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Sylvain Dupont

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Europe : un football à deux étages

Top 11 : les disparus du 31 mai 2002

On prédisait un bel avenir à ces onze joueurs, mais les Sénégalais vainqueurs de la France en Corée n'ont pas confirmé les espoirs suscités par leur exploit.
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1. Tony Sylva, le rebelle

Au moment de la Coupe du monde, il n’est pas encore une star en Ligue 1: doublure de Barthez puis de Roma, il a souvent été prêté et n’a joué que quelques matches avec Monaco. Après la CAN 2002, où il brille jusqu’en finale, il va au clash avec Deschamps, et s’engage avec Lille. C’est là qu’il prend de l’envergure, jusqu’à devenir l’un des meilleurs gardiens du championnat. Le LOSC termine 2e et 3e, ce qui permet au Sénégalais de disputer une trentaine de matches de coupe d’Europe.
Devenu capitaine de sa sélection, et après deux saisons décevantes avec Lille (9e et 8e), il émet le désir de changer de club et signe un contrat avec Trabzonspor. Mais le LOSC et la FIFA s’emparent de l’affaire, car le joueur doit s’acquitter du montant de sa clause libératoire: au final le gardien payera 1,1 million d’euros à son ancien club, et pourra jouer avec l’équipe turque. Enfin, seulement la première année: en novembre 2009, après un début de saison catastrophique (19 buts encaissés en 12 matches), il est écarté du poste et n’a pas rejoué depuis.



2. Ferdinand Coly, l’atypique

L’un des plus célèbres de l’équipe (pour sa coupe de cheveux) a eu un parcours plus régulier que ses coéquipiers, et n’est pas allé se perdre en Angleterre. Hormis un prêt de six mois à Birmingham en 2003, où il a joué un match, il a évolué en France, d’abord en D2 (Poitiers, Châteauroux) puis en D1 avec Lens où il se fait connaître et où il progresse jusqu’à terminer deuxième du championnat en 2002.
Après la Coupe du monde, alors âgé de trente ans et voyant sa courbe de performance baisser, il part en Italie, pays peu fréquenté par les Africains et les Sénégalais en particulier. Il sera d’ailleurs victime de cris racistes lorsqu’il jouera avec Parme, qui condamneront le Hellas Verone à une suspension de stade. Mais que ce soit avec Pérouse ou avec le club parmesan, il ne sera jamais titulaire à part entière. Et malgré une bonne saison avec le club en 2008, il n’est pas conservé et prend sa retraite.



3. Lamine Diatta, le voyageur

Découvert à Toulouse, il signe dans la foulée à l’OM, où il reste… quinze jours. Devenu titulaire à Rennes, il débute sa carrière internationale et dispute la Coupe du monde 2002. En tout, il disputera quarante matches sous le maillot sénégalais. Ses performances en clubs et en sélection lui permettent ensuite de signer à Lyon et de devenir double champion de France. Mais entre blessures et prestations médiocres, il finit par se faire prendre en grippe par le public, au point d’être cédé à Saint-Étienne .
Parti à Besiktas où il joue six matches de championnat et deux matches de Ligue des champions (contre Marseille et lors du 8-0 face à Liverpool), il est mis à l’essai par Newcastle au mois de mars 2008 afin de finir la saison. Avec les Magpies, il dispute deux rencontres, comme remplaçant. Également mis à l’essai par Sochaux et Derby, il refuse ces clubs et signe pour les Écossais d’Hamilton Academical en mars 2009. Un mois après, il rejoint Al-Ahli au Qatar mais, n’étant pas conservé par le club, il tente d’intégrer la Ligue de football de Singapour lors de stages d’entraînement. Finalement, il signe en janvier 2011 à l’Étoile Sportive du Sahel.



4. Pape Malick Diop, le relégué

Doté d’un parcours atypique, il arrive à Strasbourg à vingt-six ans après être passé par l’Arabie Saoudite et l’Angleterre. Neuvième de D1 avec les Alsaciens, il confirme l’année suivante en arrivant en cours d’année à Lorient et en réussissant la montée avec les Merlus. Las, l’équipe finit 18e pour sa première saison dans l’élite, mais remporte la Coupe de France. 2002 est d’ailleurs une année faste pour Diop, puisqu’il arrive également en finales de la Coupe de la Ligue et de la CAN, en plus du parcours en Coupe du monde.
Les saisons suivantes, il échoue avec Lorient pour la remontée (deux fois quatrième), puis rejoint Guingamp où il contracte une grave blessure qui l’éloigne des terrains. Récupéré par Metz, il finit premier de L2 en 2007, mais vit une saison galère avec les Grenats en L1 (24 points au classement final). Après des essais au Qatar et en D2 allemande, il prend finalement sa retraite, à trente-quatre ans.



