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Chute des cours

La Gazette, numéro 88

Dans le foot, il y a ce qui change, et ce qui ne change pas. Le Club Europe s'auto-dissout mais pas Jean-Claude Darmon …Le Board approuve les oreillettes mais ne veut voir qu'un arbitre sur le terrain… Les instances se disputent l'éthique mais n'en font rien… Le foot français va mal, mais il va mieux…

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Le Club Europe s'auto-dissout

Le Club Europe, équivalent national du G14, s'est récemment auto-dissous. Regroupant Bordeaux, Lens, Lyon, Marseille, Monaco et Paris, cette structure initiée par le groupe Darmon et Canal+ constituait un groupement d'intérêts pas seulement politiques, puisque qu'il s'était arrangé pour se partager une manne occulte, correspondant à un droit de préemption sur les droits de télévision des clubs — au cas où ceux-ci en auraient récupéré la propriété individuelle. La nouvelle direction de Vivendi, constatant le coût exorbitant de ce contrat sans contrepartie, y a mis fin dernièrement (voir la Gazette 87).

 

Les divisions entre gros clubs, la multiplication des organes de représentation (Ligue, UCPF, G14, Forum européen…) expliquent moins la dissolution que cette coupure des vivres et l'esclandre provoqué auprès des autres clubs par la révélation de l'accord. Bien entendu, le rôle joué par Darmon comme entremetteur et opérateur dans l'affaire sera aussi peu traité que d'habitude dans la presse. Nous nous contenterons de nous interroger sur le relatif affaiblissement de sa position dans le football professionnel national, sans nous faire trop d'illusions. Les clubs Français auront toujours Darmon occulte.

 

 

Ce n'est pas à un vieux sage qu'on apprend à faire des grimaces

L'International Board a tenu son assemblée annuelle pour statuer sur quelques propositions apportées par la FIFA. Les sages (quoique britanniques) ont eu la bonne idée d'autoriser la poursuite des expériences sur l'équipement des arbitres en micros et oreillettes, comme testé en France avec plus ou de modération (voir L'arbitrage audio à marche forcée). L'instance a aussi autorisé le test (au championnat du monde des moins de 17 ans) de la mesure consistant à avancer un coup franc si le mur n'est pas placé à 9m15. En revanche, il a marqué son opposition de principe à l'expérimentation des deux arbitres supplémentaires placés derrière la ligne de but, proposée avec conviction par la FIFA.

 

On a déjà dit sur ces pages que la solution nous semblait bâtarde, et inadaptée à certains stades, mais qu'elle avait le mérite de s'attaquer à l'aberration de l'arbitre unique, dont la solitude laisse des zones entières d'impunité, empêche de gérer la répression dans la surface sur les coups de pied arrêtés et plombe le taux d'erreur grossières (voir la Gazette 80). Pourquoi ne pas placer ces arbitres directement sur le terrain, ou prendre le parti de deux arbitres de champ — voire quatre assistants (voir Dossier arbitrage (3): le "double arbitrage")? Au prix modique d'une "révolution culturelle" qui ne concernerait que les arbitres et pas le jeu, on ferait efficacement reculer le spectre de la vidéo, en avançant également sur le chemin de l'harmonisation de l'arbitrage.

 

Malheureusement, le Board ne fait pas la différence entre préservation de l'esprit du jeu et fidélité aveugle à des principes secondaires. Sa façon de justifier son refus par la fatalité des erreurs arbitrales et le fait qu'elles font partie du jeu — s'il est légitime sur le fond — laisse de fait les arbitres seuls face à une pression croissante, sous le regard permanent des ralentis et sous le feu des commentaires et des polémiques. Cela arrange finalement tout le monde, l'arbitre coupable universel étant un rouage essentiel du football contemporain.

