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Christophe Kuchly


Dé-Manager, qui parle dans Vu du Banc et écrit pour l'AFP et dans La Voix du Nord.


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Barça-Atlético : Fernando, le Red

PSG-City : De Bruyne, quatre buts et tant d'erreurs...

Matchbox – Le PSG a livré une partie très moyenne face à un adversaire limité à bien des postes. C'est pourtant lui, tenu en échec 2-2, qui se trouve en position inconfortable après quatre-vingt-dix minutes qui soulèvent quelques questions.

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Il est finalement assez logique que, dans un match rempli d’approximations en tout genre, ce soient elles qui décident du score, plus que la tactique ou tout autre chose. Assez pénible à suivre pour les téléspectateurs, sauf sans doute ceux qui ont rapidement pris le parti d’en rire, ce match permet aux deux équipes d’y croire pour le retour. À défaut, pour l’instant, de les conforter dans leur idée qu’elles peuvent aller au bout. Mais ça, ce sera pour plus tard.

 

 

 

 

La nalyse

Comment se créer une occasion

Les faits. Un penalty obtenu par Paris après une sortie Vercoutre de Joe Hart et un contrôle raté de Bacary Sagna. Un face à face gâché par Zlatan Ibrahimovic après une montée de Nicolas Otamendi non compensée dans l’axe et une ouverture interceptée. Une passe de Blaise Matuidi hors tempo qui, Maxwell étant monté, aboutit sur un but de Kevin de Bruyne. Une relancée contrée aussi ridicule que la réalisation TV pour l’égalisation. L’espoir né d’un deuxième but parisien sur coup de pied arrêté à peu près normal – si on oublie le raté d’Otamendi sur l’action qui le précède et qui entraîne le quasi csc de Mangala –, tué peu après par le billard Serge Aurier-Thiago Silva qui permet à Fernandinho de marquer.

 

Hormis la tête d’Ibrahimovic sur la barre, aucune occasion très nette ne sera venue d’un mouvement construit sans qu’à un moment l’adversaire ne vienne faire n’importe quoi. Le football est un jeu qui récompense les rares buts, qu’ils aient été amenés par des réussites personnelles ou des erreurs adverses. Le seul souci, c’est que le travail d’un entraîneur est de créer un édifice capable de se procurer des occasions de manière autonome, par la construction – jeu de position – ou la destruction de l’adversaire – pressing. Mercredi soir, l’équipe de possession n’a pas créé grand-chose quand elle avait le ballon, une situation dominante qu’elle vit chaque semaine depuis plusieurs années, et face à elle, l’équipe dominée n’a pas offert de pressing. Si c’était du tennis, on dirait que ce match fut rempli de fautes directes. La situation du PSG a cela d’injuste que sa saison se joue sur quelques rencontres. Avoir montré aussi peu dans l’un de ces moments qui compte beaucoup plus que les autres est un problème.

 

 

 

 

Comment assurer sa domination

Si Paris a eu le ballon, c’est un peu parce que Manchester City ne lui a pas contesté la possession. Mais, avec Fernando et Fernandinho devant Mangala et Otamendi et De Bruyne qui naviguait souvent entre les lignes en rôdeur, l’axe n’avait de toute façon pas les moyens de mettre durablement le pied sur le ballon. Et ce même si David Silva, à la grande surprise de Laurent Blanc qui a avoué après la rencontre avoir titularisé Aurier pour profiter des espaces dans son dos, s’est recentré plutôt que de jouer ailier gauche. Mais l’absence de Marco Verratti pèse beaucoup: Thiago Motta a certes fait de bonnes choses mais il câline moins le ballon que son compatriote et manque de plus en plus de régularité avec l'âge. Surtout, Rabiot et Matuidi, les deux autres éléments du triangle, ne sont pas à son niveau. D’où une possession très basse, illustrée par les 106 ballons touchés par Thiago Silva et 98 par David Luiz, trente de plus que leur moyenne habituelle.

