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Spirale de la résurrection

Pas besoin d’attendre Pâques pour voir une carrière revivre. Avant de plonger puis de resurgir, ils ont tous connu leur Épiphanie, passe sous le baby.
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Les seules Spirales de la progression et de la régression ne permettaient pas de restituer avec justesse le caractère sinusoïdal d’une carrière footballistique. Entre mauvais choix, conflits avec l’entraîneur et retours en fanfare, la Spirale de la résurrection rend hommage aux mort-vivants du ballon rond, trop vite enterrés et ressuscités par la magie du football. On y retrouve plusieurs nommés au Ballon de Plomb, un entraîneur anciennement voué aux gémonies. Plusieurs ont pour point commun d’avoir évolué au PSG, grande star de ces trophées de fin d’année.
Une Spirale parrainée par Georges Romero sur l’air de Ça s’en va et ça revient, comme une chronique dédiée à quelques zombies qui ont décidé d’arrêter de passer au travers.

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Modeste M’Bami

Un an que Modeste M’Bami traînait sa peine à la Commanderie, à la recherche d’un jeu égaré aux abords du Parc des Princes. La dernière fois qu’on l’avait vu produire des grands matches, c’était au côté de Lorik Cana lors de la saison 2004/05. On espéra alors le voir reformer ce beau duo plus au sud, en vain. A tel point qu’il paraît que Maoulida l’aurait surnommé M’Momie.

L’arrivée de Gerets aura eu, parmi de multiples effets, celui de réveiller le lion, redevenu indomptable. À tel point que le technicien belge admettra que Modeste commençait à lui poser de sérieux problèmes à force d’être aussi bon à l’entraînement. Comme souvent, c’est un concours de circonstances qui réveillera la carrière du Camerounais. À la suite des problèmes de défense centrale connus par l’OM, Lorik Cana y est repositionné, ouvrant la voie à la titularisation de M’Bami. On retrouve le ratisseur intraitable, doté d’une technique qu’on ne lui soupçonnait pas. Cana souvent absent, il terminera la saison en boulet de canon. À vingt-cinq ans, on n’a peut-être pas encore tout vu de Modeste. 

Atout
À Paris, il a été remplacé par Clément Fantôme
Faiblesse
Si Eric Gerets était si fort, il aurait été capable de ressusciter Gaël Givet


mbami_noah.jpg
"Je suis très déçu: je lui avais dit de me faire un truc un peu avant-gardiste, et il m'a fait la coupe de Noah en 83".


Sergei Semak

Jusqu’à cet Euro, Sergei Semak restait en France le parfait symbole des innombrables ratés du recrutement parisien et une source inépuisable de railleries. Embauché après un triplé retentissant inscrit avec le CSKA Moscou au Parc des Princes, son passage dans la capitale de janvier 2005 à février 2006 est un flop, le Russe traînant son spleen à tous les postes d’une équipe à la dérive. Heureusement, le retour au pays, au FK Moscou, coïncide avec celui de ses qualités. En janvier 2008, il rejoint le FK Rubin Kazan (mais y arrive trop tard pour sauver Selim Benachour).

Mais malgré ses bonnes performances en club, c’est tout de même une surprise lorsqu’il est convoqué juste avant l’Euro dans une équipe nationale qui s'était qualifiée sans lui et où il n'avait plus mis les pieds depuis mai 2006. La surprise est d’autant plus grande que Guus Hiddink lui confie immédiatement le brassard de capitaine.
Bonne pioche. À trente-deux ans, même s’il n’y joue pas, Semak est au zénith de son art. Pendant toute la compétition, il est un des leaders techniques d’une formation offensive et séduisante. Dans une position de milieu axial reculé, l’ancien parisien multiplie les matches de haut niveau, se payant même le luxe d’être passeur décisif à deux reprises contre la Grèce et les Pays-Bas.  Au cours de ce seul match, il parcourt une distance de près de quinze kilomètres, record de la compétition. On n’a pas vérifié mais on se demande si ce n’est pas supérieur à l’ensemble de sa carrière au PSG et on commence à s’inquiéter à l’idée un peu de retrouver Branko Boskovic lors des éliminatoires.

Atout
En votant Semak, les marseillais auront une pensée pour  Sytchev.
Faiblesse
La résurrection post-PSG est un classique.



Le foot de sélection offensif

À force de dire que le foot était mort en 1986, on n’a pas vu qu’une flammèche subsistait, qui n’attendait qu’à se transformer en feu de forêt. L’Euro 2008 n’aura certes pas été l’incendie espéré, mais la victoire de l’Espagne – ainsi que la qualification pour les demi-finales d’équipes aussi portées vers l’avant que l’Allemagne et la Russie – est une sacré bonne surprise. On n’avait plus vu d’équipe gagner sans baser son jeu sur une puissance athlétique à toute épreuve et une défense intraitable depuis des lustres. Le foot n’était-il plongé que dans un coma profond? Les milieux à cinq, très joueurs, derrière un seul attaquant semblent devenir la norme – ce qui finit au passage d’enterrer la théorie fumeuse selon laquelle du nombre d’attaquants découlerait le potentiel offensif d’une équipe – et l'on peut espérer qu’ils feront école dans les années à venir.

