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Pierre Martini

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Comment écraser les Italiens?

Ferme ta gueule et tais-toi

Le T-shirt à message sous le maillot interdit par la Ligue: les footballeurs n’ont le droit d’exprimer que le nom du sponsor de l’équipe, pour le reste il leur est demandé de rester muets.

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La Ligue Nationale vient donc de promulguer l’interdiction pour les joueurs d’exprimer tout message personnel ou politique sur les terrains. Le T-shirt imprimé exhibé après le but a donc vécu, pratique pourtant bien innocente car consistant la plupart du temps pour le buteur à exhiber une photo floue du dernier-né ou parfois à manifester un hommage à un coéquipier absent. Evidemment, pendant la guerre du Kosovo, de nombreux joueurs serbes ont manifesté leur opposition à l’intervention de l’OTAN, et on se souvient de Robbie Fowler, sanctionné après avoir de la même façon offert son soutien aux dockers de Liverpool, engagés dans une terrible grève depuis des années (voir l’extraordinaire documentaire de Ken Loach à ce sujet).


Lors de la finale de la Coupe du monde, Bernard Lama avait montré aux caméras son maillot rappelant le 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Que trouve-t-on à redire à de telles prises de position, dans des démocraties où la liberté d’expression est pourtant garantie par les constitutions? On savait déjà que la conscience politique des joueurs était embryonnaire, n’encourageons surtout pas son développement : on pourrait voir des joueurs de Rennes perturbés en apprenant que François Pinault, deuxième patrimoine de France, ne paye même pas d’impôt sur la fortune, d’autres du PSG ou de Lyon inquiets du travail des enfants dans les usines asiatiques de Nike… Mais pardon, on s’égare ici en pleine science-fiction, nous n’en étions qu’au tricot de peau comme moyen d’agit-prop.
 

Cette mesure apparemment anodine est très révélatrice de la mentalité d’un football professionnel qui veut se donner l’image d’un sanctuaire préservé, mais qui se laisse envahir par les industriels et recouvrir de publicité (sans parler des groupuscules fachos qu’on laisse prospérer sur le béton des tribunes). Le football est un jeu qui se joue avec un seul ballon et une seule idéologie.


Pendant ce temps dans les stades, les écrans géants et les sonos neuves peuvent faire briller et brailler le crétinisme de spots de pubs déjà vus mille fois à la télé, recouvrant les conversations des spectateurs. Mais ça, ça n’empêche pas nos présidents de Ligue ou de club de dormir tranquilles, eux qui vendent bien autre chose que du football… sous le manteau.

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