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Julie Grémillon

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Subventions publiques et clubs pros

Bruxelles autorise les clubs professionnels français à percevoir des subventions de la part des villes, des départements et des régions. Mais le principe est-il légitime, si l'on n'oblige pas les clubs et les joueurs à s'impliquer dans la vie locale?
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Les subventions publiques aux clubs sportifs professionnel ont été autorisées par la Commission européenne, qui a jugé que la loi française, redéfinie par M.-G. Buffet est conforme aux traités européens. Les subventions des collectivités locales auraient dû disparaître début 2000 si la législation Pasqua avait été appliquée, elles sont désormais plafonnées à 25 millions de francs pour les clubs de football de première division. On pourra débattre sur la légitimité douteuse d'un financement par l'argent public de ces entreprises privées à but très lucratif que sont les clubs de D1, mais la loi prévoit de n'affecter les sommes qu'à des missions d'intérêt général. Il sera cependant difficile de faire croire aux contribuables que nous sommes que les salaires de nos stars préférées (la masse salariale représente 43% du budget des clubs) sont d'intérêt général, pas plus que les objectifs de rentabilisation financière des actionnaires du foot. Seules les dépenses liées aux centres de formation ou à l'aménagement des stades entrent dans ce champ — et encore les présidents sont-ils plus pressés de faire des loges pour carrer au chaud le cul de leurs partenaires économiques plutôt que d'améliorer les équipements pour le commun des supporters. Ceci précisé, il faut bien comprendre que cette disposition de la loi Buffet est une sorte de contrepartie à l'interdiction pour les clubs de coter leurs actions en bourse, grande revendication des patrons, et qu'elle constitue un effort pour les maintenir encore un peu dans "l'ancienne économie" du foot pro, afin de lui conserver un lien avec la sphère publique. Cela ne suffira pas pour l'empêcher de basculer totalement dans le business le plus débridé, mais la démarche est compréhensible de la part de ce ministère. Au-delà, il s'agirait surtout de définir une série d'obligations pour les clubs et surtout les joueurs pros envers ces collectivités qui contribuent à leur financement: actions dans les écoles, les clubs amateurs, les quartiers difficiles etc. On peut en imaginer une quantité, avec l'objectif de responsabiliser un peu nos sportifs millionnaires et de leur faire toucher du doigt des réalités sociales desquelles elles sont de plus en plus coupées. Leur temps libre suffirait largement à caser un nombre d'heures fixes par mois, consacrées à ces devoirs envers la collectivité. Les joueurs n'y perdraient pas en termes d'image, tant leurs revenus suscitent aujourd'hui de réactions d'écœurement. Les subventions publiques ne sont pas forcément un scandale, à la condition qu'un minimum de sens leur soit donné… Ces subventions sont dans l'actualité, puisque celle du PSG a été votée par le nouveau Conseil municipal, en respect des engagements de l'ancienne majorité et malgré l'opposition de quelques élus verts. Les 43 millions de francs seront donc versés cette année, mais le partenariat va être renégocié et le plafonnement par la loi obligera de toute façon à la réduire. Le chargé des sports à la Mairie, Pascal Cherki, a cependant déclaré au JDD qu'il n'était pas question de la supprimer, mais bien de redéfinir les termes de l'échange. Pour des idées, voir ci-dessus. Pour la morale, 43 millions, ça fait combien de crèches?
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