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FAREWELL BUT NOT GOODBYE

Nice, meilleur sans Rémy

Il y a des statistiques parlantes, mais on ne comprend pas toujours ce qu'elles ont voulu dire. Exemple avec le mystère Loïc Rémy...
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Tout est dans le titre. Lorsque Nice n'a pas joué avec Loïc Rémy cette saison, Nice a été bien plus performant. La différence est même phénoménale: 2,3 points pris par match, contre 1.1 lorsqu'il a été aligné. Nice a aussi marqué plus de buts: 1,3 contre 1,1 lorsque l'attaquant international français a joué...

Une énorme différence
Ces chiffres, comme tous, ne traduisent la réalité que partiellement, toutes choses n'étant pas égales par ailleurs - notamment la qualité de l'opposition. La quantité des matches réalisés sans Rémy (7 matches: Paris, à Lorient, Nantes, à Saint-Étienne, Lille, à Toulouse, à Nancy) n'est pas non plus suffisante pour que cette statistique soit élevée au rang d'argument absolu. Néanmoins, cette quantité est suffisante pour en faire un élément significatif. Et par ailleurs, la différence de performance est telle qu'il s'agit, au moins, d'un argument crédible.
Quant aux équipes concernées, sont-elles vraiment de seconde zone? Parmi les 7 figurent Paris, Toulouse et Lille. Et il y a d'ailleurs plus de matches à l'extérieur sur ces 7 matches. Que la moyenne des équipes françaises soit éventuellement supérieure à l'échantillon, soit. Mais cette différence, qui demeure légère, n'est pas suffisante pour expliquer l'écart de comportement.

remy_stats.jpg


Sur un rythme de champion
D'ailleurs pour se faire une idée, comparons les résultats de Nice avec Rémy et sans Rémy contre les mêmes équipes, ces 7 précisément. Avec Rémy: 1,4 pts Sans Rémy: 2,3 pts Il faudrait même préciser que le premier total est gonflé par le fait qu'il y a eu plus de matches à domicile, et que le second souffre de ce que la majorité des matches a été jouée à l'extérieur... Appliqués à l'échelle d'une saison entière, démarche quelque peu fantaisiste mais heuristiquement vertueuse, ces chiffres nous donneraient: avec Rémy, 42 pts (comme Sochaux), 38 buts marqués. Sans Rémy: 87 points (7 de plus que Bordeaux), 49 buts marqués (1).
Cette projection ne signifie pas que Nice aurait terminé avec 87 points si on avait préféré comme goleadors MM. Modeste et Mouloungui à Rémy sur toute la saison. Un échantillon plus important aurait pu amoindrir la moyenne de points et atténuer la différence soulignée. Mais il est hautement improbable qu'il eût pu l'anéantir ou même le rendre dérisoire.


Pas mieux en coupes
Pour étayer cette hypothèse, n'ont été utilisés que les chiffres du championnat, et pas ceux des coupes. Est-ce biaisé pour autant? Les coupes offrent une opposition qui est trop variable et aléatoire, alors que celle du championnat est plus homogène. Mais sans les inclure, nous pouvons toujours y jeter un coup d'œil. Avec Rémy: 4 matches qui débouchent sur 2 qualifications et 2 éliminations, 5 buts marqués au total (1.25 buts par match, dont une prolongation). Sans Rémy: 2 matches qui débouchent sur 2 qualifications et 6 buts marqués (3 buts par match sans prolongation). C'est donc par intégrité méthodologique que n'ont pas été prises en compte les données relatives aux coupes - qui n'auraient fait que corroborer le propos.
Enfin, précisons qu'à chaque fois que Rémy a débuté un match, il est compté comme "ayant joué" - sauf contre Paris, où il est remplacé dès la 8e minute, lorsque le score était encore de 0-0 (2).


Des hypothèses, pas d'explication
Ainsi l'idée, tant de fois exposée, selon laquelle Nice est dépendant de Rémy est pour le moins infondée. Pour autant, cela ne signifie nullement qu'il s'agit d'un joueur médiocre. On peut s'accorder sur le fait qu'il est un des éléments les plus prometteurs ayant récemment porté les couleurs niçoises. Il est lui-même efficace, et apparaît sur le terrain comme meilleur que la majorité des autres Aiglons... à condition de juger la valeur d'un joueur par ses qualités intrinsèques, et non par son apport au collectif.
Peut-être était-il mal utilisé? Peut-être l'organisation toute entière n'était-elle pas adaptée au type de joueur qu'il est? À moins que le ressort ne soit psychologique, et que l'équipe défendait moins ou moins bien en sa présence, cette dernière la mettant trop en confiance quant à ses possibilités? Car quant Rémy ne joue pas, Nice encaisse peu de buts (0.7 buts par match, contre 1.2 quand il joue) (3). Lui-même effectue-t-il correctement les tâches défensives?

Comme les autres, ce dernier élément ne suffit pas à faire la lumière sur un phénomène dont les origines sont probablement structurelles tant il est massif. Mais de quoi s'agit il alors? Précisément, on l'ignore. En espérant que ce n'est pas le cas de M. Ollé-Nicolle.


(1) Bien évidemment, la comparaison avec les autres clubs ne sert qu'à situer la performance hypothétique de Nice par rapport à la saison réellement passée, et non avec la saison que Nice aurait effectuée avec ou sans Rémy, car celle-ci aurait eu un effet sur les totaux des autres clubs utilisés en exemple.
(2) Concernant ses autres remplacements, ils sont extrêmement rares, et lorsqu'ils surviennent, n'ont pas d'incidence positive sur le score du match. Le joueur est donc comptabilisé comme acteur à chaque fois. Rémy n'est jamais rentré en cours de jeu.
(3) Cela n'est pas dû non plus à une éventuelle bonne période du Gym lorsque le joueur s'est vu contraint d'être éloigné des terrains pour la première fois. En effet, juste avant que Rémy ne se blesse, Nice avait réalisé 2 matches nuls. Sans lui, Nice a ensuite enchaîné 4 victoires d'affilées (5 en comptant la coupe). Puis dès qu'il est revenu, l'équipe n'a engrangé qu'un point en 2 matches, avant qu'il ne se blesse à nouveau.

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