Spirale de la meilleure performance comique

S'il se donne souvent des airs de théâtre antique, avec ses héros et ses mythes, c'est plutôt vers la comédie que penche notre sport préféré. Et plus vers Max Pécas que vers Ernst Lubitsch.
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Dans la plus pure tradition du burlesque français, la Spirale de la meilleure performance comique de la saison rend hommage à ces artistes de la vanne, qui trouvent dans les passionnés de football un public déjà acquis à leur cause. On compte d’ailleurs dans cette catégorie tous les types de comiques, mais un argument récurrent: le PSG, qui semble chaque année se surpasser pour le bonheur de nos zygomatiques.

Les champions de la catégorie se trouvent cependant dans la rubrique "comique involontaire", qu’ils soient capables de produire les boutades les plus cocasses en croyant protéger leur chapelle avec des arguments fumeux, ou qu’ils soient tellement imbus d’eux-mêmes qu’ils sont persuadés d’embobiner la foule avec leurs justifications.
C’est une sorte de Spirale de remerciement qui couronne avant tout un sens de la comédie inné. Rien n’est encore signé, mais nous avons bon espoir qu’elle sera remise par Jacques Mellick et Bernard Tapie.

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Guy Roux et Yoan Gouffran pour "J'y vais ou j'y vais pas".

Chacun à leur manière, Guy Roux et Yoann Gouffran annonçaient un renouveau. Le Caennais, grand espoir du foot devait résoudre le récurrent problème du milieu offensif droit du club de la capitale, vacant depuis le départ de Fabrice Fiorèse et la gastro de Vahid Halilhodzic. Guy Roux, chantre de la réhabilitation des seniors avait convoqué les plus hautes autorités de l’État pour qu’on lui octroie le droit de planquer son sponsor avec du sparadrap sur le survêtement du club.

Las, les rats quittèrent le navire alors que l’iceberg était déjà en vue. On accordera plus de circonstances atténuantes à Yoan Gouffran, dont la véritable erreur aura été de communiquer publiquement sur un accord tacite avec le PSG, qu’à Guy Roux, enfoncé jusqu’aux genoux dans la gadoue qu’il portait jusqu’ici si fièrement sur ses bottes. Le Bourguignon poussera le cynisme jusqu’à faire la tournée de plateaux, une fois Lens relégué, pour y livrer un hypocrite calcul sur son pourcentage de responsabilité dans la déroute des Sang et Or. Sans envisager que son implication dans le recrutement et le début de saison catastrophique du club avait pu plomber durablement celui-ci.

Atout
On pourra s’amuser à leur annoncer qu’ils n’ont pas gagné… puis les rappeler pour leur dire qu’on s’est trompés.
Faiblesse
Lens et le PSG méritent-ils vraiment qu’on retourne le couteau dans la plaie?



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"J'ai rencontré un marabout qui m'a dit que, pour avoir encore une carrière après le PSG, je devais tuer un chat noir et le porter autour du cou".


L'OL pour "L’Olympique lyonnais s’étonne que…"

Ils sont innombrables à être passés sous les fourches caudines de l'organe officiel de l'OL et de ses désormais mythiques communiqués. De L'Équipe à Pape Diouf en passant par Éric Abidal, jusqu’au plus petit site d’informations sur les transferts: la moindre rumeur n’allant pas directement dans le sens d’une meilleure valorisation de l’action OL Group y a été minutieusement contredite, provoquant souvent des décalages hilarants entre le sérieux du démenti et la légèreté de la déclaration en question.

Un rapide coup d’œil sur le site permet de constater qu’en plus de s’étonner, il arrive à l’Olympique lyonnais de préciser, de confirmer, ou encore de "tenir formellement à démentir" des informations. D’une minutie frôlant parfois le délire, on croit souvent reconnaître le verbe paranoïaque de Jean-Michel Aulas. Les premiers à se moquer de cette communication puérile sont d’ailleurs les supporters de l’OL.

Atout
On espère qu’en cas de victoire, le site s’étonnera de ne pas avoir obtenu cette distinction plus tôt.
Faiblesse
Ça commence à bien faire, les titres pour l’Olympique lyonnais.



