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Antoine Faye

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France 2 Foot investigation

Gaceta de la Liga - Jornada 20

Le second épisode de la Gaceta est avancé, un peu comme le Real au classement. Revivez la 20e journée de la Liga!
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Les 5 gestes de la journée

• Le dribble version "mouchoir de poche" de Robinho, qui lui permet de servir Raúl pour le premier but Merengue.
• Le but de Llorente, au bout de sept secondes de jeu, qui montre que le football professionnel peut être le théâtre d’actions préparées à voix basse comme dans les cours d’écoles.
• L’enchaînement victorieux de Robert Pires: un petit crochet de l’exterieur, et une frappe enroulée qui se loge dans le petit filet opposé de Hildebrand.
• La déviation impossible mais décisive de Casillas sur la frappe brossée du Kun Agüero, qui prenait tout droit le chemin de la lucarne.
• La résistance des filets du stade de Getafe, sous l'impact du missile de Casquero contre le Sevilla.


Les 2 anti-gestes de la journée

• La main de Gutí – et le carton jaune – pour accompagner la sortie en touche d’un ballon trop long. Un geste idiot, mais finalement typique du blondinet, qui a entraîné son remplacement immédiat par Batista. On peut s’attendre à une séance prolongée de banc de touche.
• Le tacle assassin de Maxi Rodríguez sur Miguel Torres. Une version à l’espagnole de la scène jouée par Pagis et Krupoviesa.



clasification2.jpgLa tête du classement


Atlético-Real : 0 - 2
C’était l’affiche de l’année. Pensez-donc: pour la première fois depuis longtemps, l’Atleti n’est pas rejeté au-delà de la dixième place, semble enfin tenir son rang et, de surcroît, peut gêner le Real dans sa conquête d’un nouveau titre. Une semaine d’avant-match et trente secondes de suspense. Un temps suffisant à Raúl qui, sous les yeux d’Aragonés, rappelle qu’il est le spécialiste des ouvertures du score lors des matchs difficiles.
Une fois cet avantage acquis, le Real a étalé ses caractéristiques habituelles: une incapacité à dominer le ballon, mais une qualité fatale en contre. Même la blessure de Pepe n’a pas suffi à désorganiser le Real plus de vingt minutes. Pendant cette période de flottement, Forlán et Agüero ont permis à Casillas de venir à bout de la liste des superlatifs nécessaires à décrire ses prestations. Et quand le portier merengue ne suffit pas, ses poteaux prennent le relais, pour repousser une tête de Motta, d’abord, puis une frappe d’Agüero, effleurée par San Iker.

Mais comme à Barcelone, les Madrilènes marquent au moment où ils semblent dans les cordes. Cette fois, c’est Van Nistelrooy qui, d’une volée mi-placée, mi-écrasée, trompe Abbiatti juste avant la mi-temps. Au retour des vestiaires, l’Atleti a renoncé, et le Real manque d’augmenter l’écart au tableau d’affichage. Au final, les Blancs n’ont pas surpassé leur rival, mais ils ont su faire la différence dans les moments importants, pour finalement écoeurer les Colchoneros, incapables de battre leurs voisins merengues depuis 1999 au Calderón.
   
Barça-Racing : 1 - 0
En trois phrases :
• Henry a marqué suite à un coup de pied arrêté – une phase de jeu habituellement mal exploitée âr me Barça.
• Le public a réclamé et obtenu le retour de Messi.
• Le Barça a vaincu son adversaire, mais  pas l'ennui.

Villarreal-Valencia : 3 - 0
Valence n’en finit plus de sombrer. Cette fois, c’est au cours du derby valencien (à ne pas confondre avec le derby de Valence, qui oppose Valence à Levante) que les joueurs de Ronald Koeman se sont payés une humiliation publique. Rapidement menés suite à un petit chef-d’œuvre de Pires, les Valenciens n'ont pu que regarder les hommes de Pellegrini dominer outrageusement les débats. Les buts de Nihat et Capdevila n'ont fait qu’illustrer la différence abyssale constatée sur la pelouse du Madrigal. La puissance et la qualité offensive du sous-marin jaune ont fait de Villarreal l’équipe à la mode ces dernières semaines.



