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Miklos Lendvai

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Top 10 : Élie Baup leur a fait connaître le monde pro

De Feindouno à Apruzesse, en passant par Rodelin ou Sissoko, l'actuel entraîneur de l'OM a lancé en Ligue 1 quelques joueurs qui sont ensuite allés... plus ou moins loin.

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10. Fabrice Apruzesse, la légende furtive

Fabrice Apruzesse18 novembre 2012 : Marseille se déplace à Bordeaux pour sa traditionnelle non-victoire à Chaban-Delmas. Élie Baup a un effectif décimé en attaque: Gignac et Rémy sont blessés tandis que Jordan Ayew est suspendu. André Ayew est aligné en pointe et Baup conserve trois solutions de rechange sur le banc: Omrani, Raspentino, deux jeunes joueurs et Fabrice Apruzesse, vingt-sept ans, recruté pour épauler les jeunes de la réserve. À la 72e minute de jeu, Baup lance la carrière pro de Fabrice Apruzesse, en remplacement de Mathieu Valbuena. Physiquement, il ne ressemble pas à un joueur de Ligue 1. Impression confirmée quand il se fait reprendre à la course par Marc Planus.


Depuis, il n’est plus apparu en professionnel et aurait, selon Footmercato, des touches avec des clubs de Ligue 2. Avec la réserve, il a tout de même fait le job en marquant une dizaine de buts.

 

 

 

9. Pierre Bastou, en vert et en pente douce

1er décembre 1994 : Saint-Étienne reçoit Martigues. Pierre Bastou est gâté pour sa première en D1: il est titulaire aux côtés de Laurent Blanc, Lubomir Moravcik et Titi Camara devant les caméras de Canal+. Élie Baup, qui l’a entraîné durant deux saisons avec la réserve stéphanoise, compte sur lui cette saison en première division et ne va pas être déçu par la prestation du jeune milieu offensif de vingt-et-un ans. Le match se déroule bien, Saint-Étienne mène 2 buts à 0 très tôt, Bastou peut profiter de sa première. Un peu après l’heure de jeu, sa sortie du terrain se fait sous les applaudissements du public. Par la suite, il devient un membre à part entière de l’effectif, participant aux deux saisons calamiteuses de Saint-Étienne en Ligue 1: une descente évitée de justesse grâce à la montée refusée à l’OM en 1995 et une relégation en bonne et due forme en 1996.
 

Une fois son contrat à l’ASSE terminé, il effectuera l’essentiel de sa carrière en CFA à Aurillac puis à Andrézieux.

 

 

 

8. Kevin Constant, dernier choix

Kevin Constant TFC20 août 2006 : Toulouse reçoit Nice pour la 3e journée du championnat de France. Le Téfécé mène 1 but à 0 et s’apprête à remporter sa première victoire de la saison. Dans les arrêts de jeu, Élie Baup tente un coup de folie en remplaçant Laurent Batlles par Kévin Constant, jeune milieu de terrain de dix-neuf ans. La présence de Constant sur le terrain n’a aucune incidence sur le score final: Toulouse remporte le match. Élie Baup lui offrira une deuxième entrée de jeu dans le temps additionnel durant cette saison, puis deux entrées en cours de match la suivante. Autant dire que Baup avait une folle confiance dans ce joueur, champion d’Europe des moins de 17 ans avec la génération 87.
 

Le recrutement d'Hérita Ilunga en 2007 alors que Baup comptait dans son effectif Jérémy Mathieu, Cheick Mbengue et Kevin Constant pose aussi question. Pour gagner du temps de jeu, il signe à Châteauroux en Ligue 2, puis au Chievo Verone. Il évolue aujourd'hui au Milan AC où il est titulaire.

 

 

 

7. Mouhamadou Dabo, passé par le milieu

Mouhamadou Dabo ASSE7 mai 2005 : Saint-Étienne se déplace au Stadium de Toulouse, pour le choc du ventre mou. Mouhamadou Dabo est sur le banc de touche. Il ne pense pas fouler une pelouse de L1 ce soir-là après les deux changements effectués par Élie Baup dans les vingt premières minutes à la suite des sorties sur blessure de Frédéric Mendy et David Hellebuyck. Mais dans les dix dernières minutes, Lamine Sakho, entré en jeu à la 18e minute, montre des signes de fatigue. Baup décide de bétonner pour assurer la victoire (on en est à 2-0) et fait entrer Mouhamadou Dabo au poste de milieu de terrain. Il connaîtra deux autres entrées en jeu lors de la saison 2004/05 avant de devenir la doublure de Fousseni Diawara au poste de latéral droit la saison suivante. Par la suite, Hasek l’installe sur le côté gauche où il finira par décrocher une convocation en équipe de France.
 