Il faudra cependant attendre un peu avant de tirer des conclusions. On espère ainsi que les systèmes offensifs continueront à prévaloir lorsqu’ils seront opposés à de vraies défenses et à de vrais défenseurs, disparus lors de l’Euro. Celui-ci fut en effet marqué par l’absence de grands joueurs dans le secteur défensif: Cannavaro blessé, d’autres hors de forme ou tout simplement absents, seul le Tchèque Ujfalusi aura vraiment fait forte impression de ce côté-là (1). Toujours  est-il que l’Euro sera resté passionnant jusqu’au bout, malgré l’élimination des Bleus. Ce qui n’est pas un mince exploit.

Atout
Otto Rehhagel a soixante-dix ans.
Faiblesse
Stefan Kovacs est mort.


(1) Les 22 joueurs défensifs titulaires des demi-finales de C1 cette saison se sont, lors de l’Euro, répartis ainsi:
5 titulaires : Evra, Carvalho, Makelele, Zambrotta, Abidal.
2 remplaçants : Arbeloa, Alonso.
15 non européens / non qualifiés : Ferdinand, Carrick, Scholes, Carragher, Terry, A. Cole, Brown, Vidic, Essien, Skrtel, Fabio Aurelio, Mascherano, Marquez, Milito, Yaya Touré.


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C'est en 1939 que la Wehrmacht met en œuvre la fameuse tactique dite du "Blitzkrieg": une frappe lourde, et tout le monde se jette en attendant que Flavio Roma relâche le ballon.


Fernando Cavenaghi

Arrivé à l’hiver 2007 avec une silhouette qui aurait pu faire passer Jean-Claude Darcheville pour anorexique et des statistiques dignes d’un Djezon Boutoille en pleine bourre, Fernando Cavenaghi avait toutes les qualités pour intégrer la (longue) liste des escrocs sud-américains débarqués en Gironde. L’Argentin a pourtant su renverser la vapeur en quelques mois.

Après quelques rares (mais remarquées) apparitions sous l’ère Ricardo, Cavenaghi retrouve le chemin des pelouses avec l’arrivée de Laurent Blanc à la tête du club aquitain. À l’automne, il commence par faire trembler les filets des plus grands clubs de D2 européenne (Tampere, Panionios, Anderlecht…). Mais c’est au mois de janvier 2008, avec le départ de son coéquipier Chamakh à la CAN, qu’il explose réellement, inscrivant un doublé pour son premier match en tant que titulaire. Il ne quittera quasiment plus la pointe de l’attaque marine jusqu’en fin de saison. Avec quinze buts claqués en vingt-trois matches, l’Argentin effectue donc une phase retour parfaite, permettant à son club d’accrocher une deuxième place, pourtant loin d’être acquise à la trêve.
Surtout, il valide son retour au plus haut niveau, puisqu’il franchit le cap des dix buts en championnat pour la première fois depuis son départ de River Plate en 2004. Parallèlement, il connaît les joies d’une première sélection avec son équipe nationale, dont il n’avait plus porté le maillot depuis cinq ans, alors qu’il était le goleador attitré des Ciel et Blanc chez les moins de vingt ans. Cavenaghi est de retour. Définitivement?

Atout
Avec sa nouvelle coupe rasée qui le fait ressembler à Jurietti, une nouvelle bonne saison permettrait aux supporters bordelais de remplacer enfin Pauleta en surnommant Cavenaghi "L’aigle désosseur".
Faiblesse
L’an prochain, c’est Yoann Gourcuff qui lui fera des passes.


cavenaghi.jpg
En se déguisant en touillette, Cavenaghi espérait peut-être se faire sucer par Laurent Blanc.


Guy Lacombe

Comme tout entraîneur du PSG qui se respecte, Guy Lacombe avait quitté le club de la capitale avec une image ternie de caractériel incompétent. L'étiquette du bon formateur à la française incapable de gérer des stars – valable pour tout entraîneur qui se plante à Paris et pour Alain Perrin – lui collait à la peau, et c'est donc tout naturellement que nous l'imaginions enterrer sa carrière dans un club japonais. C'est avec un sourire un peu moqueur que nous apprenions en décembre sa nomination à la tête du Stade rennais, autre grand pourvoyeur de blagues de notre championnat, après une invraisemblable rocambole entre Pierre Dréossi et Frédéric de Saint-Sernin. Lui qui s'était mis à dos des joueurs comme Rothen, Yepes et Dhorasso, nous nous délections déjà des conflits à venir avec Wiltord et Leroy ainsi que de ses retrouvailles avec Pagis.

