LE FOOT ÉTRANGER N’A PAS D’AVENIR: L'EIRE
Sylvain Zorzin -
vendredi 20 novembre 2009
EIRE [r] n.f. Autant il paraît difficile de faire des jeux de mots avec "Kirghizistan" ou "Ossétie du Sud", autant l’Eire se prête à mille piètres aphorismes. Ce serait faire injure aux milliers de footballeurs irlandais que d’en rajouter ici, ainsi qu’aux hommes en noir généreux qui avancent l’arbitre à l’Eire.
Province insignifiante que l’on appelle parfois "Écosse" ou "pays de Galles" sans même faire exprès, l’Irlande a beaucoup souffert. Notamment, les Irlandais ont vécu l’une des pires famines de ces derniers siècles. Ainsi, en 1848, on peut légitimement penser que les premiers footballeurs jouèrent vraiment comme des morts de faim. Quant au premier match officiel disputé en 1926, il se solde par une défaite, "se solder" devant être pris ici dans son sens premier, tellement on avait envie de brader des joueurs aussi pathétiques. C’est simple, c’est à cette époque qu’on invente le proverbe: "L’Irlande comprend vingt-six comtés, avec notre équipe on pourrait faire du fromage de chèvres".
L’accession à la phase de barrage de la Coupe du monde 2010 doit donc être saluée comme un exploit. Entraînée, au cours des dernières années, par des Irlandais médiocres vers le fond du classement Fifa, l’Eire n’aurait toutefois pas réussi une telle performance si elle n’avait nommé à sa tête Giovanni Trapattoni.
Surnommé "Trap" par Allah et les supporters français, Giovanni Trapattoni possède un palmarès impressionnant. Une étude statistique laisse même à penser qu’il possèderait plus de titres que les secrétaires de rédaction de L’Équipe. Joueur de grand talent dans les années soixante, il s’est également distingué en tant qu’entraîneur, remportant les championnats italien, allemand, portugais. En 2007, il devient même champion d’Autriche avec le Red Bull Salzburg, un job alimentaire mais qui ne l’empêchera pas pour autant de dormir.
Parmi les rares joueurs qui ont acquis une notoriété de ce côté de la Manche, citons Tony Cascarino, qu’on a pu voir évoluer à l’OM, ou encore Roy Keane, que Guy Roux n’avait néanmoins pas retenu dans son équipe. On pouvait pourtant s’attendre à ce qu’une union Roux-Keane fonctionne parfaitement: cela constitue quand même 92% des mariages en Irlande!
Quelques artistes ont tenté de relever le niveau pas folichon d’un pays globalement inculte. On peut ainsi évoquer James Joyce, dont le célèbre Finnegans Wake serait comme un discours de Pape Diouf traduit en gaélique par Luis Fernandez, ou encore U2, qui fut longtemps un projet libéral fondé sur le modèle de la Coupe du monde U20.
À la lumière de la plupart de ces réflexions, on peut donc raisonnablement penser que le foot conditionné n’avait aucun avenir.
> Retrouvez tous les pays déjà conquis par le Foot étranger n'a pas d'avenir.
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