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Revue de stress #168

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La Gazette > 27e journée

Argentins de France : les flops

Bonus web - Dossier Argentine du n°33. De Berizzo à Turdo (par ordre alphabétique), la filière de recrutement franco-argentine a connu quelques désastres qui sont plus ou moins restés dans les mémoires, mais qu'il est délicieux de rappeler...
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Certes, il y eut Jorge Burruchaga, Gabriel Heinze, Victor Hugo Ramos, Carlos Bianchi, Osvaldo Piazza, Osvaldo Ardiles, Nestor Fabbri, Javier Saviola, Alberto Tarantini, Omar Da Fonseca, Delio Onnis, Beto Marcico ou Leo Rodriguez... Autant de réussites sur les terrains de France qui font oublier des fiascos au moins aussi nombreux. Portraits (non exhaustifs).


Eduardo Berizzo
C'est l'une des plus belles humiliations de l’histoire du championnat: Berizzo est sorti de l’équipe phocéenne par Cyprien et Dumas, recrutés en toute hâte au mercato de la saison 99-2000. Son jubilé sous les couleurs de l’OM s'était déroulé à la 19e journée, lors du fameux 5-1 de la panthère Alex à Geoffroy-Guichard. Un parcours mérité, à la lumière de l'effroyable justification de son échec marseillais : "J'ai quitté Marseille à cause du nombre important d'homosexuels qui se trouvaient là-bas. Je me sentais comme quelqu'un d'étrange au milieu d'eux. C'est incroyable qu'un problème aussi grave que l'homosexualité soit perçue d'une façon aussi naturelle en France".


José Luis Brown
Qu’il était beau, le Brest-Armorique de François Yvinec... Persuadé d’être le Claude Bez local, il aura plombé la trésorerie du club finistérien en allant faire son marché en Amérique du Sud – dont il ramènera après moult péripéties le prophète de Francis-Le-Blé, Roberto Cabañas. Mais en cette année 1986, il engage deux défenseurs de très haut niveau, pour former une des meilleurs charnières centrales de D1 : le Brésilien Julio Cesar (qui manqua son tir au but à Guadalajara), et surtout le champion du monde argentin José-Luis Brown, stoppeur du onze de Maradona, qui avait ouvert le score en finale contre la RFA. Sur le papier, un axe défensif infranchissable : Brest en Coupe d’Europe, tout le Léon en parle. Las, Brown, comme son compère brésilien, se la coule douce en Bretagne. Brest-Armorique, parti très fort, finit huitième, et Brown repart un an plus tard pour Medellin sans avoir rien prouvé.


Diego Bustos
1998, Nantes cherche un attaquant pour remplacer Halilhodzic, parti douze ans plus tôt. Diego Bustos a glissé dans sa valise Nestor Fabbri. L’attaquant coûte toujours plus cher que le défenseur. Après deux belles premières apparitions, sa technique ne passe pas inaperçue. Pourtant, il disparaît à la suite d’une blessure dont il ne se remettra jamais. Il traverse une deuxième saison de déprime comme doublure. À force d’être doublé par des attaquants qui n’en étaient pas (Da Rocha, Monterrubio, Ahamada, Vahirua), il repart la saison suivante en Amérique du Sud pour entamer une tournée des clubs anonymes. Il y rejoint un autre attaquant argentin arrivé à Nantes en 1998. Sergio Comba, lui, n’a même pas réussi à s’imposer plus de six mois en CFA.


Martin Cardetti
Martin Cardetti : 170 centimètres, dont une bonne moitié en sourcils, ce qui lui permit d’effectuer un lob paillasson rigolo un soir de 3-0 sur Vedran Runje, son fait d’armes. Sans cesse comparé à Pauleta, auquel il succède à Salamanque en 1998 pour un résultat absolument catastrophique, il échafaude un plan génial pour se venger: il le précède au PSG en 2001. Mais l’occasion est caramba encore ratée, et ça la manque toujours. Il finira tout de même sa saison parisienne avec sept magnifiques pointards à un mètre du but. Soit une efficacité si redoutable que Pedro, Miguel, Paul et Théa devront se mettre en quatre afin de faire oublier qui déjà? Ah oui, El Chapulin. La Sauterelle a depuis réussi sa migration en allant bouffer plein d’autres feuilles, notamment chez les Pumas UNAM mexicains et les Gimnasia y Esgrima de San Salvador de Jujuy. Miséreux, misèreux, c'est toujours sur les pauvres gens que tu t'acharnes obstinément.


