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Mario Gomez, Monseigneur 23

Ukraine-France : les gars

Dans une composition renouvelée, les Bleus ont trouvé un équilibre collectif qui n'a pas dépendu que des performances individuelles...

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Lloris était sur la trajectoire de la frappe croisée de Chevtchenko, et c'est ce qu'il a eu de plus difficile à réaliser. Il dévisse en corner un ballon difficile (37e), le reste est anecdotique.

 

 

Une passe en retrait dangereusement cadrée dès la 2e minute: Mexès a vite rappelé son problème de confiance, mais est très souvent intervenu avec efficacité à quarante mètres de ses buts, remportant la plupart de ses duels aériens. Il a relancé en passes courtes, avec peu de déchet, et il place sur coup franc une superbe tête que Piatov détourne non moins superbement (39e). À son débit, son tacle un peu kamikaze qui provoque un coup franc dans l'axe aux dix-huit mètres (81e).

 

Comme son compère, Rami a ponctué son match de moments de flottement: passe latérale que Mexès a dû tacler in extremis pour la dégager (28e), retour à l'épaule sur Chevtchenko, un peu périlleux en pleine surface contre le pays organisateur (51e). Lui aussi s'est appliqué dans la relance, mais, restant en couverture de Mexès, il a eu moins de ballons défensifs à négocier.

 

Passé un tir lointain (10e), Debuchy a relativement peu contribué au jeu offensif sur un côté encore délaissé. Moins centreur que contre l'Angleterre, il s'en est tenu à ses tâches défensives en essayant de donner de l'impulsion dans ses relances, mais en écopant d'un avertissement.

 

Beaucoup plus sollicité (42 ballons reçus contre 23 à son homologue), Clichy a réussi son match au travers de son entente assez remarquable avec Ribéry et dans une moindre mesure avec Nasri. Lui aussi a peu centré, mais il a offert un soutien constant et, face à une aile droite ukrainienne redoutée, il n'a pas connu de souci majeur. Sur cette rencontre, il a offert un bien meilleur équilibre qu'Évra lors de ses dernières sorties.

 

Un peu moins précis que contre l'Angleterre, Diarra a été globalement plus discret, se signalant surtout par la qualité de ses tacles dans l'entrejeu, où il n'est pas sorti de son rôle.

 

Cabaye a évolué en position assez basse, touchant la majorité de ses ballons dans sa moitié de terrain, n'hésitant pas à aller d'un côté à l'autre pour soutenir la défense. Mais quand il est monté, il s'est mis en excellente position: sur l'action de son but, il vient en pointe alors que Benzema avait décroché, et reçoit la passe de ce dernier. Dix minutes plus tard, il suit parfaitement l'action et décoche une volée du droit sur le montant (65e). Un match tout en intelligence dans le placement.

 

 

En pointe du triangle des milieux de terrain, Nasri a touché un peu moins de ballons que Ribéry et a conservé une grande latitude de déplacement – et il a suivi son penchant naturel pour la gauche. Il a porté le ballon comme à son habitude, cherchant plutôt les deuxièmes ou les troisièmes solutions de passe. Cette fois, il a mieux combiné avec Ribéry. S'il n'est pas décisif, il a contribué à mettre du liant, a bien tiré les coups de pied arrêtés: il expédie un coup franc sur la tête de Mexès (39e) et un autre vers la lucarne (parade de Piatov, 87e).

 

Principal animateur du match (il reçoit un record de 73 ballons), Ribéry a retrouvé ses jambes pour déséquilibrer la défense ukrainienne et servir quatre occasions à ses coéquipiers – contre une seule pour lui-même, sur un coup franc trop enlevé (72e). Sa tête a l'air d'aller mieux aussi, et sa façon de se battre aussi pour la récupération démontre son ambition dans cet Euro.

