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Les Cahiers, numéro 7 !

Tout bénef

La France allège son bagage pour le Portugal avec une rassurante victoire contre l'Ukraine… Les pronostics commencent avec la compo de la défense.
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Si l'équipe de France n'avait pas eu l'excellente idée de remporter ce match dans les dernières minutes, elle serait partie au Portugal avec un caillou dans sa chaussure. On n'aurait pas manqué de souligner que, carton andorran mis à part, elle n'avait plus inscrit de but lors de ses trois derniers matches (depuis le Belgique-France de février), contre des adversaires significatifs (l'Ukraine après les Pays-Bas et le Brésil). Dans le contexte de la vraie-fausse polémique sur le départ de Jacques Santini, autant éviter de donner prise aux enfonceurs de coins et aux chercheurs de poux, et emmener dans les bagages un supplément de confiance. De ce point de vue, la prolongation de l'invincibilité de la défense (depuis juin 2003 et le France-Turquie de Coupe des confédérations — 3-2), autant que cette victoire arrachée à la volonté sont tout bénéfice. Cette rencontre s'inscrivait en effet dans le double souvenir du France-Belgique et du Corée-France qui avaient précédé le Mondial 2002. Le premier avait donné lieu à une grotesque cérémonie d'adieu au Stade de France, Zidane s'était blessé lors du second. La nalyse On la sentait venir, cette victoire, à mesure que la pression française augmentait et que les Ukrainiens payaient leurs efforts. Mais auparavant, on a bien reconnu l'équipe si difficile à jouer qui avait donné du fil à retordre aux Bleus lors des qualifications pour l'Euro 2000. À la différence que, privée de ses deux principaux atouts offensifs, elle n'a quasiment pas mis Barthez à contribution, se contentant d'offrir une résistance acharnée avec un marquage très serré sur les joueurs offensifs. En visionnant le match, Sven-Göran Erikson a peut-être glané quelques idées, en particulier pour neutraliser les attaquants français, sevrés de ballons et obligés de s'activer à bonne distance des cages de Chovkovski. Avec leur tendance à insister dans l'axe, les Français se sont en effet longtemps condamnés à s'offrir un minimum d'occasions nettes, même si c'est là que Robert Pires aurait ouvert le score sans une belle parade du gardien à la 69e minute. Cela fait belle lurette que le 4-4-2 de Santini ne peut plus être assimilé au schéma "baupien" comportant deux animateurs excentrés. C'est d'autant plus vrai si Pires est préféré à Wiltord, tant l'ex-Messin évolue comme un électron libre sans zone très définie, comme l'est déjà Zidane. Ce système requiert de vrais spécialistes aux postes d'arrières latéraux, à la fois pour assurer les tâches défensives quand une aile est dégarnie et pour mieux utiliser les couloirs en phase d'attaque. Faute de quoi, l'équipe peine à utiliser la largeur pour étirer la défense adverse et créer des décalages impossibles au centre. Ce talon d'Achille de l'équipe de France est cependant très relatif, dans la mesure où sa maîtrise technique — collective et individuelle — peut lui permettre de faire la différence à n'importe quel moment. En espérant que ce soit le moins tard possible, car contre l'Ukraine, il était moins deux. Les gars Rudy Riou aurait sans difficulté suppléé Fabien Barthez, tant celui-ci passa une soirée tranquille, sans le moindre attaquant à faucher. Il dû quand même capter un coup franc à ras de terre de Starostyak (37e). La charnière Silvestre-Thuram a été impeccable, éteignant les rares incursions ukrainiennes aux abords de la surface. Le Mancunien a fait valoir la qualité de son jeu aérien ainsi que celle de sa relance longue. Lizarazu ne laissera pas de polémique se développer sur son âge: il a été aussi actif qu'à l'habitude et a encore une fois bénéficié de ses vieux automatismes avec Zidane. Il est quand même de plus en plus rugueux, comme en atteste un petit attentat en fin de partie, qui a suscité l'admiration rigolarde de Jean-Michel Larqué mais qui a fait très mal à Bidnenko, proprement éjecté du champ de jeu. Gallas a retrouvé le couloir droit, comme contre la Belgique. Il y a fait preuve de bonne volonté, mais a logiquement peiné à conclure ses débordements, son passé de latéral étant désormais un peu lointain. Si Vieira a semblé en retrait de Makelele (pas seulement en termes de position), le duo a abattu le boulot comme à l'habitude en s'affrontant au rideau de fer ukrainien. Zidane et Pires se sont partagé l'animation du jeu. Si le premier a judicieusement donné la victoire aux siens sur un geste qui a une