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Domenech n'aime pas les provocations

La Gazette > journée 2

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Les résultats de la journée
Saint-Étienne-Valenciennes : 3-1
Lorient-Monaco : 2-1
Toulouse-Lyon : 1-0
Nancy-Caen : 1-0
Nice-Strasbourg : 1-0
Lens-Paris SG : 0-0
Marseille-Rennes : 0-0
Metz-Lille : 1-2
Auxerre-Bordeaux : 0-2
Sochaux-Le Mans : 1-3


Les 5 gestes de la journée

> la frappe en première intention de Birsa qui aurait pu être comparée à celle de Zidane si elle avait été décochée trente mètres plus loin.
> l’extérieur d’Elmander qui crucifie Lyon avec une nouvelle finesse technique à porter au discrédit de sa réputation de déménageur.
> le contrôle orienté du talon de Saïfi qui enrhume son vis-à-vis dans la surface avant d’adresser une bonne frappe tendue déviée par Roma.
> le lob de Gomis à la conclusion d’une belle ouverture de Payet, qui fait ravaler sa rancœur à Geoffroy-Guichard dès la dix-neuvième minute de jeu.
> l’enchaînement collectif auxerrois initié par Pedretti et Maoulida vers Kahlenberg, qui pénètre dans la surface et parvient à remiser dans la course de Lejeune dont la violente frappe du gauche fait briller Ramé.
> le corner direct de Bastos magnifié par la "Grégorini" de Trivino.



La bannette

La répartition des taches
Bruno Cheyrou (L'Equipe) : "Avec Pagis et Leroy dans ton équipe, t'as envie d'avoir le ballon". Mais eux, est-ce qu'ils ont envie que tu l'aies?

Le cerveau facultatif
Elie Baup (L'Equipe) : "N'importe quel joueur avec deux jambes et deux bras peut prétendre être titularisé contre Lyon".

Le fan d'Eric Besson
André-Pierre Gignac (L'Equipe) : "J'aime bouger et je suis polyvalent. Je suis prêt à évoluer à droite s'il le faut".

La palette aléatoire
Philippe Doucet (C+): "Il était, ce soir, à la fois très près de marquer, mais quand même assez loin".
 
La pêche au thon
Antoine Koumbouaré (L'Equipe) : "On risque d'attraper le tromblon".

La boule de flipper
Grégory Paisley (rcs.fr) : "Il faut rebondir dès mercredi, nous n’avons pas le temps de cogiter".

Les deux boules qui flippent
Ricardo (Le Télégramme) : "J’ai remonté les bretelles des joueurs, mais je les ai tranquillisés aussi".

Le Doc Brown du 21e siècle
Pape Diouf (om.net) : "Je peux renvoyer les gens à de précédentes saisons comme par exemple en 1971-72".

Le Kid Creole sans ses Coconuts
Franck Dumas (Ouest France) : "Seule la percussion nous a manqué".

L’entraîneur qui anticipe les accidents
Frédéric Hantz (Ouest France) : "Il va me falloir faire les bons constats avant notre déplacement à Lille".

La rediffusion de la série Urgences
Jérémy Berthod (AFP) : "J'ai discuté avec les anciens. Ils n'ont pas envie de revivre l'épisode de l'année dernière".

L'équipe multidirectionnelle
Alain Perrin (AFP) : "Ce soir tout est allé à l'envers". Sans compter Aulas qui a perdu tout bon sens.

Le refoulement
Sylvain Monsoreau (L'Équipe) : "Il faut qu'on rentre dans ce championnat". Mais le videur a dit: "Pas de baskets".



Le Trophée de la noyade de poisson

Pape Diouf (om.net) : "Si Samir est sorti à la mi-temps et a éveillé pour certains le soupçon d’une guérison qui ne serait pas parfaite, je répondrai qu’il est sorti plutôt à cause d’une légère contracture. Et que cela même peut se comprendre car il a peu joué et il a eu besoin de compenser le mal qui le rongeait à la cheville. Et ça, les gens qui pratiquent le haut niveau le savent. Je ne pense pas qu’il faille additionner les idées, ni en tirer des plans sur la comète".