Michel Moulin pour "Mon plan de quand je serai président"

Le petit patron d’un magazine d'annonces immobilières qui vole au secours du grand fonds d’investissement immobilier, l’histoire avait tout pour être belle. Malheureusement, l’aventure ne durera que quelques matches, le temps de menacer des dirigeants, d’appeler les supporters parisiens au sursaut identitaire et de promettre à la moitié de l’effectif des revalorisations de contrat en cas de maintien alors que le club est sans le sou. Il ne reste aujourd’hui de lui qu’une interview de légende, publiée dès le lendemain matin d’un maintien acquis on ne sait trop comment. Depuis, seul Didier Deschamps a été plus rapide à poser une candidature.

Dans le Parisien, surfant de la Tribune Borelli à la tenue correcte exigée, en passant par le recrutement de Diego et des tarifs d’abonnements indexés sur les résultats, le créateur de ParuVendu entreprend de pulvériser le record du monde de démagogie, mais effraie Bazin, pas vraiment résolu à expliquer à ses investisseurs qu’il va confier leur bien à l’homme le moins rationnel de la planète foot, Luis Fernandez.
À peine arrivé, Michel Moulin quitte donc le club mais comme son ami Luis, il claironne déjà partout que ce n’est que partie remise.

Atout
Il a tout pour devenir un jour le José Anigo du PSG.
Faiblesse
Avec son arrivée à la tête de l’UJA Paris, qui vient d’accéder à la CFA, on devrait très rapidement le retrouver au plus haut niveau.


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- À la mi-temps, j'ai regardé les joueurs droit dans les yeux et je leur ai dit "Si vous ne vous bougez pas, je vous colle tous une raclée".
- Et ?
- Rien. Le Parc, c'est super grand. Je me suis trompé de vestiaire.



Roland Romeyer et Bernard Caïazzo pour "On va pas se mettre dans un lit tous les deux..."

Inséparables quoique rarement d'accord, les siamois coprésidentiels de l'AS Saint-Étienne se devaient d'être encore accouplés au moment des récompenses. Et c'est le terme, puisqu'au terme d'une période qui les avait vus menacer de virer Laurent Roussey pour appeler Luis Fernandez, ils ont mis en scène leur convergence avec une tirade d'une grande beaufitude: "On va pas se mettre dans un lit tous les deux et puis... devant tout le monde! D'accord? C'est pas notre genre. Je sais qu'il y a des caming out (sic) en ce moment, mais c'est pas notre genre!" (Bernard Caïazzo à France 2 Foot).

Zozo et Roro avaient considéré que cinq mois suffisaient pour mettre un terme au projet sur plusieurs saisons confié à Lolo. La direction bicéphale s'y entend en effet pour conserver à l'ASSE son statut de "grand club" à la française, c'est-à-dire de club constamment agité par les psychodrames et les révolutions de palais.
C'est en ne faisant (et en ne disant) plus rien qu'ils ont finalement laissé leur entraîneur conquérir la première qualification des Verts en coupe d'Europe depuis le Néolithique. Espérons, pour les Stéphanois, qu'ils ont compris comment ils pouvaient influencer positivement les résultats de leur équipe.

Atout
Ils ont vraiment des physiques de comiques.
Faiblesse
Obscur théâtre régional, Geoffroy-Guichard peut difficilement lutter contre une grande scène parisienne comme le Parc des Princes.


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Darry Cowl est catégorique: Roger Pierre, c'était mieux avant.



Alain Cayzac pour "On ne revivra pas une saison identique à la saison dernière".

C'est confiant dans le recrutement ambitieux de Bourillon, Cearà et Digard qu'Alain Cayzac – dit le Hardi – croit bon de soulager les supporters du PSG, échaudés par une saison en tout point cauchemardesque. Finies les galères, promet alors le sémillant président du club, le vent du renouveau va souffler sur le parc des Princes.

Effectivement, aucune victoire à domicile pendant la première moitié de saison, c'est assez novateur. La rédaction des Cahiers a d'ailleurs hésité entre cette prophétie et la non moins savoureuse "Sinon oui il y aura au moins un nouveau joueur au PSG lors du Mercato, voire peut-être plusieurs, je crois même que vous aurez une bonne surprise", du mois de novembre 2007 qui précéda l'arrivée de Souza et Everton. Il était quand même rigolo, ce Cayzac. Pas franchement visionnaire, mais rigolo.

Atout
Il avait raison, la saison a été pire.
Faiblesse
Depuis, on a entendu Michel Moulin et Charles Villeneuve.


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- Choux.
- Fleur.
- Choux.
- Fleur.



