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Xavier Monnier

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Klose 2 heaven

Suckers City Stadium

Invité: Bakchich – Le très grand stade de Johannesburg risque de coûter cher aux citoyens locaux, et son avenir est plus qu'incertain...
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bakchich_fifa2.jpgRien n’est trop beau pour la première Coupe du monde africaine de football. Pour l’occasion, le Soccer City Stadium à l’Est de Soweto a donc fait peau neuve: 3,4 milliards de Rands pour le rénover et le doter de 94.000 places, assorties de 228 loges réparties sur deux niveaux. Le match d’ouverture, la finale et six autres rencontres s'y seront déroulés à la fin de la compétition.
Pour faire avaler la pilule particulièrement amère aux contribuables qui supportent l’intégralité de l’addition, la mairie de Johannesburg propriétaire du superbe édifice en forme de calebasse, affirmait dans son rapport d’activité de 2008 "qu’elle s’assurerait qu’il bénéficierait aux citoyens de la commune, longtemps après le coup de sifflet final de la Coupe du monde". Las, les bonnes intentions n'ont pas suffi à éteindre les tensions nées de l'attribution de la gestion du stade pour dix ans à une toute petite société créée pour l'occasion, National Stadium SA (NSSA).


L'heureuse lauréate présente un actionnaire majoritaire un peu particulier. GEM pour actionnaire majoritaire: Global Event Management (GEM), une boite spécialisée dans la fourniture d’agents de sécurité... et dont 26% appartiennent à certain Gladwin Khangalé. L’habitant de Soweto, ex-vigile chez GEM, a été incapable de fournir à la presse de Johannesburg la moindre explication crédible sur ses fonctions dans l’entreprise, la date, le prix, et surtout l’origine des fonds au moyen desquels il aurait pris 26% du capital de GEM; une participation qu’aux dernières nouvelles, il affirme ne plus détenir…
Il n’en fallait pas plus pour que la frange la plus radicale de la population blanche de la ville dont le cœur penche plutôt côté rugby, ne reprenne ses critiques envers le "2003 Broad Based Black Economic Empowerment Act", une disposition législative controversée destinée à favoriser au moyen d’une politique de discrimination positive, l’accession économique de la population noire aux marchés publics. Une disposition régulièrement accusée d’encourager conflits d’intérêts, irrégularités, fraudes à grande échelle et finalement corruption dans les appels d’offres.

Une critique non dénuée de fondement au vu des modalités de désignation de la société NSSA en qualité de gestionnaire du Soccer City Stadium… D'autant que la convention passé entre la société et la mairie de Johannesburg présente des atours baroques qui lui attribue la totalité des recettes de la Coupe, 72% des recettes futures si l’exploitation du stade génère moins de 10 millions de Rands de profit par an, et qui lui donne enfin le contrôle d’un "compte de réserve" au contenu obscur.

Célèbres pour leur sens de l’autodérision, les habitants de Johannesburg le désignent déjà comme le "Suckers City Stadium" qu’on pourrait traduire en français et avec beaucoup de retenue par "Stade de la ville des dindons de la farce".

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Le Soccer City Stadium et le Nelson Mandela Bay Stadium au cours de leur construction.

Nelson Mandela Bay, stade condamné
Entaché de soupçon de favoritisme et d'un brin de corruption d'hommes politiques locaux, que ce soit lors de l'appel d'offres pour sa construction, sa gestion ou sa régie publicitaire, le Nelson Mandela Bay Stadium de Port Elizabeth a un avenir un peu bouché.  Inauguré le 7 juin 2009, il aura coûté à la seule municipalité de Nelson Mandela Bay, en situation financière très délicate, plus de 400 millions de rands. Et ne saurait être bénéficiaire qu'en accueillant une quinzaine de rencontres internationales de rugby par an. Une gageure. À l’approche de l’ouverture de la compétition, le patron des marchés publics locaux, Graham Richards, patron du ECTB s’est finalement décidé à regarder la vérité en face: "La construction du stade aura un impact négatif sur nos capacités à investir dans les infrastructures de la ville au cours des 15 prochaines années. Mon sentiment est que si le gouvernement du pays ne trouve pas un moyen d’y remédier, les conséquences seront irrémédiables et mes collègues partagent mon point de vue". Il est bien temps.
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