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Lens-Lille en folie: le derby d’un Nord devenu complètement hype méritait bien son compte-rendu.
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Surfant sur la déferlante Bienvenue chez les Ch’tis et profitant d’un report opportun du derby en plein milieu d’une semaine bien creuse, Canal+ a donc fait le pari de diffuser Lens-Lille mardi soir. Au vu du triste spectacle offert samedi dernier par ces équipes concernées par le maintien, et des dernières prestations télévisuelles du LOSC (qui feraient passer un épisode de Derrick pour la suite de L’Arme Fatale), on ne peut que louer la ténacité du diffuseur.
Même si tout le monde s’accorde à dire que Bollaert, c’était mieux avant, l’ambiance pour le derby a tenu ses promesses: un stade plein à craquer, les encouragements lors de l’entrée et du retour des Sang et Or sur la pelouse, dix dernières minutes absolument irrespirables pour les supporters lillois… On regrettera cependant les jets d’objet sur les joueurs, la banderole CM2 ("Luchin, Stade de France, grand stade, quoi que vous fassiez, vous serez toujours laids") et cette agaçante tendance à renforcer les clichés (franchement, "Les Corons" à la mi-temps, c’est vraiment obligé?).


L’incroyable audace lilloise

Sans surprise, le LOSC aligne un seul véritable attaquant. Il est vrai qu’entre Fauvergue (au coin), Kluivert (incapable de jouer dans les espaces), Youla (incapable de jouer tout court) et Frau (pas qualifié), le choix de Mirallas s’imposait comme une évidence. L’entame du match est clairement à l’avantage des Dogues, dont on découvre qu’ils peuvent déployer un jeu vif, alerte et tourné vers l’avant. C’est donc logiquement que Lille se crée les meilleures occasions mais la défense à cinq (quatre défenseurs et l’arbitre de touche) de Lens contient les assauts volontaires de son adversaire.
Les supporters lillois auront du mal à faire abstraction des décisions de l’assesseur de M. Chapron, qui a, à leurs yeux, réussi un hat-trick: deux hors-jeu erronés et l’annulation d’un but apparemment valable (évitant ainsi à Runje de se faire appeler Mickaël jusqu’à la fin de la saison). Corinne – c’est son prénom – aura encouragé la malheureuse vision sexiste de l’incapacité féminine à comprendre les subtilités d’un sport dont Albert Dupontel disait qu’on serait prêt à se battre à coups de canettes pour lui.

À la 17e minute, les spectateurs se frottent les yeux en constatant qu’il y a trois joueurs lillois dans la surface lensoise sur une action de jeu. Décontenancé par cette soudaine audace, Demont rate son contrôle et permet à Bastos de devenir le meilleur buteur du club.
Cette ouverture logique du score marque le début du derby tel que tout le monde l’avait imaginé: Lens attaque (souvent n’importe comment) et Lille bétonne et relance (à l’écossaise). Lens aurait dû égaliser sur une passe lumineuse de Carrière mais Boukhari préfère se lancer dans une imitation assez réussie du crabe, s’emmêlant les pinces et ratant le coche. Pour le consoler, l’arbitre lui donne un carton jaune mérité pour simulation (ou imitation)


Le foot pour les nuls

La pause arrive, permettant à JPP de nous montrer sa science du foot en réponse à une question très pertinente du journaliste : "Jean Pierre, que faut il faire pour gagner ce match?" "Ben, égaliser d’abord, puis en marquer un deuxième". C’est tout simple en fait, le foot. Avec des consignes aussi claires, les Lensois se ruent à l’attaque, sans se créer de véritables occasions, Lille ayant dressé un mur défensif protégé par les deux brise-lames, Makoun et Cabaye.
C’est justement Makoun qui rate l’occasion de faire le break sur un coup franc relâché par Runje, décidément peu inspiré hier. Le tournant du match est sans conteste la tête imparable de Mangane à quelques centimètres de la lucarne de Sylva, qui était pour une fois resté sur sa ligne.

Le break intervient effectivement à la 83e minute, lorsque Beria reprend victorieusement un centre parfait de Mirallas. La probabilité combinée de voir Mirallas réussir un dribble puis choisir la meilleure solution et de voir un défenseur lillois dans les six mètres adverses – alors que Lille mène à l’extérieur et qu’il reste moins de dix minutes – est à peu près aussi élevée que celle de voir Ribery gagner "Questions pour un champion" ou Lio avoir une pensée profonde. C’est d’ailleurs pour cela que les commentateurs de Canal mettront plusieurs minutes avant de réaliser que ce n’était pas Bastos qui avait conclu l’action.
0-2, l’affaire semble pliée. Elle l’est, en tout cas, pour Canal+ qui a juste le temps de montrer le classement après cette victoire acquise aux Lillois, qu’Hilton relance le match d’un coup de tête dans le but vide, Sylva ayant opté pour une sortie Grégorinienne (soit à distance équivalente du but et du ballon). Puel, qui a visiblement consommé lui-même l’ecstasy prescrite à ses joueurs, décide alors de faire rentrer Youla, qui a ainsi l’occasion d’améliorer encore un peu son ratio engueulades / minutes de jeu.


La fin du match est haletante mais rien n’y fait – ni les centres à l’emporte-pièce, ni les dribbles aléatoires, ni les tirs de petite vieille –, le LOSC met fin à sept ans de disette en terres lensoises et se donne un peu d’air dans ce drôle de championnat. Lens se complique la tâche et devra faire plier des Marseillais revanchards après leur revers à Saint-Pétersbourg pour éloigner, au moins temporairement, le spectre de la relégation.


Les observations en vrac
• À votre avis, le spectre de la relégation, il ressemble à Nouzaret?
• Les jets de pièces de deux euros sur les joueurs, c’est pour lutter contre l’image de pauvreté du Nord?
• Il y avait vraiment pas la place d’écrire "NANANANANERE" sur la banderole lensoise?
• Mangane, c’est sa vraie tête?
• Bollaert, c’était mieux avant. Lens, c’était mieux après (le mercato).
• Ils ont vraiment terminé le reportage par un "Salut les biloutes" sur Canal?
• Pourquoi ils chantent pas "Le Sud" à la mi-temps à Marseille?
• On parie que si c’est Landreau qui fait la faute de main sur le but annulé de Bastos, l’arbitre le valide?
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