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Le Feuilleton de la Ligue 1

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Ligue 2, pays merveilleux

La Gazette > 35e journée

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Les résultats de la journée

Rennes-Strasbourg: 3-0
Paris SG-Auxerre: 3-1
Lille-Toulouse: 3-2
Le Mans-Lens: 3-2
Lyon-Caen: 2-2
Sochaux-Lorient: 1-1
Valenciennes-Nancy: 1-1
Bordeaux-Nice: 0-0
Metz-Saint-Étienne: 0-1
Monaco-Marseille: 2-3



Les 5 gestes de la journée

• La classe de Stéphane Dalmat aux abords de la surface lorientaise, qui prend son temps avant de pichenetter au dessus de cinq défenseurs pour la tête décroisée d'Erding.
• L'ouverture zidanienne de Perquis qui trouve Erding, vingt-cinq mètres plus loin seul face à Audart, d'un subtil extérieur du pied brossé à contretemps que le buteur sochalien ne parviendra pas à convertir.
• La patate de Lemoine choisie pour son côté spectaculaire parmi trois jolis buts rennais.
• Le contrôle de la poitrine enchaîné avec une ouverture aérienne de l'extérieur de Sessegnon qui permet à Matsui de se disputer le prix de la plus jolie volée indirecte de la saison avec Mirallas qui marque un but similaire face à Toulouse.
• Le contrôle de la poitrine de Kaboré, suivi d'une merveille de passe en profondeur qui oblige Nasri à appuyer sur le champignon avant de croiser sa cacahuète dans le petit filet opposé.


Les 5 antigestes de la journée

• L'enchaînement effondrement et roulades latérales d'Agouazi qui justifierait presque la claquette décochée par Dernis derrière la tête du Messin – que l'on aurait bien envoyé dans la mêlée du London Irish pour lui passer ses envies d'exagération.
• Le contrôle de Sammy Traoré à l'origine du coup franc de Pauleta, qui démontre qu'il avait bien le niveau pour jouer dans la défense du PSG cette saison, et l'ouverture de Yepes pour Niculae seul face à Landreau, qui démontre qu'il avait bien le niveau pour jouer dans la défense de l'AJA cette saison.
• Le quatrième but rennais raté par Bruno Cheyrou alors que Cassard avait déserté sa cage, qui anéantit une percée, un dribble et un centre en retrait ribériens de Briand.
• L'Arconada accroupie de Sylva qui se dispute l'antigeste de gardien de la semaine avec la force psychologique de Roma qui tente d'arrêter le tir de Nasri avec les yeux.
• La Benzema de Benzema.



La bannette

Le bon pied pyromane
Grégoire Margotton (Canal+) : "Ce match a pris feu dans le bon sens du terme".

Le petit Philippe
Philippe Lucas (JDD) : "Footballeur ou nageur, c'est pareil: quand un sportif est au pied du mur, il ne peut pas douter. Sinon il est mort. Je suis sûr que tous ces joueurs peuvent être des guerriers. Mais il faut leur répéter, leur démontrer qu'ils sont tous des grands joueurs. Prenez un mec comme Bernard Mendy. Pour moi, il est une pièce maîtresse du PSG. Il faut l'en convaincre, lui dire qu'il a réussi de grandes choses par le passé. Quand on est capable d'aller tirer un penalty à la dernière minute d'une finale de Coupe de la Ligue, c'est déjà qu'on a des c..."

On refait pas le match
Sylvain Monsoreau (L'Equipe) : "Le plus énervant, c'est une fois le match fini, quand l'arbitre se dit convaincu de ne pas s'être trompé, qu'on ne puisse pas en discuter". Tu avais pourtant l'air déjà très énervé après le but.

Les clefs de bagnole
Antoine Kombouaré (L'Equipe) : "Je n'ai pas retrouvé mon équipe sur le plan du jeu".

L'équipementier qui fait son boulot
Pablo Correa (L'Equipe) : "Des deux côtés, il y a eu des hauts et des bas".

La promo clandestine
Laurent Blanc (L'Equipe) : "À partir de là, ça va être compliqué pour le titre".