 

Adrien Rabiot n’a pas été dramatique non plus. Le problème, c’est que l’édifice est (volontairement) déséquilibré par le positionnement très haut de Matuidi. Quand il est utilisé en projection derrière deux tauliers, ses lacunes techniques dans les petits espaces sont moins visibles et on peut alors admirer une qualité de centre pas mauvaise, couplée à un sens du but honorable. Sauf que ces deux qualités ne se voient pas toujours (on ne reviendra pas sur ce qui aurait dû être une passe décisive pour Edinson Cavani), et qu’il y a toujours une part d’incertitude dans l’exécution de gestes qui semblent parfois réussis par hasard. Depuis un an et demi, Blaise joue honnêtement au poste où Paul Pogba brille et où Angel Di Maria étincelait à la fin de son aventure madrilène. Pourquoi cette comparaison? Parce qu’occuper la zone d’un meneur excentré demande des qualités loin de celles qui ont fait de lui un élément important du club. Et si Paris a dominé, les chiffres de la première période (deux ballons récupérés par le binôme Rabiot-Matuidi et dix-neuf perdus alors que Di Maria était bon dernier en balles touchées) montrent qu’il y a encore une grosse marge de progression.

 

 

 

 

Comment gagner la Ligue des champions

Tout est loin d’être sombre pour les Parisiens, qui l’emporteraient sans doute plus souvent que les Citizens si on pouvait rejouer les matches comme on relance des dés. Et qui ont largement les moyens de battre au retour une équipe profondément moyenne dans sa configuration actuelle. C’est-à-dire avec une défense composée de deux latéraux limités et deux défenseurs centraux dans le même registre d’agression (on ne vantera d’ailleurs jamais assez le rôle de Mustafi dans la saison ahurissante d’Otamendi en 2014/15, restant en libéro quand l’Argentin sortait prendre le ballon dans les pieds de tout le monde), avec en Fernando un numéro 6 facile à submerger. Bon courage d’ailleurs à Pep Guardiola pour jouer la possession en partant d’un tel panier et convaincre des joueurs de ballon de venir dans cette galère.

 

Mais City a aussi quelques joueurs exceptionnels devant, à commencer par De Bruyne, qui aurait d’ailleurs pu faire encore plus mal si ses partenaires l’avaient servi à chaque fois qu’il était libre en position de numéro 10. Dominer une équipe coupée en deux est logique, être autant en danger quand celle-ci ne propose pas grand-chose et que son attaquant n’a rien à se mettre sous la dent, c’est plus embêtant. Parce qu’au-delà de la différence de niveau avec les matches de la veille, ce qui veut tout et rien dire, les Parisiens vont forcément affronter un bloc solide s’ils passent ce tour. Et Wolfsbourg a montré qu’une équipe de contre peut sanctionner rapidement celui qui fait le jeu mais ne le fait pas assez bien. Maxwell, immortel et dangereux en deuxième période quand il a joué à la hauteur de Matuidi, illustre les qualités indéniables de l’ensemble. Mais soit la dépendance à Verratti est trop grande, soit pressing et transition défensive sont encore trop frêles. On passe rarement le cap sans maîtrise, et la C1 n’est pas la L1...

 

 

 

Les observations en vrac

• C'est dans ces moments-là qu'on se dit qu'être champion en mars c'est pas forcément le meilleur moyen de garder tout le monde sous pression. Surtout que c'est apparemment le niveau du championnat qui avait incité De Bruyne à ne pas venir à Paris. 

 

• Rater un but en quart de finale de Ligue des champions pour montrer un énième ralenti du but. Le réalisateur aussi est passé à côté de son sujet

 

• En voyant les défenses, composées de trois Brésiliens d'un côté et trois Français de l'autre, Didier Deschamps et Dunga n'ont pas dû être pressés d'arriver à l'Euro et à la Copa America. 

 

Technique originale de Joe Hart mais très efficace: passer trente secondes derrière le but puis faire un grand sourire au tireur de penalty quand il entame sa course d'élan. 

 

Le sorcier Blanc est loin d'avoir pris le dessus sur l'ingénieur Pellegrini. 

 

Voilà pourquoi, même sans faire de grosse erreur, Blaise Matuidi peut être un frein quand il joue trop haut. 

 

• On a quand même hâte de voir ce que David Silva peut faire sous les ordres de Guardiola

 

 

 

 

Les images du match

 

 

 

 

 

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Le foot français


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