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Top 10 : les matches mémorables de l'Italie

Tour à tour spectaculaire ou défensive, miraculée ou damnée, la Squadra Azzurra a marqué de son empreinte l’histoire du football. La sienne en cinq victoires et cinq défaites.

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10. Le plus contesté : Corée du Sud-Italie 20022-1 a.p., huitième de finale de la Coupe du monde

 

Rescapée d’un premier tour qui aura vu les éliminations surprises des grands favoris de la compétition, la France et l’Argentine, et de l’outsider Portugal, l’Italie doit affronter la Corée du Sud, pays co-organisateur, en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2002. Pas franchement convaincante depuis le début de la compétition, et face à un adversaire dans une excellente dynamique, la Nazionale ouvre cependant le score par Christian Vieri à la 18e minute, qui reprend de la tête au premier poteau un corner de Francesco Totti. À deux minutes de la fin du temps réglementaire, Seol Ki-Hyeon profite d’une erreur de Christian Panucci pour égaliser. L’Italie rate ensuite l’occasion de tuer le match par Vieri.

 

Durant les prolongations, Totti reçoit un second carton jaune pour simulation et Damiano Tommasi se voit refuser un but pour une position de hors-jeu. Ahn Jung Hwan, qui a vu son penalty de la 4e minute repoussé par Gianluigi Buffon, s’élève dans les airs à la 117e pour qualifier son équipe. La défaite est très amère pour les Transalpins, entre ce but en or consécutif à celui de David Trezeguet en finale de l’Euro 2000 et l'arbitrage encore contesté aujourd’hui de Byron Moreno.

 

 

 

 

 

9. Le plus inattendu: Italie-Brésil 19823-2, second tour de la Coupe du monde

 

Opposés à l’Argentine dans le groupe le plus relevé du second tour du Mundial 1982, l’Italie et le Brésil s’affrontent à l’Estadi de Sarrià de Barcelone pour une place en demi-finale, après leurs victoires respectives (2-1 et 3-1) face à l’Albiceleste. Un match nul est donc suffisant pour la Seleçao, alors qu’un succès est impératif pour la Nazionale qui, après trois matches nuls au premier tour, semble retrouver des couleurs. Surtout, pour cette rencontre face au grand favori de ce mondial, elle voit le retour en grâce de son attaquant Paolo Rossi.

 

Longtemps suspendu à cause du scandale du Totonero, le natif de Prato réalise ce jour-là un festival digne du joueur complet qu’il est: il marque aux 5e (tête décroisée sur un centre de Antonio Cabrini venu de la gauche), 25e (frappe premier poteau suite à une récupération sur une mauvaise relance brésilienne) et 74e (reprise dans les six-mètres d’une frappe de Marco Tardelli), obligeant à chaque fois le Brésil à courir après le score, lequel recolle par deux fois via Socrates à la 12e et Falcão à la 68e. Après ce match où elle a montré du caractère et retrouvé un buteur, la Squadra Azzurra devient inarrêtable et sera sacrée championne du monde.

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8. Le plus fatigué : Brésil-Italie19704-1, finale de la Coupe du monde

 

Sortant d’un duel épique face à la RFA en demi-finale (4-3 a.p.), l’Italie doit affronter le Brésil dans un match qui décidera du premier pays triple champion du monde de l’histoire et détenteur à jamais du trophée Jules Rimet. Cette finale peut aussi accoucher du premier doublé Euro-Coupe du monde, puisque le pays botté a été sacré sur son continent en 1968. Les artistes emmenés par Pelé ouvrent la marque dès la 18e minute sur un modèle de détente de leur n°10, qui reprend de la tête au second poteau un centre de Rivelino venu de la gauche. La Squadra égalise cependant à la 37e grâce à Roberto Boninsegna qui profite d’une erreur défensive. Revenue au score, l’Italie tient jusqu’à la mi-temps, avant d’exploser en vol en seconde période: Gérson (66e), Jairzinho (71e) et Carlos Alberto (87e) donnent une ampleur historique au succès auriverde (4-1).

