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Revue de stress #124

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Pas de Suisse dans les idées

Pas de barrage sur le Rhin

Les Bleus se sont arrêtés à 4-0 malgré un festival d’occasions. Jamais, au cours de ces éliminatoires au forceps, ils ne se seront accordé une marge de manœuvre. Avec plus de questions que de certitudes, ils peuvent quand même faire leurs valises pour l’Allemagne.
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La nalyse
Pour le bouquet final des éliminatoires, les Bleus ont proposé au public de Saint-Denis un résumé des épisodes précédents : tour à tour volontaires, maladroits, collectifs, dispersés, efficaces, quelconques, crispés et malchanceux, ils auront souffert jusqu’au bout et nous avec. Nul ne sait quelles épreuves un barrage aurait engendrées, mais mieux vaut ne pas y penser.
En dernière analyse, l'équipe de France aura acquis son billet pour l'Allemagne à Dublin, après avoir failli le perdre à Tel-Aviv. La victoire de Lansdowne Road restera comme la seule de toutes confrontations entre les favoris de ce groupe 4 confiné comme une huître. Mais on a déjà connu des qualifications tout aussi pénibles, ne serait-ce que pour l'Euro 2000.
Reste à savoir comment la sélection doit préparer le Mondial 2006, la "reconstruction" ayant tourné court, et l'amalgame entre la génération de transition et les grands anciens étant loin d'être assuré. Questions subsidiaires: de quelle autorité disposera Domenech? Dans quel état seront Zidane, Thuram, Makelele, Vieira, Henry et Trezeguet en juin avec soixante matches dans les pattes? En d'autres termes, à quoi pourra prétendre l'équipe de France outre-Rhin?


Les observations en vrac
> Si Cissé vient à Marseille, la concurrence va être terrible avec Niang.
> Cissé s'est quand même créé plus d'occasions en un match que Thierry Henry durant tous les éliminatoires.
> L'avantage de Djibril Cissé sur David Trezeguet, c'est qu'on ne risque pas d'entendre de poncifs journalistiques sur le fait qu'il cadre toutes ses frappes.
> Trezeguet indisponible car blessé avec la Juve : la FFF va-t-elle demander une indemnisation?
> Le duplex selon TF1, c’est trois commentateurs, dont un qui regarde l’autre match.
> Le prochain match sera le 666e de l’équipe de France. Le nombre de la bête. Mais l’exorciste est avec nous.
> Konstantinou avait un cousin bulgare, Kostadinov. Heureusement, il n’a pas joué.
> Personne ne s'est endormi dans les bras de Morphis.
> Avec ses deux secondes de jeu, Jurietti va probablement exploser le vieux record de Bernard Boissier (carrière internationale de deux minutes en 1975).


Le match
La (relative) surprise de l'entame, c'est l’esprit joueur des Chypriotes, qui non seulement ne se massent pas à dix devant leur but, mais en plus ont le culot de mettre le nez à la fenêtre. Un peu comme les Féroé à Lens, d’ailleurs. C’est dire à quel point les Bleus sont redoutés par les grandes nations de football. Malgré ou grâce à ces bonnes dispositions, les espaces s'ouvrent et les occasions pleuvent, mais pas les buts. Zidane tente une frappe lointaine dont le rebond haut inquiète Morphis (2e), Cissé manque de rééditer son but de Berne (3e) et Govou frappe sans succès après que Garpozis eut failli marquer contre son camp (5e). Comme les espaces sont aussi côté français, Coupet doit intervenir devant Krassas, toute la défense bleue s'étant livrée à un intense regardage mutuel (6e) et le contre d'Aloneftis n'est interrompu que par Sagnol (7e).
Sur son aile droite, Govou rate à peu près tout ce qu’il entreprend tandis que Zidane semble bien en jambes, Wiltord très remuant et Cissé lancé dans une imitation très convaincante de Guivarc’h 98 (échecs aux 14e, 22e et 30e minutes). Du coup, alors que le chronomètre tourne, on s’occupe comme on peut, avec un méchant tacle de Dhorasoo sur Boumsong, puis la sortie de Vieira, remplacé par un vague sosie, Diarra (25e).
Malgré de bonnes intentions, les mésententes entre Zidane et Govou, entre Govou et Wiltord, entre Cissé et tout le monde ne font que confirmer les craintes engendrées par le match de Berne. Les combinaisons ne fonctionnent pas, le jeu s’enlise et le doute gagne. Puisque rien ne passe de loin ou sur des tirs excentrés, la solution vient de combinaisons près du but. Celui de Zidane, consécutif à un centre long de Sagnol, comme celui de Wiltord, après une tentative de Cissé, débloquent enfin le match (29 et 32e). Et alors que l’Arlésien est parti pour ne jamais marquer, même en duel seul face au gardien, c’est Dhorasoo qui s’en charge, peu après une rigolote frappe en cloche (36e), d’un tir fracassant de l’extérieur du droit chronométré à trente et un kilomètres heure (44e). Carrière n'aurait pas fait mieux.

