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L1 :: la gazette :: J14

Tombés dans le panneau

En panne de motivation plus que d'inspiration, l'équipe de France a terrassé le public du Stade de France, pas son adversaire uruguayen.
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Un match faible sur le plan technique mais disputé sur un rythme honnête, des actions nombreuses mais peu d'occasions, un festival de tirs et de têtes à côté et surtout au-dessus des cages... Fallait-il en attendre tellement plus qu'une revue d'effectif agrémentée de quelques tests?


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Les gars

S'il dû rester constamment vigilant compte tenu de la constance offensive uruguayenne, Lloris n'a pas eu d'exploits à produire. En dépit de l'abondance des centres rouges, il n'a pas pu démontrer sa supériorité dans un domaine aérien qui a mis Mandanda sur la sellette.

Charnière de laboratoire

Fanni a fait valoir son impact athlétique et sa vitesse sur un côté droit assez animé. Il a tenté de déborder, s'est parfois enflammé, mais a confirmé que les jeunes d'aujourd'hui ne font aucun complexe pour leurs premières sélections. Actif dans quelques bons coups offensifs, Évra s'est surtout signalé par des erreurs un peu trop visibles, comme cette aventureuse passe en retrait pour Mexès qui débouche sur une grosse occasion de Rodriguez (22e). Il n'a toutefois pas manqué de réussite: à la réception d'un centre en pleine surface, un contrôle miraculeux lui permet de ne dégager au milieu de trois Sud-américains (30e), et il sauve sur sa ligne un ballon repris de la tête par Cavani sur corner (86e).

Sur cette action, Gallas est dominé dans les airs, à l'image d'une charnière qui aura dû compter sur la maladresse adverse pour ne pas présenter un bilan plus alarmant. Régulièrement pris en profondeur et sur les centres, son duo avec Mexès est encore expérimental. Le Romain a tenté de se rassurer avec une ou deux fautes à quarante mètres, non sans trahir une certaine fébrilité sur certaines interventions délicates. La confiance, ce sera pour plus tard.

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Un milieu juste

Des mauvaises passes et des récupérations de balle: l'entame de Toulalan a été un peu désordonnée. Il a ensuite été au four et au moulin avec une performance mi-figue, mi raisin. On retiendra son coup de la scie circulaire (faute acrobatique, 43e). Lent, mal placé, sans apport offensif: Vieira a disputé une mi-temps de reprise pour laquelle il ne serait pas judicieux de montrer trop d'exigence. Son contrôle enchaîné d'une frappe du gauche aurait enjolivé cette terne sortie (34e).
En seconde période, Alou Diarra a une nouvelle fois donné l'envie d'employer le qualificatif "brouillon" à son sujet, mais ce n'est pas rendre justice à son volontarisme. Il a conclu le match avec une reprise au-dessus, après un centre d'Évra renvoyé (90e+3).

Pas forcément flamboyant, Ribéry figure quand même dans une bonne moitié des bons coups joués par son équipe. Ses centres trouvent deux fois la tête d'Anelka, et ses passes aussi bien le Blues que le Marine Gourcuff, avec lequel il aura beaucoup combiné: tous deux l'ont privé du statut de passeur décisif. Moins en verve qu'au cours de ses riches heures de l'automne, Gourcuff a tout de même alimenté le jeu avec sa justesse technique habituelle et ajusté de bons coups francs. On lui reprochera peut-être plus qu'aux autres de ne pas avoir eu de geste décisif.

Malgré sa fraîcheur, Nasri n'a pas réussi à faire la différence, butant comme les autres sur le rideau rouge. Si Savidan avait choisi le caviar plutôt que la louche (78e), il en serait peut-être allé autrement.


Des attaquants hors-cadre

Henry a vu beaucoup de bons ballons lui échapper de peu. Son placement a été flou, l'attaquant ayant souvent repris l'axe sans s'y montrer décisif, ne parvenant pas plus que ses partenaires à déclencher un tir vraiment dangereux. Anelka, très présent durant une demi-heure, a laissé son efficacité en Angleterre: sa tête ne trouvera pas le cadre (17e) avant de ne pas trouver le ballon (21e), et il ne sera pas plus heureux en position de tir (trop croisé à la 25e, trop décroisé à la 36e).

