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Que reste-t-il du Red Star ?

Pur Malte

L'équipe de France a tranquillement confirmé son retour aux affaires et tourné une page au moins aussi lourde que celle du Mondial: celle de l'après Mondial, que beaucoup lui auraient volontiers claqué au visage.
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Les hymnes étaient en retard avant le début de ce Malte-France, ce n'est pas le cas de Jacques Santini, qui au coup de sifflet final avait rempli son tableau d'objectifs avec neuf points et onze buts. Si sportivement, l'exploit n'est pas énorme contre de tels adversaires, il faut bien mesurer ces résultats à l'aune des enjeux de ces trois matches. Le sélectionneur avait entamé son mandat avec deux déplacements qui montrèrent dans quel contexte hostile l'équipe de France évoluait désormais. En cas de crash, les extincteurs remplis d'essence étaient prêts. On diagnostiqua une sévère dépression, on prononça des culpabilités, on prôna un ferme renouvellement, on tendit volontiers les micros à des seconds couteaux soudain réaffûtés… Avant de se rendre compte que les cadres étaient encore les mieux placés pour redresser la barre. Car plus que des points, l'équipe de France a retrouvé de la confiance. Elle a négocié le piège chypriote sans panache mais en assurant l'essentiel, plié tranquillement le match à La Valette et surtout, emporté une victoire significative contre la Slovénie au Stade de France. Santini a compris que la meilleure thérapie possible pour la sélection était finalement de retrouver une continuité avec le cycle précédent. Évidemment, on est encore très loin des vérités de la compétition finale, mais ne serait-ce que pour parvenir à l'Euro 2004, il faut bien prendre la mesure de ce groupe 1 et ne pas mépriser cet ordinaire. En plus de la qualification, c'est une reconstruction qu'il faut d'ores et déjà assurer. Santini est tout de même obligé de procéder à un renouvellement de son groupe, et la concurrence pour certains postes clés (défense centrale, milieux défensifs, avant-centre) va être aussi passionnante que délicate à gérer. Le match Après une belle frappe lointaine d'Henry, c'est Marlet qui se procure la première belle occasion à la 11e minute, mais sa frappe est détournée par Muscat malgré un rebond difficile, et la tête placée par Gallas sur le corner suivant manque le cadre. Les Français ne sont pas très vifs, mais les Rouges multiplient les fautes et ne parviennent déjà plus à relancer. Le reste du temps, ils sont pris par le hors-jeu (sauf sur deux situations tièdes aux alentours de la 20e minute), mais les visiteurs n'ont pas les coudées franches pour autant. Wiltord, Henry ou Silvestre pénètrent tout de même chacun leur tour et précisent le danger. Henry s'enfuit à gauche, adresse un long centre transversal vers Marlet qui remet en retrait, mais Zidane, un poil trop décontracté, ne touche que la barre. Silvestre continue de prendre son couloir puisque rien ni personne ne l'en empêche, et Henry réceptionne son centre d'une tête plongeante qui ne laisse aucune chance au gardien. Encore de belles phases offensives, un coup franc de Zidane qui retombe près du poteau, un joli tir lointain du gauche et l'avantage de deux buts est ramené au vestiaire. La seconde période ne repart pas sur des bases tellement plus élevées, mais les tricolores confirment leur supériorité sur le terrain, et bientôt sur le panneau d'affichage. Marlet déborde à droite, centre en cloche au second poteau. La tête d'Henry rebondit sur la barre, mais Wiltord parvient à se retourner et à propulser le ballon au fond des filets d'un drôle de ciseau. Dans la minute qui suit, Marlet part dans la profondeur, mais son hésitation permet au défenseur de le tacler avant qu'il ne puisse centrer ou tirer. On vient de dépasser l'heure de jeu, et voilà celle des exercices de circulation de balle et du coaching. Vieira, Henry et Thuram sortiront successivement au profit de Dacourt, Carrière et Mexès. Obtenues à un rythme régulier, les occasions permettront de voir un quatrième but, inscrit (au débouché d'un une-deux avec Wiltord) par Carrière, qui aura aussi eu le temps de raviver le jeu dans cette fin de match sans histoire. Les gars Tel un Commissaire européen, Santini durcit les règles de la concurrence à sa façon. D'abord en supervisant sérieusement les cadres pour leur signifier qu'ils doivent encore faire leurs preuves (Desailly s'est félicité de ce surcroît de pression), mais aussi en montrant qu'il pourrait bien dégager un groupe de titulaire. Ce sont en effet cas les onze de la Slovénie qui entament la rencontre, avec la mission de récidiver. Les hommes forts de samedi ont cependant été moins en vue. Encore que Wiltord, avec deux passes décisives et un but, présente encore un bilan exceptionnel. Thuram s'est un peu