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Antoine Faye

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Matchbox : Grèce-Espagne, 1-2. À l’heure où Suède et Russie se disputaient la dernière place des quarts, l’Espagne affrontait bien malgré elle...
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Buts : Charisteas (42e). De la Red (61e), Güiza (88e)


La nalyse

À l’heure où Suède et Russie se disputaient la dernière place des quarts, l’Espagne affrontait bien malgré elle les champions sortants. Un match sans aucun intérêt sportif, auquel il fallait bien trouver une raison d’être, a mi-chemin entre un galop d’essai espagnol avant le match qui compte, face à l’Italie, ou le pseudo-jubilé de Nikopolidis.

Résolu à ne pas exposer ses onze titulaires, Luis Aragonés n’a reconduit qu’Andrés Iniesta, en manque de rythme, au détriment de Cazorla, lui aussi un peu juste physiquement. Les Grecs se sont cordialement éclipsés de la compétition en restant fidèles à leur philosophie: un petit but, pour rester dignes. 
Très vite, les remplaçants espagnols prennent l’initiative, face à des Bleus regroupés, ne sortant de leur coquille que sur coup de pied arrêté. Le premier éclair du match est sorti des bottes de Xabi Alonso, l’autre Red de la Roja, dont le lob de cinquante mètres manque le cadre pour quelques centimètres. Les Grecs, patients, mettent à profit leur première incursion pour ouvrir la marque. Sur un coup franc brossé par Karagounis, Charisteas se glisse dans la surface et reprend le ballon de la tête, aux six mètres. Reina est battu, et les Hellènes rentrent au vestiaire avec le bénéfice du score. L’Espagne, sur coups de pied arrêtés, est aussi vulnérable chez ses titulaires que ses remplaçants.


En attendant la revanche
La deuxième mi-temps a permis la prise de pouvoir progressive de l’Espagne, emmenée par Xabi Alonso qui, des vingt-cinq mètres, trouve le poteau. C’est finalement à l’heure de jeu que la Roja égalise. Dans la surface, Güiza contrôle de la poitrine et dépose le ballon sur la demi-volée de De La Red, qui fusille Nikopolidis. En dépit d’un moment de flottement après l’égalisation – dont Charisteas faillit tirer profit – les Espagnols appuient leur domination. Dans les dernières minutes, Dani Güiza, l’avant-centre de Majorque, se libère de Dellas pour marquer de la tête le second but espagnol, signant ainsi la neuvième victoire consécutive des Espagnols.
Un succès psychologiquement important, certes, mais purement anecdotique, si les joueurs d’Aragonés manquent leur revanche contre l’Italie, que toute l’Espagne et Luis Enrique attendent depuis quatorze ans.



Les gestes

• L’imitation de Pelé par Xabi Alonso à cinquante mètres. Il marque presque le but de cet Euro, met presque KO Nikopolidis, aussi infortuné dans le rôle de ramasseur de balle que dans celui de gardien.
• La frappe limpide de Ruben De La Red sur l’égalisation espagnole. Nos pensées vont aux os du poignet gauche du portier Grec.
• Les quatre-vingt dix mètres de footing de Charisteas, parti féliciter son gardien.



Les antigestes

• Le retourné de Karagounis, dont le pied passa plus près de la tête de Juanito que du ballon distant de quelques décimètres.
• Le seul tir du match de Sergio García, qui frôle le toit de la tribune.



cazorla_grec.jpgLe joueur à suivre


Sur le marché de l’énergie, les valeurs sont en hausse: c’est également le cas de Santi Cazorla dont le rendement va croissant. Sans être titulaire, le milieu de Villarreal donne une véritable impulsion à la Roja lorsqu’il entre en jeu. Il provoque, efface et distribue le jeu. Dans un match où seules se jouaient les 12e, 13e et 14e places dans l’effectif d’Aragonés, Cazorla a peut-être obtenu le droit de faire un bout de match contre l’Italie.



Nikopolidis_espana.jpgLe joueur qu’on ne suivra plus

Dans une équipe grecque où personne ne mérite un œil particulier, il convient de célébrer le départ de Nikopolidis. Auteur d’une bourde monumentale contre la Russie, le gardien grec a réédité son exploit en multipliant les non-interventions les plus spectaculaires. Sa prestation aurait pu être couronnée par un but d’anthologie de Xabi Alonso, qui dans un monde idéal, l’aurait laissé groggy. Auteur d’un seul arrêt en quatre-vingt dix minutes (à la 85e, sur une frappe molle de Güiza), le gardien peut remercier ses poteaux et le manque de précision des attaquants espagnols, qui lui permettent de ne pas s’enfuir par la petite porte.



Ils ont dit

Otto Rehhagel (sans rire) : "Nous méritions le nul".



Les observations en vrac

• En espagnol, "siffle" se dit "pita". C’est un coup à créer un incident diplomatique.
• Karagounis, c’est le Henry Grec. Il joue où il veut, et il sort quand il veut. Enfin, la différence avec Henry, c’est que Karagounis, par chance, veut bien laisser sa place.



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