nouvelle fois illustré son incroyable maîtrise gestuelle (après avoir failli tromper Chovkovski sur son coup franc de la 85e), c'est son compère qui aura marqué les esprits: on l'a en effet retrouvé avec une influence qu'il n'avait plus eu depuis bien longtemps en équipe de France. Ça aussi, c'est une très bonne nouvelle. Henry a eu en revanche beaucoup de mal à s'exprimer, échouant dans la plupart de ses dribbles, peinant à percuter l'arrière-garde jaune et ratant même complètement une énorme occasion sur une remise de Pires dans la surface. Mais il a fait parler sa classe en remettant de la tête le centre de Sagnol dans les pieds de Zidane. Ce n'était quand même pas la peine d'aller insulter le public dans la foulée, pour des raisons obscures. À ses côtés, Saha ne s'est pas créé de situations très dangereuses, mais il a tâché de se rendre disponible en revenant chercher les ballons. Les observations en vrac Si vous avez aperçu Michaël Madar dans le rond central, ce n'était pas hallucination, c'était le centenaire de l'équipe de France. Dommage que Christian Lopez n'ait pas été pris d'un coup de folie en allant tacler Oleg Blokhine. Steve Marlet a parfaitement rempli son rôle de soupape : dès qu'il entre, ça siffle. Blessé en début de match, Sagnol rentre à la 76e minute : le staff médical de l'équipe de France fait vraiment du bon boulot. Le dernier match de Desailly au Stade de France laissera un souvenir impérissable. Plus creux qu'une calebasse : l'interview de Claude Simonet à la mi-temps. Le mot tabou sur TF1 : Tottenham. Les titres auxquels vous avez échappé Ukraine de star Ukraine d'Angleterre Blokhine of the bongo La prise de tête Décidément, le "chantier de la défense", que le sélectionneur n'a eu de cesse d'arpenter en essayant, depuis son entrée en fonction, toutes les formules et tous les hommes imaginables, était destiné à susciter jusqu'au bout les interrogations. Car si, d'un côté, on peut penser que les choix d'hier soir sont appelés à être reconduits dimanche prochain, de l'autre, les soucis de Desailly et Sagnol laissent planer le doute sur le "quatre" de départ. On peut raisonnablement croire que Thuram — qui n'a quasiment plus quitté la charnière depuis octobre dernier — est définitivement recentré. Concernant le joueur qui lui sera associé, le doute persiste, et il est intimement lié à l'état de forme de Desailly. Au Portugal, Santini pourrait lui préférer Silvestre qui, après avoir assuré un intérim durable sur le flanc gauche lors de l'indisponibilité de Lizarazu, au début du mandat du sélectionneur, a été de plus en plus souvent aligné en défense centrale durant la première moitié de cette saison: trois fois avec Desailly (Suisse, Chypre, Slovénie), deux fois avec Thuram (Allemagne, Ukraine). Mais si la géométrie très variable de la défense santinienne laisse de nombreuses possibilités d'adaptation ou d'improvisation, la variable la plus déterminante semble être celle du poste de latéral droit. À gauche en effet, l'affaire est entendue: Lizarazu est à peu près indéboulonnable, Silvestre et Gallas pouvant le suppléer à l'occasion. En revanche, si Thuram est confirmé dans l'axe, Sagnol est le seul spécialiste du poste. La voie est libre pour lui, mais il reste un doute quant à la confiance que Santini est prêt à lui accorder. Souvent remplaçant cette saison, parfois blessé, il a été brillant contre l'Allemagne, mais est un peu passé à côté de la rencontre contre les Pays-Bas. En théorie, sa combativité et sa qualité de centre devraient lui permettre de s'imposer. Dans le cas contraire, et sachant que Gallas ne peut pas offrir toutes les garanties sur le flanc, Santini sera-t-il tenté d'y réexpédier Thuram en optant pour une charnière Silvestre-Desailly? On en est donc réduit aux spéculations, surtout que l'examen des duos de défenseurs centraux alignés depuis septembre 2002 (voir notre infographie qui fait mal aux yeux) montre que le sélectionneur peut encore surprendre. Desailly a ainsi été titularisé 17 fois sur 23, et la charnière la plus fréquente a été de très loin son association avec Gallas (8 fois), ce dernier étant apparu à 11 reprises). Alors, est-ce la tendance des derniers mois qui l'emportera (Desailly-Thuram ou Silvestre-Thuram), ou des deux dernières années (Desailly-Gallas, voire Silvestre-Desailly)? Le suspens est amusant, mais il a l'avantage de nous éviter de nous ronger les sangs: le problème que Santini doit résoudre n'est pas celui de l'efficacité de sa défense, puisque quels que soient les hommes alignés, elle est restée d'une remarquable étanchéité…
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