Cristian Gimenez
Ni buteur, ni pivot, pas plus provocateur balle au pied que gros travailleur sans ballon, on peine à situer Cristian Gimenez dans la classification des mammifères footballeurs quand il quitte Marseille après un bref passage stérile. À en juger par son ratio de buts, on pourrait croire à un anti-Onnis. Mais même pas. On trouve bien des convergences entre les deux Argentins. Deux faciès d’équarrisseurs de grands-mères au cœur tendre. Sauf que l’un s’arrêtait de battre dans la surface pour laisser son sang-froid punir les gardiens, quand l’autre s’emballait irrépressiblement à la moindre occasion de but comme celui d’une jeune fille devant la vitrine d’une boutique Jennyfer. A été emballé sous vide et expédié au Hertha Berlin qui en avait certainement besoin pour compléter une boîte de saucisses.


Sergio Goycochea
Brest-Armorique, saison 1991-1992. Le club vient d’être rétrogradé en deuxième division, pour sa gestion opaque. Dans cette équipe talentueuse, quelques noms sautent aux yeux : Coco Martins, David Ginola, Stéphane Guivarc'h. Et, dans les buts, Sergio Goycoechea... Lors de la Coupe du monde 1990, il s’est taillé une formidable réputation de stoppeur de tirs aux buts, traînant l’Argentine en finale. Le retrouver en Finistère est assez saugrenu. Cela devient surréaliste lorsqu’en novembre 1991, le club dépose le bilan, et est liquidé. Rétrogradé en troisième division, il perd son statut professionnel ! Mauvais pioche pour Goycoechea, qui quitte définitivement la galère brestoise et le vieux Continent... lequel ne s’en souviendra guère.


Ramon Armando "Cacho" Heredia
Un nom à faire passer Osvaldo Piazza (Mister t-shirt mouillé 76) pour un chanteur à la croix de bois. Il ferme la lignée de liberos à gros palmarès à s’être succédés au PSG en ne gagnant que pas mal de kilos : Jacky Novi, Humberto Coelho (capitaine du Benfica), Velibor Vasovic (gagne la C1 à l’Ajax, entraîneur à Paris), et finalement Jean-Michel Larqué, à qui « Cacho » succède en 77 quand Jean-Mimi décide qu’on voit mieux les matches sur le banc. Il est auréolé d’une finale de C1 74 avec l’Atletico et d’un but contre la Pologne en CM74. Il joue 24 matches à Paris, de plus en plus lentement, et claque juste un coup franc superbe, nous privant de l’excuse d’avoir été leurrés par son jumeau. Les esthètes retiendront : son buste moulé par le maillot Pony, sa chevelure de jais "Arumbaya", inégalée avant l’arrivée de Sorin.


Javier Mazzoni
1996, Nantes cherche un attaquant pour remplacer Halilhodzic, parti dix ans plus tôt. Javier Mazzoni débarque. Athlète au physique de camionneur ayant abusé de la pizza au petit déjeuner, il trimbalera sa lourdeur nonchalante pendant dix-neuf bouts de match ponctués par un unique but. Après avoir pleuré sur ses difficultés d’intégration en France, il louera le bon état d’esprit suisse. Le pays du chocolat lui permettra même de briller en coupe d’Europe, ce qui lui ouvrira les fenêtres de l’Espagne. Un tel souvenir ne se dissipe jamais facilement. Aujourd’hui, le FC Nantes affronte le fisc au tribunal administratif pour redressement fiscal sur ses indemnités de licenciement. On ne se détache jamais facilement d’un boulet.


Julio Olarticoechea
Quizz : quel joueur du FC Nantes a disputé trois Coupes du monde consécutives pour l’Argentine, et arbore sur sa carte de visite un titre de champion du monde et un autre de vice-champion du monde ? C’est l’extrêmement oubliable Julio Olarticoechea. Il en était en 1982, en 1986 puis en 1990 ! En 1986, champion du monde en titre, il débarque pour quatre ans au FC Nantes. Il joue 27 matches avec Suaudeau, comme milieu défensif, mais l’équipe ne convainc pas et termine 12e. En juin 1987, Olarticoechea repart sur la pointe des pieds. Et laisse un meilleur souvenir aux équipes adverses qu’au speaker de la Beaujoire.


Mario Turdo
Au Panthéon des tragédies du recrutement rennais, Turdo se pose là. Nous sommes à l’aube de l’ère Pinault, qui veut un grand club et ouvre les robinets aux recruteurs. Ceux-ci s’en donnent à cœur joie, et imaginent un tandem d’attaque composé du brésilien Severino Lucas et de l’argentin Mariano Turdo. Arraché au Celta Vigo à l’été 2000, ce dernier coûte 12 millions d’Euros, un montant parfaitement inhabituel à l’époque. Et, de fait, l’argentin est peu commun : il ne marque jamais, ne joue d’ailleurs quasiment pas. Devenu le symbole de l’inanité des recrues rennaises, il sera prêté à Las Palmas, et repartira en Argentine en 2004, un tantinet dévalué.
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