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Tabloïd, numéro 6

Soirée blanche

L'équipe de France a été loin de renouer avec sa générosité de son carton contre l'Ecosse, mais il faut dire que les Russes n'ont pas été plus coopératifs que d'habitude. Un France-Russie circulaire.
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Le match
Après un début un peu tiède (malgré plusieurs déboulés d'Henry et tout de même un penalty non sifflé en faveur de Thuram), les Bleus entament par un tir en pivot de Zidane une litanie d'occasions inachevées. Son compère Lizarazu lui obtient un coup franc et Lebœuf est tout près de détourner le ballon dans lees cages (21e ). Anelka se décale un peu trop et Nigmatouline s'illustre sur son tir croisé du gauche, qui ne sera pas la dernière (25e).
Mais les Russes jouent plus que des Ecossais et il faut que Desailly revienne au dernier moment sur Bestchastnykh qui avait filé droit dans la surface. On retrouve la façon qu'ont les Russes d'endormir leurs adversaires et de démarrer des actions qui ne ressemblent à rien mais qui finissent très mal. Thuram réplique et alerte Anelka dans l'axe. Le Red reprend ce ballon qui lui arrive de derrière mais sa déviation fuit le cadre. Vient une 34e minute cruciale. Djorkaeff joue rapidement un corner vers Petit qui se retourne et brosse mais pas trop un tir du gauche droit sur le poteau. Anelka est au rebond et croit marquer du genou, mais le juge de ligne estime que ce n'est pas un assez joli but pour le retour de l'avant-centre de Liverpool.
Titov veut également offrir une occasion nette à sa propre équipe, il déclenche une belle frappe dans l'axe que Barthez est contraint de détourner (38e)
Henry se démène et fait tout pour servir Anelka, quitte à déborder aussi sur la droite, mais Onopko et Nikiforov coupent constamment les trajectoires. Un tir trop enlevé, une tentative de tête sur centre de Liza, un coup franc de Zidane ponctuent la fin de la période sans plus de réussite.

Au retour des vestiaires seul Franck Lebœuf a cédé sa place (à Christanval), après avoir réalisé une excellente mi-temps, au cours de laquelle son sens du placement, son autorité et ses relances ont été précieux. Nous répétons : Franck Lebœuf a réalisé une excellente mi-temps, au cours de laquelle son sens du placement, son autorité et ses relances ont été précieux.
Trois minutes passent à peine, et l'on croit que Thuram va faire une Thuram, un furtif souvenir croate passe sous nos yeux… mais c'était un rêve car le ballon s'élève. Le jeu suit le même cours, Nigmatouline est le joueur le plus en vue, repoussant un nouveau coup franc de Zidane et détournant une bonne tête de Desailly sur corner (51e). Vieira frappe frappe au-dessus, encore sur corner, les actions se multiplient, toujours contrariées par des interventions et des déviations. Mais les Blancs ont le sens de la riposte puisque c'est Onopko, déjà très bon en défense, qui se trouve seul à la réception d'un coup franc tiré sur le côté droit par Mostovoï. Par bonheur, sa tête est trop croisée.

Après l'heure de jeu, Boghossian et Marlet remplacent Petit et Djorkaeff, mais l'équipe de France ne trouve pas tellement plus de solutions. C'est alors que Karpin, qui avait commencé à aller au contact très tôt dans la rencontre, s'accroche avec tous ce qui passe à sa proximité, surtout s'il s'agit d'un petit joueur basque. La solidarité des Bleus déborde des clichés et s'illustre alors de façon impressionnante, lorsque une demi-douzaine d'entre eux avance sur le Russe qui n'en mène plus très large (d'autant que ses coéquipiers ne se sont pas précipités pour le défendre).
La baisse de rythme est confirmée par des annonces en tous genres de Roland-Larqué, même si le siège se poursuit avec une infinité de coups de pied arrêtés. Le gardien s'illustre encore sur un tir tendu de Boghossian (78e), puis Candela venge Liza peu de temps après l'avoir remplacé, mais les visiteurs opposent à toutes les approches une défense de handball. Ils ne s'en contentent pas et obtiennent un corner sur un contre sérieusement mené. Sur l'action, Smertin place sa reprise tout près du poteau…
On est à la 90e minute et c'est presque la meilleure occasion française: sur un lancement Micoud-Zidane, Henry échoue devant Nigmatouline et ne peut ensuite centrer correctement en retrait. L'artillerie donne encore, par le lieutenant Boghossian notamment, mais le nul est définitif.