Jean-Claude Plessis pour "Si n’importe qui peut être président du PSG, autant que ce soit moi".

Ce qu'il y a de chouette avec le Paris Saint Germain, c'est que l'habitude n'y fait rien: on reste à perméable à cette constante générosité dans la fabrication d'incongruités. Une naïveté qui touche jusqu'aux plus aguerris. Tel Jean-Claude Plessis, héros d'un jour en tombant dans le panneau d'une rumeur insistante le parachutant à la tête du club de la capitale. Un concessionnaire en fin de carrière qui maniait la prime de match à coups d'options supplémentaires pour les 205 Junior à la tête d'un club de midinettes à la dérive... et pourquoi pas? Michel Moulin était candidat au poste, après tout.

Le mythe du "sauveur du club" est de nature à crédibiliser toute candidature externe. Jean-Claude Plessis n'était-il pas celui qui avait réussi à se fritter avec Michel Moulin? Il s'imagine peut-être en ultime rempart aux ambitions du malotru, en confiant à L'Équipe: "Oui le poste m'intéresse. Je n'ai jamais été candidat, mais on n'arrête pas de m'en parler, oui ça me plairait bien [...] mais je n'ai eu personne au téléphone pour en parler". Le téléphone n'aura donc pas sonné.

Atout
Un plouc sympathique, ça aurait eu plus de gueule que la solution Villeneuve.
Faiblesse
N'a pas eu le temps de surenchérir sur le projet Moulin en annonçant les recrutements d’Eto'o et Archavine.


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"Je n'ai jamais eu l'occasion de te remercier pour Bréchet. Alors voilà, ce soir, je te le dis: je n'ai jamais eu l'occasion de te remercier pour Bréchet".


Sébastien Bazin pour "Eh, Charles, t’as toujours rêvé qu’on t’appelle président pas vrai?"

Sébastien Bazin ne fait pas les choses à moitié. Bien décidé à exploiter le potentiel comique illimité du Paris Saint-Germain, le patron de Colony Capital a fait tous les efforts pour trouver un président à la hauteur de l’hilarité suscitée par les joueurs rouges et bleus. Après une tentative peu concluante avec Alain Cayzac, un intérim décevant de la part de Simon Tahar, il avait cru décrocher la timbale avec Michel Moulin. Adepte de méthodes aussi expéditives que son sosie Jason Statham, tenant d’un discours fondé sur la répétition hypnotique de la référence testiculaire, promettant des recrues impossibles, il n’a cependant pas convaincu.

C’est donc, pour reprendre la description de Bilbo par Tolkien, "la plus improbable des créatures" qui a finalement été choisie: Charles Villeneuve, soixante-sept ans, fort de plusieurs décennies à rendre disponible du temps de cerveau, et nanti d’une connaissance du football comparable à la maîtrise de la physique nucléaire par Francis Llacer.

Un véritable coup de génie, que l’élu allait immédiatement justifier, multipliant dès son intronisation les déclarations suicidaires. Entre l’annonce d’une enveloppe de trente millions pour le recrutement (qui a immédiatement fait bondir les prétentions des vendeurs), la promesse d’avancer "à pas cadencés, en bon ancien militaire", le souhait de recruter tout un tas de joueurs à tous les postes en commençant par un "grand gardien", la découverte des qualités de passeur de Rothen "grâce à la presse anglaise, qui dispose d’outils que nous n’avons pas" et un pénible quizz télévisé sur l’effectif du PSG au cours duquel, confondant les rares joueurs dont il avait entendu parler, il finit par répéter comme un élève de CP mal embouché la seule bonne réponse dont il se souvenait, sans qu’on sache bien s’il faisait référence à Jeremy ou à Chantôme ("Clément, Clément, je connais Clément! Clément!")... La trouvaille de Bazin a endossé avec panache un costume de pitre qui semble taillé sur mesure. Voilà qui mérite assurément une belle spirale.

Atout
L’effet de surprise, le timing, le côté "coup de grâce" à des supporters qui avaient frôle la crise cardiaque toute la saison.
Faiblesse
C’est sans doute la saison prochaine que la créature de Bazin donnera sa pleine mesure. Mais rien n’empêche de remporter deux Spirales d’affilée…



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"Et on termine par groupe Accor en hausse de 3,7%. En clôture, le CAC 40 gagne 2,2% à 5054 points. En direct de la Bourse de Paris, c'était Jean-Pierre Gaillard".


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