 

 

Guérilla disciplinaire

Il était certain qu'en essayant d'étendre ses prérogatives et en établissant un système de sanctions a posteriori (avec l'aide de la vidéo), le Conseil national de l'éthique ne tarderait pas à se voir mettre des bâtons dans les roues. On se souvient que les simulations de Fiorèse, d'abord transmises à la Commission de discipline, avaient dû être rejugées par la Commission d'appel et de l'éthique (qui avait alourdi la suspension du joueurs en la faisant passer de deux à trois matches). C'est ensuite le Niçois Everson, suite au test de flexibilité effectué sur le genou du Guingampais Yahia qui lui avait valu trois matches de suspension auprès de la Commission de discipline (à laquelle le CNE avait transmis le dossier), a finalement été blanchi par la Commission d'appel et de l'éthique de la Ligue. Celle-ci a considéré que le geste relevait de la discipline et non de l'éthique, et donc que le CNE n'aurait pas dû d'en saisir, d'autant que l'arbitre avait pris une décision sur l'action (coup franc pour Everson!).

 

Cette décision relève bien plus d'une lutte interne de nature politique qu'elle n'obéit à des considérations éthiques. Car en l'occurrence, elle compromet tout l'effort de dissuasion entrepris par le CNE sur le niveau de violence toléré en football (et pas seulement sur les tricheries). La Commission d'appel et de l'éthique défend en fait son bout de gras, sachant qu'elle est menacée de disparition par les nouveaux statuts de la Fédération (imposés par la loi sur le sport) qui prévoient le transfert des instances d'appel dans une seule Commission supérieure d'appel commune à la Ligue et à la Fédération (avec une chambre pour les amateurs et une autre pour les professionnels). Au lendemain de cette décision, le Bureau fédéral, déterminé à ne pas laisser bafouer le CNE, s'est saisi du cas Everson pour lui donner tout de même une suite. Il reste que les attributions de la nouvelle instance doivent impérativement être précisées afin de ne plus prêter le flanc aux critiques et aux recours. La FFF n'ignore pas cette évidence et a décidé de créer un groupe de réflexion dans ce but.

 

 

Et ils sont où, et ils sont où, et ils sont où les Calaisiens ?

Le football français n'est pas à un paradoxe près. Cette saison, qui a vu se généraliser les discours sur son déclin, est également celle où s'inverse un symptôme (ou plutôt une cause) de cette perte de vitesse. Pour la première fois depuis des lustres, les présumés grands clubs figurent en effet majoritairement là où ils sont censés être: en tête du championnat et dans le dernier carré des coupes. Même le PSG et Rennes sont à deux victoires de la Coupe de l'UEFA…

 

Autre surprise, alors que les équipes de L1 s'étaient fortement désintéressées de la Coupe de France et de ses chausse-trappes ces dernières saisons, au profit d'une Coupe de la Ligue plus lucrative et présentant moins de tours pour la même qualification européenne, la plus vieille compétition du pays présente un plateau de demi-finales ne comprenant que des équipes de l'élite. Dans l'autre compétition, Sochaux, parfait outsider de L1 réalisant une belle saison, ou Metz, rescapé de la L2, affrontera au Stade de France le vainqueur d'un prometteur Marseille-Monaco.

 

Cette concentration relance même l'intérêt de la lutte pour les places de tête, la cinquième ayant des chances d'être européenne. Intéressant, alors que Nantes se replace et que le onzième peut encore y prétendre (Bastia à 43 points — le FCNA 5e étant à 48). Il est un peu tôt pour diagnostiquer un retour des vraies hiérarchies, mais la tendance est intéressante à l'heure où les grosses écuries réclament une plus grande part du gâteau, histoire de récompenser la gabegie dont elles se sont rendues coupables. Elles vont peut-être se prouver à elles-mêmes qu'avec des moyens financiers déjà supérieurs aux autres, un peu de bonne volonté et de cohérence dans leur gestion sportive, elles peuvent parvenir à leurs fins. Et accessoirement nous offrir de palpitantes saisons.

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