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Spirale du meilleur moment de la saison

Succédant à une "saison à la con", la cuvée 2007/08 a été riche en moments de grâce... Nous en avons ramené cinq dans nos filets, le vôtre est-il parmi eux?
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Après des désillusions en cascade, pour l’immense majorité des supporters non-lyonnais, on peut être conduit à se demander par quelle pulsion masochiste ou quelle lubie autodestructrice on est devenu passionné de football.
La Spirale du meilleur moment de la saison répond à cette question: parce qu’à chaque seconde de chaque match, le supporter de foot sait qu’il peut se passer un évènement incroyable, qui le fera se lever de son siège, de son canapé, de son fauteuil roulant. L’histoire footballistique personnelle de chacun pullule d’ailleurs de ce genre de moments, qui font oublier tous les 0-0, tous les matches piteux qu’on s’est forcé à regarder et qui entretiennent l’illusion que le football est avant tout porteur de moments heureux.

La Spirale du meilleur moment de la saison vient chercher dans les recoins de l’année footballistique écoulée pour dénicher ces instants de bonheur, qu’ils durent quatre-vingt dix minutes, ou quelques dixièmes de secondes.

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Liverpool-OM (0-1)

Situation: d'un côté, une équipe qui vient de virer son entraîneur, réalise une entame cauchemardesque de championnat, et dont le meneur refuse malgré lui de participer à la fête. De l'autre, un adversaire surpuissant au casting quatre étoiles et demi (il manque un peu de glamour à Benitez) qui joue dans le Maracana européen et hébergeant ce soir-là la plus rutilante compétition de l'UEFA. Un tableau idyllique pour une bonne branlée (l'histoire ne bégayant pas toujours, celle-ci finit par arriver, mais c'est une autre histoire).

Et puis, dans une ambiance légèrement "On ne vous a pas vraiment pris au sérieux, les gars", Liverpool, à domicile, subit les assauts et la maîtrise d'une équipe inattendue, sûre de son fait, placée, rigoureuse et puissante – tout ce qu'aucun observateur récent de l'OM eut pu s'attendre voir s'est passé ce soir-là. Comme dans un rêve de supporter, mais aussi pour le plaisir du simple spectateur qui souhaite assister à quelque chose, l'OM étouffe Liverpool et ses mille supporters Anfield. Et à la 77e, un jeune joueur alors méconnu enrobe une frappe dans une faille spatiotemporelle qui la fait atterrir en lulu, tout simplement.

Qu'est-ce qui a manqué pour que le moment soit parfait? Que le match soit décisif, que Liverpool ait aligné sa plus jolie composition, que Marseille joue en bleu, que Selim Arrache ait marqué un but, que Valbuena ait glissé ou non au moment de la frappe? Au contraire. Dans cet anecdotique épisode de David contre Goliath, l'on savoure le moment pour ce qu'il est. C'est une histoire, éphémère, un concentré pur d'émotion, avec son lot d'histoires édifiantes à raconter autour. Souvenez-vous: la première victoire d'une équipe française en terre liverpuldienne...

Atout
C'est quand même ce soir-là que chacun a découvert que la lumière ne venait pas des projecteurs mais d'Eric Gerets lui-même.
Faiblesse
L'arbitre a refusé un but hors-jeu à Ziani. Essayez d'imaginer quelle aurait pu être la saison de l'OM si cela avait été Ziani et non Valbuena. Vertigineux.


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"I am Gael Givette, yes, but you confonds me avec Carlos Valderama, we have la même vitesse de jeu but I am Gael Givette".


Glasgow Rangers-OL (0-3)

Il faut se souvenir de Juninho, la mine défaite, admettant qu’il fallait désormais que l’OL se concentre sur une hypothétique qualification en coupe UEFA, pour saisir la portée de l’exploit. Que la qualification soit encore possible avant le déplacement chez les Rangers était déjà un miracle après la claque infligée par les Ecossais au match aller. Lyon répondra par un KO avant la limite. Alors que la France se demande si Ben Arfa et Benzema sont capables de briller aussi fort en dehors des frontières, la confirmation est cinglante. Aussi grâce à Govou, toujours génial dans les grands moments. Dans le cadre superbe d’Ibrox, le public applaudira les vainqueurs.

Atout
Un exploit européen à Glasgow, ça mérite enfin une récompense.
Faiblesse
Des 3-0 en poule suivis de rien du tout, l’OL en a déjà livré un paquet.


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C'est bon, tu peux te relever. De toute façon on l'achètera pas, ton calendrier.


Liverpool-Arsenal en quart de finale de C1 (1-1, 4-2)

"Parfois, on n’a juste pas envie. Pas envie de disserter sur la mise à mort du football par le business, pas envie de compter le nombre de joueurs nationaux sur le terrain, pas envie de regretter la disparition des clubs norvégiens de la compétition. On a juste envie de siroter son mojito, de fumer sa cigarette et de souhaiter revenir en arrière pour revivre encore le match sans en connaître à l’avance les péripéties et le résultat. Du plaisir pur".

Ainsi commencions-nous le compte-rendu du match retour ayant opposé Arsenal et Liverpool, ébahis par la qualité du spectacle proposé. Comme un symbole de la saison des Gunners, c’est au moment où leur jeu collectif atteint sa plénitude que l’équipe se fait éliminer de la C1, face à une machine de précision espagnole.
Torres déjà décisif, Kuyt partout sur le terrain, Walcott qui se prend pour l’Owen de 1998. Si certains matches cette année ont été plus exaltants par leur scénario, celui-ci fut certainement le plus abouti en matière de football.