 

Par la largeur de cette défaite et par sa propre grande qualité intrinsèque, comptant entre autres dans ses rangs Giancinto Fachetti, Luigi Riva et Alessandro Mazzola, le champion d’Europe en titre participe malgré lui à faire entrer dans la légende cette équipe du Brésil. Certainement fatiguée par sa prolongation en demi-finale, trop prudente face à son adversaire en finale, et privée par choix de son sélectionneur de son Ballon d’Or en titre Gianni Rivera, qui n’entrera en jeu qu’à la 84e minute, l’Italie devra attendre douze ans pour retrouver ce stade de la compétition.

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7. Le plus collectif : Allemagne-Italie 20060-2 a.p., demi-finale de la Coupe du monde

 

Lors de ce Mondial allemand, l’Italie alterne prestations solides (2-0 face au Ghana et à la République Tchèque au premier tour, 3-0 contre l’Ukraine en quart de finale), décevantes (1-1 concédé aux Etats-Unis lors de la phase de poules), voire miraculeuses (1-0 arraché à l'Australie en huitième, but inscrit sur penalty par Totti à la 90e+5). Dotée d’un gardien et d’une défense quasiment imbattables, ayant su parfaitement gérer la blessure de Alessandro Nesta et l’expulsion de son remplaçant Marco Materazzi, la formation transalpine est opposée en demi-finale au pays organisateur, qui progresse doucement mais surement dans cette Coupe du monde.

 

Lors de ce match serré à Dortmund, Gianluigi Buffon préserve le 0-0 en seconde période et en prolongations. Les deux équipes pratiquent un jeu offensif et semblent ne pas vouloir attendre la séance des tirs au but. Durant les prolongations, l’Italie va prendre petit à petit la mesure de son adversaire et marque coup sur coup aux 119e et 121e minutes, respectivement par Fabio Grosso qui place une frappe enroulée du gauche sur un service subtil de Andrea Pirlo, et par Alessandro Del Piero qui trouve la lucarne gauche de Jens Lehmann.

 

 

 

 

 

6. Le plus triste : Italie-Argentine 19901-1 (3 t.a.b. à 4), demi-finale de la Coupe du monde

 

À travers l’itinéraire de son attaquant chouchou Salvatore Schillaci lors de ce Mondiale 1990, qui a été décisif au premier tour face à l’Autriche (1-0) et à la Tchéquoslovaquie (2-0) et au second contre l’Uruguay (2-0) et l’Irlande (1-0), toute l’Italie rêve de voir sa sélection, complètement hermétique et victorieuse de tous ses matches jusque-là, remporter cette compétition organisée sur ses terres. Le pays a rendez-vous le mardi 3 juillet 1990 à Naples pour une demi-finale face au tenant du titre, l’Argentine de Diego Maradona, idole incontestée de San Paolo. Au-delà de la controverse entourant le soutien du stade à son équipe nationale, l’Italie vit ce soir-là un véritable drame. Si Toto Schillaci, encore lui, marque dès la 17e minute en profitant d’un ballon repoussé par Sergio Goycochea, Claudio Caniggia devance une sortie de Walter Zenga pour égaliser de la tête à la 67e.

 

Les Azzurri se montrent par la suite incapables de reprendre l’avantage. Le tir au but de Roberto Donadoni est arrêté par le gardien argentin, Diego Maradona réussit ensuite le sien, ce qui contraint Aldo Serena à faire de même pour permettre aux siens d’y croire encore. L’attaquant intériste bute malheureusement sur Goycoecha qui, avec beaucoup de réussite, parvient à bloquer le ballon avec sa hanche gauche. Toute l’Italie pleure l’élimination de son équipe qui quitte la compétition invaincue, et qui devra d’ailleurs encore subir le sort des tirs au but lors des deux mondiaux suivants.

