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Matchbox : Croatie-Turquie, 1-1 (1-3, pen). Qu’il doit être rentable d’être cardiologue ces temps-ci en Turquie. Au bout du bout d’un match qui tarda à s’électriser...
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Buts : Klasnic (119e), Senturk (120e)
T.a.b. : Modric (X), Srna (O), Rakitic (X), Petric (X) pour la Croatie. Arda (O), Senturk (O), Altintop (O) pour la Turquie.


La nalyse


Qu’il doit être rentable d’être cardiologue ces temps-ci en Turquie. Au bout du bout d’un match qui tarda à s’électriser, les hommes de Terim ont à nouveau donné un sens à l’expression "arracher un résultat", en semblant ne pas savoir jouer au football autrement que pour renverser une situation désespérée. La Turquie, c’est un peu le Bruce Willis de cet Euro.

croate_modric.jpgLe début de match est pourtant au léger avantage des Turcs, qui tiennent le ballon sans cependant réussir à se procurer d’occasions franches. Les Croates refusent de prendre le moindre risque et au bout de quinze minutes, les coéquipiers de Nihat semblent se dire qu’il n’y a pas de raison d’en prendre non plus. S’ensuit une grosse bataille au milieu de terrain pour le contrôle non pas du ballon mais de Modric.

"Plaque tournante" n’est pas assez fort pour qualifier l’importance du meneur croate. "Centre névralgique" serait plus adapté, et après avoir vu jouer plusieurs fois chaque équipe en ce mois de juin, on peut affirmer avec une certitude mesurée que le futur milieu de Tottenham est le joueur qui aura crevé l’écran. Dans un rôle très similaire à celui attribué à Deco au Portugal, mais avec une explosivité supérieure – peut-être due à son jeune âge, vingt-deux ans seulement – il a été à l’origine de la quasi intégralité des occasions de son équipe. Dans cet Euro qui récompense avant tout la vitesse et la puissance physique, le sens de la passe dans le tempo de Modric, associé à sa rage de conserver le ballon malgré des prises à deux et parfois à trois ont fait beaucoup de mal à la défense turque.
En conséquence, chaque équipe a eu ses périodes de domination de plus ou moins dix minutes en alternance. Les Croates en contres expéditifs, les Turcs en attaques placées.


Croates de Bilic
A ce jeu, les hommes de Bilic se sont montrés infiniment plus dangereux. D’abord parce qu’ils disposaient d’une de ces défenses dont on dit qu’elles sont capables de faire gagner la compétition à une équipe. Sérieuse, ultra concentrée, elle n’a laissé que des miettes inexploitables à Nihat. On a retrouvé le Kovac du Bayern, et à ce niveau-là, Simunic pourrait ne pas rester longtemps au Herta Berlin. Offensivement, outre l’influence de l’immense Modric, le jeu croate reste aussi une question de ponctualité: déposer le ballon dans le TGV affrété par Srna Express, celui dont vous êtes sûr qu’il arrive toujours à l’heure et à destination, là où les tortillards turcs sont toujours en retard.

Des arrières latéraux lents, une technique collective qui, comme contre les Tchèques, semble très inférieure à celle de leurs adversaires, les Turcs s’en remettent quasi exclusivement à Altintop, encore une fois excellent, pour tenter de déséquilibrer le bloc adverse. Car contrairement à leurs précédents matches, les hommes de Terim n’arrivent pas à passer la surmultipliée en seconde mi-temps. Celle-ci sera plutôt fermée, chaque équipe prenant d’abord soin de ne pas commettre l’irréparable en isolant le meilleur joueur adverse – Altintop et Modric – pour mieux faire déjouer.


Rüstü pour un seul homme
Le réveil turc en début de prolongation, au moment où les Croates plongent physiquement en sera d’autant plus surprenant. Asphyxiés, les coéquipiers de Kranjcar sont incapables de poursuivre leur exigeant pressing, "débouchant" ainsi le jeu de la Turquie. Une fois de plus, c’est l’équipe la mieux physiquement qui gagnera à la fin. Tout heureux d’atteindre la prolongation et galvanisés par leur charismatique coach, les Turcs prennent l’ascendant sur des Croates complètement éteints, à bout de force, qui se contentent de dégager leur camp par de grands ballons en cloche vers leurs attaquants.
C’est par un petit miracle – une fois de plus initié par Modric, on n’en fera jamais trop sur ce joueur – que les Croates semblent plier une victoire amplement méritée, de par le jeu produit. Mais il semble écrit que cet Euro se livrera aux équipes les plus affûtées physiquement. Senturk enfile ses habits de Kostadinov, et arrache une inespérée séance de tirs aux buts dont l’issue semble ne faire aucun doute avant même de commencer.