La fin des slows

Toulouse-Lyon. Johan Elmander heurte en l’air Cris, qui se blesse sur le choc. Les journalistes de Canal+ s’interrogent. L’action est diffusée au ralenti. Soudain, une idée étrange s’empare des commentateurs: diffuser l’action "à vitesse réelle", pour juger de la brutalité du choc. À trois reprises, telle une série de coups encaissée par un boxeur, Cris revivra à l’identique le choc qui devrait l’éloigner des terrains pour plusieurs mois.

Alors qu'on ne demande qu'à voir plus d'actions "à vitesse réelle" et dans leur intégralité (plutôt qu'une volée de ralentis saucissonnés sans plus d'intérêt les uns que les autres), voilà qu'on daigne enfin nous en servir une. Disséquant l’intéressant comme le n’importe quoi à longueur de matches, offrant des ralentis à la louche (ou à la loupe) durant la moindre rencontre de milieu de tableau, les diffuseurs avaient tout fait jusque-là pour inventer une plus-value, qui justifierait le fait de ne pas se rendre au stade.
Pour cette même raison sans doute, Jean-Paul Jaud aura diffusé le choc "à vitesse réelle" par trois fois, et sous plusieurs angles. Il fallait encore aller au-delà du réalisme. Paradoxalement, l’impression était d’assister au "spécial" d’un jeu vidéo. Même "à vitesse réelle", la télévision arrive à déformer la réalité.


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Victoire syndicale et revalorisation du petit salariat. Défaite cuisante des patrons et du manque de respect. Encore une fois, le football montre à la société que tout devient possible.


La minute pathologique d’Olivier Rey

"La réaction de Jean-Michel Aulas est intolérable, elle n’est pas digne d’un président. En revanche l’arbitre, lui, n’est pas digne d’être arbitre, voilà, c’est tout. Voilà, c’est tout!" (LCI, "On refait le match"-.



Réaction à chaud, réaction HS

À croire que lui aussi piaffait d'impatience, et attendait le mors aux dents que la saison démarre. Jean-Michel Aulas s'est payé une entrée fracassante dans la saison 2007/08 avec un grand classique, qu'il aura cependant poussé à un très haut niveau pour un mois d'août. On a beau mettre un peu de temps à retrouver les automatismes en pleine torpeur estivale, les intentions du président lyonnais ne trompent plus personne: la technique consistant, dès que son équipe est en difficulté sportive, à allumer des contre-feux (si possible sur les arbitres, corporation hautement inflammable) ne trompe plus personne.

Ou plutôt, presque personne, puisque France 2 Foot s'est littéralement jeté dans le panneau, en organisant dès le lendemain un débat au thème aussi incongru qu'inattendu – "Les arbitres français sont-ils de vrais pros?" – malgré un début de saison pour l'instant vierge de toute véritable polémique arbitrale.
L'exercice commence à prêter à rire lorsque c'est Bernard Lacombe qui apparaît face caméra pour s'expliquer avec les invités en plateau. Bernard, donc, dont l'objectivité vis-à-vis du corps arbitral est légendaire pour quiconque a déjà regardé un match commenté par le directeur sportif des gones sur OLTV.


kallstrom_crachat.jpg
Kim Källstrom croyait qu'il pouvait cracher sur les arbitres sans être sanctionné, comme son président.


La montée d'acide de Jean-Michel

Retranscription intégrale (sans supplément de prix pour la ponctuation) du speech de Jean-Michel Aulas après Toulouse-Lyon au micro de Dominique Armand sur Canal+. Les ethnolinguistes du futur nous remercieront.
Note : les [Q] indiquent les questions ou tentatives de question du journaliste.

