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Spirale du pire moment de la saison

Spirale du beau jeu et de l'audace

Par conviction ou par nécessité, ils ont fait du jeu leur marque de fabrique... Méprisant parfois le tableau d’affichage, mais pas le plaisir du spectateur.
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Le beau jeu: un impératif, selon eux, pour obtenir des résultats, qui aura aidé les uns dans leur quête de points et contraint les autres à se contenter d’offrir du plaisir aux spectateurs à défaut de performances.
Évidemment, une passe aveugle de Ronaldinho restera toujours plus télévisuelle qu’un véritable projet de jeu audacieux mis en place sur la durée, et le journaliste sportif préfèrera souvent l'attrait d’une récompense individuelle décernée à l’un des vainqueurs de la plus grosse coupe de la saison. Pourtant, le football ne se sublime que lorsqu’il propose cette dimension collective, expression de sa singularité.

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Rudi Garcia

Quand on dispose de peu de moyens, deux écoles s’affrontent. Celle de la Solidité, version de Taddéo, Rohr ou Halilhodzic: dans les classes qui la composent, les élèves sont des monstres physiques qui squattent le fond de la classe, laissant un petit fayot seul devant. Puis l’école du Panache de Daniel Jeandupeux, Jean-Marc Furlan ou Christian Gourcuff, misant sur la cohérence d’un jeu collectif porté vers l’avant–  avec plus ou moins de réussite selon la qualité de la promotion annuelle.

Rudi Garcia fait partie de cette catégorie, toujours capable de magnifier ses joueurs et de transformer une équipe d’un club moyen en machine à surperformer. Initiée dans des conditions compliquées dans le Forez en duo avec Wallemme, sa carrière démarre véritablement avec le Dijon FCO, qu’il fait monter en L2 et transforme en équipe challenger souvent proche de la montée. Foi de Dijonnais (NDA: désolé), c’est tout bonnement exceptionnel.
La L1 ne pouvait que finir par s’intéresser à lui. En stabilisant Le Mans dans la bonne partie du ventre mou, il aura réussi son entrée en matière, faisant oublier un coach charismatique. Désormais au chevet du LOSC, son défi va consister à succéder à Puel, un entraîneur qui a souvent balancé entre les deux écoles. Malgré le pillage de l’OL, gageons que Garcia saura tirer la quintessence de son effectif, et changer l’image parfois exagérément frigide du club.

Atout
Entre son prénom et son patronyme, il y a de jolis titres de presse à trouver pour illustrer ses succès futurs.
Faiblesse
Il reste un peu de boulot pour en faire un entraîneur aussi sexy que le jeu qu’il fait jouer à ses équipes.


cul_lemans.jpg
Au Mans, quand l'EPO et les transfusions ont échoué, il reste le bon vieux coup de pied au cul pour faire avancer les joueurs.


La Russie de Guus Hiddink

On aura glosé sur la facilité des Hollandais face aux Italiens et aux Français, comme si le regard des analystes était figé sur le tableau d’affichage pendant qu’une équipe, plus réaliste en contre que réellement ambitieuse, se faisait passer pour plus belle qu’elle n’était. Mois glamour dans l’album Panini, mais ô combien plus rafraîchissante, la formation russe parvenait à faire sauter les verrous du football contemporain... À dépasser la notion de "bloc équipe bien en place", à nier l’enjeu des satanés "duels" pour offrir des prestations imaginatives. Et présenter un jeu fondé sur la mobilité comme on n’en avait peut-être plus vu depuis le milieu des années quatre-vingt et la Seleçao dirigée par Telê Santana. La comparaison se justifie si l'on prend la mesure de l’ambition qu’implique le jeu prôné par Hiddink: une animation qui remet le football total au goût du jour, et incarne une alternative enfin crédible aux oppositions cadenassées.

Si la demi-finale ratée face à l’Espagne a souligné l’impérieuse nécessité d’une condition physique irréprochable pour produire un football très exigeant, on est impatients d’assister à la Coupe du monde 2010. Pour voir si, après la réussite de l’Euro russe, cette idée-là du football a des chances de faire école, toujours sous la férule du Hollandais.

Atout
L’Espagne a déjà gagné l’Euro ; le fair-play leur impose de laisser la Spirale au plus valeureux de leurs adversaires.
Faiblesse
L’Espagne, quand même.



L’Espagne de Luis Aragonés

Peu d’équipes auront autant mérité le surnom de Formule 1 que cette Espagne 2008. On ne sait pas s’il faut surtout remercier Aragonés ou les centres de formation espagnols pour avoir produit tant de bons joueurs. Le mérite du Sabio de Hortaleza aura sans doute été d’avoir réussi à régler comme une horloge suisse une mécanique ne disposant quasiment que d’accélérateurs. Après s’être débarrassé des "clans" qui avaient fait tant de mal à la Seleccion, s’être passé à la fois du charisme et de l’ego de Raul, Aragonés a selon ses propres mots "pris en main une sélection, et rendu une équipe".

