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Christophe Kuchly


Dé-Manager aussi connu sous le nom de Radek Bejbl. Écrit pour l'AFP et dans La Voix du Nord.


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Répétition générale

Promu et riche : Fulham et la fièvre acheteuse

Les Anglais n'ont pas fait toutes les folies estivales qu'on leur prêtait, et beaucoup de clubs français n'ont pu vendre des joueurs au double de leur valeur comme espéré. Mais, à l'image de Fulham, même les promus ont démontré une énorme force de frappe.

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La dernière journée du mercato anglais, qui se terminait ce jeudi à 18h, a été assez animée à défaut d'être folle. Cette première fermeture anticipée, une mesure finalement assez logique qui permet de ne pas se renforcer alors que le championnat a débuté, a comme prévu entraîné son lot d'informations plus ou moins extravagantes. Si à peu près tous les défenseurs centraux d'Europe ont été annoncés à Manchester United et que des offres à plus de vingt millions d'euros pour Emiliano Sala auraient été formulées, rares ont été les panic buys. Malgré leur pouvoir financier, beaucoup sont restés plutôt tranquilles, à l'image d'une équipe de Tottenham qui est la première de l'histoire de la Premier League à ne pas avoir recruté. Tout le contraire de Fulham, promu qui s'est refait une équipe cet été.

 

 

Première salve intéressante

Quelques heures avant la clôture de cette fenêtre estivale, les Cottagers pouvaient déjà être largement satisfaits de l'évolution de leur effectif. On comptait alors six recrues, en plus du transfert définitif d'Aleksandar Mitrovic, et pas que des petits calibres. Les noms? Calum Chambers, défenseur international anglais prêté par Arsenal et qui approche les cent matches de Premier League à vingt-trois ans. Alfie Mawson, titulaire en défense avec Swansea depuis deux saisons et international espoirs anglais, acheté seize millions d'euros. Fabri, gardien de Besiktas, pris pour six. Maxime Le Marchand, bien connu en Ligue 1, acheté quatre à Nice. Et deux gros coups: son partenaire à Nice Jean Michaël Seri, recruté trente millions, et le champion du monde allemand André Schürrle, prêté par Dortmund.

 

 

En vrac, on retrouvait donc des espoirs habitués aux joutes du championnat local à défaut d'être réguliers dans leurs performances, un portier qui jouait la Ligue des champions, un milieu qu'on disait courtisé par toute l'Europe, un passeur décisif en finale de Coupe du monde, un attaquant très intéressant cet été en Russie… et Le Marchand, qui ferait presque figure d'intrus et dont le style de jeu semble a priori plus fait pour Liga. Surtout, au-delà de leurs qualités, tous ces joueurs ont un nom. Pour les faire venir, il a fallu les convaincre, et donc leur promettre du temps de jeu régulier. Même si les promesses n'engagent que ceux qui y croient.

 

 

Black thursday

L'an dernier, Fulham avait attendu le match de barrages et une victoire 1-0 face à Aston Villa pour décrocher sa promotion dans l'élite. Un parcours pas si simple, avec notamment une défaite 1-0 face à Derby County en demi-finale aller, mais un dénouement logique: avec 88 points au compteur, les hommes de Slavisa Jokanovic avaient réussi une superbe saison. Et seule une défaite à Birmingham lors de la dernière journée, qui mettait alors fin à une série de vingt-trois rencontres sans défaite, avait empêché une montée directe. Autant dire que, si l'effectif n'était pas surdimensionné, le coach serbe avait trouvé la bonne formule. Mais, pour pouvoir exister en Premier League, son club a fait le choix de se renforcer, donc de propulser une partie des héros de la remontée vers le banc.

 

Et leur nombre devrait encore grandir. Ce jeudi, le club londonien a ajouté… cinq joueurs à son effectif. Deux transferts, le latéral de Bristol Joe Bryan pour six millions et le milieu marseillais André Zambo Anguissa pour trente-trois. Et trois prêts: Luciano Vietto, attaquant argentin que l'Atlético a déjà envoyé à Séville et Valence, Timothy Fosu-Mensah, défenseur international néerlandais appartenant à Manchester United et titulaire l'an dernier à Crystal Palace, et Sergio Rico, gardien international espagnol tombé en disgrâce à Séville, où il était indiscutable depuis ses vingt-et-un ans. Au total, cela donne un mercato à 117 millions d'euros, une somme jamais atteinte par un promu, permise par la fortune du propriétaire mais surtout des droits TV extrêmement élevés.

