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Neil Andrews

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C'était Pogbalchev

Trop belles pour être vraies

When Saturday Comes – Séduisantes au point de persister malgré les démentis, certaines histoires circulent indéfiniment sur le Web et dans les quiz… 

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Extrait du numéro 373 de When Saturday Comes. Titre original : "Freedom of misinformation", traduction Toto le zéro

 

* * *

 

Il existe une anecdote croustillante à propos d'Ally MacLeod et d'un chien errant qui s'était approché de lui au cours d'une conférence de presse, lors de la Coupe du monde 1978. En se baissant pour caresser le toutou, l'entraîneur écossais se tourna vers les journalistes et leur déclara que, malgré les piètres résultats de ses joueurs sur le terrain, "au moins ce petit gars m'aime bien". Et le chien de le mordre aussitôt, causant l'hilarité générale.

 

C'est du moins ce qui aurait pu se produire si ce n'était que, comme le précise le journaliste Graham McColl dans son livre 78, l'incident ne s'est en fait jamais produit. Ce point de détail n'a toutefois pas empêché l'histoire de passer dans le folklore et d'être reprise dans de nombreuses nécrologies que les journaux consacrèrent à l'ancien manager de l'Écosse après son décès, en 2004.

 


Ryan Giggs sous le mailot anglais (ou presque).

 

 

Points de litiges

L'anecdote continue d'être évoquée de nos jours, surtout en conjonction avec la déclaration du manager selon laquelle son équipe allait remporter le tournoi argentin, une affirmation qui aura cimenté sa réputation de personnage un rien présomptueux et qui suscita de multiples railleries en Angleterre... À ceci près qu'en réalité, il n'avait jamais rien affirmé de tel.

 

À cet égard, la postérité n'a pas été tendre avec le technicien écossais et, malheureusement, réfuter ce type de légendes est assez compliqué. Si l'on tape "Dog bites Ally MacLeod" sur Google, quantité de liens viennent étayer cette affirmation pour qui veut lancer une conversation sur le sujet. De trop nombreuses personnes sont prêtes à croire ce qu'elles lisent sur le Web.

 

Ce genre de fausses informations peut générer des conflits, sur les forums de football, mais aussi dans les pubs, surtout si un quiz y est organisé. Il y a à peine un mois, je vis un animateur demander: "Quel est le seul joueur à avoir joué pour trois équipes différentes en une seule semaine?" La réponse fut évidemment Alex Stepney, pour Millwall, Chelsea et Manchester United en 1966. Pas vraiment la même semaine, mais assurément… au cours d'une seule saison. Confronté à la réalité, constatée sur Wikipedia, l'animateur céda avant d'admettre avoir pompé la question d'un site Internet sans prendre la peine de vérifier.

 

 

Ballotelli stories

Néanmoins, la faute n'en incombe pas véritablement au Net. La fameuse question sur Denis Law, le joueur de Manchester City qui envoie d'une talonnade son ancien club Manchester United à la relégation en 1974, circule depuis des années. Bien que la vérité soit que les Red Devils étaient de toutes façons condamnés, cette anecdote est bien plus piquante.

 

Quant à celui qui avait été baptisé Ryan Wilson à sa naissance, il a bel et bien joué pour l'équipe d'Angleterre des moins de seize ans (les sélections dépendaient du lieu de scolarisation), mais, en tant que Gallois, Ryan Giggs n'aurais jamais pu jouer pour l'Angleterre. Il a donc revêtu le maillot du Pays de Galles. Alors qu'il aurait réellement pu être sélectionné par le Sierra Leone, le pays de son grand-père.

 

Lorsque Mario Balotelli évoluait à Manchester City, il était devenu difficile de démêler le vrai du faux. Fumigènes allumés dans la salle de bains, annonce rédigée dans le Manchester Evening News pour se souhaiter un bon anniversaire... Tel était le genre de rumeurs alimentées par les tabloïds à propos des frasques de l'Italien, de sorte que certaines publications lancèrent des concours de "vrai ou faux" au moment de son transfert au Milan AC. Certaines rumeurs étaient tellement extravagantes qu'on aurait souhaité qu'elles soient vraies.

 

 

Confusion sur la personne

Le journalisme de tabloïd approximatif a fait perdurer les prétendues légendes entourant le transfert raté de Luther Blisset en Italie. Si une rumeur franchement raciste, depuis longtemps oubliée, fit croire que le frère du joueur avait été envoyé chez les Rossoneri à sa place, de nombreux internautes pensent toujours que le Milan avait fait signer le joueur par erreur.

 

Bien que personne au Milan n'ait jamais contredit la rumeur, l'idée que les responsables aient été incapables de différencier Luther Blissett et son coéquipier John Barnes est bien évidemment des plus insultantes pour toutes les personnes concernées. Luther était alors un joueur très en vue: attaquant statistiquement le plus prolifique en Europe, il avait fini l'exercice 1982/83 meilleur buteur de première division anglaise avec 27 réalisations. John Barnes, à dix-neuf ans, ne faisait alors que débuter sur le plan international.

 

La vérité qui se cache derrière une belle histoire peut s'avérer quelque peu décevante et même plutôt terne. L'Inde, par exemple, ne s'est pas retirée de la Coupe du monde 1950 parce que la FIFA refusait de les laisser jouer pieds nus. Le motif bien plus prosaïque était que la Fédération indienne de football, considérant que les Jeux olympiques étaient plus prestigieux, n'était pas intéressée par le tournoi de la FIFA. Les temps ont changé, depuis.

 

 

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