auteur
Michaël Grossman

Du même auteur

> article suivant

Incalifiés

> article précédent

Gaceta de la Liga / Jornada 1

> article précédent

Le jour où je leur ai dit

Nantes ne fait plus école

Les Nantais sont revenus, mais ils ont l’air encore plus mal-en-point que lors de leur dernier passage en Ligue 1...
Partager
Trois journées. C’est le laps de temps durant lequel le FC Nantes aura vaguement tenu le choc cette saison. La quatrième semble déjà fatale aux illusions des Canaris. S’il n’est pas dans les habitudes de la maison de tirer des conclusions aussi rapidement, la quatrième sortie du FC Nantes a fait naître de tristes constats quant au potentiel sportif de l’illustre maison jaune.

Aux yeux de son président, la défaite pourtant pas humiliante concédée à Chaban-Delmas était celle de trop pour Michel Der Zakarian. Kita s’est plongé tout seul dans une situation ubuesque lui imposant de prôner les vertus de la patience en duplex dans Jour de Foot samedi soir, certainement sous le coup de la gifle aux rillettes de la Beaujoire: "Vous savez, quand on est malade et qu’on change de médecin, on ne trouve pas tout de suite le bon médicament, donc il faut attendre un petit peu de temps". Un ange passe.


À la recherche du nouveau David Copperfield
Alain Perrin, qui avait fait du Majax en qualifiant l’OM pour la Ligue des champions avec une attaque Chapuis-Sakho-Bakayoko, avait peut-être le profil. Mais c’est David Copperfield dont a besoin ce FC Nantes. La première demi-heure face au Mans était pavée de bonnes intentions dans les phases offensives. Mais un manque de mobilité collective condamnait les tentatives.

C’est donc sur coup de pied arrêté que Nantes concrétisait sa domination, avant de se déliter spectaculairement: une minute plus tard, les Canaris étaient plongés dans la soupe à la grimace. Pas de bol, ils ne savent pas nager. Privilégiant un jeu direct, les Manceaux interceptent une relance de N’Daw, et perforent le triple rideau de dix éléments en tout juste deux passes en profondeur.


Une équipe au ralenti
On le vérifie par la suite: les énormes carences défensives ne sont pas imputables à un défaut d’organisation. Sur cette action, comme sur d’autres à venir, les Nantais sont en place, tous appliqués au marquage d’un adversaire direct. Mais un marquage d’une telle passivité qu’il n’est qu’illusoire.

Un sentiment confirmé par le deuxième but que les Manceaux inscrivent juste avant la mi-temps. Une nouvelle séquence de jeu direct d’un grand classicisme: long ballon de la défense centrale pour sauter le milieu, le seul Maïga à la réception, au cœur de trois Nantais si peu prompts à intervenir que l’avant-centre malien peut enchaîner trois contrôles avant d’expédier sa mine au fond des filets d’Heurtebis, sans jamais avoir été inquiété. Outre sa belle technique, c’est surtout le temps qui a permis à Maïga de marquer. Un temps offert par une adversité fort attentiste. Foin de cohérence tactique: c’est tout un esprit de conquête qu’il faudrait insuffler à cette équipe.


lariepe_itw2.jpg
"À partir de là, je crois que l'absence dans le staff d'un élément aussi important que Ramzy nous a été préjudiciable".

Résignés, nous étions tous les deux résignés
Car ce manque d’allant, criant dans l’attaque des ballons, fait rapidement défaut dans les phases de transmissions. De fait, dès l’égalisation mancelle, il est devenu impossible de construire quoi que ce soit de tranchant, côté nantais. Les faciès se déforment avant la plupart des transmissions, signe des efforts à produire par une accélération ou un dribble pour essayer de compenser le manque de disponibilité des coéquipiers. Tout semble réalisé "à l’arrache" – d’ailleurs, même Salim pourrait être titulaire dans cette équipe apathique.

La résignation apparente au retour des vestiaires est trop peu contrariée par la suite: une brève résurrection de mobilité permet aux Nantais de montrer le bout du bec en de rares occasions, pas abouties faute d’adresse dans les gestes élémentaires. Quand ils ne sont pas tirés avec désinvolture, seuls les coups francs mettent Pelé en action, en dehors d’une touche directe bien vicieuse qui constitue la plus grosse occasion de la seconde période nantaise, signe de l’incapacité à produire du jeu. Alors que le troisième but du Mans est inéluctable, Gravgaard manque de plier le match tout seul par une énième maladresse déviée in extremis par Heurtebis, avant que l’entrée en jeu de Gervinho, finit, comme on pouvait s’y attendre, d’achever les hommes de Larièpe.