Sa progression ne lui a pas permis de devenir un candidat crédible à la sélection nationale mais Dabo reste un joueur fiable au sein de l'actuel effectif lyonnais.

 

 

 

6. Ronny Rodelin, surgi au tournant

Ronny Rodelin FC Nantes7 février 2009 : Nantes reçoit le Paris SG pour un match de gala dans une saison assez morose. Le club nantais a réussi à s’éloigner de la zone rouge depuis l’arrivée de Baup et est alors 12e du championnat – son meilleur classement de l'exercice. Ronny Rodelin, jeune prodige issu du centre de formation de Rodez arrivé à Nantes à l'âge de dix-neuf ans, voit son équipe se faire dépecer par le Paris SG. À la 75e minute, quand Baup lui annonce son entrée en jeu, son équipe est menée 4 buts à 1. Évidemment, il ne change pas le cours du match, mais aura participé au tournant de la saison nantaise. Après cette entrée en matière, l’équipe dégringole au classement, enchaîne une série de neuf matches sans victoire qui la conduit à la 19e place et donc en Ligue 2. Rodelin est avec Lusinga un des rares jeunes du centre de formation nantais à avoir connu la L1 grâce à Élie Baup.
 

Après quatre saisons d’apprentissage du haut niveau à Nantes, Troyes puis Lille, Rodelin a enfin du temps de jeu régulièrement à la pointe de l’attaque du LOSC et a débuté cette saison dans la peau d’un titulaire, pour la première fois de sa carrière.

 

 

 

5. Marc Planus, à toute vitesse

Marc Planus15 décembre 2001 : Bordeaux se déplace à Fréjus pour un premier tour de Coupe de France. Pauleta se régale en marquant un quadruplé, Bordeaux l'emporte logiquement 6 buts à 0. Marc Planus, dix-neuf ans, entre en jeu pour les dix dernières minutes à la place de David Sommeil et assiste au dernier but de la partie de Pauleta. Barré par Roche, Sommeil, Afanou, Planus ne comptera aucune autre apparition en 2001/02. La saison suivante, le départ du premier et les blessures des deux autres libèrent des places en défense. Planus en profite pour gagner du temps de jeu et s’impose dès 2003/04 comme titulaire en défense centrale, à seulement vingt-et-un ans.
 

Dès lors, il enchaîne les saisons... et les blessures. Depuis 2006, il n’arrive plus à passer la barre des trente matches de Ligue 1 mais parvient à décrocher sa place pour la coupe du monde 2010.

 

 

 

4. Juan Pablo Francia, avant la disparition

Juan Pablo FranciaAu début des années 2000, une génération pousse du côté du centre de formation bordelais, avec Valbuena, Chamakh, Mavuba, Lavie. Élie Baup ne donnera sa chance qu’à l’un d’entre eux: Juan Pablo Francia, qui débute en Ligue 1 pour la dernière journée du championnat 2001/02. Bordeaux a assuré sa qualification européenne en remportant la Coupe de la Ligue. Baup en profite pour offrir leur baptême de l’élite à plusieurs jeunes: Oliveras, Barry et Francia. Le milieu argentin est le seul qui connaîtra une suite dans l’élite, mais il devra attendre le remplacement de Baup par Pavon en 2004 pour à nouveau connaître la Ligue 1. Joueur plutôt doué techniquement et habile sur coup franc, Francia ne résistera pas à la pression du haut niveau et arrêtera le foot pro à l’arrivée de Laurent Blanc sur le banc bordelais.
 

Il retourne vivre en Argentine où il évolue au sein d'un club de troisième division. Avec Afanou et Cid, Francia est le troisième joueur sorti du centre de formation bordelais à arrêter brutalement sa carrière, malgré de belles promesses sur le terrain.