ennuyé sur son côté, tout comme son homologue Silvestre pour lequel ce match n'a pas été une vraie occasion de s'affirmer un peu plus dans ce poste (mais une fois de plus, sa qualité de centre, si rare en France, a été démontrée). La charnière a reproduit sa performance sobre et appliquée de samedi dernier, Gallas, manquant même d'ouvrir le score. Idem pour Vieira et Makelele qui ont tenu la boutique sans coup férir, avec leur puissance et leur activité respectives. La complémentarité du duo est de plus en plus manifeste, et risque de poser la question du statut d'Emmanuel Petit. Zidane a paru parfois peu concerné et il a montré des signes d'énervement particulièrement inutiles. Mais comme d'habitude, il a été à la manœuvre et n'a pas manqué de parsemer la rencontre de quelques perles. On ne voit jamais assez longtemps Carrière en bleu à notre goût, mais ses fins de match sont toujours intéressantes, et il a profité de celle-ci pour clore la marque. Pour l'histoire, Mexès a étrenné sa première sélection. Santini a peut-être voulu lui montrer que l'avantage pris par Gallas n'était pas définitif… La suite du débat sur l'attaque Certainement conscient qu'il n'était pas tant que ça revenu dans l'axe, qui lui avait été largement subtilisé par Marlet contre la Slovénie, Thierry Henry a cette fois posé très vite des jalons. Et sa façon de voir sera confortée par le doublé réalisé dans cette position. Bien qu'il soit de nouveau revenu fréquemment sur son flanc ou dans l'entrejeu, son insistance à se recentrer a un peu perturbé le positionnement de Marlet, obligé de décrocher ou de se décaler à droite, où opérait déjà Wiltord. Ce moins bon ordonnancement ne pouvait pas être préjudiciable contre Malte, mais il est douteux qu'une telle liberté puisse être ainsi laissée aux attaquants. Bien sûr, peu importent le tableau noir si les deux ou trois pointes permutent systématiquement sans compromettre le replacement (c'était justement une qualité du trident de Lemerre). Mais cela nécessite une complicité et une discipline certaines, qui n'est pas acquise par ces temps de forte concurrence. D'autre part, ce faux 4-4-2 aura tendance, contre des oppositions plus fortes, à créer des déséquilibres, notamment sur le flanc gauche dont le milieu apparaîtra quelque peu déserté, laissant le latéral dans une situation délicate, peu propice à sa participation offensive. On en revient au fait que le positionnement central de Zidane incite fortement à aligner soit un seul, soit trois attaquants dont deux "ailiers". On peut adjoindre au meneur de jeu un technicien comme Carrière, mais avec deux attaquants, l'occupation de la largeur risque d'être insuffisante. Pour en revenir à ce poste d'avant-centre si convoité, on observe une inquiétante inflation des candidatures. Parfois incités par des entraîneurs qui veulent tous en faire des goleadors (et qui y parviennent souvent), les attaquants ne daignent plus travailler sur les côtés et insistent pour être au plus du but (du prochain but qui alimentera leurs statistiques). C'est le cas d'Henry bien sûr, mais aussi de Marlet qui a profité de son doublé à Saint-Denis pour affirmer ses ambitions de buteur. Cissé est naturellement axial, tout comme Trezeguet qui est l'archétype même de ce type de joueur. Et ne parlons pas d'Anelka. Heureusement que Wiltord ne fait pas d'histoires. Cet embouteillage devrait donner des idées à Kapo et Govou… Ceux que ça arrange de croire que le dispositif tactique a complètement changé : Thierry Henry : S'il peut ainsi se convaincre qu'il occupe son poste de prédilection dans l'axe, tout en évoluant la plupart du temps à gauche, c'est tant mieux pour tout le monde. Les journalistes de L'Equipe : Il est impensable — pour ceux qui ont fait du 4-2-3-1 de Lemerre une des explications du ratage des Bleus en juin dernier — d'admettre que ce système puisse être de nouveau efficace. C'est pourquoi ils préfèrent somatiser un 4-4-2 pur et simple. Jacques Santini : Bien qu'il ne laisse probablement pas influencer par ce genre de considérations, le sélectionneur ne peut pas voir d'un mauvais œil qu'on lui attribue le mérite d'un net et prolifique changement tactique. Les observations Les Maltais, "sympathiques et chaleureux" selon Thierry Roland, sifflent la Marseillaise. C'était soit des Maltais de banlieue, soit des Maltais de Corse. Les joueurs les plus rapides du match étaient les ramasseurs de balles. C'était le genre de pelouse sur laquelle les vrais rebonds surprennent les joueurs. Wiltord a trop lu la presse entre les deux matches. Si la réalisation n'a pas montré de ralentis, c'est parce qu'ils étaient encore plus pourris que le direct. Le premier ballon de Dacourt a été la tête de Saïd. Barthez est fort pour ne disputer que les matches où il n'a rien à foutre.
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