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Le Feuilleton de la L1, numéro XXV

Suède short

Encore un match nul pour une équipe de France à mi-temps, mais avec des motifs d'espoirs pour nous autres... Bleurama.

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Après un nul Banania contre la Bosnie au mois d'août, un nul neurasthénique contre Israël en septembre, un nul batailleur contre l'Eire en octobre et un nul malchanceux contre la Pologne en novembre, les Bleus continuent donc sur leur lancée avec un nul qui ressemble à un cocktail des quatre précédents. Comme contre la Bosnie, ils ont encaissé un but sur un flottement défensif, comme contre la Pologne, ils ont poussé leur adversaire dans les cordes pendant toute la première mi-temps, comme contre l'Irlande, ils ont eu beaucoup de mal dans les duels et comme contre Israël, ils ont passé une bonne demi-heure dans le chloroforme, au point d'endormir un public a priori bien disposé (qui avait plusieurs olas dans les jambes).

 

La nalyse

Contraint à la litanie des interviewes comportant au moins cinq fois le mot "construction", Domenech, en voyant se rapprocher les échéances qualificatives, est bien obligé de consolider les murs de sa sélection. Son choix de maintenir le onze de départ après la pause, au vu d'une première mi-temps brillante, confirme cette attente. Partisan déclaré du 3-5-2, revenu par pragmatisme et par manque de résultats à un 4-4-2 classique, Domenech avait débuté 2005 avec un 4-3-3 entièrement d'époque, instituant Dhorasoo en meneur de jeu et Giuly en animateur de l'aile droite. Une option audacieuse récompensée en première période par une belle animation offensive avec un 13 étonnant de vitesse, de précision, de conservation de balle et de jeu en première intention.

 

Le dispositif se voyait récompensé par un fort impact dans l'entrejeu, une présence continue du duo d'attaque et un nombre significatif d'occasions. Mais, signe de la fragilité de l'édifice, c'est justement après la pause que l'on assista au retour des carences collectives... Victime d'un manque d'envie, de fraîcheur et d'organisation, les Bleus laissèrent des boulevards aux Suédois et furent sur le point de céder après l'heure de jeu, sur de nouvelles parties de billard dans la surface de Coupet. Il faudra attendre le dernier quart d'heure, avec la rentrée de Meriem porteur du numéro 10 (le fétichisme post-Zidane semble enfin abandonné) pour renouer avec un peu d'animation, mais sans efficacité.

 

Les enseignements seront donc contradictoires, selon l'importance accordée à l'une ou l'autre de ces périodes. L'équipe de France ne pourra pas vraiment s'appuyer sur de réels acquis, et est condamnée à progresser encore pour tracer son chemin jusqu'en Allemagne...

 

Les gars

Cueilli à froid avant d'avoir touché un seul ballon et après avoir été victime d'un poteau plus facétieux avec lui qu'avec Barthez, Coupet a ensuite réalisé un bon match, contrôlant les longs ballons en première mi-temps et réussissant deux belles parades à l'heure de jeu.

 

Gallas fait ce qu'il peut pour convaincre les sélectionneurs successifs qu'il n'est plus un joueur de couloir, mais en vain. Domenech l'a même déplacé de gauche à droite après la sortie de Zebina. Comme d'habitude, le joueur de Chelsea a manqué une occasion monstrueuse en première mi-temps, et il a failli battre Coupet deux fois dans la même minute, ce qui est plutôt rare. Au décompte, on peut donc se féliciter qu'il soit maladroit devant le but.

 

Ses collègues de défense susciteront aussi des interprétations très contrastées de la valeur de leur prestation. Pour les uns, Givet et Squillaci auront brillé par leurs approximations de placement et la faiblesse de leur relance (quand ils ne réussirent carrément pas à dégager leur camp, comme sur le but suédois). Les autres auront apprécié la combativité débridée de l'un et le sérieux de l'autre. Même si Domenech affirme vouloir privilégier la complémentarité de cette paire, la porte est cependant loin d'être fermée pour Boumsong, Mexès ou Gallas.

 

Même hésitation à tirer des conclusions définitives pour Zebina : auteur de débuts très volontaires en première mi-temps, qu'il a passée dans la moitié de terrain adverse, il n'a pas vraiment créé de différences significatives, ni trouvé de combinaisons probantes avec Giuly. Mais on ne va pas critiquer d'emblée un vrai spécialiste pour sa première titularisation en latéral. Le duo de récupérateurs est encore loin du niveau qu'on lui souhaite.

 

Vieira, qui déménage toujours autant, peine à s'imposer comme un vrai leader d'équipe: on ne l'a ainsi pas vu prendre les choses en main au moment où les Bleus perdirent toute cohésion. Comme souvent ces derniers mois, ses percussions dans l'axe n'ont pas eu de conclusion heureuse (comme cette ouverture pour Trezeguet dès la 8e minute).

