BLAISE OF GLORY
Julien Tomas -
mercredi 24 juin 2009
Son arrivée de Troyes à l'été 2007 avait provoqué quelques interrogations chez les supporters de l'ASSE. Il est vrai que, mise à part une vague ressemblance homonymique avec le peu regretté Alain Masudi, Blaise Matuidi ne disait pas grand chose à grand monde, et que l'indemnité de transfert payée par le club (quatre millions d'euros) semblait bien démesurée pour un jeune joueur de vingt ans, qui venait de descendre en Ligue 2 avec son club.
Pourtant, dans l'Aube, Matuidi avait fait naître quelques promesses. Régulier de l'équipe de France Espoirs avec les Gourcuff, Benzema, Ben Arfa, Menez et Nasri, il est titulaire en L1 depuis l'âge de dix-huit ans et compte alors 65 matches dans l'élite. Deux ans et une autre soixantaine de rencontres plus tard, la seule interrogation des supporters stéphanois au sujet de Blaise Matuidi est de savoir s'ils auront le bonheur de le voir à Geoffroy-Guichard une année de plus...
Grandir dans la tempête
Appelé à prendre la place de l'emblématique Julien Sablé, parti à Lens et dont la carrière s'essoufflait après dix années à Saint-Etienne, il ne met pas longtemps à convaincre le peuple vert qu'il n'a pas perdu au change. De période d'adaptation, il n'y a pas et Blaise Matuidi s'impose d'emblée comme le maître du milieu de terrain, formant avec Christophe Landrin un duo de récupérateurs très efficace. À l'image de son équipe, il monte en puissance tout au long de la saison et fait partie, avec Sall, Feindouno et Gomis, de l'axe fort sur lequel l'ASSE s'appuie pour retrouver l'Europe, vingt-cinq ans après.
Les attentes autour du club sont grandes au début de la saison 2008/2009, mais l'entame en est moyenne et dès septembre, Blaise perd Pascal. Matuidi se retrouve bien seul au milieu de terrain. Autour de lui, les blessures s'accumulent, les résultats ne sont pas bons... mais le joueur prend une nouvelle épaisseur. Ses performances personnelles restent excellentes et il devient tout naturellement un des leaders d'une équipe en crise. Landrin blessé, il est associé à Machado ou à Hautcoeur, deux joueurs limités défensivement, et il tient à lui seul le milieu de terrain.
L'absent a raison
Surnommé le "chewing-gum" par son pote Nasri en raison de sa faculté à coller son adversaire direct, Matuidi concède très peu de fautes, couvre un nombre de kilomètres impressionnant et est capable de relancer proprement chaque ballon qu'il récupère. Un profil qui lui ouvre de belles perspectives internationales. Cette saison, il a même dépanné au poste de latéral gauche pendant quelques matches en donnant des complexes aux spécialistes de l'équipe que sont Varrault ou Sauget...
Loïc Perrin blessé à son tour, c'est lui qui hérite du brassard de capitaine, symbole fort à Sainté, où l'on a l'habitude de le confier aux joueurs formés dans la maison. Il fait honneur à son nouveau statut en marquant un but superbe d'une lourde frappe du pied gauche contre le futur champion, Bordeaux. Blessé au cours du match aller de Coupe UEFA à Brême, son importance est telle, dans l'optique du maintien, que son retour est précipité. Il rechute contre Lille lors de la 32° journée et déclare forfait pour les six derniers matches de la saison. L'occasion pour les supporters de découvrir une stat qui parle d'elle-même: à ce moment, Blaise Matuidi a manqué dix matches de championnat en deux saisons, jamais remportés par l'ASSE (1).
Footballeur discret, efficace et travailleur comme Geoffroy-Guichard sait les aimer, il s'est imposé cette saison comme le joueur préféré de fans stéphanois peu gâtés. En témoigne cette ovation géante qui lui a été adressée à sa sortie, en fin de match, lors de la fête qu'a constitué le match retour d'UEFA contre l'Olympiakos. Maintenue, l'AS Saint-Étienne a de meilleures chances de conserver un joueur qui, convoité par quelques clubs anglais, lui doit théoriquement deux ans de contrat. Et s'il reste, on prend les paris qu'il deviendra le premier joueur français sous contrat à Sainté à jouer la Coupe du monde depuis Platini en 1982.
(1) Même sans leur meilleur joueur, les Verts gagneront au Havre puis contre Valenciennes lors de la dernière journée, sauvant leur place en L1.
Photo : asse.fr
2008-2010, les joueurs à suivre
Sakhommence aujourd'hui
Gloire à l'AS Sow
Ederson toujours deux fois
Mignot, le plan de relance
Ben Arfa : le meilleur est avenir ?
Pourtant, dans l'Aube, Matuidi avait fait naître quelques promesses. Régulier de l'équipe de France Espoirs avec les Gourcuff, Benzema, Ben Arfa, Menez et Nasri, il est titulaire en L1 depuis l'âge de dix-huit ans et compte alors 65 matches dans l'élite. Deux ans et une autre soixantaine de rencontres plus tard, la seule interrogation des supporters stéphanois au sujet de Blaise Matuidi est de savoir s'ils auront le bonheur de le voir à Geoffroy-Guichard une année de plus...
Grandir dans la tempêteAppelé à prendre la place de l'emblématique Julien Sablé, parti à Lens et dont la carrière s'essoufflait après dix années à Saint-Etienne, il ne met pas longtemps à convaincre le peuple vert qu'il n'a pas perdu au change. De période d'adaptation, il n'y a pas et Blaise Matuidi s'impose d'emblée comme le maître du milieu de terrain, formant avec Christophe Landrin un duo de récupérateurs très efficace. À l'image de son équipe, il monte en puissance tout au long de la saison et fait partie, avec Sall, Feindouno et Gomis, de l'axe fort sur lequel l'ASSE s'appuie pour retrouver l'Europe, vingt-cinq ans après.
Les attentes autour du club sont grandes au début de la saison 2008/2009, mais l'entame en est moyenne et dès septembre, Blaise perd Pascal. Matuidi se retrouve bien seul au milieu de terrain. Autour de lui, les blessures s'accumulent, les résultats ne sont pas bons... mais le joueur prend une nouvelle épaisseur. Ses performances personnelles restent excellentes et il devient tout naturellement un des leaders d'une équipe en crise. Landrin blessé, il est associé à Machado ou à Hautcoeur, deux joueurs limités défensivement, et il tient à lui seul le milieu de terrain.
L'absent a raison
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(1) Même sans leur meilleur joueur, les Verts gagneront au Havre puis contre Valenciennes lors de la dernière journée, sauvant leur place en L1.
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