3-0 à la mi-temps, c’est un temps de passage qui devrait rendre les Bleus sereins au retour des vestiaires. Pas Cissé, qui marche sur le ballon avant de tenter en vain une frappe (47e), seul fait notable de ce premier quart d'heure. Et comme la sortie de Wiltord, remplacé par Giuly (59e), prive la sélection de son joueur le plus remuant, que Morfis brille quand Cissé cadre ses frappes, et que Zidane baisse de régime, rien ne rentre. Plus ennuyeux, les transmissions se font vagues, les ballons récupérés sont mal exploités et les fautes se multiplient... Sur quelques contres, les Chypriotes se retrouvent même à égalité numérique, confirmant le manque de liant entre la défense centrale et les récupérateurs. Ça s'améliore à l'approche des quinze dernières minutes: Govou (71e et 77e), Giuly (79e et 82e) et bien sûr Cissé (75e, 82e, 83e et 90e) échouent dans leurs tentatives. Le Barcelonais remporte quand même la mise en transformant de près une offrande de son capitaine (84e).


Les gars
Coupet a vécu un match tranquille, sans tir détourné, tardant juste à relancer au pied en deuxième mi-temps.
Impeccable de bout en bout, à l'exception de quelques relances délicates, Thuram a été le tuteur de la défense. Droit. Boumsong a joué dans son ombre, sans faillir au cours ce cette soirée moins tranquille que celle à laquelle il devait s'attendre. Étonnamment discret après sa bonne prestation de samedi, Gallas n'a pas eu à briller en défense, et il a laissé les spécialistes occuper le haut du couloir droit. Son pied gauche était en grève totale. Sagnol a voulu bien faire, plus qu'il ne l'a réellement pu, mais son activité offensive a tout de même été récompensée d'un centre décisif pour le premier but de Zidane. Dommage qu'il énerve l'arbitre autant qu'il s'énerve contre lui.

Diarra fut, aux yeux de beaucoup, le symbole des usurpateurs que cet incompétent de Domenech sélectionnait au début de son mandat… Il a montré hier soir qu'il surclassait largement Vieira dans les mauvais jours de celui-ci – comme cela semblait être le cas avant sa sortie sur blessure. Le Lensois a été énorme dans le pressing et le jeu de tête, et ses orientations vers l'avant ont été excellentes – c'est lui qui amorce l'action du dernier but en alertant parfaitement Govou sur l'aile gauche. Replacé à ce poste hybride qui lui convient bien mieux que celui occupé à Berne, Dhorasoo a beaucoup travaillé à la conservation et tâché d'amener du liant dans le collectif. On peut regretter que Zidane soit resté loin de lui et que Cissé ne l'ait pas crédité de plusieurs passes décisives, mais il a marqué un but important. Moins en vue après la pause, il a continué de couvrir beaucoup de terrain.
Positionné plus haut que d'habitude, très mobile en début de match puis de plus en plus statique au fil des minutes (probablement en raison d'un état physique encore insuffisant), Zidane a eu peu d'impact apparent, mais il ouvre le score et donne le quatrième but à Giuly.