L'entraîneur qui doit encore progresser pour concurrencer Jean-Michel Aulas
Frank Dumas (L'Equipe) : "Je ne peux pas en parler puisque je n'ai absolument rien vu".

Le coup de pompe
Jean-Marc Furlan (L'Equipe) : "Il a fallu regonfler les joueurs à la mi-temps".

L'entraîneur qui risque une suspension
Jean-Marc Furlan (L'Equipe) : "Pour les attaquants, le ressort est cassé, mais des ressorts on peut en trouver de nouveaux".

Les spectateurs obligés de voir Titanic deux fois
Michel Ettore (L'Equipe) : "Le public mérite une meilleure fin".

La diversification à outrance
"Jean-Michel Aulas (L'Equipe) : "On a vu deux versions ce soir: un OL sénateur en première période, un OL révolté en deuxième". Tu as déposé les marques pour créer des franchises?



La minute aulassienne de Nicolas Dieuze

"Nan, toujours la... toujours la polémique, toujours! Franchement, les arbitres euh... On a compris, bon, euh... SOS Paris Saint-Germain partout... Si on a envie d'aider le Paris Saint-Germain, on les laisse en Ligue 1, nous on reste là où on est, et puis comme ça tout le monde sera content! Euh, les radios, SOS Paris Saint-Germain et tout, moi j'en ai plein le cul, quoi! Pourquoi nous on n'aurait pas le droit de rester en Ligue 1? Faut arrêter!" (Canal+)


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"Attends, le gardien adverse qui arrête nos tirs, c'est bien la preuve qu'il y a une conspiration en faveur du PSG, non?"


Jean-Michel est de retour, alléluia

On croyait l'avoir perdu. Trop occupé à justifier le cours de bourse d'OL Groupe, à négocier les droits télés, à dire du mal de ses anciens joueurs, à prendre le pouvoir à la Ligue. Ouf, Jean-Michel Aulas est revenu, plus en forme que jamais. La méthode est la même que celle des fameux communiqués olweb (lire L'officiel sur la tête): partir du principe que la terre entière en veut à Lyon, même s'il faut tordre la réalité dans le sens désiré. Avec toujours le même objectif théorique: protéger son équipe, quitte à faire détester son club.

Le rêve du président
La semaine avait commencé sur fond de polémique avec la FFF, pour un match de Coupe organisé trois jours avant un match de championnat. Qu'à cela ne tienne, voila le président Aulas en pourfendeur d'injustice qui menace de balancer le match en n'envoyant pas son équipe type face à Sedan, sans avoir peur du ridicule. "Je rêve jour et nuit de ce septième titre d'affilée et c'est pour cela que nous n'hésiterons pas un instant si nous devons aligner une équipe réserve pour cette demi-finale". On n'avait pas autant rigolé depuis la fois ou Mike Tyson s'était plaint de devoir affronter Lorant Deutsch avant son déjeuner, et avait menacé de combattre avec une main dans le dos en signe de protestation. Le bluff ayant échoué, il fallait vite passer à autre chose.

Persécution
Lyon-Caen a fourni tous les ingrédients d'une nouvelle crise névrotique. "On n'expulse pas, lors d'un match qui peut être décisif pour le titre, un joueur parce qu'il a eu une altercation dans le couloir. Je m'élève contre ce type de décision. C'est du jamais vu. Ce n'est pas sérieux". Pourtant, c'est arrivé pas plus tard qu'il y a un mois, lorsque Tony Chapron a exclu Martinez et Le Tallec pour un début de bagarre sur la route des vestiaires lors de Valenciennes-Le Mans. Passons une nouvelle fois sur l'idée que l'arbitrage doit s'adapter à l'enjeu du match.
L'amnésie le cède ensuite au délire de persécution: "Les arbitres, les instances, les médias, Canal+, tout le monde souhaite que Lyon ne soit pas champion". Bien qu'il ne craigne pas de mettre ainsi en cause l'honnêteté des arbitres, on est un peu déçu que JMA épargne les francs-maçons et l'influence du maire de Bordeaux sur les rouages de l'appareil d'État.


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Jean-Michel Aulas est un homme qui a beaucoup de panache. Et derrière lui, c'est un Mondrian.