La nalyse
On évoquera forcément le but refusé illégitimement à Anelka, à condition de se rappeler que les Blancs ont flirté avec les poteaux et que, sans une incapacité prononcée à cadrer le but français, ils auraient pu eux aussi connaître meilleur sort, dans le style qu'on leur connaît. On a ainsi vu s'ébaucher en toute fin de rencontre des scénarios de hold-up bien connus du Stade de France. La sélection russe confirme donc les qualités particulières qui leur permettent de perturber les Tricolores.
La statistique la plus significative de la rencontre est probablement celle des centres et des "dernières passes" inaboutis. Les ballons ont en effet été nombreux dans la surface russe, mais soit les passes étaient mal ajustées, soit la présence offensive était insuffisante. On pourrait facilement expliquer ces lacunes par les absences, celle de Trezeguet étant flagrante dans ce contexte.
C'est pourtant l'ensemble du dispositif qui a manqué de consistance. Si les bases arrières étaient aussi bien assises que d'habitude, on a constaté un certain vide au milieu de terrain, Zidane s'échinant plus en vain que d'habitude. L'explication peut tenir au casting (voir plus bas). Toujours est-il qu'un système tactique a efficacement neutralisé l'attaque flamboyante des Bleus, et il faut espérer que d'autres sélectionneurs ne trouveront pas trop d'idées en visionnant la cassette.

Les gars
Il serait permis de dire que l'activité d'Anelka n'a pas compensé un certain manque d'efficacité, si son but chanceux mais refusé n'avait pas été valable. Il n'a pas beaucoup fait avancer son dossier, mais on note qu'il a bénéficié d'une priorité sur Marlet. Etait-ce pour le tester ou est-ce le signe d'une confiance accordée par Lemerre? Ne comptez pas sur ce dernier pour répondre.
L'autre procès facile est celui de Youri Djorkaeff, mais il n'est pas injustifié. Avec lui sur le flanc droit, autant dire qu'on n'aurait pas eu de flanc droit si Thuram ne l'avait investi à lui tout seul. Non seulement le Boltonien est incapable de s'en tenir à une zone de jeu, mais il répand son manque d'influence sur toutes les parties du terrain. Il est ainsi venu comme à son habitude encombrer l'axe de l'attaque et après quelques bonnes orientations du jeu, il a totalement disparu de la circulation. Micoud a eu suffisamment de temps de jeu pour montrer qu'aux côtés de Zidane, un joueur technique qui joue vraiment, cela peut être utile (voir l'occasion d'Henry à quelques secondes de la fin).
Sinon, rien de très tranchant, pas de prestations en dessous ou au dessus de la moyenne. Le côté de Lizarazu, Petit, Zidane et Henry a vu de belles choses, la défense a été quasiment irréprochable, avec des latéraux qui ont beaucoup travaillé. Tout juste peut-on remarquer l'influence légèrement moindre de Petit et Vieira dans l'entrejeu.

Le produit officiel
Voilà. Il faut faire face à l'horreur. Tous ceux qui n'ont pas zappé à temps ont vu le clip de la chanson officielle de l'équipe de France, interprétée par Johnny Hallyday, composée clandestinement par Pascal Obispo et validée par Carrefour. On dirait du Michel Sardou.

Observations
Karpin : un morpion à gueule d'ange.
C'était Italie-France Espoirs qu'il fallait regarder.
C'est parce qu'il a réalisé une bonne performance que Lemerre a préféré sortir Lebœuf à la mi-temps?
En Corée, devant un vrai public, les Bleus sauront se transcender.
Pas de Karembeu, pas de polémique.
Il n'y a pas moyen de ne faire rentrer Djorkaeff uniquement pour tirer les corners s'il ne sert plus qu'à ça au bout de vingt minutes?

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