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5. Le plus accrocheur : Pays-Bas-Italie 20000-0 (1 t.ab. à 3), demi-finale de l’Euro

 

Avant cette demi-finale de l’Euro des plats pays, l’Italie a effectué un parcours impeccable en gagnant tous ses matches et en ayant systématiquement marqué deux buts. Très convaincante alors qu’elle n’était pas forcément attendue dans cette compétition où tous les observateurs prédissent une finale entre les Pays-Bas et la France, la sélection va sérieusement contrarier les plans du pays organisateur dans un match caractéristique des clichés qu’on véhicule à propos d’elle. Boudewijin Zenden fait vivre un cauchemar à Gianluca Zambrotta qui se retrouve expulsé pour deux cartons jaunes reçus à la 14e et à la 33e.

 

Très rapidement, les Italiens se voient contraints de jouer à dix et de subir le jeu hollandais. Ils concèdent même deux penalties (37e et 60e), le premier repoussé par Francesco Toldo et le second par le poteau gauche du portier transalpin, montant déjà salvateur sur la frappe de Dennis Bergkamp de la 14e minute. Déployant une formidable énergie pour défendre, l’Italie est même tout près de marquer lors des prolongations, mais Marco Del Vecchio bute sur Edwin van der Sar. Lors de la séance des tirs au but, le talent de Toldo (arrêts des tentatives de Frank de Boer et de Paul Bosvelt) associé à la maladresse batave (frappe au-dessus de Jaap Stam) sonne le glas des espérances hollandaises. En finale face à la France, le sort sera malheureusement tout autre pour la Nazionale.

 

 

 

 

 

4. Le plus honteux : Corée du Nord-Italie 19661-0, premier tour de la Coupe du monde

 

Tombée dans le groupe de l’URSS qui gagne tous ses matches lors de ce premier tour, et qui sera seulement stoppée par la RFA en demi-finale, l’Italie doit également composer avec le Chili et la Corée du Nord. Si elle sort victorieuse de l’équipe sud-américaine, sa défaite face aux Soviétiques (0-1) la contraint à un résultat positif face à la Corée du Nord – qui sort d’un revers et d’un nul, mais qui peut toujours croire à la qualification pour les quarts de finale. En ce 19 juillet 1966, la Squadra subit ce qui est certainement son revers le plus inattendu et le plus retentissant. Incapables de trouver la solution, réduits à dix suite à la blessure de son milieu de terrain Giacomo Bulgarelli à la 34e minute, les Transalpins encaissent un but de Pak Doo-ik à la 41e, dont le tir soudain des quinze mètres trompe Enrico Albertosi.

 

La Nazionale a beau multiplier les tentatives en seconde période, le score n’évolue pas. Ce premier succès de la première équipe asiatique qualifiée pour une phase finale de Coupe du monde offre une place en quarts à la Corée du Nord, où elle sera écartée par le Portugal (3-5, avec un quadruplé de Eusébio), après avoir pourtant mené 3-0 au bout de vingt-cinq minutes de jeu. De son côté, la sélection italienne saura se relancer, avec un titre à l’Euro 1968 et une place en finale du Mundial 1970.

Lire "En 1966, le sous-marin rouge torpillait l'Italie" sur liberation.fr.

 

 

 

 

3. Le plus chanceux : Italie-URSS 1968tirage au sort, demi-finale du championnat d’Europe des nations

 

À San Paolo, la Nazionale n’a pas connu que des désillusions. En ce 5 juin 1968, devant 68.582 spectateurs, pour le premier match du dernier carré du championnat d’Europe des nations qu’elle accueille, l’Italie fait face en demies au spécialiste de cette jeune compétition, l’URSS, sacrée en 1960 et finaliste en 1964. Cette rencontre plutôt terne, jouée prudemment des deux côtés et soldée par un score nul et vierge, possède une étrange particularité.