Au pays des commentateurs, les aveugles sont rois

Bien qu'ils fassent des arbitres lamentables, les commentateurs persistent à exercer ce mandat que personne ne leur a confié. Florilège issu du seul Jour de foot.

Sochaux-Lorient
• Audard et Grax se précipitent sur un centre trop long avant que le ballon ne sorte. Le gardien lorientais tacle le ballon, Grax tombe. On voit Audard toucher le ballon sur le premier ralenti, et toucher le Grax sur le deuxième ralenti.
• Thomas Guichard : "Il y aurait dû y avoir penalty".
> On a ici un cas d'école avec le choix du ralenti : le premier est jugé non probant (il exonère Audard), au contraire du second, retenu à charge contre l'arbitre...

Le Mans-Lens
• Cafouillage dans la surface, Geder dégage le ballon et Dindane, qui arrivait de la droite, prend le pied de Geder au niveau du cou, alors que le ballon est déjà hors de portée.
• Thierry David : "Il y aurait pu, il y aurait dû y avoir un penalty".
> Le passage de l'hypothèse (il y aurait pu) à la certitude (il y aurait dû) dans la même phrase est remarquable. Et à notre connaissance, un pied haut est sanctionné d'un coup franc indirect.

Lille-Toulouse
• Alerté en profondeur, Béria prend de vitesse Mansaré, qui tente, de la main droite puis de la gauche, de ralentir le Lillois, qui tombe. L'arbitre ordonne le penalty.
• Xavier Giraudon : "Faute pas évidente, c'est le moins qu'on puisse dire".
> On se demande alors ce que peut bien foutre la main de Mansaré sur l'épaule de Béria. Et on voudrait savoir si le journaliste préconise de ne siffler que les fautes "évidentes".

Lyon-Caen
• Faute sur Govou à la lisière de la surface de réparation.
• Philippe Bruet : "C'était à l'intérieur de la surface".
> Le journaliste sportif est capable de tracer des frontières dans l'espace-temps – à la manière de sa mèche désespérément rabattue sur sa calvitie.



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– Et qu'est-ce que tu vas nous chanter, Hugo?
– "Paris, Paris on t'encule".

> Plus de lucarnes alternatives dans le Diaporama des lecteurs!



10 raisons pour qu'Auxerre reste en L1

• Si on oblige les scouts des clubs anglais à aller les superviser en L2 pour piller le club, ils risquent de s'apercevoir qu'on a aussi d'excellents joueurs à l'étage inférieur.
• Ce serait dégueulasse que le sympathique Jean Fernandez se retrouve à devoir discuter pacemakers avec Guy Roux et Gérard Houllier.
• Il y a déjà un ancien Ballon de Plomb en L2, à Amiens.
• Jouer le maintien face à Clermont foot, c'est pas crédible.
• Ils vont se faire traiter de tafioles avec leur maillot moulant.
• Sammy Traoré n'est pas assez bon pour jouer en L2
• La L2 a déjà bien assez de problèmes comme ça.
• En allant à l’Abbé-Deschamps disputer le derby, les Troyens croiraient qu’ils sont finalement parvenus à conserver leur troisième place, et ce serait cruel.
• La saison finirait trop bien pour Guy Roux, après avoir si mal commencé.
• Jean Fernandez a bien assez souffert comme ça sans que Lilian Laslandes fasse son come-back pour lui épiler les sourcils.


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Pendant ce temps-là, Sonia Rothen, Mélanie Chantôme et Clémence Bourillon se la pètent tranquille sur la côte.



Y a-t-il du scoop dans le Rouyer ?

Après l'émission C José ou l'expérience du micro planté sur Guy Roux qui va taper la discussion avec un entraîneur, Canal innove encore avec un passionnant épisode de "Sortez-moi de là, je suis Olivier Rouyer!". Le principe est simple: vous mettez un costume et une cravate équipée d'un micro sur le consultant de Canal, et vous le laissez arpenter la pelouse à la recherche d'un joueur qui accepte de lui parler. Ensuite, vous laissez le charisme et la respectabilité de l'ancien international faire le reste.
Après avoir encaissé sans moufter les sarcasmes de Steve Savidan ("Les tribunes ne sont pas assez hautes pour retenir tes frappes de l'époque d'après ce qu'on m'a dit"), place à l'investigation sur le terrain. Le scoop offert aux abonnés de Canal est de taille: figurez-vous que si Olivier Rouyer ne porte jamais de chaussettes, c'est parce qu'il n'aime pas ça. Coupez, c'est dans la boîte. Après ça, évitez de lire l'article de L'Équipe révélant les cachets des consultants de la chaîne cryptée.



