer son secteur défensif et se laisse tenter par une piste yougoslave. Alors que Sinisa Mihaijlovic commence à se faire un nom en Italie sous le maillot de la Sampdoria, le club breton met à l'essai Bratislav Mijalkovic. Formé au Partizan Belgrade, le défenseur serbe n'a rien à voir avec le recordman de buts sur coup francs en Serie A. Après un match joué contre l'Hapoel Tel-Aviv en Coupe Intertoto, Bratislav est prié par Yves Colleu de rentrer chez lui. Les Rennais feront la saison avec Corneliu Papura. Bratislav rejoint Pérouse, où il ne jouera pratiquement aucun match en deux saisons.
En 1999, le joueur prend sa retraite à seulement vingt-sept ans.



9. Nivaldo, le pot aux roses

top10_fakes_9_nivaldo.jpgEn 2007, Saint-Étienne recrute un jeune Brésilien aux qualités techniques impressionnantes pour un défenseur. Du moins c'est sûrement ce qui était inscrit sur la jaquette du DVD de promotion de Nivaldo. Sous contrat pour trois ans, le joueur va donner des regrets à Roro et Zozo dès ses premiers matches. Le joueur ne tient pas la route au côté de Tavlaridis et va passer toute la saison sur le banc de touche.
Conscient du temps de jeu réduit qui l'attend, Nivaldo se met d'accord avec Croix-de-Savoie, club de National, mais les dirigeants de Sainté ont d'autres projets pour lui. Alors qu'ils finalisent le transfert de Feindouno au Qatar, Nivaldo est inclus dans la transaction pour un package à sept millions d'euros. Jean-Louis Triaud, président des Girondins, qui doivent toucher un pourcentage de la transaction sur le Guinéen, suit de près le transfert et trouve surprenant que Nivaldo ait la même valeur marchande que Feindouno. Le pot aux roses est découvert et les Verts devront, après d'âpres discussions, avouer leur trucage.
Sur le plan sportif, Nivaldo joue une saison au Qatar et retrouve en 2009 le football européen en signant au Real Valladolid. Après une descente en Segunda, le joueur n'est pas conservé et trouve refuge au Maccabi Tel-Aviv.



10. Manuel Helder, le supplément de bagage

top10_fakes_10_helder.jpgEn janvier 1999, Paris fait appel à Artur Jorge pour redresser la barre, après un début de saison difficile. Le technicien portugais arrive avec Manuel Helder dans ses valises. Les supporters parisiens pensent voir signer le défenseur international, pilier de la défense du Deportivo depuis 1996, mais rien de tout ça ne figure sur la carte de visite du Portugais. Manuel Helder n'a jamais été appelé en sélection et a effectué toute sa carrière au Portugal: il arrive de Boavista. Comme c'est le choix d'Artur Jorge, les Parisiens veulent bien lui donner sa chance. En sept apparitions, Helder se révèle être une très mauvaise pioche.
Le PSG finira par recruter le bon Helder en 2004, mais il sera alors en fin de carrière et apportera autant que son ersatz.
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