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Richard N

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


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Smith 1983 : le must de Brighton

Un jour, un (presque) but – Il y a trente ans jour pour jour à Wembley, Gordon Smith arme sa frappe pour donner la FA Cup à Brighton. Son échec est resté comme le plus grand moment de l’histoire de son club.

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Les plages de Brighton, à une heure de Londres, c’est l’équivalent de Deauville. On y recherche en vain l’atmosphère chic et bourgeoise de la fin du dix-neuvième siècle, ou bien l’esprit mods de la fin des années 1960 et de Quadrophenia. On y drague les jeunes Européennes venues en séjour linguistique, mais l’on s’y rend rarement pour un après-midi de foot.
 


And Smith must score...

Il y a pourtant bien à Brighton un club de foot. Le Brighton and Hove Albion FC erre depuis 1901 dans les sous-divisions du foot pro d’outre-Manche. En 1979, il est parvenu à se hisser en première division. Et le 21 mai 1983, il est à Wembley pour disputer la finale de la FA Cup contre Manchester United! Une sorte de chant du cygne pour une équipe qui a fini bonne dernière du championnat et s’apprête à mettre fin à quatre années de présence miraculeuse dans l’élite du foot anglais.
 

Manchester United est évidemment le grand favori de la finale, mais les Seagulls de Brighton prennent les choses en main. Gordon Smith, son attaquant écossais, ouvre le score et permet à son équipe de mener à la mi-temps. En seconde période, la logique reprend ses droits quand Franck Stapleton (55e) puis Ray Wilkins (70e) donnent l’avantage à Manchester United. Mais en toute fin de match, Gary Stevens égalise pour Brighton et arrache trente minutes supplémentaires. La prolongation se dispute entre vingt-deux joueurs à bout de force. Les occasions se multiplient sans être concrétisées. Arrive alors l’ultime minute…
 

 


 

Brighton a le ballon. Sur la ligne du milieu de terrain, Jimmy Case envoie droit devant vers Michael Robinson, à la lutte avec deux défenseurs de Manchester United. Robinson se débarrasse de Kevin Moran d’un bon petit coup d’épaule. Puis, dans la surface, il élimine Gordon McQueen d’un crochet. Il donne le ballon sur sa droite à Gordon Smith. Celui-ci est libre de tout marquage et seul devant Gary Bailey. À la radio, le commentateur Peter Jones s’égosille: "And Smith must score!" ordonne-t-il. Smith doit marquer, c’est Brighton qui le lui demande, c’est la Cup, c’est l’Histoire…
 


And Bailey saves...

Smith frappe comme un sourd… sur Gary Bailey! Le gardien de United s’y reprend à deux fois pour bloquer la balle (voir la vidéo). Dans le Nord de l’Angleterre, on parle d’un exploit du gardien anglais. Mais dans le Sud, c’est bien la maladresse de Gordon Smith que l’on condamne. Smith aurait dû scorer, Brighton aurait battu Manchester United et rapporté la Cup sur la côte. Mais Smith a échoué, lamentablement. Il a ramené Brighton à la réalité. Celle d’un petit club à qui le destin, bien sympa, avait offert un tour de piste sous les sunlights, quatre saisons à se frotter au gotha du foot anglais, ainsi qu’une finale de Cup à Wembley. La finale est finalement conclue sur un score nul: 2-2. le match est rejoué quatre jours plus tard, et cette fois, Manchester United ne se laisse pas surprendre: 4-0.
 

"And Smith must score!" L’exclamation de Peter Jones hante depuis la mémoire des fans de Brighton. Elle est devenue un cri de désespoir, celui d’un club qui avait un bout de bonheur à portée de pied, et qu’il n’a jamais su prendre. "And Smith must score!" a tellement soudé les fans du club autour d’un drame commun, que c’est devenu le titre d’un fanzine distribué aux abords du stade.
 

Gordon Smith, vingt-neuf ans, quittera Brighton quelques semaines après la finale. Il signera à Manchester City, également relégué en Second Division, puis fera quelques clubs en Autriche et en Suisse avant de regagner l’Écosse. On ne le reverra plus du côté des plages du Sud de l’Angleterre.

 

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