5. Omar Daf, le blessé

Arrivé à Sochaux à l’âge de dix-neuf ans, il débute aussitôt en D1, mais devient titulaire après la descente de son club en D2. Ses prestations lors de la remontée le font appeler sous le maillot sénégalais, jusqu’à atteindre les quarts de finale de Coupe du monde. Après cette performance, il brille de nouveau dans l’Hexagone (cinquième du championnat en 2004, plus une Coupe de la Ligue) ainsi qu’en Coupe d’Europe, ce qui lui vaut l’intérêt de grands clubs (Everton, PSG, Tottenham, Newcastle, OM, Rangers).
Mais à cette époque, les problèmes de santé commencent: des fissures au tibia apparaissent après un match contre l’Inter, plus tard ce sont des fractures de fatigue qui l’empêchent de jouer régulièrement. Ces blessures persistantes signifiant la fin de son aventure sochalienne, il part alors à Brest, qui évolue en L2 et où il contribue activement à la montée du club, étant même désigné meilleur latéral du championnat. Malheureusement, il se blesse spectaculairement au coude en avril 2011, face à… Sochaux, ratant la fin de saison et la lutte pour le maintien.


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6. Aliou Cissé, l’irrégulier

Il commence sa carrière très jeune mais ne perce qu’à vingt-trois ans, lors de sa deuxième année au PSG, après des passages à Lille et à Sedan, sans jouer. L’histoire de sa vie en quelque sorte: le Sénégalais n’a jamais disputé une saison complète, son année la plus prolifique étant justement en 1999-2000 où il atteint la deuxième place du championnat avec le club parisien (23 matches).
Ne jouant pratiquement pas lors de ses deux autres saisons au PSG, il est prêté à Montpellier (17 matches). Après avoir brillé en Coupe du monde, il part en Angleterre, comme ses petits camarades, mais son histoire à Birmingham débute mal: en septembre 2002, douze personnes de sa famille décèdent dans le naufrage du ferry Le Joola entre Dakar et la Casamance. Vite revenu sur les pelouses, il perd peu à peu sa place à cause de ses multiples cartons ainsi que d'une brouille avec Steve Bruce. À la suite d'un prêt non concluant à Crystal Palace, il signe à Portsmouth, mais son transfert fait partie d’une liste de transactions douteuses qui amènent la justice à enquêter.
En 2006, il retourne à Sedan, où il ne dispute qu’un tiers des matches, puis à Nîmes, où entre rixe avec supporters et plainte pour insultes racistes, sa carrière s'achève en eau de boudin.



7. Salif Diao, le prêté

Prometteur, Diao commence sa carrière sur les chapeaux de roue, avec notamment un titre de champion de D1 avec Monaco. Puis se perd dans différents clubs, se blesse, descend en D2 avant de connaître le renouveau dans un club modeste. Il est actuellement une star à Stoke, après des passages plus que mitigés avec Liverpool, Birmingham, Portsmouth et un essai raté avec Charlton.
Son plus grand échec aura été du côté d’Anfield, où il n’aura jamais réussi à se faire une place parmi les Gerrard, Murphy et Hamann. Il avait pourtant été engagé 7,5 millions d’euros par Gérard Houllier après son impressionnant mondial asiatique, mais, vite barré par Xabi Alonso et Sissoko, Rafael Benitez le prête à différents clubs, jusqu’à son atterrissage à Stoke. Pire, il évolue à Birmingham au moment du sacre européen de Liverpool en 2005, ce qui ne lui permet pas d’inscrire officiellement son nom au palmarès. Il sera pourtant présent à Istanbul et se retrouvera au premier plan lors des célébrations du titre – attitude qui déplut aux supporters des Reds.



8. Papa Bouba Diop, l’Anglais

Le buteur du 31 mai 2002 est un de ceux, avec Omar Daf, qui a le mieux réussi. Son physique imposant et sa mentalité de guerrier ont immédiatement plu en Angleterre, après un passage déjà très remarqué à Lens et un titre de champion de Suisse avec Zurich. Il joue trois saisons à Fulham, la première étant la plus réussie avec un titre de meilleur joueur du club en 2005, ce qui lui vaut d’être désigné capitaine par Chris Coleman. Malheureusement, des blessures ralentissent sa progression et son nombre de matches diminue, même s’il contribue à sauver Fulham en 2007.
Dans la foulée, il est transféré à Portsmouth où il remporte la FA Cup, mais, lors des saisons suivantes, le nom du club est plus évoqué dans les faits divers que pour ses résultats sportifs. En 2010, l’équipe est reléguée administrativement et placée en liquidation judiciaire, jusqu’à ce que le club soit racheté. Pour combler les dettes, il faut donc vendre, et Bouba Diop fait partie de ceux qui font leurs valises. Direction l’AEK Athènes, où ses performances continuent d’être suivies: il y a quelques mois, West Bromwich songeait à le rapatrier malgré ses trente-deux ans.