Savidan a croqué goulûment dans ses trois quarts d'heure de gloire, s'essayant notamment à découper les filets avec une paire de ciseaux (62e et 67e). On l'a vu à d'autres occasions (tir sorti en corner par Carini, 54e, lob trop enlevé, 78e), sans que son conte de fées ne soit embelli d'une réalisation sous sa première cape.
Benzema est entré avec une idée derrière la tête: marquer un but. Mais on l'a plus souvent vu en lanceur d'attaques qu'à la finition. Son tir lointain se perd dans la pelouse (80e) et son centre-tir à angle fermé n'aura pas meilleure fortune (84e). Briand est resté très discret au sein d'une équipe trop chamboulée par les remplacements pour rester très cohérente.



fra_uru_wenger.jpgLe non-match d'Arsène Wenger

Le problème dans le football, c'est qu'on est tellement gavé de situations douteuses qu'on finirait pas ne plus y prêter attention. Ainsi, personne ne semble choqué par un Arsène Wenger qui vient sur TF1 toucher son jeton de présence pour commenter un match international qu'il a ouvertement débiné au cours des jours le précédant. Pire, bien lancé par Jean-Michel Larqué et relancé par Christian Jeanpierre, le manager d'Arsenal a d'emblée débité son laïus sur ce thème, qui deviendra le fil rouge de la retransmission. Quand on sait la faiblesse de l'éclairage technique et tactique apporté par l'arsouille, il y a quand même de quoi crier à la fumisterie.



Les observations en vrac

• Grâce aux 57 coups francs et corners concédés, l'équipe de France a enfin pu travailler les coups de pied arrêtés.
• Christian Jeanpierre a parlé d'un "corner intéressant". Peut-il nous expliquer ce que serait un corner "pas intéressant"?
• Il n'y a pas eu que le coup d'envoi qui a été fictif, la première mi-temps aussi.



Faire l'affaire

Conséquence absurde de l'hystérie politique ayant suivi les sifflets de France-Tunisie, ce match amical recelait un enjeu non-sportif de taille, entretenant ce que Christian Jeanpierre, au moment du lancement du match durant le journal de Laurence Ferrari, n'a pas hésité à qualifier de "suspens": la Marseillaise allait-elle être de nouveau conspuée? Or, à moins d'imaginer l'expression massive de jeunes Français d'origine uruguayenne frustrés par le sort que leur réserve la République, une seule explication aurait été valable pour de tels sifflets: conséquence logique d'une surenchère dans la stupidité, ils auraient en effet consacré cet acte comme "la" provocation à commettre pour déclencher facilement une tempête médiatique.

En définitive, le gouvernement s'en est bien sorti. Menacé de ridicule, il a misé sur l'absence probable d'incident pour échapper au cauchemar d'une évacuation de stade, décision absurde entre toutes, et ainsi fait accroire que son autoritarisme a muselé les provocateurs. La sono poussée à fond dans le stade et les sourdines bien enfoncée sur les micros d'ambiance de TF1, toutes les précautions avaient été prises (1). Avec le moratoire sur la réception des sélections issues d'anciennes colonies, la mesure va pouvoir descendre aux oubliettes et s'y faire oublier. Citoyen, tu peux encore siffler la Marseillaise. Sous ta douche.

(1) Christian Jeanpierre  : "Compte tenu des moyens techniques mis en place au niveau de la sono pour ces hymnes, il n'y aura aucun souci et on n'entendra pas les sifflets et c'est bien ainsi car ce soir, c'est la fête du football".


Le match vu du forum

=>> tholotforever - 21:30
Y a pas de révélateur pour dénoncer la nullité des commentaires ?

=>> bcolo - 22:11
Et Lloris est toujours invaincu en sélection...

=>> Alain J'y suis - 22:16
Ma femme devant le match: "Gourcuff et Ribéry c'est un peu la Belle et la Bête". J'aime bien ma femme...

=>> emink - 22:21
Ça alors, Vieira est sorti, même pas sur blessure.

=>> tholotforever - 23:10
Ça siffle, ca siffle, faut évacuer le SDF... Ah, heu non, pardon, on me dit dans l'oreillette que c'est juste une bronca et que le stade va se vider tout seul vu que le match est fini.

=>> Vel Coyote - 23:54
Ouais finalement l'homme le plus offensif ce soir c'était Astorga, qui s'est bien dévergondé sur ce coup. Il fait sa remarque sur le manque de présence au second poteau, Wenger lui répond "Ouais mais bon c'est Gourcuff qui foire son centre", et là Astorga se dit, mec, c'est ton moment, et relance d'un "OUI MAIS N'EMPECHE...". Là où Vincent Hardy aurait pas bronché et serait retourné tenir la main de son moniteur.

=>> forezjohn - 01:10
Y a que moi qui ait tiqué sur le fait que Christian Jeanpierre ait chronométré la Marseillaise? "1 minute 03" (sic)


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