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Miklos Lendvai

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Top 10 : les champions de descente

Certains joueurs n'ont pas leur pareil pour entraîner leur équipe par le fond... Hommage aux chats noirs, spécialistes français de la relégation.
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1. Yannick Fischer, le cador

top10_descente_fisher.jpgLe plus grand chat noir que la Ligue 1 ait connu. Formé aux Girondins, il fait fort d'entrée. Son équipe a beau compter Lizarazu, Zidane, Dugarry, soit trois futurs champions du monde, ou encore Witschge, titulaire dans l'équipe des Pays-Bas au milieu des De Boer, Bergkamp et autre Kluivert. Fischer est dans l'effectif et l'équipe est condamnée à lutter pour le maintien toute la saison.
Marseille, vice-champion de France et finaliste de la coupe de l'UEFA? Pas de problème, Yannick arrive et plonge le club dans les profondeurs du classement. Fischer connaitra en tout six relégations au cours de sa carrière (la dernière saison de Cannes en Ligue 1, c'est lui, Lorient en 1999 aussi, puis Strasbourg et Le Mans). Pour clore sa carrière, il réalise un chef-d'œuvre: une double descente qui conduit Niort de la D2 au CFA en seulement deux saisons.



2. Stéphane Cassard, le sournois

top10_descente_cassard.jpgCassard est un chat noir aussi efficace que Yannick Fischer, mais beaucoup mieux dissimulé. Ses performances lui permettent de se mettre dans la poche les supporters et même les spécialistes (élu meilleur gardien de Ligue 1 en 2005 par France Football). Son bilan est tout de même implacable, avec six relégations. Signature des plus grands: une double descente avec Strasbourg conduisant le club en National. Quelques problèmes administratifs auraient même pu conduire le club en CFA.
Sa méthode est imparable: un club mise sur lui pour stabiliser la défense. Il fait le boulot puis manque une dizaine de matches sur blessure. Le gardien remplaçant est forcément moins bon, les défenseurs perdent leurs repères et c'est toute l'équipe qui est désorganisée.
Aujourd'hui, il a rejoint Boulogne, sûrement pour s'offrir une dernière descente.



3. Grégory Paisley, le laborieux

top10_descente_paisley.jpgFormé au Paris SG, l'arrivée de Paisley dans le groupe pro met fin au grand Paris: le club, abonné aux demi-finales de coupe d'Europe, ne les atteindra plus jamais. Pour sa plus grosse saison dans la capitale (douze apparitions), le club finit à quatre points de la relégation. L'année suivante, Paisley n'est pas aligné et Paris clôt la saison à la deuxième place. En 2000, on lui redonne sa chance. Au bout de six mois, Paris est à nouveau aux portes de la relégation. Il est alors transféré à Rennes où l'effet Paisley ne se fera pas ressentir.
Paisley a alors vingt-six ans et n'a toujours pas connu de relégation. Mais ça ne va pas durer longtemps. Il signe au Havre et ouvre enfin son compteur. Après une parenthèse sochalienne, Paisley revient plus fort et tente un coup de maître: deux relégations en une seule saison. Après avoir condamné Metz dans les six premiers mois, il rejoint Troyes. L'équipe auboise est une des pires équipes des matches retour, mais ça ne suffit pas à combler son retard sur Ajaccio: elle finit à une place de la relégation. La saison suivante, Paisley reste dans l'effectif et Troyes plonge inéluctablement en Ligue 2.
Au final, Paisley ne compte que  quatre relégations (la dernière avec Strasbourg) et il œuvre depuis deux ans pour ramener l'OGC Nice à la ligue 2.