Le constat de ce dernier est sans concession: "Je pense que ce groupe ne vit pas. Je pense que pour réussir à jouer en équipe, il faut impérativement qu’un groupe ait du plaisir à vivre ensemble. S’il y a un énorme chantier, c’est à ce niveau. C’est tous ces problèmes d’ego, de susceptibilité…" (1) Si ces maux touchent l’effectif en plus du président, on souhaite bien du plaisir au prochain entraîneur.


(1) FC Nantes TV
Partager

> sur le même thème

Enfin l'Espagne ?

> du même auteur

Supplément d'Amsud / 3

Les clubs et les équipes


Jérôme Latta
2018-04-23

Hamburger SV, dinosaure au bord de l'extinction

Engagé dans une lutte désespérée pour échapper à la première relégation de son histoire, le HSV recevait Fribourg, samedi. Récit d'une rencontre qui a surtout démontré l'amour des supporters pour cette institution. 


Richard N
2018-03-27

Un samedi soir à Angoulême

Perdue dans la cinquième division du foot français, l'équipe d’Angoulême abandonne peu à peu l’idée d’une montée en National 2. Cela n’empêche pas le visiteur d’imaginer le glorieux passé du club.


Denis Bernin
2018-03-20

Le football grec face à la crise

Vu de France, la Grèce et le ballon rond, c’est avant tout l’élimination de 2004, la fin de carrière d’Angelos Charisteas à Arles-Avignon et désormais Kostas Mitroglou. C’est aussi un folklore de supporters parmi les plus chauds d’Europe et, malheureusement, un championnat en crise. 


>> tous les épisodes du thème "Les clubs et les équipes"

Sur le fil

L’attitude des Argentins sur l’action du but, c’est juste impossible.

Les Cahiers sur Twitter

Le forum

Observatoire du journalisme sportif

aujourd'hui à 03h52 - Hyoga : (c'est pas dispo en replay par hasard?) >>


Toujours Bleus

aujourd'hui à 02h59 - Hal 9000 : En effet Classico, j'ai cette même impression, genre on subit sans trop se faire peur, et on... >>


Bréviaire

aujourd'hui à 02h08 - Milan de solitude : Berpachiche"Un gros chèque pour Berchiche ?" (football365.fr) >>


Paris est magique

aujourd'hui à 01h34 - Classico : Mais pourquoi vendre Guedes qui serait un joueur de rotation parfait au PSG ? Il est déjà... >>


Dans le haut du panier

21/06/2018 à 23h59 - le_merlu_frisé : Petit extrait :No. 332002: With Kenny and Chuck making fun of the influx of foreign players, Stern... >>


World Cup, the road to Doha

21/06/2018 à 23h38 - Jean Luc Etourdi : La Metz Est Diteaujourd'hui à 23h34Le lien entre coupes de cheveux et jeu pratiqué va me faire le... >>


Coupe du monde 2018 : le groupe D

21/06/2018 à 23h11 - Koller et Thil : La Metz Est Diteaujourd'hui à 22h26La Croatie, c'est un peu comme l'Uruguay, ça paie pas de mine... >>


Foot et politique

21/06/2018 à 23h02 - Coach Potato : Et à lui, on lui dit rien!J'ose à peine imaginer ce que j'aurais ramassé à la place d'Espinas.... >>


Coupe du monde 2018 : le groupe C

21/06/2018 à 22h43 - lyes : A choisir il vaut mieux tout sauf la Croatie non ? L'Islande c'est béton et pénible mais tout à... >>


Y a pas que le foot à Auteuil !

21/06/2018 à 21h49 - Kurby Bocanda Barcelona : Paire a eu des balles de match finalement, chuis vert, c'est de saison >>


Les brèves

Pepe honni

"Reina, gardien de Naples, dénoncé pour ses liens avec la mafia italienne." (20minutes.fr)

Mendycité

"Mendy : ‘J’ai la dalle’.” (lequipe.fr)

Pas Metz que un club

"Metz : Un groupe amoindri." (lequipe.fr)

DSKudetto

“Maurizio Sarri : ‘On a perdu le titre dans un hôtel’.” (lequipe.fr)

Mousse à mazout

"Sarr : ‘Il ne faut pas nous enflammer’." (sofoot.com)