9. Moussa N’Diaye, le discret

Ayant également débuté à Monaco, il se fait connaître avec Sedan entre 2000 et 2004 (20 buts en 97 matches), ce qui lui permet de disputer la CAN et la Coupe du monde. En Corée, il est titulaire les deux premiers matches, puis il se fait remplacer et ne réapparaitra pas en huitièmes et en quarts.
Après la descente des Sangliers en L2, il fait alors le choix hasardeux de signer à Istres, ece qui marque le début de son errance: il est prêté à Ajaccio, avec qui il descend en L2, puis signe à Auxerre où il joue peu et ne marque pas, avant de finir au Qatar. En 2010, il choisit de retourner au pays, pour jouer avec le Jaraaf de Dakar en D1 sénégalaise.



10. Khalilou Fadiga, le malade

Pour comprendre l’engouement autour des Lions de 2002, il faut se pencher sur le parcours de Khalilou Fadiga: considéré, encore aujourd’hui, comme une idole dans son pays, il n’a pourtant joué qu’une quarantaine de matches depuis son départ d’Auxerre en 2003, et son parcours tient plus d’un Xavier Gravelaine que d’un Boubacar Sarr, son illustre prédécesseur.
Son périple, qui l’emmènera dans douze clubs européens, débute en Belgique puis à Auxerre, mais se complique en 2003 avec la découverte d’une anomalie cardiaque qui l’empêchera de jouer dans son nouveau club de l’Inter. Après un passage en Angleterre (23 matches en trois ans, avec Bolton, Derby et Coventry), il refuse de raccrocher les crampons, malgré de nouveaux malaises et une rupture du talon d’Achille.
Il tente alors le pari de retourner en Belgique, où il réalise d’excellents matches avec la Gantoise, au point que le peuple sénégalais réclame à grands cris son retour en sélection. Malheureusement, sa réapparition sous le maillot des Lions n’aura pas le succès escompté: l’équipe échoue lors des qualifications, et les anciens de 2002, Fadiga en première ligne, sont jugés responsables de ce fiasco. Il continue malgré tout de jouir d’une popularité immense au Sénégal, ainsi qu’en Belgique, où il est devenu consultant à la télévision après sa retraite en 2008.



11. El Hadji Diouf, le mal élevé

Il faudrait un article complet pour détailler toutes les frasques de l’attaquant sénégalais depuis sa sortie de l’anonymat avec le RC Lens, après des passages discrets à Sochaux et Rennes. Son coûteux transfert à Liverpool fut un désastre complet, et le début de ses problèmes disciplinaires: crachats sur supporters, joueurs, violences et intimidations à l'encontre d'arbitres, sorties en discothèque lors de rassemblements avec sa sélection (qui l’écarteront définitivement des Lions), arrestations sans permis de conduire…
Bourré de talent, il retrouve un temps son niveau avec Bolton, formant un duo redoutable avec Nicolas Anelka et allant jusqu’à disputer la Coupe d’Europe. Mais en Premier League, le club déçoit, et Diouf décide de partir à Sunderland. Six mois après, vexé d’être toujours muet face aux cages et après s’être brouillé avec ses coéquipiers, il prend la direction de Blackburn où il renoue avec une qualité de jeu corecte. En janvier 2011, il est prié de trouver un nouveau club après une nouvelle incartade, et s’en va gagner des titres avec les Glasgows Rangers, confirmant l'énorme gâchis provoqué par son caractère instable.




Et parmi ceux qui jouaient en France...
Après son départ de Lens, Pape Sarr est passé par Alavés, Istres, Brest et a fini au Paris FC.
Alassane Ndour (Saint-Étienne, Troyes) a joué à West Bromwich Albion, à Walsall et en D2 grecque, avec le Doxa Drama.
Henri Camara, meilleur buteur de la Sélection (avec le plus grand nombre de matches disputés), a joué à Wolverhampton, au Celtic de Glasgow, à Southampton, à Wigan, West Ham, Stoke City, Sheffield United, avant d’atterrir à l’Atromitos FC, en Grèce, actuel douzième du championnat.
Amdy Faye (Auxerre) est ensuite parti à Portsmouth, puis Newcastle, Charlton, les Glasgow Rangers, Stoke City et Leeds.
Pape Thiaw (Istres, Strasbourg, Metz) a évolué en D2 espagnole avant de revenir à Créteil et d’être condamné (disculpé en appel) à un an de prison ferme pour violences conjugales.
Sylvain N’Diaye, après être passé également en Espagne, évolue en National, avec Cannes.
Habib Beye est toujours en Angleterre, mais ne joue plus avec Aston Villa.
Amara Traoré (Metz, Châteauroux) a fini sa carrière peu après la Coupe du monde, dans son club de toujours, Gueugnon. Il est maintenant sélectionneur des Lions de la Téranga.
Souleymane Camara, le plus jeune du groupe à l’époque de la Coupe du monde, joue encore, à Montpellier.
Makhtar N’Diaye n’a pas été conservé par Rennes, pour qui il n’aura jamais joué. A évolué à Yverdon-les-Bains, en Suisse, avant d’être récupéré par Paul Le Guen aux Rangers (3 matches).
Omar Diallo, gardien remplaçant, a joué au Maroc, en Turquie, avant de retourner au Sénégal.
Kalidou Cissokho, troisième gardien, joue encore au football, au FK Bakou.
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