On a revu le Wiltord qu'on adore : inlassable animateur de l'attaque, au service de l'équipe toute entière. Sa prestation a été gratifiée d'un but de renard et son entente avec Zidane est l’une des satisfactions de la soirée (joli une-deux à la 35e). Govou a consolidé la défiance de ses détracteurs en montrant irrégulier et parfois bien gourmand. On a cru le voir disparaître en rejoignant un côté gauche qui ne lui convient pas, après la sortie de son coéquipier lyonnais, mais il a tout de même tenté de percuter, s'est procuré des situations de tir et est à l'origine du dernier but. Tout en paradoxes...
Comme les 60 millions de Jean-Michel Larqué de France ne manqueront pas d'accabler Cissé, nous nous contenterons de prétendre qu'il a finalement plus manqué de réussite qu'été maladroit, et de rappeler qu'il a délivré une habile passe décisive à Wiltord et bien joué le coup sur l'ultime but en décalant bien Zidane. Sa détresse à la fin du match atteste en outre de son bon état d'esprit. Giuly, cinquième roue du carrosse, a eu peu de ballons à négocier mais il contribué à maintenir jusqu'au bout la pression sur le but adverse, au point d'augmenter son compteur personnel.


Le match Jean-Michel Larqué-Djibril Cissé
14e. "Quelle Occasion ! C'est le genre d'occasion qui ne va pas se représenter tous les quarts d'heure". Un quart d'heure plus tard, la France mène 2-0.
30e. Extraordinaire moment de lucidité : "Je fais une petite fixation".
46e. "Qu’est-ce qu’il faut lui dire, à Cissé? de changer sa façon de jouer?"
47e. "Nooon, nooon. Je crois qu'il a un peu la tête dans le sac". Serre bien la ficelle.
66e. "Djibril a du mal à rester lucide". C'est la ficelle.
88e. "Le pire, c'est de ne pas se rendre compte qu'il est hors-jeu". Et tu sais de quoi tu parles.


Le match du Stade de France
Après une incursion en terres lensoises pour affronter les Iles Féroé, et deux rencontres consécutives disputées en Irlande et en Suisse, les Bleus retrouvaient le Stade de France, six mois après y avoir disputé leur dernière rencontre. Malgré l'affiche peu emballante, les gradins avaient néanmoins fait le plein. Et retrouvaient une configuration post-Coupe du monde, avec un public acquis à la cause des Bleus, bien loin de la mauvaise humeur affichée lors du match face à Israël, entre autres. Il faut dire que l'égalisation suisse dans les dix dernières minutes avaient redonné à ce match tout l'enjeu que lui promettait Raymond Domenech depuis un an maintenant, en affirmant que tout se jouerait lors de l'ultime confrontation. Voilà au moins une chose que le coach français avait prévu lors de cette campagne.

Ce qu'il n'avait probablement pas prévu, en revanche, c'est que son nom serait ainsi hué par une large frange du public lors de l'annonce de la composition des équipes. Celui de Zinedine Zidane étant, lui sanctifié depuis longtemps, et une fois encore lorsque le speaker prononça son nom.
Dans les tribunes, les mini-drapeaux, distribués à l'entrée du stade aux spectateurs, s'agitaient à l'entrée des équipes sur la pelouse, tandis qu'une partie de la tribune Sud réservait une ovation à Grégory Coupet. Comme un signe d'adieu à Fabien Barthez? Cette agitation était toutefois de courte durée: comme souvent au Stade de France, le silence s'imposa peu à peu quelques secondes après le coup d'envoi. Celui-ci n'était interrompu que par intermittence, concomitamment aux premières poussées bleues. Il fallait en fait attendre le premier but, signé du n°10 tricolore, pour que les travées se réveillent réellement. Et à peine assis, le public se levait à nouveau pour saluer l'aggravation du score par Wiltord.
Le dernier quart d'heure voyait les supporters bleus pousser une équipe qu'il sentait prête à faire exploser Chypre. Après un premier raté de Cissé salué par quelques sifflés, le troisième but de Dhorasoo faisait exploser des tribunes qui n'en espéraient probablement pas tant à l'approche du repos.

En seconde période, à l'image des Bleus, le public devenait brouillon, entamant des olas qu'il n'achevait pas, et tentant des "Et 1, et 2, et 3-0" sans grande conviction. En fait, l'attraction de la deuxième période fut Djibril Cissé. Le Red, qui manqua encore quelques occasions supplémentaires après avoir déjà largement vendangé lors des quarante-cinq premières minutes, se vit encouragé par le stade à plusieurs reprises, une fois passés les quelques huées d'énervement suite à ses ratés relativement prodigieux. Quand il manqua un ultime face à face avec le gardien chypriote à la dernière seconde de jeu, de nombreux spectateurs avaient déjà pris le parti d'en rire, l'information venue d'Irlande ayant ôté tout stress pour la poignée de minutes finales.

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