Le ventre mou

Les résultats du week-end permettent pour la première fois de voir une rupture continue dans le classement. Si l’Espanyol reste sur les talons de l’Atlético, Le Racing conserve quatre points de retard sur les Péricos. Derrière l’équipe de Marcelino, une tranchée de cinq points et un ventre mou encore très compact: cinq unités séparent Valladolid (7e) de Murcie, premier relégable. Les portes de cette zone intermédiaire se sont refermées sur Valence (8e), Séville (9e) et Saragosse (11e).

Valladolid-Espanyol: 2-1
Racing et Atletí défaits, l’Espanyol tenait – sans le savoir – une opportunité de se replacer dans la course à la Ligue des champions. Mais les Blanquiazules n’ont pas sur la saisir. La faute en incombe essentiellement à Llorente, auteur d’un doublé. Le buteur de Valladolid complète une semaine riche de cinq buts en Liga, et comptabilise désormais dix buts en championnat.

Jamais dans le match, les Espanyolistes connaissent un douloureux passage à vide en ce mois de janvier, abandonnant des points qui pourraient être décisifs en fin de saison. Une inattention matérialisée par l’ouverture du score de Llorente, après tout juste sept secondes de jeu. Les Pucelanos, promus, s’installent à la 7e place du classement grâce à ce succès.



Le bas du classement

Levante-Mallorca: 2-2
C’est un petit évènement: Levante a marqué un point, le neuvième depuis le début de saison. Cette performance fut acquise aux dépens de Mallorca, qui venait pourtant de sortir le Real de la Coupe du Roi. Profitant du retour de Güiza, les Mallorquins ont dominé le match sans forcer leur talent. Mais faute de se mettre à l’abri, ils ont permis à Levante de revenir dans le match et d’égaliser à trois minutes de la fin du match.

Almería-Depor: 1-0
Comme toutes les semaines, Miguel Ángel Lotina, le coach du Deportivo la Corogne, semble un peu plus près de la sortie. Encore défaits par un but d’écart, les Galiciens s’enfoncent dans les profondeurs du classement et comptent désormais cinq points de retard sur le premier non-relégable. Comme contre l’Espanyol, Almería a tiré parti des coups de pieds arrêtés. C’est sur un de ces mouvements tactiques que Pulido inscrit l’unique but du match. Malgré six tirs cadrés et un autre sur le poteau, les visiteurs sont restés stériles.

Saragosse-Murcie: 3-1
Après la destitution de Victor Fernández, on espérait à Saragosse le traditionnel "choc psychologique" propre aux révolutions. Face au promu, les maños ont respecté la différence qu’on est en droit d’attendre entre un effectif peuplé d’internationaux venus pour accrocher l’Europe, et une équipe visant le maintien.

La ligne offensive de Saragosse a masqué les carences du milieu de terrain: c'est le trio Oliveira, Milito, Sergio García qui fit la différence. Le Brésilien a ouvert le score en profitant de l’apathie de De Coz, et l’Argentin s’est offert un doublé pour assurer les trois points pour les siens. Du côté de Murcie, on ne retiendra guère que les débuts d’Aquino, un jeune latéral gauche dont les Murcians sont déjà convaincus qu’ils ne pourront pas le retenir longtemps.


L'Equipe type

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L'Equipe pas type

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Ces sélections sont établies sur la foi des classements de la presse catalane (Sport et Mundo Deportivo) et madrilène (AS et Marca), pour 50% de la note finale chacune.


Noms propres

Ce fut la journée des retours: Gonzalo Ródriguez (Villarreal), qui retrouve les terrains, après sept mois de blessure (rupture du tendon d’achille). Leo Messi, réclamé par le Camp Nou, qui revient après trente-cinq jours d’une absence bien longue pour tout le monde. Enfin, il y eut les "retours" au premier plan. Celui de Thierry Henry, qui marque un but décisif après un match convaincant contre Murcie. Idem pour Raúl, décidément inamovible, et dont le rendement lors des derbys madrilènes est toujours aussi remarquable.



