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Le pas bon, la brute et le revenant

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Tuniques amères

LA GAZETTE DE LA LIGUE 1 // ÉPISODE 1

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Le premier problème avec la reprise du championnat, c'est que personne n'est prêt. Pas plus les spectateurs - qui ne confondent pas la reprise et la rentrée - que les clubs eux-mêmes. Il serait d'ailleurs temps de mettre fin à l'aberration d'un marché des transferts qui s'achève un mois après le début de la compétition... Regardez les pauvres Stéphanois, pris de cours après avoir vendu Gomis et vu Ilan se blesser, qui se retrouvent sans attaquant (ils en recherchent trois). Inversement, Chamakh n'a pas eu le temps de trouver un club. Il y a même des clubs qui n'ont pas eu le temps de trouver un sponsor. Le PSG, lui, n'a pas eu le temps de nommer son président. Et Lille n'a toujours pas de stade.

L'autre problème, c'est que les points du mois d'août sont bel et bien comptabilisés et que, début septembre, des équipes peuvent avoir déjà raté leur championnat quand d'autres se sont calées dans une bonne trajectoire... On reparle alors de ces formations modestes dont la préparation est optimale dès l'entame du championnat, bénéficiant ainsi d'un avantage physique sur celles qui sont programmées pour les grandes échéances de l'automne. Ça n'a pas semblé pénaliser Bordeaux et Marseille, dont les victoires ne vont pas amoindrir la cote ni calmer les emballements précoces. Mais après tout, le jeu consiste bien à émettre des jugements définitifs après chaque journée, dès la première.


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Philippe Bruet de retour en bras de chemise dans des vestiaires moites. Alors, tu la sens, l'excitation de la reprise de la L1?

Les résultats de la journée
Bordeaux-Lens : 4-1
Rennes-Boulogne : 3-0
Monaco-Toulouse : 1-0
Le Mans-Lyon : 2-2
Montpellier-Paris SG : 1-1
Auxerre-Sochaux : 0-1
Lille-Lorient : 1-2
Saint-Etienne-Nice : 0-2
Grenoble-Marseille : 0-2
Valenciennes-Nancy : 1-3



Les gestes

• Le coup de folie de Bangoura, qui intercepte acrobatiquement le délicieux piqué de Marveaux à destination de Leroy comme le premier glouton Bakayoko venu, l'efficacité en plus.
• La rapidité et la justesse d'exécution de Wendel pour trouver la lucarne de Runje après une demi volte appropriée.
• L'enchaînement sombrero-passe en retrait impeccable de Nogueira, que Sverkos se fait un plaisir de pousser au fond des filets auxerrois.
• Les centres d'école de Kaboré et Demont, qui réconcilieraient presque la Ligue 1 avec ses latéraux, s'ils voulaient bien faire des petits tout au long de la saison.
• La feinte de la statue, qui permet à Rémy de s'ouvrir l'autoroute des filets stéphanois entre les pylônes basse tension Tavlaridis et Bayal.


Les antigestes

• Le coup de la savonnette de Bracigliano sur le but le plus Mamase Samassa Mamakossa de la journée.
• Le dégagement à la wanegaine de Mandanda, qui bute sur Battles à bout portant avant d'échouer à quelques centimètres du poteau marseillais.
• L'ouverture stylée de Gourcuff, extérieur du pied dans un trou d'air à proximité du ballon, qui conclut fesses dans le gazon le brillant échange de talonnades initié par le meneur girondin avec Chamakh.
• La superbe tête plongeante de Monterrubio dans les filets d'Audard, pour que personne ne lui vole la vedette après ses deux jolies passes décisives dans le bon sens.
• L'aile de pigeon défensive, sur l'ouverture du score mancelle, de Cris – dont la vivacité à l'heure actuelle lui vaudrait une place de titulaire à Saint-Étienne ou Paris.


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Dans la série: "Je suis tellement payé à rien faire que mon petit plaisir, c'est de montrer ma binette à la télé pendant les heures de boulot", nous sommes heureux de vous présenter Jean-Marc, fier défenseur de la cause des polos rayés dans le civil.