Atout
Arsène Wenger serait ravi de terminer la saison avec le plus prestigieux des trophées.
Faiblesse
Étant donné le résultat final, ça va être compliqué de voter pour ce match et pour la résurrection du football offensif en même temps.


sarko_wenger.jpg
"Ah ah vous êtes tiède! J'étais sûr qu'en dépit des apparences, vous n'étiez pas mort!"


Les deux dernières journées de L1

Merci qui? Merci Laurent Blanc d’avoir entretenu l’illusion? Merci à Pablo Correa et à Eric Gerets d’avoir permis à l’une des plus belles remontées de l’histoire du championnat de se prolonger jusqu’aux dernières minutes de la saison? Merci à Lens et au PSG d’avoir repoussé les limites de la nullité aussi loin que possible? On aurait tout aussi bien pu nommer "Le suspense en L1" pour la Spirale de la résurrection, tant les émotions de fin de saison, pour une quantité inhabituelle d’équipes, auront été grandes.

Après plusieurs années à l’issue desquelles la seule question qui se posait à partir de la trente-cinquième journée était de savoir si l’OL battrait son propre record de points, de victoires à l’extérieur, ou de but marqués du pied gauche dans le deuxième quart d’heure, la saison 2007/08 aura enfin ressemblé à un vrai championnat.

Atout
Étant donné qu’on n’a vu aucun match à cause des multiplex, c’est plus facile d’imaginer qu’ils étaient tous excellents.
Faiblesse
Autant de suspense pour que l’histoire se termine comme toutes les précédentes, c’est à la limite du sadisme.



Pays-Bas-Russie (1-3)

Non, Olivier Rouyer, un match avec des buts de Roman Anatolyevich Pavlyuchenko, de Rutgerus Johannes Martinius van Nistelrooij, d’Andreï Sergeyevich Archavine et de Dmitri Yevgenyevich Torbinskiy n’est pas un cauchemar. C’est même tout le contraire. Et l’on se souviendra encore longtemps de l’intensité de cette confrontation. Si les Néerlandais ont été moins clinquants que lors des déculottées administrées à l’amitié franco-italienne dans le groupe de la mort (tellement létal qu’il sera d’ailleurs le seul à ne pas être représenté en demi-finales), ils ont longtemps su résister au cours de cette mémorable piquette face aux Russes: Van der Sar a pris sa retraite internationale sur une belle prestation, Sneijder et Van der Vaart ont multiplié les centres à destination d’un Ruud bien esseulé mais toujours aussi imposant.

Mais voilà, en cette soirée de solstice d’été 2008, la sphère céleste dansait le kazatchok. La voie lactée était joliment redessinée par Kolodine. Et en observant les comètes Pavlyuchenko/Archavine dribbler les trous noirs Ooijer/Mathijsen, on comprit pourquoi c’est le moment de l’année où l’inégalité des jours et des nuits est la plus grande. Les astres étaient complètement russes et ça, Domenech devait bien le savoir, au moment de décider quel adversaire ne pas affronter. Comme il savait également, car il sait tout, que les Espagnols étaient les plus forts, il a préféré abréger nos souffrances. Pour tout ça, encore une fois, merci, Raymond.

Atout
L’excellence d’Hiddink est indéniable, notamment en matière de traîtrise, art souvent récompensé lors d’élections.
Faiblesse
Dans leurs lancinantes insinuations de dopage des équipes d’Hiddink, nos traditionnels observateurs ont malheureusement encore une fois épargné celui qui courait le plus vite: le ballon.


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"Maîtresse, maîtresse, y a encore le petit teigneux de maternelle qui fait rien qu’à nous embêter!"


Les soixante dernières secondes de Croatie-Turquie

Si Madonna et Justin Timberlake mettent quatre minutes pour sauver la planète, Klasnić et Şentürk ne prennent qu’une minute pour sauver le souvenir d’un match. Ce qui, on en conviendra, est quand même beaucoup mieux. À l'instar de la finale de Ligue des champions entre le Bayern et Manchester ou de celle de l'Euro 2000, rares sont les renversements aussi inespérés dans l’histoire des grandes compétitions. "Le football peut être monotone, mais d’un coup ça devient extraordinaire", soulignera fort justement Arsène Wenger au micro de TF1. 

L’intensité dramatique du quart de finale Croatie-Turquie a en effet tenu dans la dernière minute de jeu de la prolongation. La bande à Bilic ouvre le score à la 119e avant de se faire rejoindre une minute plus tard par les Turcs. La séance de penalties se charge alors de faire définitivement monter l’adrénaline des supporters des deux camps. La loterie donnera finalement la victoire à la Turquie. Et au moment du coup de sifflet final, il convient de se rappeler que le vrai sauveur des Turcs n’est pas réellement Rüstü, auteur de trois arrêts durant la séance de tirs au but, mais le pauvre attaquant croate Modrić qui a offert, à cause d’un hors-jeu, le coup franc qui emmena l’égalisation. 

Atout
Ça permet aussi de mettre à jour cette veille blague : "Savez-vous comment reboucher une bouteille de champagne? Demandez aux Croates".
Faiblesse
Il y avait quand même 119 minutes à subir avant.


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Alors, on s'entraîne à rentrer dans l'Europe ?

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