 

Pedretti a fait valoir la plus grande variété de ses transmissions, et il a su prêter main forte à la défense lorsque le bateau tanguait. Mais on comprend que sa saison compliquée en club ne favorise pas un subit épanouissement avec la sélection. Lui aussi n'est pas parvenu à donner une vraie impulsion au jeu, et il n'a pas été particulièrement brillant sur les coups de pied arrêtés.

 

Dans un style à la Giresse, Dhorasoo a été intenable pendant trois quarts d'heure, apportant une vitesse et une improvisation qui manquaient cruellement aux Bleus. Après un net passage à vide, il a bien fini le match, malgré un manque croissant de lucidité dans le dernier geste. Giuly est sans doute la plus grosse déception de la soirée. Peu inspiré en première mi-temps, pourtant aidé par un Zebina très inspiré, Giuly a manqué à peu près tout ce qu'il entreprenait, que ce soit des passes mal ajustées en profondeur, des centres au troisième poteau ou des frappes sans réussite. Il n'a pas plus convaincu en seconde période, avant que Meriem ne le remplace. Le Bordelais mériterait de jouer plus longtemps.

 

Pas plus efficace qu'en 2004, Henry a tout de même retrouvé avec bonheur son vieux complice Trezeguet. Sa classe n'est plus à démontrer, ce qui devrait l'inciter à ne pas manifester une nervosité un peu ridicule et qui tend à lui faire perdre sa lucidité. Trezeguet, bien en jambes en première période, mais un peu imprécis sur ses tirs, n'a presque plus touché le ballon par la suite, sauf sur des remises loin du but. Ses occasions et son but plaident cependant pour lui, d'autant qu'on connaît son registre.

 

Le match de TF1

Pour sa première sélection en cabine de commentateur, Thierry Gilardi a sevré de micro ses deux acolytes, justifiant le point de vue de ceux qui se demandent à quoi sert de commenter un match à trois. Le duo Wenger-Larqué, si complice au crépuscule de l'ère Roland, en étaient quitte pour regarder passer les trains. Surtout Jean-Mimi, un peu étouffé par un acolyte en pleine santé. Le téléspectateur, habitué depuis plus de vingt ans aux timbres des deux gars, y perdait aussi ses repères. Ça ira mieux dans vingt ans.

 

La vraie relégation reste quand même celle de Christian Jeanpierre. Déjà réduit à jouer les utilités à Téléfoot, le voilà perronnetisé au bord de la pelouse avec des interventions UVA (ultra-faible valeur ajoutée). Quoique de ce côté, Gilardi ne fera pas beaucoup mieux en assurant que Kallstrom "ne veut se faire couper les cheveux qu'en Suède". La valeur ajoutée de Wenger, c'est d'abord sa connaissance du foot anglais, qui lui assurera une reconversion chez TPS en cas de malheur (improbable) à Arsenal. Finaud comme pas un, il fait diversion au moment où Vieira teste sa fameuse manchette aérienne sur Allbäck. Comme le ralenti est accablant et que les soins durent un peu, l'entraîneur règle le compte du Suédois: "C'est un joueur qui aime le choc". Qu'on se rassure donc, il n'a que ce qu'il mérite.

 

Ça m'énerve : le lobbying sur TF1

Poursuivons sur notre ami Arsène. Au début, il y avait quelque amusement à entendre l'entraîneur londonien maugréer contre la durée du travail de "ses" joueurs. Mais, là, ça devient franchement pénible d'entendre le porte-parole officieux du G14 manifester en direct sa mauvaise humeur de garde-chiourme parce que Henry avait dépassé l'heure de jeu, comme si le sélectionneur lui devait de tenir de quelconques "promesses". Qu'il se rassure : Pires sera en pleine forme ce week-end.

 

Les observations en vrac

> Dhorasoo bien coiffé : c'est une consigne du Milan AC ou c'est pour se faire mieux voir en sélection?

> Il faudrait arrêter de dire, à chaque fois que Trezeguet rate le cadre, qu'il est rare que Trezeguet rate le cadre.

> Henry a reproché à Isaksson d'avoir pleurniché sur les contacts. Qu'il aille jouer à Rennes et on verra s'il ne devient pas un peu émotif lui aussi.

 

Le mot de Jean-Patrick Sacdefiel

Gilardi nous a expliqué que Givet était très doué pour le tennis-ballon. Si cette discipline venait à être reconnue comme sport olympique, il faudrait titulariser d'office le Monégasque. Ça libérerait la place pour un vrai défenseur central.

 

Le néologisme de la soirée

Christian Jeanpierre : "Une équipe suédoise qui s'est bien rebectée".

 

Le match du malentendant

Il fallait bien sûr comprendre :

> "Christian Jeanpierre au bord de la pelouse" et non pas "Christian Jeanpierre aborde Naplouse".

> "Linderoth au combat avec Zebina" et non pas "Line Renaud se bat contre le sida".

> "Lucic-Isaksson-Östlund" et non pas "Lucy in the sky with diamonds".

 

Les titres auxquels vous avez échappé

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