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Le Feuilleton de la L1, épisode X

Roux et Combaluzier

Pour passer sur TF1, il suffit à Guy Roux d'appuyer sur un bouton appelé Christian Jeanpierre. Quant à Gervais Martel, son entreprise de spectacle rencontre quelques problèmes de crédibilité…
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La voix de son maître dans l'oreillette C'est dingue, ça. On ne peut pas changer d'avis tranquillement, réformer ses préjugés, montrer son ouverture d'esprit. C'est vrai quoi, on est prêt à amender nos idées préconçues sur Téléfoot, à trouver que depuis le départ de Pascal Praud et Vincent Hardy, le lifting de Nathalie Renoux (enfin, pas le sien, celui de son émission) a réussi, que la messe footballistique du dimanche matin est devenue tout à fait regardable, offrant un agréable magazine et un bon panorama de la semaine de football. Certes, il faut encore supporter les tunnels publicitaires, occulter le remplacement du digne Jean-Luc Arribart par l'indigent Luis Fernandez, passer sur des sujets neuneux comme le "face-à-face" ou le "monde des Bleus" et bien sûr, ne pas s'attendre à des sujets qui fâchent… Mais le choix des illustrations musicales est impeccable, les résumés sont alertes et plutôt bien écrits et si la production pouvait aussi livrer les croissants, on n'aurait finalement pas trop à se plaindre… Mais bon, il était écrit que notre indulgence devait forcément être soumise à rude épreuve sur le chemin de la miséricorde et de la charité chrétiennes. Dimanche dernier donc, voilà que l'émission diffuse une interview de Philippe Mexès, dans laquelle il s'exprime, entre autres choses, sur son départ d'Auxerre et son transfert à la Roma (voir Affaire Mexès ou arrêt Mexès?). Là, on se dit "Ah, c'est bien, ils se sont enfin décidés à donner un peu la parole à l'autre partie"… Rappelons à ceux qui ont raté des épisodes que récemment sur ces pages, l'agent du néo-Romain s'était étonné du traitement de l'affaire, exclusivement à charge de la part de certains médias et journalistes — à commencer par TF1 et Christian Jeanpierre (voir "Guy Roux joue un double jeu"). Mais immédiatement après que la séquence se fut achevée — Mexès s'étant exprimé avec une évidente modération (il aurait préféré que ça se termine autrement, il n'y avait pas d'autres offres que celle de la Roma, il n'a jamais dit du mal de son ex-entraîneur, etc.) —, voilà que notre Jeanpierre annonce: "Nous avons Guy Roux en ligne… Guy vous avez tenu à réagir…" Et la personnalité la plus sponsorisée du football de saisir la perche pour cingler l'impudent d'une réponse lapidaire, sans la moindre argumentation ni le moindre intérêt: "Il nous a trahi, etc." En fait, le caporal-chef bourguignon dispose d'une version interactive exclusive de TF1 et quand il veut intervenir, il presse un bouton (celui avec l'étiquette "Jeanpierre"), saisit son micro sur la table basse et il passe immédiatement à l'antenne. À ce niveau, de n'est plus du copinage, c'est du marionnettisme. Le guignol sans les Guignols. C'est ce qu'on appelle un journaliste fiable. Si ça se trouve, Jeanpierre sait aussi faire du bon café. Appelez-moi Pauline Dans la catégorie personnages pittoresques sachant jouer d'une image proche du peuple, Gervais Martel évolue lui aussi dans un registre intéressant. Le patron de la PME artésienne doit être mal conseillé en termes de planning stratégique, parce qu'après avoir joué la carte "africaine" l'an passé, son orientation, "tout pour le spectacle" n'est pas une réussite dans ce premier quart de saison. Et c'est bien de spectacle qu'il s'est agi dans L'Équipe magazine, à propos de la nouvelle loi qui défiscalise les revenus des footballeurs en leur donnant un statut d'artiste (afin d'être payés en droits d'image — il en sera question dans le n°10 des Cahiers). À la question "Les sportifs sont-ils des artistes?" , le président du Racing Club de Lens répond sans ambages: "C'est une question à la con. Le mec qui pense que les sportifs ne sont pas des artistes, il a un QI d'huître. Le foot c'est un film, mais en mieux (...) Dans mon stade [sic], les gens viennent voir des lumières, la couleur des maillots, et après ils peuvent venir manger italien avec des serveurs en costume. Si ça c'est pas du spectacle, alors, moi, je suis Pauline Carton". Il se trouve qu'après un triste Lens-Marseille, Gervais voyait les choses d'un œil moins enthousiaste: "C'était un non-match. Aucune des deux équipes n'a joué. Nous devons présenter nos excuses aux supporters de Félix-Bollaert ainsi qu'aux téléspectateurs de Canal+" (Est républicain). Cela dit, un mauvais spectacle, ça reste un spectacle, même sans artistes.

Pauline Carton, dans "Pauline à la plage", un film d'Éric Lemerre.
Note pour les moins de soixante-dix ans Roux & Combaluzier était une célèbre marque d'ascenseurs, et Pauline Carton une fameuse actrice qui a tourné de 1925 à 1970.
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