4. Yohann Cavalli, l'international

top10_descente_cavalli.jpgFormé à Nantes, Cavalli se met très tôt à l'œuvre et connaît sa première relégation à dix-sept ans avec l'équipe réserve. Lors de sa première saison en pro, il joue à Lorient et subit à nouveau une descente. Il faut dire que Cavalli a le profil du chat noir. Sa capacité à mettre des buts incroyables incite ses entraineurs à l'aligner régulièrement, mais le joueur est malheureusement très irrégulier.
2004-2005 : double échec pour Yohann. Après avoir plongé Créteil aux portes du National, il signe à Majorque alors dernier de la Liga. Mais en fin de saison, les deux clubs parviendront à se sauver à la dernière journée.
2006-2007 : Cavalli tient sa revanche et parvient à reléguer la même année deux clubs : Istres en National et Watford en Championship. L'année suivante, il essaie d'exporter ses talents à Mons mais le système est beaucoup trop complexe pour reléguer une équipe. Il joue actuellement à Nîmes et, à vingt-neuf ans, il a encore tout le temps d'étoffer son palmarès.



5. Éric Allibert, le discret

top10_descente_allibert.jpgÀ dix-sept ans, Éric fait ses premières apparitions dans un groupe pro lors de la saison 1992/93. Il est gardien de but et joue alors à Nîmes, club qui compte dans ses rangs Vercruysse, Blanc ou encore Cantona. Allibert vit aussi sa première relégation et lance son incroyable carrière. Avec les Crocodiles, il connaîtra deux relégations. Après une parenthèse lilloise pleine de victoires, Allibert comprend qu'il a besoin d'être sur le terrain pour influencer son équipe et s'engage dans la division inférieure.
L'œuvre d'Allibert est remarquable: après avoir amené Valence et Niort en National, il s'attaque à Dunkerque qu'il conduit en CFA2. Il joue encore dans le club nordiste et il n'est pas impossible que le club connaisse à nouveau une relégation cette année (actuel dixième à un point des relégables).



6. Stéphane Dedebant, l'éphémère

top10_descente_dedebant.jpgGrand espoir du football français (équipe de France militaire puis équipe de France A'), Dedebant se blesse gravement alors qu'il n'a que vingt-trois ans. Il va traîner cette blessure comme un boulet et prendra sa retraite à l'âge de trente ans. En huit ans de carrière, il connaîtra quatre relégations mais réalisera un hat trick incroyable : trois descentes d'affilée avec trois clubs différents (Caen, Châteauroux et Sochaux). Aujourd'hui, il tient une maison de la presse dans une galerie Champion.



7. Franck Priou, le bipolaire

top10_descente_priou.jpgJPP du pauvre dans les années 90, Franck Priou compte autant de montées que de relégations au cours de sa carrière. Après avoir enchaîné trois ascensions (Istres en D2, Lyon et Mulhouse en D1), Priou va réaliser la même performance que Dedebant: trois descentes consécutives sous trois maillots différents (Mulhouse, Sochaux et Cannes). L'inefficacité de Priou en Ligue 1 est alors une des causes de la descente de ces clubs. Avec Luis et l'arrivée de Madar, Priou va se révéler être un génial buteur. En deux saisons, il va planter 39 buts en championnat, suffisant pour remonter Cannes en première division mais insuffisant pour maintenir le club la saison suivante. En novembre 1994, Priou quitte Cannes où il ne joue plus et rejoint Saint-Étienne. Il y connaîtra sa quatrième relégation.
Il rejoint La ligue 2 où il va vivre une remontée avec Caen et finir à la quatrième place avec Martigues. Il achèvera sa carrière à Istres, où il avait commencé.