"Non y a pas un rouge, y a un rouge injuste, sur une faute pour l'Olympique lyonnais, de Källström. l'arbitre interprète mal son geste. Bon simplement mais y a rien contre l'arbitre a priori, il crache à côté mais c'est pas du tout en direction de l'arbitre et quand on connaît Källström... On peut pas arbitrer à ce niveau-là et pas connaître la personnalité des joueurs. On sait que c'est un joueur exemplaire qui ne fait jamais de faute et imaginer qu'il puisse avoir cette réaction, c'est avoir des a priori, et ce dont je me rends compte, c'est qu'actuellement il y a un certain nombre d'a priori, bon je me rends compte que même Canal s'y met en espérant voir la défaite de l'Olympique lyonnais.
[Q]
En tout cas il y a des réactions étonnantes, déjà sur le plan de la programmation des matches je pense qu'il y  a un certain nombre de choses à redire et là bon c'est vrai que la déception est grande de voir que tout le monde est excité par une défaite de l'Olympique lyonnais qui est injuste.
[Q]
Bon je pense que Canal comme l'ensemble des gens qui s'intéressent au football d'élite devraient saluer le fait que l'Olympique lyonnais présentait ce soir une équipe de haut niveau avec que des joueurs internationaux, avec un certain nombre  e joueurs internationaux qui se font expulser injustement, un autre qui se fait blesser, peut-être rupture des croisés, et qui est notre meilleur joueur. Donc ça va demander réflexion, bon, ça fait trois genoux en quelque temps, il y a beaucoup de blessés, on va y réfléchir. Ce qui m'insupporte en ce moment, c'est la réaction on va dire anti-Lyonnais pour essayer de faire en sorte que l'Olympique lyonnais soit pas au top. Alors je comprends que ça soit un spectacle, je comprends qu'il puisse y avoir du suspens mais qu'on nous expulse pas un de nos meilleurs joueurs pour une faute... Il y avait faute pour Källström ça se traduit par une faute contre nous avec une expulsion qui encore une fois est injuste. J'ai discuté avec Kim, il y a pas d'insulte.
[Q]
Il y a absolument aucune intention, c'est l'interprétation qui fausse le spectacle et quand on veut que le spectacle soit au rendez-vous, il ne faut pas prendre des décisions qui vont en sens contraire de l'intérêt du spectacle. Et ce soir le match a été bousillé par une faute d'arbitrage, j'en suis désolé.



L'envers du championnat

Une équipe est déjà au-dessus du lot en ce début de saison. Malgré quelques phases de jeu inquiétantes, l’AJA a fait montre d’un opportunisme phénoménal dans l’exercice du penalty, évitant un encombrant partage des points sur sa pelouse par la grâce des crampons de Toifilou Maoulida.

Les esprits chagrins déploreront que l’homme élastoplast ne soit pas parvenu à rejoindre dans la légende "el loco" Martin Palermo qui, lui, était parvenu à éviter le hat trick aux onze mètres, il y a quelques saisons. Mais ce n’est pas tous les jours qu’un pensionnaire de L1 s’illustre par un si beau doublé, confinant au génie tant ses coéquipiers s’étaient opposés à sa décision de prendre la responsabilité du second penalty. Rien ne pouvait convaincre leur nouvel avant-centre de lâcher l’affaire, animé par les remords d’avoir obtenu cette sanction bêtement en fin de rencontre.

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En observateur averti, Toifilou Maoulida avait bien vu que les Bordelais avaient tenté de le piéger en plaçant un grand but juste en face du point de penalty.

Un petit saut au début de la course d’élan, comme un hommage à sa première tentative constituée de bonds de sauteur en hauteur, et l’enfant de Mayotte fait parler sa précision. Après les gradins, "penoman" trouve le poteau sortant. Bingo. La tête du classement à l’envers.

Jean Fernandez ne semblait guère douter en osant la comparaison samedi dans les colonnes de L’Equipe : "C’est un bon attaquant du Championnat français. Dire qu’il va réussir à Auxerre c’est autre chose (…) Regardez Moussilou (…) Pas un seul but. Je pense que Maoulida, côté droit ou dans l’axe, est intéressant et peut réussir". Comme un présage…
L’entraîneur auxerrois devra malheureusement se passer de son attaquant vedette pour un déplacement piégeux sur des terres de légende du classement à l’envers: la terrible Meinau ne pourra acclamer Maoulida, à qui un repos prolongé a été octroyé pour le récompenser de son exploit.
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