 

 

 

3. Moussa Sissoko, la jeunesse n'est qu'un mot

Moussa Sissoko TFCÉlie Baup est passé par de nombreux clubs réputés pour leur centre de formation. Parmi les nombreux jeunes frappant à la porte de l’équipe première toulousaine, l’entraîneur à casquette n’accorde réellement sa confiance qu’à un seul joueur: Moussa Sissoko. Il n’a pas encore fêté ses dix-huit ans quand il entre pour la première fois en Ligue 1 lors de la première journée de la saison 2007/08 à Valenciennes. En quelques matches, il enterre Fabinho et s’impose au milieu de terrain du Téfécé. Ses camarades du centre Capoue, Mbengue et Tabanou devront attendre la nomination d’Alain Casanova pour devenir des joueurs réguliers du TFC.
 

Moussa Sissoko devient très rapidement un des tauliers du club toulousain, et grâce à Raymond Domenech, le premier international français d'Élie Baup.

 

 

 

2. Lionel Potillon, avant Sagnol

Lionel Potillon29 juillet 1994 : Élie Baup, ancien entraîneur de la réserve, dirige pour la première fois une équipe pro dans l’élite. Il titularise pour l’occasion Lionel Potillon, latéral gauche tout droit sorti du centre de formation stéphanois. À vingt-et-un ans, il s’impose en tant que titulaire et ne laisse pas une seconde de jeu à David Charriéras, son compère de formation. C’est le seul joueur à ce jour que Baup ait installé aussi vite dans une équipe première à la sortie du centre de formation. À Sainté, Willy Sagnol ne connaîtra pas le même bonheur et devra attendre son limogeage pour découvrir l’élite.
 

Potillon a joué durant sept ans sous les couleurs de Sainté, où il a connu deux descentes et demi, et une montée. Il a évolué au Paris SG sous Luis Fernandez avant de finir sa carrière à Sochaux. Son passage à la Real Sociedad est purement anecdotique.

 

 

 

1. Pascal Feindouno, comme un éclair

Pascal FeindounoPascal Feindouno est le joueur qui a écrit la légende d’Élie Baup. En marquant le but offrant le titre de champion aux Girondins en 1999, le Guinéen est devenu un symbole, la marque que l’entraîneur à casquette aimait faire confiance aux jeunes. Il entre pour la première fois en jeu le 12 décembre 1998 pour la réception du HAC. Il a encore dix-sept ans et remplace Kaba Diawara alors que les Girondins mène 2 buts à 0. Il connaîtra une autre entrée en jeu avant son but au Parc. Baup n’en fait un titulaire qu’en 2002, après deux saisons d’apprentissage aux Girondins et une saison de prêt à Lorient, où il explose.
 

Il aura connu ses plus belles années de footballeur à Lorient avec Darcheville et à Sainté avec Piquionne mais son irrégularité l'a empêché de faire la carrière qui lui tendait les bras. C’est un peu le Ronaldinho du pauvre: un superbe sourire, une belle technique, un goût pour la fête et un déclin arrivé très tôt.

 


Liste exhaustive : Lionel Potillon, Adel Chedli, Dominique Aulanier, Pierre Bastou, Fouzi Ziadi, Stéphane Guichard, David Costé (Saint-Etienne), Pascal Philippe, Pascal Feindouno, Nicolas Sahnoun, Hervé Bugnet, Abdoulaye Barry, Patrick Leuguen, Arnaud Faget, Juanpablo Francia, Olivier Auriac, Oliveras, Alexander Kossonogov, Anicet Adjamossi, Cedrick Fiston, Marc Planus (Bordeaux), Julien Perrin, Mouhamadou Dabo, Abdelaziz Kamara (Saint-Etienne) Benoît Benvegnu, Alseny Camara, Walid Cherfa, Kevin Constant, Arnaud Mermillod, Cheikh Mbengue, Etienne Capoue, Moussa Sissoko, Kevin Dupuis (Toulouse), Ronny Rodelin, Lusinga (Nantes), Senah Mango, Baptiste Aloé, Kevin Osei, Larry Azouni, Wesley Jobello, Jonathan Santiago, Fabrice Apruzesse (Marseille).

 

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