8. Eric Cubilier, le maudit

top10_descente_cubilier.jpgFormé à Nice, Cubilier lutte pour le maintien dans une équipe qui montera en Ligue 1 après son départ. Recruté par Monaco, Cubilier va montrer toutes ses limites techniques à Didier Deschamps, qui vit alors sa première année en tant qu'entraîneur. Les "Cubi, Mais Cubi, oh Cubi" résonnent encore à Louis-II. Après avoir joué le maintien toute la saison, Cubi est mis de côté et voit l'équipe de Deschamps monter en puissance depuis les tribunes.
En 2003, il est prêté au Paris SG mais un deuil familial va l'éloigner de son métier de footballeur. La saison suivante, il est à nouveau prêté à Lens où il permet au jeune Assou Ekoto d'éclore. En 2005, il retrouve Monaco mais ne joue pas. Il est transféré à Nantes et va enfin se mettre en route: relégation avec Nantes, puis Metz et enfin Bastia la saison dernière en National.
Bizarrement, Cubi n'a pas trouvé preneur cet été et est toujours à la recherche d'un nouveau club.



9. Frédéric Danjou, le rebelle

top10_descente_danjou.jpgFormé à Auxerre, Danjou a bouffé pendant plusieurs saisons le discours "L'objectif, c'est le maintien". Son équipe avait beau être dans le haut du classement, il fallait toujours servir la même soupe aux journalistes. En 1996, annus horribilis pour un chat noir: Danjou est champion de D1 avec l'équipe première et de Nationale 2 avec l'équipe réserve.
Après plusieurs saisons à Auxerre, le défenseur comprend qu'il ne peut pas lutter contre Guy Roux et son obsession du maintien et rejoint le Real Oviedo, club de bas de tableau de la Liga qui assure chaque année son maintien. Première saison, Oviedo finit à la 17e place. Alors que celle-ci conduisait jusqu'alors aux barrages, en 2000, elle est synonyme de maintien. Danjou ne devait pas être au courant de cette règle et va rectifier le tir la saison suivante en finissant 18e.

En 2001, il rejoint Troyes, club récemment promu en Ligue 1, vainqueur de l'Intertoto à son arrivée. La première année est un miracle: malgré la présence de Cassard, Danjou et Goussé, le club finit à la 7e place. La saison suivante, les chats noirs restent et le club termine logiquement lanterne rouge. Danjou en est à sa deuxième relégation. Il rejoint l'AC Ajaccio mais échoue sur la dernière marche. Dernière journée de championnat, Ajaccio, relégable, reçoit le FC Metz. 32e minute: Maoulida marque pour le FC Metz. Ajaccio: 0, Metz: 1. Le plan de Danjou se déroule alors sans accroc. C'est alors que l'improbable se produit: Diomède qui n'avait planté que six buts en deux ans va en mettre trois dans le même match. Ajaccio gagne 3 buts à 1 et se maintient en ligue 1.
À un Diomède près, Danjou réalisait son premier doublé. Il a alors trente ans et part se relancer à Caen. Il est nommé capitaine de l'équipe et la conduit comme il se doit vers la relégation (son absence sur blessure en fin de saison s'est accompagnée d'une série de victoires incroyables mais insuffisantes pour assurer le maintien). Danjou retourne alors à Ajaccio où Diomède n'est plus là pour l'empêcher de conduire l'équipe en Ligue 2. Il enchaîne par Créteil qu'il conduit en National.
Cinq relégations, dont un hat-trick: Danjou a définitivement envoyé valser les préceptes de Maître Guy Roux.



10. Laurent Courtois, monsieur Otis

top10_descente_courtois.jpgInternational dans toutes les équipes de jeunes, formé à Lyon, Courtois n'aura pas sa chance dans son club formateur et signe à Ajaccio, seul club qui ne connaîtra pas la relégation durant son passage. Après avoir fait l'ascenseur à Toulouse, il rejoint un club prestigieux, West Ham.
En Angleterre, il joue peu et quitte les Hammers alors que le club est bon dernier de Premier League. À Istres puis à Levante, il fera sa classique (montée en première division puis relégation en finissant bon dernier). Actuellement, il joue à Grenoble pour un nouveau challenge. Il pourrait tenter de faire l'ascenseur dans un sens inédit pour lui (descente puis montée) ou essayer de réaliser la double relégation, que seuls les plus grands champions de descente ont réussi jusque-là. Apparemment, il aurait opté pour tenter la double.
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