La bannette

Le début des emmerdements
Jérémy Clément (psg.fr) : "La saison ne fait que commencer".

La mascotte mystérieuse
Benoît Cheyrou (La Provence) : "On n'a pas fait un gros match, mais on ramène on a gagné et c'est le plus important".

L'équipe qui prend l'air à la fenêtre
Alain Perrin (leprogres.fr) : "Face à un double rideau comme ce soir, il faut de la fraîcheur".

La nuit des sponsors fantômes
Kevin Mirallas (leprogres.fr) : "On a essayé de trouver nos marques".

L'entraîneur qui mijote quelque chose
Alain Perrin (leprogres.fr) : "Il faut laisser [Planté] s'intégrer tranquillement dans le club, dans l'équipe, avant de le mettre au feu".

Le constat d'huissier
Claude Puel (Canal+) : "Vous parlez de ce que vous voulez, nous ce qui nous intéresse, c'est le terrain".

Le vol avec délit de fuite
Hatem Ben Arfa (La Provence) : "J'ai également fait en sorte d'accélérer quand j'avais la balle".

L'hyperbole à Léon-Bollée
Paulo Duarte (Canal+) : "Aujourd'hui c'est un match de championnat, mais pour moi, c'est une ambiance de Champion's League".

Le olé-olé, Nicole
Olivier Rouyer (Canal+) : "Le marquage sur Ganeiro était un peu leste".

Le Tony Chaperon
Nicolas Rabuel (L'Équipe) : "On avait du mal à accompagner nos actions".

La prothèse / antithèse
Alain Perrin (leprogres.fr) : "Je déplore qu'il n'y ait pas eu un pied sur un centre".

Le prix d'interprétation
Karl Olive (Canal+) : "Et voilà la première joie euh... contenue, en tout cas colère... drôle, de Frédéric Antonetti".

Les gars de Pompéi
Hatem Ben Arfa (La Provence) : "Contre Grenoble, nous avons montré que l'OM n'est pas une mosaïque de noms".


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Finalement, Kader Keita a laissé une trace à Gerland.


Un petit bon pour Deschamps...

Deux minutes et vingt secondes d'interview de Didier Deschamps à Jour de Foot, cela donne:
"mais bon" : 5
"même si bon" : 1
"et puis bon" : 1
"bon c'est vrai" : 1



gaz01_slime.jpgLa poisse verte

Cette saison, la traditionnelle non-victoire des Stéphanois lors de la première journée est une défaite. Quant à ceux qui ont quitté le navire, ils ont manifestement un peu emporté de la déveine verte sous leurs semelles.
Jody Viviani a efficacement recadré le tir de Niang.
Bafetimbi Gomis a consciencieusement raté sa seule occasion en douze minutes de jeu.
Geoffrey Dernis a été remplacé au bout de trente minutes après l'expulsion de Jeunechamp.
Daisuke Matsui a oublié son équipement dans sa voiture garée au stade, avec les clés à l'intérieur.

Ayons aussi une pensée pour ce supporter stéphanois qui a été condamné en comparution immédiate à six mois de prison avec sursis. Ivre, il avait atteint une voiture de police en essayant de lancer des cailloux sur le car niçois, avant d'être mordu à plusieurs reprises par le chien policier lancé à ses trousses.


janot_coeur.jpg
La main sur le coeur, la tête dans le trou : une nouvelle saison commence à Saint-Étienne.


Goals envolés

Les gardiens de but, dans leur ensemble, échappent généralement aux sarcasmes sur la Ligue 1, à un ou deux Grégorini près: le niveau général du championnat n'a jamais réellement été remis en cause sur ce poste-là. Et voici qu'en cette première journée, les gardiens explosent subitement leur ratio de cagades.

