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Pierre Martini

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L'OL au balcon

Larqué : répétitions générales

Les grands sportifs savent se surpasser. Le consultant vedette a su crier plus vite, plus haut, plus fort lors de Bayern-OL.
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Les prestations de Jean-Michel Larqué (le consultant de TF1, pas le journaliste de RMC) sont réglées comme du papier à musique. Elles respectent toutes, en effet, un ensemble de fondamentaux parfaitement immuables. Il y a d'ailleurs longtemps que nous avions répondu à la question: "Qu'est-ce qu'il y a dans le Larqué?".

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En résumé:
• Le catastrophisme le plus radical, qui ferait passer Schopenhauer pour un joyeux drille: le foot, c'est comme la vie, ça finit mal.
• Le choix d'un chouchou, généralement dans l'équipe adverse: un joueur qualifié de génial qu'on ne revoit généralement plus jamais.
• Le choix d'une tête de Turc qui va déguster pendant 90 minutes: un attaquant maladroit par exemple, ou Éric Abidal.
• La note folklorique : une expression qui sent bon le Pays basque ou les années cinquante (le coup du foulard, le pied en portemanteaux, etc.).
• L'injonction à mettre la balle là où Jean-Michel Larqué pense qu'il faut la mettre: c'est le légendaire "À gauche, à gauche, à gauche!".
• La volonté d'annoncer à l'instant même de la frappe si un tir ou un centre est "bien tiré", dans l'espoir de démontrer sa science de l'anticipation et sa lecture du jeu: "Bien tiré, bien tiré, ah non ça sort".
• L'analyse technique d'une frappe ratée : "On le voit là, Juninho a les fesses qui tombent au moment de la frappe et il ne peut donc pas contrôler la trajectoire".

Et puis il y a sa spéciale, sa marque de fabrique, son TOC le plus identitaire:
• La répétition hystérique d'un même mot ou d'une même phrase : "Oh il s'est troué! Il s'est troué! Oh il s'est troué! Abidal! Ooooh Abidal qui s'est troué sur ce coup-là ! Aaaabidal qui s'est troué!" (lire "Comment Larqué s'est troué").


Un jour peut-être, des historiens établiront quand JML a battu son record de répétitions. Il est possible que celui-ci ait été amélioré lors de Bayern-OL, avec le mot "danger" répété non moins de neuf fois en quelques secondes... dont six après le but de Zé Roberto. Larqué n'annonçait alors plus le "danger", il clamait sa formidable prescience aux tympans du téléspectateur (au moment où commence sa litanie, Klose est déjà en position très favorable pour centrer).





Le hors-jeu à la louche

Nettement moins singulier, Jean-Michel Larqué a également illustré un travers plus universel chez les commentateurs: le réarbitrage expéditif consistant à dire n'importe quoi sur la foi d'images non probantes. Sur cette action munichoise, dont le réalisateur allemand repasse un ralenti fugace, Toni semble pourtant sur la même ligne que le défenseur lyonnais, et même s'il est hors-jeu de dix centimètre, l'esprit de la règle impose de laisser l'avantage à l'attaquant.
Peu importe, il faut débiter de "l'erreur" d'arbitrage sur un mode réflexe... Une telle séquence est devenue terriblement banale, mais elle ne mérite pas moins d'être montrée.

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