Guy ne mit pas longtemps à imposer la méthode qui fit sa gloire au PSG : mise sur le banc du joueur emblématique du club – Etienne Didot –, repositionnements improbables – comme celui de Cheyrou en défense centrale –, Luzi qui remplace Pouplin dans les cages… On attendait avec impatience la rétrogradation de Wiltord en CFA.  Après une victoire contre l'OM (l'effet Lacombe?) suivie d'une série de deux points en cinq matches (l'effet Lacombe?), voilà donc le club breton reléguable en février.
Alors que les supporteurs rennais et les médias crucifient allègrement l'entraîneur à moustaches, et que cette fois-ci, obligé, Guy s'apprête à partir entraîner un club de deuxième division chinoise, les Rouge et Noir terminent le championnat en boulet de canon avec une seule défaite face à Bordeaux lors des treize dernières journées, proposant un jeu aussi créatif que séduisant et accrochant une place méritée en Intertoto. Ce n'est plus une résurrection, c'est carrément l'assomption.

Atout
À force d'être stigmatisé, c'était un peu dans la logique des choses qu'il ressuscite.
Faiblesse
Avec Leroy et Pagis dans l'effectif, même Francis de Taddéo aurait proposé un football sexy.


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Son recrutement à la tête du stade rennais ayant provoqué une rupture du continuum espace-temps, Guy Lacombe commence à s'effacer sur la photo.


Stéphane Dalmat

Le FCSM va-t-il finir par être le Lourdes des footballeurs? Comment expliquer autrement  que des joueurs comme Santos, Frau, Pedretti ou Ziani évoluent dans le Doubs à des niveaux affolant les recruteurs pour retomber de deux ou trois paliers une fois éloignés de la Franche-Comté? Comment expliquer que des joueurs comme Jérôme Leroy ou Jérémie Bréchet viennent s'y ressourcer afin de pouvoir donner une cure de jouvence à leur carrière? Comment expliquer qu'Isabey court encore comme un adolescent malgré ses quarante-deux ans? Ce n'est quand même pas la cancoillotte...

Et cette année, un nouveau miracle s'est produit. Stéphane Dalmat, l'éternel espoir du mois d'août éternellement sur le banc dès le mois de décembre, a fait une saison pleine, sans casser la baraque mais en jouant très régulièrement au niveau auquel on l'attend depuis sa saison 1998/99 sous le maillot lensois. Pis! Le voilà qui décide de prolonger son contrat avec Sochaux et de repartir avec les Lionceaux pour une deuxième saison, lui qui n'était pas resté dans le même club plus d'une année depuis sa période intériste (2000-2003) et qui atteint le nombre record de dix clubs en onze saisons.
L'entrejeu sochalien a ainsi retrouvé un peu du joueur technique, puissant et doté d'une bonne frappe qui suscitait tant de convoitises il y a dix ans. Épargné par les blessures et aligné à trente-six reprises en championnat, il a également pulvérisé son précédent record de vingt-neuf matchs de Ligue 1 joués sous le maillot marseillais et s'est mué en buteur à trois reprises, égalant son record lensois.

Atout
Sa résurrection est un formidable message d'espoir pour son frère Wilfried.
Faiblesse
Il faudrait attendre la fin du mercato pour être sûr.


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Sans travail, le talent n'est rien. Alors Stéphane Dalmat répète ses appels téléphonés.


David Hellebuyck

David Hellebuyck est plusieurs fois mort et ressuscité, au cours d'une carrière qui l'a vu survivre à une éjection du centre de formation lyonnais, un séjour à Guingamp en L2 ou une menace de relégation en National avec Saint-Étienne. Mais c'est en raison de sa renaissance au football après une non-saison à Paris qu'il concourt pour cette Spirale.

Un cas d'école: peu de temps après avoir été le symbole du recrutement raté du PSG et raillé comme une chèvre par des supporters parisiens unanimes, David est redevenu à Nice l'un des meilleurs milieux de terrains de France. L'intégralité des matches de championnat disputés, un pied gauche retrouvé sur les coups de pied arrêtés, une activité inlassable et cinq buts au compteur au sein d'un OGCN qui relègue son ancien club à huit places...
En dévaluant d'excellents joueurs pour les revendre à perte, le PSG aurait dû figurer parmi les candidats de la Spirale pour un foot plus équitable. Mais cela ne retire rien au mérite d'un des soutiers mal considérés de notre championnat que d'avoir ainsi retrouvé son meilleur niveau.

Atout
Il a le jeu d'un footballeur lambda, mais le physique d'un extraterrestre.
Faiblesse
Tout le monde s'en fout, de David Hellebuyck.


hellebuyck_pouce.jpgOn t'avait pourtant prévenu, qu'il ne fallait pas essayer de caresser Antonetti.

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