 

À cette époque où les équipes ne sont pas encore départagées par une séance de tirs au but, et où curieusement les matches à élimination directe précédant la finale ne sont pas rejoués en cas d’égalité, un tirage au sort est nécessaire pour désigner le vainqueur. Le fameux toss se joue dans les vestiaires, en compagnie de l’arbitre, des capitaines Giancito Fachetti et Albert Schesternev, et des responsables administratifs des deux sélections. Pendant ce temps, le public attend silencieusement l’issue du lancer de pièce et c’est en voyant le retour heureux de l’Intériste qu’il comprend que son équipe est qualifiée pour la finale qu’elle remportera en deux temps face à la Yougoslavie (1-1 puis 2-0).

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2. Le plus cruel : France-Italie 20002-1 a.p., finale de l’Euro

 

Les Français doivent faire face à leurs rivaux italiens pour devenir les premiers champions du monde à enchaîner sur un titre européen. En ce 2 juillet 2000 au stade De Kuip de Rotterdam, se dispute une revanche dramatique du quart de finale du Mondial hexagonal qui avait vu les Bleus éliminer les Azzurri aux tirs au but (4-3). Le match est très ouvert et d’un haut niveau technique: Thierry Henry touche rapidement le montant gauche de Francesco Toldo, Marco Delvecchio et Francesco Totti inquiètent Fabien Barthez, et Bixente Lizarazu peine face à Gianluca Pessotto et aux dédoublements italiens sur son aile.

 

Par contraste avec ce qu’elle avait proposé face aux Pays-Bas en demi-finale, la Nazionale bouscule sérieusement la France et ouvre le score à la 55e minute: côté droit, sur une talonnade, Totti efface Zinédine Zidane et Lizarazu pour servir Pessotto qui centre en première intention pour Delvecchio, lequel bat Fabien Barthez d’un plat du pied gauche. L’Italie fait ensuite mieux que résister et défendre, puisque Alessandro Del Piero rate par deux fois de doubler la mise. Le match semble plié quand à la dernière minute des arrêts de jeu, Sylvain Wiltord bat Toldo d’un tir croisé du gauche qui passe entre les jambes de Nesta. Le vent a tourné et à bout de forces, Fabio Cannavaro voit Robert Pires le déborder facilement à la 103e, avant de servir David Trezeguet au point de penalty... Méritante, l'Italie doit cependant laisser son adversaire du soir la dépasser au palmarès du championnat d’Europe des nations.

 

 

 

 

 

1. Le plus beau: Italie-RFA 19704-3 a.p., demi-finale de la Coupe du monde

 

Les lecteurs de L'Équipe ont élu cette rocambolesque demi-finale du premier Mundial mexicain comme “Le match du vingtième siècle”. Véritable course-poursuite entre les deux plus grandes sélections européennes, marqué par le courage de Franz Beckenbauer qui a tenu à finir la rencontre malgré une blessure à l’épaule droite, ce match a une place à part dans l’histoire du football. À la 8e minute, après un une-deux avec Luigi Riva, Roberto Boninsegna profite d’un contre favorable et ajuste Sepp Maier d’une frappe du gauche de l’entrée de la surface. Karl-Heinz Schnellinger égalise à la toute dernière minute du temps réglementaire. Sur une mésentente entre Pierluigi Cera et Enrico Albertosi, Gerd Müller donne l’avantage à la RFA à la 94e.

 

Les prolongations n'en sont pas à leur dernier rebondissement. Quatre minutes plus tard, Sigi Held dégage timidement un coup franc de Gianni Rivera sur Tarcisio Burgnich qui trompe Maier de près. Juste avant la mi-temps, Riva élimine d’un subtil crochet du gauche Schnellinger avant de placer son ballon dans le petit filet (3-2). À la 104e, Müller est à l’affût dans les six mètres italiens: son tir échappe à Rivera pourtant posté au premier poteau pour entrer dans le but italien. Mais sur l’engagement, Giancito Facchetti lance côté gauche Boninsegna qui déborde Willi Schulz et centre à ras-de-terre au point de penalty. Rivera place alors un plat du pied droit croisé qui prend à contrepied Maier, et envoie l’Italie en finale.

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