Les observations en vrac

• 174: c'est le nombre de spectateurs de Nungesser qui se sont plaint de glaucomes après trois passages de Nicolas Penneteau dans leur champ visuel.
• Si vous trouvez que les interventions de Laurent Paganelli à l'antenne de Canal sont un peu freestyle, essayez Laurent Paganelli interviewé avant la prise d'antenne par OMtv.
• Si le président Bontin était aux Etats-Unis pendant Monaco-Marseille, c'est parce que les recruteurs de l'ASM ont fini d'assécher le marché sud américain.
• Mais pourquoi diable Aimé Jacquet n'a-t-il pas mis un terme à sa carrière médiatique par un bras d'honneur un 12 juillet, plutôt que d'éventer sa légende en confrontant sa communication à celle de Claude Puel et Raynald Denoueix sur le plateau des Spécialistes?
• Si Juninho avait laissé Benzema et Källström tirer quelques coups francs directs de plus cette saison, Lyon serait-il déjà champion?
• Avant d'inscrire cinq buts lors des trois dernières journées, Kevin Mirallas avait marqué un but en trente-deux journées. Si l'OM avait été un peu plus patient avec Matt Moussilou, il serait peut-être en pleine campagne médiatique vengeresse contre le Ballon de Plomb, si ça se trouve.
• Dieux du football, nous implorons votre grâce: faites qu'Auxerre s'en sorte, Jean Fernandez fait trop de peine à voir.
• Si Guy Lacombe commence à coller des 3-0, fait jouer Étienne Didot et ne porte plus de pull, il va finir par casser son image.
• Quatrième match consécutif au cours duquel notre envoyé spécial devant sa télé pour regarder Nancy succombe à la sieste. Si ça se trouve, Pablo Correa a profité, tout au long de la saison, de l'effet soporifique de son équipe pour aller marquer les buts pendant que tout le monde dormait.
• Que faisait la police quand les Marseillais, septièmes à domicile, quatrièmes à l'extérieur, se sont emparés de la troisième place au général?
• Même Paris, dont les défenseurs ont été empruntés au musée Grévin, a encaissé moins de buts que Ricardo, qui sera au moins parvenu à anéantir sa réputation de coach défensif en signant à Monaco.
• 19+6+4+1+2=32. En L1, Coupe de France, Ligue des champions, Coupe de la Ligue et sous le maillot bleu, c'est le nombre de buts marqués pour l'instant cette saison par Karim Benzema.
Jurietti réconforte Jeunechamp expulsé. Absent au moment du drame, Cyril Rool lui a fait livrer des fleurs.


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"Reprenons. Nous, on est l’OM de l’Est. L’OM, c’est le Bayern du Sud. Putain, je comprends pas, on devrait être le Bayern du Sud-Est, bordel. Pourquoi on est toujours à l’Ouest?"


L’envers du championnat
Ô joie de la compétition de haut niveau!
Lors que Strasbourg rime avec grinta grenate,
Le bon Cayzac dénoue enfin sa cravate,
Et les joueurs relâchent la pression à nouveau.

Papin, Baup et Jeannot aujourd'hui favoris,
Se rapprochent du podium le torse bombé.
Confiance que le rocher pourrait encore plomber,
Et si d'aventure, si jamais, si Paris...

Mais seul le bon Dieuze tout puissant a en ses mains,
Ces insignifiants détails, ces tout petits riens,
Qui changent en ardent héros un humble terrien,
Pour avoir transcendé le Paris Saint-Germain.

Trois journée, c'est tantôt une vraie petite vie;
Tel un jour, Saint-Sernin qui en fit adage,
Sache qu'incertitude est la richesse du sage,
Et qu'alliée à la patience, elle te ravit.
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> déconnerie

Tabloïd, numéro 7

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