Les sorties de Coupet, qui a déjà retrouvé son niveau d'assurance et de vivacité de l'Euro 2008, le dégagement de la mort de Mandanda (au niveau par ailleurs, mais carrément flippant en la circonstance) et les approximations répétées de l'intouchable Carrasso pour sa première à Chaban, sont restés sans conséquence. Mais Bracigliano, qui dévisse sur une espèce de centre piqué de la terreur Samassa, et Joudren, mis au supplice par une frappe de Makelele à plus de vingt-cinq mètres, en sont réduits à se réconforter avec les résultats de leurs équipes respectives. Viviani est moins pardonné que ses défenseurs d'avoir cédé face à Niang, et Roche est pointé du doigt pour avoir laissé son côté ouvert à la disposition du coup franc de Lisandro.
Penneteau, exclu pour une faute de main, et Bracigliano, sanctionné d'un coup franc dans sa surface pour gain de temps illicite, parachèvent la soirée cauchemardesque des gardiens, dont seuls Lloris et le Toulousain Blondel sortent indemnes. On espère que ce n'est pas ça, le plan secret du football français pour restaurer le spectacle.



Les observations en vrac

• En interpellant Gérard Houllier sur la couleur du maillot des arbitres alors que se développe l'action du but lyonnais, Guy Roux confirme qu'il est bien un consultant en différé.
• De l'avis général, Varrault a été le meilleur Stéphanois. Ça craint pour les Verts.
• À Saint-Étienne, la charnière centrale est vissée dans la pelouse.
• Juste avant d'entraîner Le Mans, Paulo Duarte était chanteur de variétés dans les années 70.
• 72 heures après les premières contestations du penalty sifflé contre Cris, on ne sait toujours pas ce que ses mains foutaient sur les épaules de Maiga.
Giuly arrive à être bon dans le résumé du match, c'est un début.
• Yoann Gourcuff matin, midi, et soir, et tout le monde se sentira mieux.
PPDA, Debré, Obispo. Si on devait choisir un VIP pour partir sur une île déserte parmi la brochette de Chaban, on préfèrerait ne pas partir en vacances.
• L'objectif de Jean-Guy Wallemme: finir la saison en clone capillaire de Daniel Leclercq.


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"Oui, c'est vrai: Jean-Guy Wallemme est bien parti. Mais il a encore un long chemin à parcourir avant de devenir une icône capillaire, ou je ne m'appelle plus Chris Waddle".


Une Équipe légèrement remaniée

N'en attendant plus de "révolution tabloïd" ni autre réforme, à défaut, on guette les menues évolutions qui agrémentent chaque début de saison les pages football de L'Équipe. Menues, mais pas inintéressantes pour autant, même s'il faudra constater ce qui subsistera ou apparaîtra quand le journal sera en vitesse de croisière.

gaz01_lequipe1.jpgCe qui frappe de prime abord, dans les éditions des lendemains de matches, c'est que la taille du compte rendu se rapproche résolument de celle qui fut en vigueur pour tous les articles chez feu Aujourd'hui Sport. Finies les dissertations, on fait court. Mais cette évolution ayant été progressive, la vraie nouveauté, c'est un encadré intitulé "L'avis de l'envoyé spécial", texte bref qui prend le match sous un angle particulier. Bien que lui aussi enkysté dans un format étroit, l'exercice est en principe intéressant. Mais il risque de n'être qu'une énième tentative pour faire du journalisme d'opinion un peu plus ouvertement, sans trop s'y empêtrer (la tradition maison étant plutôt de travestir des opinions en vérités générales).
Si les traditionnelles "Réactions" ne changent pas (comment le pourraient-elles?), on note l'évolution de la rubrique "Les joueurs". Outre "L'homme clé", déjà en vigueur la saison passée, les acteurs sont classés en deux catégories: "Ils ont flambé" et "Ils sont passés à côté". Simpliste, au point que le couperet tombe parfois entre certains notés 6 et d'autres 5... Les joueurs vont adorer.

Enfin, le quotidien a choisi l'impartialité en intronisant comme consultant "arbitrage" Bruno Derrien, opposant déclaré au directeur technique Marc Batta et grand pourfendeur de ses anciens confrères. Ça promet pour la suite, qu'on attend sans impatience excessive.