 

 

Pas un cas unique

Entre bonnes affaires et envie de flamber d'un nouveau riche, difficile finalement de juger cette frénésie estivale. Car même si l'écart entre le Big Six et le reste de la division semble net, tout le monde a pu recruter au-dessus de son statut. C'est notamment le cas de Wolverhampton, autre promu. Aidé de Jorge Mendes, qui réussit à influencer profondément la politique de recrutement sans que les instances ne puissent (ou veulent) démontrer un illégal conflit d'intérêt avec sa fonction d'agent, les vainqueurs du dernier Championship ont ramené Adama Traoré, Joao Moutinho, Raul Jimenez, Rui Patricio et Leander Dendoncker, se faisant prêter Jonny Castro et prenant définitivement Willy Bolly, Leo Bonatini et Diogo Jota.

 

 

Reste désormais le plus difficile: que l'addition de talents se retrouve sur le terrain. La saison dernière, l'augmentation des revenus n'avait pas amené grand-chose d'intéressant, les six gros affrontant quasi systématiquement des blocs regroupés et les quatorze autres ayant toutes les peines du monde à proposer un projet offensif cohérent. Les deux premiers poursuivants, à bonne distance des tauliers? Burnley, qui n'attaque jamais, et Everton, devenu impossible à regarder sans s'arracher les yeux une fois Sam Allardyce nommé coach. Des équipes méritantes et capables de maximiser leurs forces, mais qui font passer les Bleus de Didier Deschamps pour le Brésil 70 et vendent mal un produit dont la valeur a explosé grâce au spectacle proposé – en dépit d'un niveau moyen parfois très discutable.

 

 

Argent et inégalités

Fulham, monté grâce à un collectif solide magnifié par Ryan Sessegnon, auteur de seize buts à seulement dix-sept ans en jouant sur l'aile, a totalement inversé sa situation. Avec une multitude de bons joueurs mais dont l'adaptation n'est pas garantie, Jokanovic est confronté à un bon problème… mais à un problème quand même. Mettre les meilleurs talents sur le terrain, et donc monter une équipe de toutes pièces, ou garder une continuité qui rendrait vains tous ces investissements – en plus de faire perdre un an à des joueurs qui auraient pu avoir du temps de jeu ailleurs?

 

Difficile de trouver meilleur exemple qu'au niveau du poste de gardien. Marcus Bettinelli, impeccable l'an dernier en Championship après avoir débuté en tant que numéro deux, a vu arriver Fabri et Rico, tous deux titulaires en huitième de finale de C1 au printemps. Sergio Rico, le plus référencé, n'est que prêté. Fabri a lui été acheté mais il a trente ans et moins de qualités intrinsèques. Bettinelli, qui n'a plus aucune raison de rester alors qu'il n'a rien à se reprocher, n'a pas encore trouvé preneur et risque de devoir choisir entre un retour à l'étage en dessous et le risque de passer la saison en tribune.

 

L'histoire dira qui de Fulham, très actif, ou Cardiff City, qui a très peu recruté malgré un effectif limité en talent, réussira le mieux son retour en Premier League. Mais, en voyant l'effectif des Cottagers et le prix anormalement haut de certains transferts, ici comme dans le reste du championnat, difficile de ne pas penser à la NBA. À ce système qui fait que des stars côtoient des joueurs doués qui cherchent à se relancer et d'autres très limités. À cet été 2016 aussi, année où l'augmentation des droits TV avait motivé nombre d'équipes à surpayer des joueurs moyens.

 

Est-ce plus surprenant de débourser trente-trois millions pour Zambo Anguissa ou soixante-douze sur quatre ans pour Joakim Noah ou Bismack Biyombo? Neeskens Kebano, qui a joué vingt-sept matches de championnat l'an dernier avec Fulham, est-il à Seri ce que Jordan Clarkson était à LeBron James? Et dans quelle Ligue défend-on le mieux? Tant de questions. Et une différence: le plafond salarial. Sans limites de dépenses, la marge d'erreur est tout de suite plus grande. Et les laissés pour compte beaucoup plus nombreux... 

 

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Le jeu, les joueurs, les entraîneurs


Christophe Kuchly
2018-10-22

Comment bien gérer son entraîneur ?

Les présidents de clubs peuvent avoir bien réussi dans le monde des affaires, ça n'empêche pas une bonne partie d'entre eux de faire n'importe quoi, notamment dans la gestion des coaches. On leur a donc préparé une liste des erreurs à ne pas commettre.


Tom Lines
2018-10-16

Buts de (très) loin : la longueur ne fait pas tout

When Saturday Comes – Les tirs qui trompent le gardien depuis la ligne médiane ont souvent les faveurs des élections des plus beaux buts. Distance ne veut pourtant pas dire beauté.


Thym Pinon
2018-10-15

Faut-il toujours jouer juste ?

À l'image des initiatives individuelles de Kylian Mbappé face à l'Islande, il arrive que des choix qui semblent illogiques soient récompensés. Car, parfois, l'instinct vaut mieux que le respect du plan de jeu.


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