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Thibault Lécuyer

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BEN ARFA : LE MEILLEUR EST AVENIR ?

2008-2010, les joueurs à suivre – Qu'il réussisse une carrière immense ou se plante, on trouvera du monde pour affirmer "Je vous l'avais dit".
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À elle seule, la saison 2008/09 a été caractéristique du parcours de l'ancien pensionnaire de Clairefontaine depuis ses débuts. L'attraction phare du parc Hatem est une montagne russe. Aussi puissante pour atteindre le sommet que fulgurante pour en redescendre, à l'origine de sérieux moments d'effroi comme de prodigieuses émotions.

Pour le plus gros transfert – jusque-là – de l'histoire du club, la saison démarre bien. Pièce maîtresse du dispositif chaotique du début de saison, Ben Arfa semble à son aise dans une équipe qui joue autant par coups que par à-coups. Buteur et passeur lors des deux premiers matches de la saison (dont une merveille de solo se concluant par une offrande à Cheyrou face à Brann Bergen (lire "C'est arrivé près de Cheyrou"), il semble prouver que la greffe d'organe est possible entre Lyon et Marseille, ce que le cobaye Luyindula s'était échiné à contredire (lire "Quand Ben Arfa va tout va").


Titulaire de rien
C'est le temps des premières amours houleuses entre Hatem et l'OM. Le n°20 olympien est titulaire à 22 reprises lors des 29 premiers matches, mais perd progressivement de sa superbe. Au point de ne pas commencer la rencontre contre Paris. Premier couac: au moment de rentrer en jeu, Ben Arfa demande à Gerets d'aller voir dans le Golfe s'il y est. La direction étouffe dans l'œuf un début de polémique. Le Belge le titularise lors des huit matches suivants, comme pour démontrer qu'il a toujours foi en lui. Mais le tournant de la saison du Marseillais est pris. Sa contribution à l'équipe va decrescendo, à mesure que Marseille se met à douter.

Il se fait tour à tour piquer sa place de n°10 par Valbuena, sa place d'alternative à gauche par Zenden, sa place d'ailier droit par Koné, et semble capituler malgré un éclair de génie à Twente (lire "À Twente secondes près"). Symbole à la fois accablant et caricatural du Ben Arfa 2009: lorsqu'en pleine prolongation face à l'Ajax Amsterdam, il cherche à dribbler le gardien suite à une percée dans la surface. Heureusement sans conséquence pour son équipe.


jas_benarfa.jpgEnjeux interdits
Ceux de la saison 2009/10 sont cruciaux pour Ben Arfa. Il semble devoir affronter la même concurrence interne (Valbuena, Koné, peut-être Ziani) tout en portant sur ses épaules le fardeau d'une déception relative. Deschamps paraît lui accorder a priori une place dans le onze type, c'était aussi le cas de Gerets un an plus tôt. Et s'il se demande comment son nouvel entraîneur gère les fortes têtes, il pourra toujours passer un coup de téléphone à Marco Simone pour constater que le paternalisme du Belge a peut-être vécu du côté de la Commanderie. Marseille semble avoir appris la patience, mais le club a une durée de vie supérieure à celle du joueur, pour qui l'urgence est plus présente.

Le moment est peut-être propice pour se fixer à un poste où ses indéniables qualités se révéleront pour de bon. Numéro 10? 11? 8? Ou juste là pour faire son numéro? L'arrivée de Lucho Gonzalez dans l'effectif olympien est à même de faire remonter Ben Arfa là où son sens de la provocation lui ouvre le but, plutôt que de le mettre dans une situation où il lui restera toujours cinq joueurs à dribbler avant de l'atteindre. Si on devait jouer au petit jeu des comparaisons, il revendiquerait mieux la lignée de Djorkaeff que celle de Zidane – défauts inclus. On a vu peu de meneurs de jeu évoluer en regardant aussi souvent leurs pieds.


(Photo om.net)

Hatem, équilibre dans sa tête
Équilibriste dans l'âme, Ben Arfa semble en perpétuelle quête de stabilité. Souhaitons qu'il se dégotte un balancier sans plus tarder, ou le gâchis serait à la hauteur des attentes suscitées (1). L'équilibre recherché sur le terrain parait tout aussi indispensable que la stabilité poursuivie en dehors. Qu'il atteigne une forme de régularité, et on pourra cesser de se demander s'il doit être plus souvent celui qui gagne les matches à lui tout seul ou s'il doit apprendre à les remporter avec les autres, car il apparaît capable de concilier les deux.

Mais le temps presse. Surtout parce que Ben Arfa ne retrouvera peut-être jamais un environnement où on lui fera autant confiance (2). Le départ de Benzema à Madrid, comme avant lui Nasri avait rejoint Arsenal, ou Menez l'AS Rome, tend à démontrer que pour sa génération, c'est aujourd'hui que les destinées se construisent.
Avec ces trois équipiers, il a gagné l'Euro des moins de 17 ans en 2004 en compagnie d'Ahmed Yahiaoui, qu'un parcours chaotique a trimballé de Chelsea à Cannes en passant par Istres et Sion avant d'atterrir cet été du côté de la CFA2 de l'OM. C'est comme si Ben Arfa se retrouvait aujourd'hui à équidistance de ce dernier et de ceux de sa génération qui viennent passer au palier supérieur.


>> Le diaporama spécial Ben Arfa

benarfa_diapo.jpg


(1) "C'est celui qui était le plus doué au départ" (Samir Nasri, uefa.com, novembre 2007).
(2) Une confiance qui ne soit pas de façade: "Le départ de Flo [Malouda] est compensé par Ben Arfa, le joueur le plus talentueux que l'OL ait jamais connu. Ben Arfa, c'est Ronaldo". (Jean-Michel Aulas, Le Parisien, juin 2007).


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