Michael Jackson à Nice

Selon vous, qu'est-ce qui peut expliquer l'authenticité des clichés suivants publiés sur le site officiel de l'OGC Nice?

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A. L'inventeur de Photoshop était niçois. Son logiciel fonctionnait parfaitement dès 1983, mais personne n'y a cru à l'époque.
B. Michael Jackson a envisagé de signer avec les chaussettes Olympia, mais la firme n'est jamais parvenu à livrer les modèles en fils d'or prévus dans le contrat.
C. Cyril Rool était figurant sur le clip de Thriller.
D. Michael Jackson a exilé sa peur et est allé plus haut que ces montagnes de douleur.
E. Il s'agit d'une photo de Loïc Rémy qui écoute Jean-Michel Aulas lui chanter I Want You Back.


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La raison du transfert de Pierre Ménès à Canal? L'allégresse qui règne sur le plateau du Canal Football Club.


Vu du forum : le corner à la stéphanoise

=>> grognon - dimanche 9 août 2009 - 13:38
Asseyez-vous au coin du feu, je m'en vais vous conter la fabuleuse histoire des corners à la stéphanoise. Eh oui, de la même manière qu'il y eut les corners à la rémoise, on parlera bientôt de corners à la stéphanoise. Un peu d'histoire d'abord, depuis environ trois ans, les Verts sont aussi mauvais sur les coups de pieds arrêtés offensifs que défensifs. Cette nullité correspond au départ de "Hognon est grand" sous d'autres cieux. Certains y verront un lien de cause à effet et ils auront bien raison.
Généralement, un corner vert équivaut à une frappe de pupille qui atteint, dans le meilleur des cas, la ligne des six-mètres au premier poteau où un défenseur adverse s'amuse à dégager le ballon les mains dans les poches, pendant que ses copains rigolent ou se chamaillent avec Tavlaridis pour s'occuper.

Nouvelle saison, nouvelle stratégie, histoire de montrer que si on n'est plus les meilleurs depuis un bon moment, on n'est pas loin d'être les plus cons. Premier corner de la saison, Payet s'approche du ballon et Gelson également. Ils vont le tirer à deux? Pourquoi pas, on n'est jamais trop nombreux pour faire un truc pourri. On comprend mal l'intérêt de faire ça avec Gelson, 1m83, un des joueurs les plus grands de l'équipe, mais il fait beau, c'est le début de saison, Hautcoeur joue arrière droit, on y croit. En fait non, Payet tire le corner directement, mal. Gelson a juste oublié son gilet fluo, on dirait la DDE.
Deuxième corner, Payet s'approche, Gelson aussi, les Niçois ont compris, ils envoient un seul joueur, pas la peine de s'affoler pour rien. Payet tire directement, mal. Paf, contre-attaque. Ben oui, y a sept Stéphanois dans la surface adverse (on se demande pour quoi faire) mais personne au deuxième poteau et personne aux 22 mètres pour récupérer un ballon qui traîne. On a donc Gelson qui ne sert à rien au poteau de corner, puis un trou de quarante mètres entre la surface adverse et Matuidi qui marque Rémy. On évite le but de justesse. Ça va servir de leçon, se dit-on, on va arrêter de faire n'importe quoi. Que nenni.

Corner suivant, le même cirque recommence, Payet et Gelson s'approchent du ballon, tirent le corner à deux, pour une fois au point de penalty mais les autres ont déjà commencé de se replier pour éviter le contre, pas con. Je vous passe le détail des corners suivants, on a dû en avoir une dizaine dont au moins 80% furent (mal) tiré sans avoir recours à Gelson qui pourtant à chaque fois traversait le terrain pour venir voir faire Payet. J'étais déjà énervé sur le premier corner, je vous laisse imaginer pour les suivants.
La semaine prochaine, on joue à Toulouse en s'attachant la main gauche avec le pied droit. Ahaha, on va bien rire.
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