Caractérisé par une grande capacité à conserver le ballon, grâce à un des plus beaux milieu de terrain que le football ait produit, le jeu de l’Espagne se distingue également par une volonté de préparer longuement et minutieusement des attaques létales (rendez-vous dans la prochaine chronique tactique du magazine pour une analyse plus en profondeur). À tel point que l’Espagne 2008 pourrait bien avoir des airs de France 98. On en a peut-être pris pour dix ans de domination ibérique.

Atout
Albert Emon serait une fois de plus ravi que tout le monde admire autant son successeur.
Faiblesse
Il ne faut pas oublier que l’Espagne, c’est aussi Benitez.


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"L'une des clés du match sera la performance de Schtein, Choueintein, Sweinchein... Enfin je veux dire, Xavi, c'est quand même un sacré jouôr".


Luciano Spalletti
 
Pour qui a vu jouer la Louve de Spalletti, sa nomination à la Spirale du beau jeu est une évidence. Fidèle à un immuable 4-2-3-1, avec l'habituel trio Taddei-Perrotta-Mancini au soutien de Totti en pointe, la Roma a déployé un jeu résolument offensif. Ses chefs-d'œuvre collectifs sont notamment à mettre au crédit des remontées de ballon effectuées à une vitesse prodigieuse, les latéraux et défenseurs centraux n'hésitant pas à se mêler fréquemment aux offensives. Soixante-douze but en Serie A.
Réglé comme du papier à musique, le jeu de la Roma permet à au moins cinq joueurs de se retrouver aux abords de la surface lors de chaque action. Cette équipe réussit malgré tout à maintenir l’équilibre défensif grâce à un pressing haut des talentueux milieux Pizzaro, Aquilani ou De Rossi, qui n'hésitent pas à se substituer aux défenseurs centraux Mexès ou Juan quand ceux-ci se retrouvent aux avant-postes.

"Mobilité, polyvalence et disponibilité": telle pourrait être la devise de Spalletti. Adepte de la verticalité, il demande à ses hommes de se projeter vers l'avant, le plus possible par les ailes, en alternant le jeu en triangle et le jeu direct, afin de lancer les attaquants dans les espaces créés par ces mouvements incessants. La particularité de cette équipe est une interchangeabilité qui rend folles les défenses adverses. Perrotta et Totti alternent sans arrêt (aucun n'est vraiment buteur de nature), tandis que Mancini et Taddei se retrouvent en situation de tir plus souvent qu'à leur habitude. 
Spalletti a ainsi prouvé, en premier lieu à ses joueurs, que l'on peut gagner en pratiquant un beau jeu et qu'une discipline tactique rigoureuse n'interdit pas de faire évoluer une équipe véritablement offensive.

Atout
Ce serait sympa que Mexès et Giuly soient sélectionnés pour quelque chose cette année.
Faiblesse
Si on avait voulu être vraiment pointu, on aurait sélectionné le moins médiatique Cesare Prandelli.

 
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L'idée de retrouver Fred en huitième de finale de la Ligue des champions provoque des effets contrastés dans l'effectif de l'AS Roma.


Franck Dumas

Franck Dumas sur un banc de Ligue 1, c’est déjà une audace en soi. On lui imaginait une reconversion peinarde, trimbalant son gros bidon de la chambre froide à la planche à découper d’une boucherie-charcuterie de Basse-Normandie. Pas de bol: c’est tombé sur le Stade Malherbe.
Un destin à la Nouzaret semblait lui être promis par la descente régulière de son équipe au classement, et soudain, c’est le drame: l’équipe se reprend, devient quasiment imbattable en fin d’année et passe même les fêtes de Noël à la quatrième place. Il y en a même qui disent qu’ils ont vu les Rouge et Bleu en Ligue des champions à cette époque.

Tout rentre ensuite dans l’ordre. L’équipe perd neuf places en quelques semaines seulement, s’avère aussi bien faite pour prendre des buts qu’elle semblait l’être pour en marquer. Bref, il fait bon vivre à Michel-d'Ornano, le Stade qui héberge la quatrième attaque de la saison derrière les trois premiers du classement général, ainsi que la quatrième équipe au coefficient de spectacularité cher à Franck Sauzée. Une saison bonus en Ligue 1 attend Franck Dumas et il y a fort à parier qu’on ne s’y ennuiera pas.

Atout
Pourquoi Franck Dumas? Et pourquoi pas Franck Dumas, d’abord?
Faiblesse
Non mais sérieusement: pourquoi Franck Dumas?


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Marrez-vous, mais c'est pas facile de mimer un L et un 2.


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