 

Si Ménez n'avait marqué, de quoi aurait-il écopé? Ses détracteurs mettront pourtant à son débit les trois (!) occasions qu'il s'étaient procurées auparavant, pour avoir tiré au-dessus (26e) et échoué sur Piatov (29e, 48e) – n'ayant le geste juste, pour son malheur, que sur son but refusé pour hors-jeu (16e). Ajoutez ses traditionnelles pertes de balles et quatre fautes dans l'entrejeu lui valant un jaune orangé: Jean-Michel Larqué continuera à fulminer après ce but, qui a pourtant fait admirer son swing, sa science nonchalante de l'enchaînement et sa précision.

 

Il ne faut pas oublier que Benzema est un joueur intéressant quand il décroche, basculant dans le registre de meneur d'attaque trouvant des relais mais aussi distribuant le jeu, à l'image de son ouverture lumineuse pour Ménez (48e) et de sa dernière passe sur les deux buts. C'est dans le registre de pur avant-centre qu'il a déçu, avec par exemple deux frappes sans difficulté pour le gardien (6e, 28e), mais cela reste, de sa part, un très bon match au service de l'équipe.

 


Chez les remplaçants, M'vila a pris la suite de Cabaye en assurant une continuité et 100% de réussite sur ses passes, et en prenant le soin d'écarter le jeu. Martin s'est placé sur le côté gauche, Nasri prenant alors le droit, et il apporté sa vivacité pour ne pas trop subir dans le dernier quart d'heure – obtenant même un coup franc à l'angle de la surface. Giroud a à peine eu le temps de glisser quelques bons ballons et de rater un tir (80e).

 

 

 

Les autres gars

Composition : Pyatov - Gusev, Mikhalik, Khacheridi, Selin - Tymoshcuk, Voronine - Konoplyanka, Nazarenko, Iarmolenko - Chevtchenko. Sélectionneur: Oleg Blokhine (UKR).

 

 

Difficile d’analyser les prestations individuelles des joueurs ukrainiens sans marquer une césure correspondant aux buts français, les hommes d’Oleg Blokhine baissant vraiment en régime à partir de ce moment-là, seuls les entrants Aliyev, Devic, Milevskiy, et le toujours généreux Chevtchenko ont proposé des choses durant cette période où les Bleus ont assuré leur avance au tableau d’affichage.

 

Avant cela, le capitaine ukrainien avait inquiété la défense par ses appels à la limite du hors-jeu, et Lloris sur cette bonne frappe (34e). Tymoshschuk, lui, a souvent été au duel avec Ribéry (14e, 19e, 46e) et malgré son évidente dépense d’énergie, a raté quelques gestes (29e, 44e, 50e). Il en va de même pour son compère du milieu, Voronine, qui malgré des courses plus portées vers l’avant, n’a pas été transcendant.

 

L’aile gauche ukrainienne a été bien à la peine, Selin voyageant au bout de la nuit face à Ménez qui le prend à défaut sur son but (53e) et Konoplyanka ne parvenant jamais à passer Debuchy et dévissant ses deux tentatives au but (33e, 88e). Le côté droit a été bien plus productif, Gusev se battant bon gré mal gré face au remuant Ribéry et prenant son couloir dès que possible, et Iarmolenko montrant ses jolies qualités techniques de gaucher (talonnade, crochet, passement de jambes), pressant et tirant au but (25e).

 

Contrairement à son concitoyen Jésus, Nazarenko n’a pas marché sur l’eau pourtant haute du terrain, ne se distinguant que par une obstruction sur Debuchy (14e) et une faute d’inattention profitant à Ribéry dans la surface (26e). La défense centrale a quant à elle été bien ennuyée par Benzema et Cabaye, le tacle de Mikhalik étant trop court pour empêcher le joueur du Real de trouver le n°6 bleu sur le but du 2-0 (56e), et Khacheridi se faisant plutôt discret.

 

Le gardien jaune Pyatov a longtemps retardé l’échéance, en restant sobre et efficace sur les ballons tirés sur lui (10e, 28e, 62e) ou sur ses sorties (12e), et en se montrant spectaculaire et inspiré sur des arrêts magnifiques de la main (39e) ou du pied face à Ménez (29e, 48e). Cette prestation fait de lui le joueur ukrainien le plus en vue dans ce match, avec Chevtchenko et Iarmolenko.

 

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