Turquie l'eût cru?
Les Croates ressasseront sans doute longtemps cet incroyable loupé de la 19e minute, quand Olic servi par Modric frappa sur la transversale un ballon repris instantanément par Kranjcar, qui manqua le but grand ouvert. Ou lorsqu’à la 90e, Olic au premier poteau manquait la balle de match sur un nouveau service de Modric.

Six ans après la Coupe du monde 2002, au cours de laquelle la troisième place des Turcs avait été éclipsée par la stupéfaction de voir des Coréens en demi-finale, la qualification de la Turquie peut-elle être une fois de plus considérée comme une surprise?



L’action du match

Alors que les entraîneurs tendent déjà au quatrième arbitre les listes des tireurs pour la séance à suivre, la première incursion croate depuis trente minutes met Petric sur orbite dans la surface turque. Rüstü part à la cueillette mais c’est Modric qui ramasse le bouquet et l’offre à Klasnic qui d’un coup de rein atteint le statut de héros continental. L’espace de quelques secondes seulement, dommage pour l’Histoire, le temps pour les Turcs de bénéficier d’une Ginola de l’attaque croate, débouchant sur une frappe repoussée et reprise par Senturk pour l’égalisation la plus rocambolesque et dramatique depuis Séville.



Les observations en vrac

90e+2 contre la Suisse, 87e et 89e contre la République Tchèque, 120e+1 contre la Croatie : s’ils passent les tours de l’Euro grâce à 3% de leur temps de jeu, l’argument des 3% de leur territoire en Europe pourrait ne pas écarter longtemps les Turcs hors de l’Union.
Asik joue-t-il en Adidas?
• Les Turcs devraient laisser leurs adversaires marquer un but en début de match.
• Il fallait vraiment un match dans les tribunes entre les supporters les plus frappadingues d’Europe pour voir enfin les premiers fumigènes de cet Euro des alpages.
• Tunçay, Arda, Volkan et Emre Asik suspendus. Emre Güngör, Tumer Metin et probablement d’autres joueurs dont Nihat blessés. Un effectif carbonisé par la prolongation. Un jour de récupération en moins que les Allemands. Soit ces derniers ont bu un coup pour fêter ça, soit ils sont terrorisés à l’idée d’affronter onze remplaçants en pleine forme mercredi prochain.
• Après la Suisse, l’Allemagne. Les Turcs ont décidé cette année de faire plaisir à tous leurs ressortissants émigrés.
• S'agit-il du but le plus tardif de l'histoire dans une grande compétition?



Les gestes

• La roulette zidanesque du défenseur Simunic dans sa surface, devant un attaquant turc.
• Le hold up de Modric dans les pieds de Rüstü, suivi de l’offrande à Klasnic.
• Les poignées de mains spontanées et respectueuses entre le quatrième arbitre et Terim, puis Bilic.



Le match de TF1

Celui qui gruge rue Saint-Denis
Jean Michel Larqué : "Ne pas passer par le gardien, ça permet de gagner une passe".

L’oracle les fonds de tiroir
Arsène Wenger : "Les Croates faiblissent physiquement, c’est un mauvais présage pour eux".
Arsène Wenger : "Le rythme des occasions croates s’accélère, c’est mauvais signe pour les Turcs".

Le coaching au doigt mouillé
Arsène Wenger : "Il a bien senti la température du match".

Ceux qui m’aiment prendront leur mobylette
- Arsène Wenger : "Soit tu restes dans le train, sois tu descends".
- Christian Jeanpierre : "En l’occurrence, c’est un avion".

Le joueur pétri de talent
Arsène Wenger: "Joueur très doué Petric".

Mezy la face B
Christian Jeanpierre : "Il faut un ballon pour Modric s'il vous plait!"

Kad et Jean-Michel
- Jean-Michel Larqué : "C'est de la roupie de sansonnet!"
- Christian Jeanpierre : "Ah oui c'est un tir de chardonneret là!"
Euuhh, Kamoulox?

Le joker de l’équipe turque
Christian Jeanpierre : "Il a le sourire... enfin il a le sourire, il a le masque..."

Le gardien stroboscopique
Christian Jeanpierre : "Oooooh Rüstü! C'était chaud, il est là, il est pas là!"

La lueur d’humanité vite disparue
Christian Jeanpierre : "Je voyais dans vos yeux qu'il y avait un truc qui brillait, mais j'avais un petit doute".
 
Kazim quasi
Arsène Wenger : "Kazim il a été quasi inexistant".
 
L'observateur avisé qui sait que c'est chez les Cahiers que ça se passe
Christian Jeanpierre : "Ah, j'imagine l'ambiance rue du faubourg Saint Denis à Paris!"

La crucifixion en haut du Mont Pinaille
- Christian Jeanpierre : "C'est raté!"
- Jean-Michel Larqué : "Non c'est à coté".



Les titres auxquels vous avez échappé

Zagreb les yeux
Rock à Bilic
La Croatie en carafe
La Turquie bosse fort
Attentat turc
Bien mal raki ne profite jamais
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