Noms impropres

Ceux qui, égrené un à un, forment les Ultras Surs. Malgré la mobilisation de plusieurs centaines de policiers, le groupuscule madrilène dont l’idéologie néo-nazie ne semble pas déranger grand monde – ni dans les instances dirigeantes du Real, ni au sein de la Fédération –, a fait montre de toute sa courtoisie et son sens de la mesure en attaquant, à coups de battes de base-ball, les supporters de l’Atleti et les membres de la police montée passant à leur portée. Une vingtaine d’arrestations, pour des incidents qui ont soulevé l’indignation de la presse au travers... d’un tiers de page dans Marca. Soit trois fois moins que le détail presque exhaustif des VIP présents en tribune, à la page suivante.


Polémiques

Fallait il faire jouer Pepe? La question a agité le microcosme madrilène pendant une bonne partie de la semaine. Le défenseur luso-brésilien, qui a récolté une blessure lors du match disputé la semaine dernière à Levante, ne devait initialement pas jouer, par précaution. C’était sans compter sur Bernd Schuster déjà passablement contrarié par les absences de Metzelder et Heinze. Ni une, ni deux, Pepe est bombardé titulaire. Onze minutes après le coup d’envoi, le Brésilien sort en boitant de la pelouse, et est remplacé par Salgado. Pepe sera indisponible pour une durée estimée entre 3 semaines et un mois.

• Comme dans à peu près tous les pays de football, le calendrier est objet de vifs débats et se prête à des accusations de favoritisme selon que les journées de récupération sont plus ou moins nombreuses. Le dernier exemple en date est l’obligation faite au Barça, de jouer deux matchs en 48 heures, bien que les règlements excluent cette possibilité. C’est ainsi que la FEF (Fédération espagnole de football) a confirmé ce lundi que le Barça était tenu de jouer son match de Coupe du Roi, le jeudi à 22h, à Villarreal,. Soit 48h avant le coup d’envoi de son match de Liga, à Bilbao, le samedi à 22h également. Le club catalan, par la voix de Txiki Beguiristain, a donc dû négocier auprès de la LFP (Ligue du football professionnel) pour que le match de Liga soit déplacé au dimanche. Sachant que Villarreal et Barça ont joué ce samedi en championnat, cherchez donc une quelconque logique à l’obligation de jouer le jeudi en Coupe, et non un peu plus tôt…

• Une semaine et puis s’en va… Et voilà que Garitano, tout juste intronisé entraîneur de l’équipe première du Real Saragosse, abandonne le club. Les faits se sont précipités lundi dans la matinée. Il faut dire que la presse aragonaise assurait le matin même que les dirigeants du club maño s’étaient réunis avec Javier Irureta pour lui confier les destinés de l’équipe première. Soupçons confirmés par le refus des dirigeants de prendre fait et cause pour la mise à l’écart d’Andrés d’Alessandro, comme l’avait sollicité Garitano. En milieu de journée, le nouvel ex-entraineur de Saragosse a préféré invoquer, en conférence de presse, des raisons personnelles pour justifier sa démission, balayant d’un revers de main toutes les rumeurs. Toujours est il que – hasard extraordinaire – Javier Irureta a immédiatement été nommé à sa succession.


Dans la presse

"Un Real implacable dans les deux surfaces" (AS).
"Titi va mieux: un but et trois points contre le Racing, un but et une qualification en Coupe, un grand match contre Murcie" (Sport).
"Pires et une équipe d’artistes" (Marca ).


Ils ont dit

"[Cette victoire] va faire du mal à nos poursuivants" – Iker Casillas
"Sur le plan de la qualité, nous sommes très au-dessus de l’Atlético" – Bernd Schuster.
"C’est à nous de motiver le public". Frank Rijkaard, réagissant à l’ambiance morose vécue au Camp Nou.
"Nous sommes brisés" – Javier Aguirre, entraîneur de l’Atletico.
"On espérait mieux de cette journée" – Joan Laporta, président du Barça.


Quelques chiffres

10: le nombre de défaites, en 20 journées du FC Seville. Dure saison.
7: le nombre d’années qu’il aura fallu à Cosmin Contra (Getafe) pour retrouver le chemin des filets en Liga. Et un éloge à la patience: un but dans les arrêts de jeu qui donne les trois points à son équipe.
6: le nombre de points marqués par Valence depuis l’arrivée de Ronald Koeman à la tête du club Che, le 31 octobre dernier.
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