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Christophe Zemmour

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Il y a presque vingt-cinq ans, Marco van Basten mettait, à contrecœur, un terme à une carrière qui en fit un des plus grands avant-centres de l'histoire.

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L’été 1995 bat son plein, la nouvelle saison de football s’annonce. Celle du Milan AC commencera sans son avant-centre star. En ce 17 août, Marco van Basten, la mort dans l’âme, annonce sa retraite.

 

À seulement trente ans, il sort de deux interminables années de convalescence et d’opérations pour soigner une cheville droite définitivement abîmée. Mais sa légende est déjà écrite.

 

 

 

 


Naître et partir à Munich

Son dernier match professionnel remonte au… 26 mai 1993. Ce jour-là, bien qu'il ne soit déjà plus lui-même, il reste un danger majeur pour l’Olympique de Marseille, qui plie mais ne rompt pas lors de cette première période périlleuse. 

 

Ses gestes de classe butent contre un jeune gardien en état de grâce, qui détourne d’un réflexe du pied son magnifique enchaînement contrôle orienté du droit-frappe du gauche, ou qui a la réussite de son côté quand le centre en demi-volée de Marco trouve la tête trop croisée de Daniele Massaro.

 

Cette finale restera une souffrance définitive. Celle des poings de Fabien Barthez qui lui cognent la tête lors d’une sortie aérienne. Celle de la défaite. Il ne le sait pas encore, mais ce sera aussi sa dernière fois.

 

Marco van Basten, le footballeur, a joué ses ultimes notes dans cet Olympiastadion de Munich. Dans ce stade où il a signé son œuvre la plus légendaire, la mère de toutes les volées. Dans ce stade si particulier pour les Pays-Bas, théâtre de leur défaite la plus amère et de leur grand triomphe. 

 


L’avant-centre modèle

Marco van Basten, c’était tout simplement l’attaquant parfait. Grand, technique, intelligent, instinctif, efficace, puissant, vif, doté d’un timing et d’un jeu de tête exceptionnels, excellent joueur de ballon, capable de tous les gestes. Peu ont, comme lui, marié aussi bien l’élégance à l’efficacité.

 

Ici un retourné acrobatique dans la lucarne, là un subtil crochet suivi d’un lob. Il était un monstre footballistique, révélé au monde professionnel sous le maillot de l’Ajax Amsterdam avant de devenir l’une des figures emblématiques du grand Milan d’Arrigo Sacchi. L’un des principaux artisans de la révolution tactique de la fin du vingtième siècle.

 

 

 

 

Parmi ses plus hauts faits d’armes, outre évidemment l’Euro 1988, il y a cette finale de C1 1989 durant laquelle il détruit, avec son compère Ruud Gullit, le Steaua Bucarest. Il y a ce total ahurissant de 265 buts en 393 matches.

 

Il y a cette année 1992 qui le voit renaître après une brouille avec Sacchi et redevenir l’artificier en chef d’un Milan invaincu en Serie A, régaler les mirettes, mais aussi connaître l’échec face à Peter Schmeichel sur son tir au but en demi-finale de l’Euro suédois.

 


Une légende en or

En dépit des réserves que l’on peut émettre sur cette distinction individuelle, Van Basten est lauréat de trois Ballons d’Or, codétenteur alors du record avec Michel Platini et Johan Cruyff, excusez du peu.

 

Gagner trois fois quelque chose, c’est ne rien devoir au hasard, se placer au-delà des circonstances, au-delà du commun des footballeurs. Et c’est le grand Johan qui le dit: "Si vous avez remporté trois fois le Ballon d'Or, vous appartenez à une communauté de gens qui ont été des joueurs extraordinaires".

 

Quand il annonce sa retraite, un jeune Brésilien vient d'affoler les compteurs lors de la saison écoulée, aux Pays-Bas justement. Il se nomme Ronaldo Luis Nazário de Lima et joue pour le PSV Eindhoven.

 

Ce phénomène va bouleverser la fin des années 90, connaître un destin chaotique quelque peu similaire à celui du grand Marco, et devenir le plus sérieux prétendant à ce titre honorifique de meilleur avant-centre de l’histoire du football – que Van Basten méritait alors très probablement. 

 

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Vingt-cinq ans après, la conviction reste intacte: le magnifique Marco est bien l’un des plus merveilleux footballeurs que l’on ait eu la joie de connaître.

 

 

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